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30 juin 2006

Alerte média : la RSR (2)

A l'instant, j'ai donné une courte interview à Radio Suisse Romande La Première dont un extrait sera diffusé dans le journal du matin. Il s'agissait d'analyser la stratégie israélienne et l'opération "Pluie d'été" menée actuellement, notamment pour savoir jusqu'où Israël peut aller. Il a été nécessaire d'enregistrer la chose, car je suis en déplacement toute la journée à partir de 0700 !

Posted by Ludovic Monnerat at 6h32 | Comments (43) | TrackBack

28 juin 2006

L'information en danger ?

Je ne résiste pas au plaisir de consacrer un bref billet au texte mis en ligne avant-hier par Stéphane sur son Meilleur des Mondes, et consacré à cette curieuse initiative nommée "l'information en danger" que des journalistes romands ont lancée. A l'heure de la multiplication des sources et des vecteurs d'information, on pourrait croire que les rédacteurs encartés se préoccupent de cette concurrence nouvelle et cherchent des solutions pour augmenter la qualité de leurs productions professionnelles ; mais ils semblent au contraire focalisés sur des questions financières qui leur permettent d'éviter la remise à la question à laquelle la révolution de l'information pourtant les condamne :

Il y a peu de branches professionnelles avec une aussi haute opinion d'elle-même que les membres de la presse. Ceux-ci accordent en conséquence une haute valeur à leur travail, affirmant qu'ils agissent comme une interface "nécessaire" entre les abruptes dépêches des agences et la naïveté du public. Ils clament évidemment que chaque article, soigneusement rédigé et mis en forme par un professionnel, est une réelle oeuvre d'art à grande valeur ajoutée: tournures de phrases, enquêtes, collecte de témoignages, mise en contexte nécessaire...
La réalité est toute autre. Le public, décidément ignare, n'apprécie pas ce travail à la juste valeur (selon son estimation par les journalistes.) Le succès des journaux gratuits, qui livrent l'information brute des agences, ou des blogs, où les commentaires et les éditoriaux sont l'oeuvre de bénévoles formés sur le tas, montrent que les gens se passent volontiers de l'intervention des professionnels. En tous cas, ce lectorat émergent montre qu'une grande partie du grand public ne confère aucune valeur au travail des journalistes. Douloureuse révélation!
Un reporter compétent, qui livre de véritables enquêtes sur le terrain, suit des pistes et ramène des affaires au grand jour, garde évidemment une place de choix dans le cycle de l'information: il en est la source. Mais peut-on clamer que tous les autres, du pigiste à l'éditorialiste et ses analyses convenues, sont aussi indispensables?
Inquiètes et sans vision à long terme, les sociétés adoptent souvent des stratégies défensives lorsqu'elles sont confrontées à des difficultés. Elles refusent de se réformer et gèrent donc leur déchéance petit à petit. Ainsi, face à l'érosion du lectorat, les rédactions ne remettent pas en cause les fondamentaux de leur modèle mais se contentent de l'aménager un peu. De cette façon, une part d'influence toujours plus grande est laissée aux annonceurs dont le budget publicitaire vient suppléer à une audience déficiente.

Lisez le tout ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 21h10 | Comments (20) | TrackBack

27 juin 2006

Irak : la résilience américaine

Une chose qui reste en partie surprenante, avec le battage médiatique incessant autour de massacres présumés et d'attentats quotidiens, réside dans la résilience de l'opinion publique américaine : plus de 3 ans après l'annonce (erronée) de la fin des combats majeurs en Irak, une moitié d'Américains, à en croire ce sondage, refuse l'établissement d'un plan horaire pour le retrait des troupes d'Irak, et donc continue de soutenir l'action entreprise par l'administration Bush. Il est possible que ces chiffres bénéficient ponctuellement de l'élimination de Zarqaoui, mais ce type d'événement fait partie de tout combat aux points. En tout état de cause, force est de constater que l'influence des médias - majoritairement orientés dans le sens d'un échec en Irak - a trouvé ses limites, probablement dans la diversification des sources et des relais d'information.

Cette dimension stratégique dans la conduite du conflit trouve un écho au niveau opératif, dans le volume de troupes déployées en Irak. Les annonces de déploiements différés ou modifiés dans le sens d'une réduction sont un indicateur important en la matière, notamment parce qu'un volume réduit implique presque immanquablement une soutenabilité (désolé pour cet anglicisme...) accrue. Si l'on tient compte du fait que l'US Army a atteint ses objectifs de recrutement pour l'essentiel de 2006 et dépassé ses objectifs de rétention, cela montre que l'Irak, à terme, n'est pas le bourbier clamé si souvent. Une affirmation qui pourrait toutefois être remise en cause si le budget du Pentagone venait à être sérieusement amputé sous la prochaine administration au point de perdre les acquis militaires multiples - expérience, sélection, mutation - de l'opération Iraqi Freedom...

