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30 août 2006

Une petite devinette (5)

Colonne.jpg

Chose promise, chose due (certains esprits narquois s'impatientent...) : où se trouve ce sculptural monument que j'ai pris en photo le week-end dernier, durant un (bref) (trop bref) (bien trop bref) (scandaleusement trop bref) séjour à l'étranger ? ;-)

Posted by Ludovic Monnerat at 18h01 | Comments (12) | TrackBack

29 août 2006

Un pari pris au sérieux

Une supposition de ma part, sur les moyens déployés par la FINUL new look, basée sur quelques images des premiers éléments déployés par la France, se révèle fausse : d'après cette information, le premier bataillon français déployés au Liban à la mi-septembre sera une formation d'infanterie mécanisée, avec des appuis conséquents en feu direct (chars de combat Leclerc) et indirect (obusiers blindés AUF-1). Et ce n'est pas un cas isolé : si l'on consulte cette liste provisoire des pays contributeurs, on constatera que l'Espagne compte aussi déployer un bataillon lourd, et que l'Italie devrait également disposer de véhicules blindés (des Centauro) ainsi que d'une capacité d'appui aérien rapproché (via les Harrier de son porte-avions). En d'autres termes, l'Europe déploie une force assez haut placée par rapport à ses capacités actuelles, même une partie des 7000 militaires annoncés resteront en mer. Ce qui montre que le pari dangereux est pris au sérieux.

Malgré tout, ce déploiement de moyens dépend bien entendu de la volonté de les employer. Et à ce sujet, l'humeur semble rester sombre dans les rangs militaires européens, compte tenu des contradictions entre les règles d'engagement et les lignes directrices politiques. Le point positif, c'est que l'engagement important de l'Europe, et donc le test ambitieux qu'il représente pour sa politique de défense et de sécurité commune, formeront un enjeu justifiant une détermination elle aussi importante, car il en ira en partie de l'avenir même de l'Europe. Et une structure supranationale jouant son avenir peut faire montre d'une détermination insoupçonnée, comme ce fut le cas en 1999, lorsque l'OTAN s'était décidée à déclencher une offensive terrestre pour venir à bout de la résistance du régime de Belgrade...

Posted by Ludovic Monnerat at 19h57 | Comments (23) | TrackBack

28 août 2006

De retour en Suisse

Après un week-end prolongé à l'étranger, me voici de retour en Suisse. Mais pas nécessairement avec davantage de temps à disposition, pour cause de service de troupe tout proche...

Posted by Ludovic Monnerat at 22h36 | Comments (2) | TrackBack

26 août 2006

Le pari dangereux de l'Europe

Ainsi donc, l'Europe s'est décidée à se lancer dans l'aventure du Sud Liban sous les couleurs de l'ONU. Il est vrai que la crédibilité de l'organisation supranationale avait été compromise encore plus vite qu'à l'accoutumée par la volte-face de la France et par l'hésitation d'autres nations à fournir un contingent allant au-delà du symbole ; avec le nouveau revirement français, guère étranger aux conséquences du précédent en termes de politique extérieure, l'impulsion initiale a pu se concrétiser, et entre 7000 et 8000 soldats français, italiens, espagnols, belges, polonais et scandinaves seront bientôt membres de la FINUL new look, et donc pris dans le double piège que je décrivais voici quelques temps. A titre personnel, je leur souhaite évidemment de s'en sortir le mieux possible. Mais pour évaluer la précarité de leur engagement, peut-être est-il préférable d'élaborer quelques évolutions possibles.

Scénario n° 1

La force multinationale devient un tampon entre Israël et le Hezbollah. Elle assiste au fil des mois au renforcement de l'armée libanaise comme au retrait des troupes israéliennes. Après quelques tentatives peu couronnées de succès et sous la surveillance internationale, le Hezbollah met en veilleuse ses activités belligérantes, rend une partie de ses armes et se focalise sur la conquête politique, fort de ses martyrs et de ses fonds. En Israël, le gouvernement se satisfait de la protection apportée par l'ONU et se concentre sur les mesures de protection contre les Palestiniens, que la barrière de séparation et le climat international ne cessent d'affaiblir ; la présence européenne et son image de protecteur du Liban dans le monde arabo-musulman permettent d'ailleurs à l'UE de renforcer son rôle dans la région. Bref, le scénario idéal pour nombre de dirigeants européens, avec un usage de la force strictement limité aux mesures préventives et démonstratives du beau temps, même si le retrait des troupes n'est pas planifié.

Ce scénario est cependant peu probable, car il suppose plusieurs conditions qui sont très loin d'être remplies, dont voici quelques unes :

- Une réduction des tensions internationales au Moyen-Orient, alors même que l'avancée du programme nucléaire iranien promet de les accroître ;
- Un règlement du casus belli représenté par la capture délibérée de soldats israéliens sur territoire israélien ;
- Une réduction des actions coercitives israéliennes dans les territoires palestiniens, et donc du besoin de prouver la "solidarité arabe" ;
- Une aptitude à dissuader le Hezbollah d'entreprendre des actions violentes dans les secteurs tenus par la FINUL et à le convaincre de désarmer ;
- Un engagement intègre et efficace de l'armée libanaise, notamment dans le désarmement du Hezbollah au sud du pays.