Posted by Ludovic Monnerat at 22h51 | Comments (7) | TrackBack

26 juin 2006

L'inertie des armées

Une colonne du général belge Francis Briquemont, parue la semaine dernière dans La Libre Belgique, a retenu aujourd'hui mon attention. L'auteur y déplore en effet l'inadaptation des armées conventionnelles aux conflits de notre ère. Cette problématique n'est bien entendu pas nouvelle, et l'auteur se gargarise de préjugés trompeurs quant à la situation de l'US Army en Irak (dont la situation en matière de recrutement et de moral est l'inverse de ses homologues européennes), mais l'angle qu'il privilégie - le petit nombre d'éléments opérationnels, c'est-à -dire de combat, dans les armées modernes - est très pertinent. Le tout étant résumé par cette phrase :

Les armées de terre des démocraties sont en crise parce qu'elles n'ont jamais eu autant besoin d'hommes opérationnels d'un niveau élevé alors qu'elles en ont de moins en moins.

Ce constat est bien entendu une condamnation de la professionnalisation des armées européennes, qui ont renoncé au nombre sans gagner en efficacité, c'est-à -dire en capacité de projeter durablement des effets. Et l'impossibilité de forger une seule armée européenne, à même de fonder la masse critique nécessaire, offre une perspective plutôt sombre. A moins de rompre ce compromis paralysant et d'obtenir des armées à deux faces (pour ne pas dire deux vitesses) : une grande composante de milice, conçue pour les missions à l'intérieur des frontières nationales, et une petite composante professionnelle, conçue pour les missions à l'extérieur de ces frontières.

On notera que l'armée suisse correspond très largement à ce modèle...

Posted by Ludovic Monnerat at 22h28 | Comments (13) | TrackBack

24 juin 2006

Les identités et le football

D'aucuns ont beau l'appeler les jeux du cirque, je trouve bien davantage d'intérêt que cela au Mondial de football qui se déroule en ce moment. Ces derniers jours, le nombre de drapeaux suisses qui ornait les lieux que j'ai traversés a ainsi dépassé tout que j'avais pu voir par le passé à l'occasion d'une manifestation sportive ; de quoi se demander si le phénomène, justement, ne dépasse pas ce cadre. Est-ce qu'un sport aussi populaire que le football, autour duquel se cristallisent parfois des antagonismes nationaux, ne contribue pas à préserver les identités traditionnelles face à un monde qui tend à les morceler ? Est-ce que le parcours digne d'éloges de l'équipe suisse ne révèle-t-il pas, dans la réaction du public helvétique, les convictions d'une majorité silencieuse, par opposition aux péroraisons de la minorité façonnant en temps normal l'actualité ?

Posted by Ludovic Monnerat at 19h47 | Comments (29) | TrackBack

22 juin 2006

Un crash informatique

Pour la première fois depuis des années d'utilisation de PC (c'est le 7e modèle depuis 1993 qui me passe dans les mains, sans compter les machines professionnelles ou les ordinateurs 8 et 16 bits précédents), j'ai subi ces derniers jours sur mon portable un crash informatique de première ampleur, avec impossibilité de redémarrer Windows (les secteurs de boot ayant été endommagés). Il m'a fallu quelques heures de manipulations pour graver un CD de boot, faire un check disk généralisé, réparer des dizaines de fichiers, ne pas parvenir malgré tout à rebooter à partir du disque dur, et enfin me lancer dans un transfert général de données avant de reformater le tout et réinstaller tous les logiciels (ce qui ne peut faire que du bien, soit dit en passant). Une dernière étape que je suis en train d'accomplir, malgré des journées fort chargées. Au moins, je n'ai perdu aucune donnée, et mon dernier backup datait de quelques jours... Vive la technologie ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 14h38 | Comments (6) | TrackBack

19 juin 2006

Une guerre proche et lointaine

Voici plus de 6 mois, j'écrivais que les Européens acceptaient peu à peu et à contre-coeur la lutte lancée par les Etats-Unis sur le territoire de l'Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001. Il apparaît à présent que cette perspective semble confirmée par les faits : suite à son déploiement au sud du pays, l'ISAF est bel et bien sortie de son rôle initial (maintien de la paix) pour entrer dans un conflit de basse intensité, avec des opérations offensives conventionnelles nécessitant l'appui de l'artillerie et de l'aviation, et avec une différence toujours plus ténue entre ses actions et celles de la task force sous commandement américain. En d'autres termes, l'Europe mène une guerre tout en parlant de paix, pratique l'interdiction stratégique sous couvert de construction de nation, et fait en Afghanistan ce qu'elle s'est refusée à faire en Irak.