Scénario n° 2

La force multinationale se glisse entre le marteau et l'enclume. Des accrochages isolés reprennent (tirs de roquettes, frappes air-sol) et les soldats de la paix sont accusés à la fois de protéger par leur présence les miliciens du Hezbollah et de renseigner les états-majors de Tsahal. Le rôle joué par l'armée libanaise devient flou. Bientôt, avec le bras-de-fer international sur le programme nucléaire iranien, les soldats européens évoluent dans un environnement de plus en plus hostile, alors que les soldats musulmans de la force s'en distancient également. Un incident isolé précipite la dégradation de la situation, et des attaques terroristes sont perpétrées contre la FINUL par le Hezbollah, pendant que d'autres parties de la force, fournissant une protection à la milice islamiste, sont prises pour cible par Israël. L'armée libanaise s'effiloche rapidement, et Beyrouth demande le départ de la FINUL. Bref, le scénario catastrophe pour les parrains de ce nouvel engagement multinational.

Ce scénario n'est toutefois pas nécessairement le plus probable, car il suppose plusieurs conditions précises :

- Une volonté internationale, et notamment européenne, de contrecarrer l'Iran dans ses ambitions nucléaires ;
- Une volonté du gouvernement israélien d'obtenir par la force la sécurisation de sa frontière nord ;
- Une capacité du Hezbollah à jouer de nouveau son rôle de bras armé de la politique extérieure iranienne.

Scénario n° 3

La force multinationale préside à un gel précaire de la situation. Les apparences prévalent : le Hezbollah dissimule ses armes et annonce son respect de la FINUL, sans rien entreprendre de concret dans son sens ; Israël s'abstient d'user de la force et négocie la libération de ses soldats, tout en laissant une petite partie de ses troupes sur territoire libanais, ou prête à y entrer à tout instant ; l'armée libanaise s'installe au Sud Liban, assure ouvertement des tâches de sécurité, sans exercer le moindre contrôle effectif. Les emplacements, les moyens, les procédures, les règles d'engagement de la force multinationale sont consciencieusement étudiés ; ses installations, ses services sont infiltrés par des informateurs. Et si les unités de la FINUL décident de mener une action coercitive, elles sont neutralisées par des foules "spontanées", leurs chefs menacés personnellement sur leur lieu de travail et dissuadés par leurs "contacts", leurs soldats soudain confrontés à un environnement non permissif. Bref, le scénario d'une prise d'otages géante, ou de l'instrumentalisation de la FINUL dans les rapports de force internationaux.

Ce scénario me semble le plus probable des trois, car il peut n'exister que de façon provisoire et évoluer dans un sens comme dans l'autre. J'espère évidemment me tromper, mais si l'Europe engage effectivement des milliers de soldats dans le double piège du Sud Liban, cela pourrait bien affaiblir sa position par un accroissement proportionnel de sa vulnérabilité. Que son pari soit dangereux me semble donc évident!

Posted by Ludovic Monnerat at 19h22 | Comments (48) | TrackBack

25 août 2006

A nouveau en voyage

Histoire de m'accorder un peu de repos entre 2 periodes de service intenses, puisqu'un cours de repetition succede a mon service pratique, je suis actuellement a l'etranger pour de tres breves vacances. J'espere naturellement en tirer une autre petite devinette, peut-etre plus abordable que la precedente ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 14h32 | Comments (1) | TrackBack

23 août 2006

La fin des illusions

Un autre aspect de la double tentative d'attentat en Allemagne réside dans le nouveau démenti aux arguments entendus à propos des opérations militaires en Irak, en particulier après les attaques de Madrid en 2004. Cet extrait pourrait faire sourire, mais n'en est pas moins révélateur :

The planned attack here stunned Germans who thought the country's vehement opposition to the Iraq war would insulate it from becoming a terror target almost five years after the attacks on Washington and New York.

Bien entendu, les médias ont joué un rôle majeur dans la perception selon laquelle la guerre en Irak serait totalement déconnectée de la lutte générale entre le fondamentalisme musulman et la démocratie laïque, quand bien même les islamistes jugeaient décisif le théâtre d'opérations irakien dès 2003. Malgré cela, il y avait bien ces dernières années en Europe une volonté de nier l'avènement d'un nouveau conflit, de croire envers et contre tout à un nouvel ordre mondial fondé sur la justice et la paix, et ceci explique pourquoi la perception véhiculée par des médias opposés idéologiquement à des opérations militaires a pareillement marqué les esprits. D'où aujourd'hui la surprise d'une partie du public, la fin des illusions, et l'évolution des perceptions vers une situation de belligérance.