Il suffit de lire l'intention du commandant actuel de l'ISAF pour cerner l'action militaire en cours. Extrait :

My guiding intent is, through our actions and a linked information operation firmly rooted in substance, to reinforce the people of Afghanistan's belief that long-term peace and growing economic prosperity from which everyone can benefit is possible if they continue to give their government, and its international partners, their support and encouragement.
ISAF, in partnership with the GOA and the International Community, is to think and plan for the long-term future of Afghanistan, seizing short-term opportunities as they occur but always in a way that is in step with the long-term vision for the country. We are to focus on action that actively assists the GOA in nurturing and further developing the consent of the people to the GOA (our centre of gravity) and its international partners, not least NATO. Respect for the people of Afghanistan and their faith is to be central to all we do.

J'ai mis en gras les passages essentiels ci-dessus pour mieux souligner la clef de cette opération : non seulement une lutte pour les coeurs et les esprits, entre la modernité à l'occidentale et le conservatisme à l'islamiste, mais également un effort majeur pour la préservation, la restauration ou - comme en Afghanistan - le développement des structures et de la culture propres à l'Etat-nation, en matière de pouvoirs, d'identités, de loyautés, de prospérité et bien entendu de libertés. Or ce véritable combat se déroule à la fois partout et nulle part, de façon nécessairement distribuée et parallèle, dans les montagnes afghanes comme dans certains quartiers européens, avec des moyens et des méthodes qui diffèrent, mais qui doivent être coordonnés et fédérés.

Les affrontements entre Taliban et soldats de l'OTAN peuvent donc sembler lointains et peu significatifs. Je pense pour ma part qu'ils nous sont très proches et essentiels.

COMPLEMENT (20.5 2230) : Pour prolonger l'exposé de la situation que connaissent les troupes britanniques, cet article fournit un excellent aperçu.

Posted by Ludovic Monnerat at 21h40 | Comments (38) | TrackBack

17 juin 2006

Les barbares de notre ère

Cette semaine m'a tenu éloigné de ce site, mais j'ai tout de même eu le temps de lire plusieurs choses intéressantes. Les propos tenus par le contre-amiral britannique Chris Parry, l'un des responsables des réflexions stratégiques à Whitehall, méritent ainsi le détour par leur caractère tranché, alarmiste et inhabituel. Extrait :

If a security breakdown occurred, he said, it was likely to be brought on by environmental destruction and a population explosion, coupled with modern technology and radical Islam. The result for Britain and Europe, Parry warned, could be "like the 5th-century Roman empire facing the Goths and the Vandals".
He pointed to the wave of mass migration that disaster in the Third World could unleash. "The diaspora issue is one of my biggest current concerns," he said.
"Globalisation makes assimilation seem redundant and old-fashioned ... (the process) acts as a sort of reverse colonisation, where groups of people are self-contained, going back and forth between their countries, exploiting sophisticated networks and using instant communication on phones and the internet."
The direct effects of Third World instability would soon lick at the edges of the Western world as pirate gangs mounted smash-and-grab raids on holidaymakers. "At some time in the next 10 years it may not be safe to sail a yacht between Gibraltar and Malta," he said.

Qu'un haut responsable militaire puisse aujourd'hui tenir ce genre de discours montre bien l'évolution des esprits survenue depuis plusieurs années.