Ce que j'écrivais en mars 2004, en m'excusant par avance pour cette citation sui generis, me semble donc être de plus en plus confirmé par les faits :

Les ambitions et les exigences des islamistes s'opposent aussi bien à notre mode de vie qu'à notre rayonnement culturel. On ne pourra plus longtemps faire croire au public, comme en Espagne, que leurs attaques sont uniquement les conséquences des décisions de nos gouvernements, et non les actions d'un ennemi irréductible. Il y aura donc d'autres attaques, probablement plus meurtrières encore, qui frapperont les pays ayant eu le malheur de trop baisser leur garde, jusqu'à ce qu'elles fassent basculer les opinions publiques et que celles-ci se mettent à exiger la guerre jusqu'ici niée.

Ces attaques plus meurtrières encore ne se sont pas produites, grâce au travail remarquable des services de sécurité européens. Mais cette fonction essentiellement défensive ne peut que retarder l'échéance, et pas modifier la dynamique du conflit en cours. La seule réponse possible à l'offensive immanente consiste à réagir sur les mêmes plans, en admettant que les coeurs, les âmes et les esprits forment le terrain-clef au niveau stratégique de toute la lutte, mais aussi en inscrivant toute action dans la durée, sans obligation de résultat immédiat, et avec des critères de succès à la fois matériels (économie, démographie) et immatériels (identités, idées).

Posted by Ludovic Monnerat at 18h25 | Comments (58) | TrackBack

22 août 2006

Entre le combat et la sécurité

Les propos fracassants de l'ancien Ministre allemand de la Défense Peter Struck, début 2004 ("la sécurité de l'Allemagne est désormais défendue sur l'Hindu Kush"), prennent ces jours un relief particulier avec la double tentative d'attentat sur des trains allemands et l'arrestation d'un immigré libanais dans ce cadre. En Grande-Bretagne, la série d'attentats dévastateurs préparés depuis 2000 sur des avions de ligne à destination des Etats-Unis offre également une résonnance particulière avec l'engagement croissant des militaires britanniques en Afghanistan. Quant à la France, sa reculade aussi risible que logique sur sa participation à la FINUL s'explique sans doute par sa prise de conscience du double piège libanais, mais aussi à sa crainte d'un nouvel embrasement de sa population immigrée musulmane. Où comment l'éclatement de l'espace, fondé sur la circulation des hommes et des idées, rapproche les stratégies militaires et policières - le combat et la sécurité - au point de les confondre.

L'augmentation constante des opérations extérieures, et la nuance toujours plus ténue entre maintien et imposition de la paix, ont de quoi donner le vertige. Récemment, des militaires britanniques déclaraient qu'il faudrait entre 40'000 et 50'000 soldats de l'OTAN pour pacifier l'Afghanistan méridional. Dans les Balkans, ce sont toujours quelque 20'000 militaires qui sont nécessaires pour empêcher la rallumage des hostilités. La participation européenne à la stabilisation de l'Irak continue de dépasser les 10'000 soldats, alors que la démilitarisation du Sud Liban - c'est-à -dire la neutralisation complète du Hezbollah comme force militaire - exigerait un minimum de 10 à 15'000 combattants, bénéficiant d'un appui conséquent sur le plan aérien et naval. Sans parler de ce qui serait nécessaire pour stopper le génocide en cours au Soudan, de ce qui est déployé actuellement en Afrique sub-saharienne pour limiter l'ampleur de conflits en cours, ou des flottes multinationales chargées de sécuriser les voies de navigation et de lutter aussi bien contre le terrorisme, la piraterie que l'immigration clandestine.

Pour l'Europe, qui peine déjà à remplir les missions actuelles, ce vertige est d'autant plus fort qu'il se conjugue à une prise de conscience croissante du péril bien plus proche que représente l'ennemi intérieur. Entre les immigrés venus préparer sur sol européen des attentats terroristes et les citoyens européens issus de l'immigration puis endoctrinés à l'islamisme, ou simplement convertis à ce culte sanguinaire, nos sociétés portent en elles un potentiel belligène qu'il n'est plus possible d'ignorer. Les dirigeants politiques se répandent aujourd'hui en propos d'autant plus alarmistes qu'ils succèdent à des décennies de dénégation et d'aveuglement, et qu'ils ne révèlent aucune solution, aucune idée de manÅ“uvre sur la manière de lutter, de protéger comme de neutraliser, de défendre comme d'attaquer. Du coup, la répartition et la coordination des efforts à l'extérieur comme à l'intérieur des frontières pose problème. Et la légitimité des missions de longue durée loin du sol national est un facteur qui gagne encore en importance.

Comment peut-on par exemple justifier le fait que l'on combatte et élimine des islamistes en Asie centrale, alors que les mêmes personnages vivent, prêchent, endoctrinent et recrutent dans nos villes ? Une démarche globale, fondée sur l'identification d'une menace, la localisation de ses manifestations et la compréhension de son fonctionnement, nous fait de toute évidence défaut. Avant tout parce que ladite menace ne correspond pas aux frontières géographiques et administratives ou aux bases juridiques qui sont le propre des Etats-nations!

Posted by Ludovic Monnerat at 15h38 | Comments (56) | TrackBack

21 août 2006

Revue Militaire Suisse : mai 2006

Sur le nouveau site de la Revue Militaire Suisse, toujours en phase de développement, 3 trois articles extraits de l'édition de mai 2006 ont été mis en ligne :

Bonne lecture !

Posted by Ludovic Monnerat at 21h59 | Comments (29) | TrackBack

Face aux monts assombris

SombresMontagnes.jpg

Hier matin, le ciel sombre et nuageux donnait un air particulièrement dramatique aux montagnes qui faisaient face. Une neige éparse tombait lentement, et la morsure ponctuelle du vent avait de quoi susciter maints frissonnements.

Mais au fait, où étais-je ? :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 16h14 | Comments (17) | TrackBack

19 août 2006

L'illusion de la faiblesse

La capacité du Hezbollah à survivre aux assauts partiels de Tsahal a relancé l'intérêt pour les mouvements paramilitaires pratiquant la guérilla et le terrorisme. La Syrie a annoncé son intention de créer un mouvement similaire, le monde arabo-musulman acclame ceux qui ont "tenu tête à l'entité sioniste", alors que nombre d'experts pontifient sur la prétendue supériorité des forces irrégulières face aux armées conventionnelles. De toutes parts est propagée l'impression d'une défaite militaire et stratégique d'Israël, coupable d'avoir gravement sous-estimé les capacités du Hezbollah et de s'être attaque à plus fort que lui. On en viendrait presque à oublier les pertes terribles de la milice chiite, les combattants aguerris et les stocks de munitions qu'elle mettra des années à remplacer, et l'annihilation qu'elle a frôlée !

Au-delà de la capitalisation politique de cette saignée, à laquelle Nasrallah et consorts se livrent aujourd'hui mais qui sera bien vite diluée dans les tourbillons de l'actualité, il est bon de rappeler certaines réalités. Premièrement, la branche armée du Hezbollah est largement équipée et entraînée comme des forces non conventionnelles de type militaire, avec par exemple des appareils de vision nocturne, des armes de précision et des missiles antichar très performants ; une organisation tirant des TOW ou des Kornet ne répond pas vraiment au stéréotype de la guérilla populaire. Autrement dit, le Hezbollah a mené un combat d'infanterie basé sur l'usure, les actions dispersées de petites unités s'appuyant sur un terrain renforcé, le cumul des accrochages censés être furtifs et mortels pour une armée lente et lourde.

Le problème, c'est que la plupart des unités de Tsahal n'ont pas tardé à faire la différence entre le Hezbollah et les bandes armées palestiniennes, entre des unités irrégulières prêtes à se battre jusqu'à la mort et des essaims de combattants majoritairement ineptes, de sorte que ces accrochages ont presque toujours tourné au bain de sang pour la milice chiite. Si Israël a abusé de la puissance aérienne et en a payé le prix politique, son emploi de l'infanterie - bien plus que des blindés - contre le Hezbollah a été judicieux. La réactivité, la mobilité et la précision des fantassins israéliens leur ont permis de sortir vainqueurs d'un combat très difficile : celui consistant à entrer dans un secteur lourdement fortifié, face à un adversaire préparé depuis des années à le défendre, pour rechercher ce dernier et le détruire.

Deuxièmement, le sacrifice quasi automatique des combattants n'est une méthode applicable que lorsqu'un immense réservoir est disponible, que si un peuple entier est prêt à se battre jusqu'au bout. Malgré les perceptions propagées dans ce sens par le Hezbollah, ce dernier ne constitue qu'un pan très minoritaire de la société libanaise ; et si cette dimension sociétale lui confère une force considérable, elle n'existe que par la faiblesse du Liban. Conçu comme un Etat dans l'Etat, avec son armée, sa télévision officielle, ses services sociaux, ses filières d'éducation (et d'endoctrinement), le Hezbollah est une structure parasitaire qui exploite une situation donnée, se protège derrière la souveraineté libanaise en cas de besoin, mais ne doit sa survie qu'au manque de capacités ou de volonté des véritables Etats. A commencer par celui d'Israël.

C'est le troisième élément à prendre en compte : les tergiversations politiques et la timidité opérative des Israéliens sont la principale cause de leur succès limité. Ils ont réagi rapidement face à l'ouverture stratégique que le Hezbollah leur a fournie sur un plateau, mais ils n'ont pas su pleinement adapter le rythme et la modalité des opérations au caractère ponctuel de cette ouverture. Ce qui est une constante : dans un affrontement du fort au faible, ce sont les faiblesses du fort qui sont décisives, et pas les forces du faible. Le Hezbollah a tout jeté dans la bataille, a sacrifié ses meilleurs hommes comme ses meilleurs équipements, pendant qu'Israël, malgré un soutien populaire très fort, s'est longtemps escrimé à éviter tout ce qui pouvait ressembler à une opération massive. Jusqu'à accepter une résolution de l'ONU qui place la communauté internationale devant ses responsabilités.