Posted by Ludovic Monnerat at 20h12 | Comments (8) | TrackBack

12 juin 2006

Une nouvelle fois en service

A partir d'aujourd'hui et ces 2 prochaines semaines, le soussigné sera essentiellement absent en raison de ses activités militaires. J'essaierai naturellement de garder le contact avec l'actualité et de poursuivre la réflexion générale qui caractérise ce site, mais sans garantie aucune. Ce qui sera d'ailleurs une habitude : compte tenu de l'évolution de ma carrière de milice (prise de commandement d'un bataillon), je devrai faire plusieurs services cette année qui me tiendront éloigné de l'Internet... Merci par avance pour votre patience ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 7h25 | Comments (6) | TrackBack

9 juin 2006

Mystère et boule de gomme

En consultant les statistiques de ce site, aujourd'hui, je suis tombé nez à nez avec un phénomène mystérieux, que l'un des esprits subtils consultant ces pages saura certainement m'expliquer. ll se trouve en effet que l'expression la plus utilisée pour les recherches en ligne aboutissant à cette page est à ce jour un salmigondis de caractères : "Ã?»Ã?µÑâ"°Ã?µÃ?½". Apparemment, je ne suis pas le seul à connaître ce phénomène, mais je n'en connais pas pour autant la cause. De quoi s'agit-il ? Merci d'avance pour toute contribution à l'élucidation de ce mystère ! :-)

Posted by Ludovic Monnerat at 21h00 | Comments (6) | TrackBack

8 juin 2006

Le poids d'un homme

Ainsi donc, le principal chef de la guérilla sunnite en Irak a été tué suite à une frappe aérienne. Les uns se félicitent de cette élimination, y voyant un coup dur porté à la mouvance islamiste, les autres contestent la portée de cette action, affirmant qu'elle génèrera davantage de candidats au terrorisme, alors que les Irakiens affichent leur soulagement. La chute d'Abou Musab Al Zarqaoui met donc un terme à l'une des chasses à l'homme les plus intenses menées ces dernières années, et rappelle qu'un leader insurrectionnel ne peut échapper longtemps à ses ennemis s'il n'a pas de sanctuaire à sa disposition. Face aux méthodes mises en oeuvre par le renseignement de la coalition, sa carrière a d'ailleurs été étonnamment longue.

Il reste naturellement à évaluer la portée de son élimination. Une insurrection comme celle qui entrave et ralentit le développement de l'Irak étant de nature composite, décentralisée et désynchronisée, comme d'ailleurs la plupart des acteurs non étatiques et combattants modernes, la perte d'un leader au demeurant controversé ne peut avoir d'effet décisif. Aucune décapitation n'est possible lorsque l'on affronte une meute d'hydres furtifs. En revanche, les efforts considérables déployés par la coalition pour la capture ou la mort de Zarqaoui, et celles de ses principaux aides, montrent que les individus comptent. On ne crée pas un détachement de forces spéciales à cette seule fin sans un impératif stratégique. Lorsque le k.-o. n'est pas possible, en raison de la nature du conflit comme de l'ennemi, la victoire aux points est la seule option disponible.

De fait, un individu comme Zarqaoui joue de nos jours un rôle important dans la cohérence et la cohésion d'un acteur composite. Les connaissances, les contacts, le charisme, la détermination, l'expérience d'un seul homme peuvent faire beaucoup pour convaincre et galvaniser les amis, effrayer et dissuader les ennemis. Le fait que le chef jordanien ait pratiqué un terrorisme aveugle et révoltant, visant à provoquer un conflit interethnique et interreligieux pour empêcher la démocratie de prendre racine en Irak, n'est pas contradictoire avec cette réalité. Il est naturellement possible de retrouver un autre Zarqaoui, et de voir dans quelques mois la coalition confrontée à un défi identique ; mais les personnages de ce calibre restent rares, et ne peuvent être aisément remplacés. Quoi que l'on en dise en parlant de "martyre", les vivants ont bien plus d'influence que les morts. Ne serait-ce que parce qu'ils restent imprévisibles.

Posted by Ludovic Monnerat at 22h38 | Comments (14) | TrackBack

7 juin 2006

La belligérance médiatique

Le rôle des médias dans les conflits de notre ère a été analysé hier par François Brutsch, sur Un Swissroll ; il montre ainsi les deux méthodes revenant à "donner des armes à l'adversaire", soit la trahison de ses propres valeurs (ressembler à l'autre) d'une part, et la négation du combat à mener (oublier l'autre) d'autre part. Pour François, "l'esprit critique doit aussi veiller à ne pas se laisser instrumentaliser par l'adversaire, ni manipuler par le combat politique mené de l'intérieur". Il s'agit bien entendu là d'une pensée corrosive, puisque nous vivons dans des sociétés où l'esprit critique, souvent ressenti comme individualiste et frondeur, est tenu en très haute estime, voire même en adoration. Affirmer que l'obéissance doit parfois prendre le pas sur la liberté est rare à un tel sujet, et pourtant nécessaire.