Derrière les grandes déclarations du monde arabo-musulman se cache la réalité de cette retenue, et de son raisonnement essentiel : la volonté de ne pas être lié, de conserver toute sa liberté d'action pour faire face aux prochaines étapes du conflit. Déjà , les Israéliens ont tiré les leçons de leur imprudence en relançant les projets de défense antimissile et antiroquette sur leur frontière nord ; déjà , ils étudient la manière de mieux protéger leurs chars contre les missiles modernes, tout en exploitant la mine de renseignements capturée. La carte Hezbollah ayant été jouée, maîtrisée, analysée et bientôt totalement contrée, elle perd son intérêt à court et moyen terme dans le jeu iranien. Au contraire, le jeu israélien reste dans l'ombre, ses capacités incertaines, sa volonté imprévisible, surtout en rapport avec un jeu américain qui peut soudain abattre ses propres cartes.

Posted by Ludovic Monnerat at 15h18 | Comments (58) | TrackBack

17 août 2006

L'hébergement des islamistes

Je ne me suis pas encore fait une opinion tranchée à propos de la loi sur l'asile, qui prend une part croissante dans le débat politique, mais je ne peux m'empêcher de rapprocher ce thème de cet article diffusé par CNN sur la femme (islamiste) de l'assassin (islamiste) de Massoud, et qui vit apparemment bien en Suisse (pas islamiste). Extrait :

We met el Aroud on a cold February day in Guin, a small town in Switzerland north of Fribourg. She lives there with her new husband, a Tunisian named Moez Garsalloui, whom she gently bosses around. She is a woman who says what she thinks.
We were gathering interviews on Osama bin Laden for the CNN documentary, "In the Footsteps of bin Laden."
El Aroud is a passionate believer in bin Laden's jihad and, together with her new husband, devotes her time to running a Web site promoting it. Because of the Web site, Swiss authorities detained the couple for several days last year for inciting terrorism. An investigation is ongoing.
El Aroud is in her 40s now. She is covered in black robes from head to toe with just a small slit for her large, expressive brown eyes, dramatically illuminated by our TV lights in her first television interview.
Gazing into CNN's cameras she told us, "It's the pinnacle in Islam to be the widow of a martyr. For a woman it's extraordinary."

On gagnera en clarté en disant que Guin est l'appellation francophone de Düdingen. Maintenant, en tant que citoyen attaché aux idées démocratiques, j'aimerais que l'enquête ouverte sur cette dame aboutisse rapidement, et que la preuve d'activités djihadistes - c'est-à -dire belligérantes - lui vaille une expulsion rapide...

Posted by Ludovic Monnerat at 13h30 | Comments (26) | TrackBack

16 août 2006

ONU : Le double piège libanais

Après plus d'un mois de combats parfois très violents, le secteur du Sud Liban connaît depuis lundi une accalmie précaire. Les Forces de défense israéliennes continuent d'infliger quelques pertes au Hezbollah au cours d'accrochages limités, mais ce dernier prend garde de ne pas répliquer, ce qui souligne probablement à quel point un cessez-le-feu était devenu vital pour la milice chiite. Et l'empressement de la communauté internationale à imposer ce cessez-le-feu révèle maintenant la position difficile dans laquelle, sous la bannière de l'ONU, elle s'est jetée : alors qu'une force multinationale chargée de stabiliser la région était jugée impossible depuis des années, voici soudain que l'on essaie de la constituer, même en jugeant son déploiement lent et lié à celui de l'armée libanaise, et alors que le Hezbollah refuse de désarmer.

Pour une fois, il apparaît qu'Israël a exploité les processus de décision onusiens à son profit, et l'Etat juif a beau jeu de brandir à présent la menace de l'action armée si la résolution 1701 n'est pas appliquée : la protection de ses habitants est désormais de la responsabilité de la force multinationale censée se déployée au Sud Liban, ainsi que des forces armées libanaises. Leur dilemme est de taille : soit elles prennent le contrôle de la zone et désarment le Hezbollah, finissant ainsi le travail de Tsahal, soit elles en sont incapables et fondent la justification d'une nouvelle offensive israélienne. Comme la seconde possibilité est la plus probable, c'est donc à une pause opérationnelle que nous assistons actuellement, chaque camp essayant de s'adapter aussi vite que possible à la réalité dévoilée par l'affrontement, voire à reconstituer sa capacité de combat pour le cas de la milice chiite.

Ce qui est certain, c'est que je comprends la réticence des militaires européens à envisager un déploiement entre de tels ennemis...

Posted by Ludovic Monnerat at 17h36 | Comments (58) | TrackBack

14 août 2006

Une rive au matin

VueLacustre.jpg

Ce matin, le lac enlaçait tendrement le panorama tranquille d'un beau matin d'été, et ses eaux n'étaient agitées, ça et là , que par le sillage d'un cygne vagabond ou par le clapotis joyeux de poissons invisibles...

Qui sera le / la plus rapide à identifier ces lieux magnifiques ? :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 15h40 | Comments (15) | TrackBack

12 août 2006

La course contre la montre

Ainsi donc, les Israéliens ont fini par lancer leurs forces armées dans le Sud Libanais et déclencher une invasion terrestre en règle, après plus d'un mois d'une campagne menée essentiellement par le biais d'opérations aériennes intensives (120 frappes air-sol pour la journée de mardi), d'opérations spéciales (pour la plupart non rendues publiques), d'opérations d'information (notamment psychologiques) ainsi que d'opérations navales et terrestres largement statiques. Voici longtemps que j'attendais et jugeais inévitable une telle action, au vu du nombre important de roquettes continuant de pleuvoir aléatoirement (moins d'un quart touchent des zones habitées) sur Israël. La question est de savoir si cette décision ne survient pas trop tard, ou même est inutile.

On entend en effet plusieurs voix dire qu'Israël a déjà perdu, que sa puissance militaire est illusoire ou insuffisante. Les mouvements d'humeurs existant au sein de Tsahal montrent effectivement que des erreurs ont été commises, sur le plan stratégique (engagement progressive de moyens de combat) comme sur le plan militaire (méthodes trop conventionnelles, poids excessif de la campagne aérienne). Cependant, il s'agit de ne pas se tromper de guerre : les combats menés entre Israël et le Hezbollah ne sont pas une guerre en soi, mais un épisode de plus dans le conflit opposant la nation juive au monde arabo-musulman, et notamment dans la lutte menée par l'Iran. L'aptitude du Hezbollah à lancer des roquettes ne dissimule pas, pour les observateurs avertis, la réduction massive de son utilité stratégique face à Israël comme à l'Occident, et son effet mobilisateur sur la société israélienne, même si celui-ci commence à s'effriter.

L'aspect purement militaire doit être pris en compte. Dans la logique de l'attrition retenue comme mode opératoire, ce n'est pas un k.o. qu'Israël recherche, mais une victoire aux points ; avec plus de 600 combattants du Hezbollah tués ou capturés, selon les chiffres de sources israéliennes (généralement fiables), on reste dans ce rapport de perte de 1 à 8 dont j'ai parlé voici quelques jours à la radio. Avec l'intensification des opérations, c'est d'abord l'accélération de cette saignée qui est visée, parce que l'interruption totale des tirs indirects n'est pas un objectif atteignable à brève échéance, et que la fenêtre d'opportunité stratégique se referme rapidement. Une manière de laisser une chance à la guerre, une occasion aux militaires de prouver leur aptitude tactique et opérative face à un adversaire déjà éprouvé.

Ce qui n'est pas sans risque. Toute augmentation massive des troupes engagées, en particulier dans un pays pratiquant la conscription, produit automatiquement une augmentation des enjeux et de la dépendance instrumentale. On peut donc voir derrière l'invasion prolongée de Tsahal les signes avant-coureurs de son retrait prochain, à moins d'une escalade qui justifierait les coûts ainsi consentis. Et c'est probablement dans cette capacité à frapper vite, fort et loin que réside l'avenir des forces armées, lorsqu'elles auront développé leurs lignes de défense en leur intégrant des contre-mesures face aux projectiles sol-sol. Malgré cela, si les Israéliens se replient dans quelques semaines pour céder la place à une force multinationale dont je vois mal les perspectives, surtout si elle tente d'imposer la résolution 1559, cela mettra un terme à une campagne qui leur aura permis de mettre hors course, pour un temps, le bras armé du régime de Téhéran.

Difficile dans ces conditions de ne pas y voir un avantage stratégique à court et moyen terme.

Posted by Ludovic Monnerat at 16h21 | Comments (42) | TrackBack

11 août 2006

Un instant de calme

Perspective.jpg

Toute la semaine, j'ai consacré le plus clair de mon temps à diriger un exercice de troupe au niveau tactique, en l'occurrence une action directe menée par des grenadiers. Il s'agissait là de l'activité centrale de mon service pratique, et j'ai pris un plaisir considérable à la mener, tout en tirant de nouvelles leçons très profitables. Rien de tel que se plonger dans l'action aux échelons tactiques pour prendre conscience des réalités propres aux conflits modernes... et parfois pour admirer furtivement, en cours de déplacement, des paysages splendides ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 22h18 | Comments (14) | TrackBack

10 août 2006

Dans le terrain

Désolé pour mon absence soudaine, mais cela fait partie de mon service. Toute cette semaine, je conduis un exercice tactique nocturne avec un détachement de la taille d'une compagnie, et je passe l'essentiel de mes journées dans le terrain à cette fin. Cela ne m'empêche pas de suivre l'actualité, et je reviendrai sur les événements forts de cette période, mais pour l'heure je me concentre sur ma mission... :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 15h03 | Comments (3) | TrackBack

8 août 2006

Alerte média : la RSR (4)

Comme les combats ne faiblissent pas au Sud-Liban, la Radio Suisse Romande La Première m'a invité à m'exprimer dans l'émission Forums, peu après 1800, pour analyser les opérations militaires israéliennes et leurs résultats. Ceci se fera en direct, au téléphone... Il s'agira notamment de montrer la réalité militaire de l'affrontement et aller au-delà des perceptions données aux opinions publiques.

COMPLEMENT (8.8 1840) : Une correction par rapport à mes déclarations, puisque qu'il ne s'agit pas d'un remplacement à la tête du commandement de la région nord de Tsahal, mais de l'envoi d'un assistant au commandant. La dépêche sur laquelle je m'étais basé, tombée juste avant l'interview sur ce site, a été depuis modifiée sans mention de l'erreur précédente. Même si le sens est largement le même, comme le montre en filigrane cet article, cela m'apprendra à rebondir sur des informations brûlantes et fausses ! Allez, je ferai cinquante pompes ce soir... :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 17h03 | Comments (83) | TrackBack

Irak et Afghanistan, même combat

Le temps me manque pour traiter cet angle en détail, mais il vaut la peine de s'intéresser aux pertes subies par les forces multinationales engagées en Irak et en Afghanistan : ce mois-ci, 15 soldats sont morts en Irak (dont 1 par accident) et 9 en Afghanistan (dont 2 par accident). L'augmentation constante des pertes dans ce dernier pays se conjugue ainsi à une stabilité globale, voire une légère diminution, de celles subies en Irak. En réalité, en prenant par exemple les chiffres de juillet (42 morts au combat en Irak, 13 en Afghanistan) et en tenant compte du fait qu'environ 150'000 militaires sont déployés en Irak contre 30'000 en Afghanistan, ce dernier s'avère désormais plus dangereux pour les militaires étrangers. Voici longtemps que j'ai fait part de mes doutes sur l'engagement à contre-coeur de l'OTAN en Afghanistan et sur la guerre qui va de ce fait y être menée. A partir de quand peut-on parler de bourbier dans les médias traditionnels ? Après 10 jours si les Américains sont engagés et jamais lorsque les Européens le sont ? :-)

Une petite nuance : il faudrait compléter les chiffres des pertes par celles que subissent les forces de sécurité locales et nationales ; en Irak, dès 2004, les forces irakiennes ont eu le douteux privilège de subir la majorité des pertes, alors que cela ne me semble qu'être récemment le cas en Afghanistan. Un point à vérifier...

Posted by Ludovic Monnerat at 11h00 | Comments (15) | TrackBack

6 août 2006

L'information et le soupçon

Les interrogations se poursuivent sur l'authenticité des images et des informations issues du Proche-Orient, mais une manipulation au moins est désormais avérée, puisque l'agence Reuters a reconnu que des photos produites et diffusées par ses soins avait été modifiée pour lui donner un aspect encore plus dramatique en augmentant l'effet des bombardements israéliens. Dans la mesure où de telles distorsions peuvent être rapidement détectées, puisqu'elles sont le produit d'altérations matérielles, quelle crédibilité peut-on accorder à des images non transformées, mais qui peuvent avoir été purement et simplement mises en scène ? Nous en revenons toujours au même point : une information sans indication transparente de sa source et des conditions dans lesquelles elle a été acquises doit a priori être considérée comme suspecte. Surtout si elle provient d'une agence de presse se réclamant d'une objectivité excluant un tel soupçon.

COMPLEMENT (8.8 0715) : Le cas Reuters s'est éclairci, puisque l'agence a retiré de ses archives toutes les images prises par le photographe impliqué dans la manipulation de 2 clichés. En consultant quelques blogs qui suivent l'affaire de près (ici et ici, notamment), on se rend cependant compte que la fiabilité et l'objectivité des agence en général est sujette à discussion, même si Reuters a de toute évidence violé le plus ouvertement les règles déontologiques des médias. Et pour rebondir sur quelques éléments débattus ci-dessous, cette réalité est importante : cela ne signifie pas que les bombardements d'Israël n'ont pas fait de victimes parmi les non combattants, mais bien que certains médias ont pris parti dans ce conflit en vue d'influencer les opinions publiques, et donc d'avoir un impact sur l'issue du conflit en question. N'est-il d'ailleurs pas étonnant (ou révélateur, c'est selon) que les aveux de Reuters, dimanche, n'ont pas donné lieu - à ma connaissance - à des enquêtes, à des recherches, à des critiques dans les médias traditionnels, qui pourtant dépendent étroitement de ses dépêches ?

Posted by Ludovic Monnerat at 21h48 | Comments (81) | TrackBack

4 août 2006

Une opportunité stratégique

Je signale rapidement cet entretien très intéressant donné par Magnus Ranstorp, qui fait autorité à propos du Hezbollah comme du terrorisme en général. Il identifie en effet une opportunité stratégique pour Israël. Extrait :

[...] from a U.S. perspective, I would advise the Israelis, if they are really serious about taking out Hezbollah, they should neutralize the Hezbollah political leadership to lay the ground work for diplomatic efforts. Squeeze them in one direction, towards U.S.-led efforts to lock them into UN Security Council resolution 1559, which calls for the disarmament of all militias in Lebanon, which means Hezbollah.
The Israelis have seized the moment. Everything was in a holding pattern, stalemate, and the kidnapping was perfect for the Israelis, and they have seized the moment. From my perspective, I would tell them to continue on the same path. Not to concede until the work has been done...
I have followed this thing on a daily basis for sixteen years now, even when it was completely out of the headlines. And there has never been a better moment to really move on the Lebanese and Syrian tracks.

Merci à François pour le lien.

Posted by Ludovic Monnerat at 19h29 | Comments (13) | TrackBack

3 août 2006

Le bilan de juillet

Comme le veut la coutume, je profite du bilan mensuel pour remercier celles et ceux qui lisent ces pages et qui contribuent aux débats. La fréquentation au mois de juillet a connu une légère baisse dans le nombre quotidien de visites (2250 contre 2300) et de pages (5157 contre 5272), et une hausse au niveau des hits (8983 contre 8686). Chose logique pour un mois de vacances, à Prague puis en Bretagne, et de service au Tessin !

Bien sûr, ces chiffres relatifs ne sauraient être ici cités sans quelques traits humoristiques. Voici donc mes commentaires à nombre d'entrées grâce auxquelles les moteurs de recherche ont envoyé par ici de très honorables visiteurs :

Bref, merci à tout le monde !

Posted by Ludovic Monnerat at 7h51 | Comments (1) | TrackBack

2 août 2006

Dans le ciel helvétique

PumaSAF.jpg

Loin des affres du monde en guerre, le ciel helvétique - vu d'hélicoptère - avait cet après-midi une beauté et une clarté indépassables. De quoi apprécier les services des Forces Aériennes au profit des "rase bitume", comme un certain pilote a l'habitude de nous nommer ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 17h54 | Comments (4) | TrackBack

Autopsie d'une mise en scène?

Alors que la presse traditionnelle a couvert le drame de Cana avec une absence remarquée de distance et de sens critique, plusieurs blogs ont rapidement étudié les images disponibles des décombres et des victimes. Cet article du Jerusalem Post résume leurs interrogations et leurs découvertes : comme le bilan révisé à la baisse de la Croix Rouge tend à le montrer, il existe désormais une forte présomption d'une mise en scène destinée à forcer le trait et à exploiter cet événement au maximum. Si pareille chose se confirme, cela montrerait une fois de plus l'intérêt d'une information participative en source ouverte, et rappellerait toute l'importance de la vérité dans la lutte pour les coeurs et les esprits. A vouloir surexploiter ou dissimuler, on finit en effet par perdre.

Affaire à suivre, par exemple ici...

COMPLEMENT (3.8 1845) : Sur le rôle des médias, je conseille la lecture de cet article du Jerusalem Post. Il fournit en effet des aperçus inquiétants sur le traitement des informations à la source, et notamment sur les influences qu'acceptent les reporters et dont le public n'est pas informé. Extrait :

CNN "senior international correspondent" Nic Robertson admitted that his anti-Israel report from Beirut on July 18 about civilian casualties in Lebanon, was stage-managed from start to finish by Hizbullah. He revealed that his story was heavily influenced by Hizbullah's "press officer" and that Hizbullah has "very, very sophisticated and slick media operations."
When pressed a few days later about his reporting on the CNN program "Reliable Sources," Robertson acknowledged that Hizbullah militants had instructed the CNN camera team where and what to film. Hizbullah "had control of the situation," Robertson said. "They designated the places that we went to, and we certainly didn't have time to go into the houses or lift up the rubble to see what was underneath."

[...]

Another journalist let the cat out of the bag last week. Writing on his blog while reporting from southern Lebanon, Time magazine contributor Christopher Allbritton, casually mentioned in the middle of a posting: "To the south, along the curve of the coast, Hizbullah is launching Katyushas, but I'm loathe to say too much about them. The Party of God has a copy of every journalist's passport, and they've already hassled a number of us and threatened one."

Rien de bien nouveau sous le soleil, malheureusement.

Posted by Ludovic Monnerat at 8h44 | Comments (35) | TrackBack

1 août 2006

Sur nos monts quand la pluie...

EigerHeli.jpg

Il est vrai qu'en ce 1er août, la météo ne se montre pas tout à fait à la hauteur de notre hymne national. Qu'à cela ne tienne : voici une splendide image de l'Eiger, symbole de ces monts helvétiques où les beautés de la patrie parlent à l'âme attendrie. Bonne fête nationale à toutes et à tous ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 16h02 | Comments (5) | TrackBack