Pour ma part, j'irai plus loin encore : dans la mesure où la plupart des conflits qui impliquent des démocraties reposent sur les opinions publiques, les acteurs affectant celles-ci de façon délibérée ont automatiquement, qu'ils l'acceptent ou non, le statut de belligérant. Les Etats, les ONG, les médias, les entreprises privées luttent pour la conquête des esprits au même titre que les armées, les réseaux terroristes ou les guérillas. En d'autres termes, tous portent une responsabilité dans le sens véhiculé par leurs actions, leurs déclarations, ou même leur inaction et leur silence. Dès lors que la décision ne peut plus être emportée sur le champ de bataille, puisque celui-ci s'est élargi aux sociétés entières, nous sommes tous devenus à la fois cibles et vecteurs, victimes et acteurs, concitoyens du village global, commensaux à la table de l'espèce humaine. A jamais privés de l'innocence que donnent l'isolement et l'ignorance.

Dans ce contexte, il est surprenant que les médias n'aient pas encore pris acte de leur influence et de leur responsabilité pour remettre en cause leur héritage déontologique, alors même que s'orienter à nouveau vers l'objectivité et la neutralité est à ce prix. Il est vrai que la concurrence des supports et l'immanence de l'information s'opposent à de telles réflexions de fond. Mais considérer le statut de belligérant que leur a conféré de fait l'évolution de la société devrait être la première étape d'une telle démarche.

Posted by Ludovic Monnerat at 21h11 | Comments (6) | TrackBack

6 juin 2006

Une panne inexplicable

Le serveur qui héberge ce site a subi cet après-midi et ce soir une panne inexplicable, dixit mon informaticien ; impossible de poster un commentaire ou un billet pendant plusieurs heures. Il pourrait s'agir d'un hackage en règle ou d'une erreur de manipulation, puisque tous les clients ont vu leur accès être annulé. Mais la chose semble à présent réglée...

Posted by Ludovic Monnerat at 21h08 | Comments (11) | TrackBack

5 juin 2006

Le piège de la liberté (2)

Voici 5 mois, j'écrivais que les Palestiniens étaient tombés dans le piège de la liberté, et je me demandais combien de temps il faudrait pour que les perceptions à leur sujet changent au sein de la communauté internationale. Si l'on en croit une enquête d'opinion citée par le Jerusalem Post, ce changement s'est produit ces derniers mois, et l'image des Palestiniens serait en train de s'effondrer. Et ceci semble bel et bien la conséquence de la stratégie adoptée par Ariel Sharon avec le retrait de la bande de Gaza, cette amputation stratégique permettant une position bien plus favorable, ainsi que du choix belliciste des élections palestiniennes :

Furthermore, the pollster said, the question of which side held "absolute," uncompromising positions had also shifted - to Israel's benefit. The sea-change in attitudes, he said, had been accelerated by the fact that former prime minister Ariel Sharon, who had been widely regarded as an ideological "absolutist," had surprised Europe with his disengagement initiative. And at about the same time, the Palestinians had chosen the "absolutists" of Hamas as their leadership.

Ce changement de perception est donc lié à l'évolution du conflit israélo-palestinien, ainsi qu'au lent réveil de l'Europe quant à la menace posée par la mouvance islamiste. Pour autant, je ne partage pas l'analyse américano-centrique d'un James Taranto sur la raison d'un tel changement, lui qui invoque l'ethnomasochisme effectivement fréquent sous nos latitudes. Non : l'altération des perceptions, et donc de la manière des enjeux subjectifs d'une situation donnée, peut fort bien être l'objectif d'une stratégie délibérée ; pour les Israéliens, la resymétrisation du conflit est à la base de ce succès majeur, que la politique esquissée par Ehoud Olmert et les perspectives tracées par l'armée contribuent à renforcer.

Bien entendu, cela signifie que le conflit va se poursuivre. Mais il va surtout s'élargir, se normaliser, s'insérer ouvertement dans la lutte globale entre modernité et obscurantisme, entre démocratie et théocratie.

Posted by Ludovic Monnerat at 22h06 | Comments (32) | TrackBack

Un printemps enneigé

Pilatus.jpg

Vendredi dernier, je suis retourné à Kriens pour donner deux exposés au stage de formation d'état-major général III, première partie. A cette occasion, je n'ai pas résisté à l'envie de prendre une photo du Pilate, dont l'enneigement ne cadre pas vraiment avec un début de mois de juin.

Posted by Ludovic Monnerat at 9h44 | TrackBack

3 juin 2006

Les errements accoutumés

A travers l'histoire, les grands bouleversements ont souvent eu tendance à être niés ou sous-estimés par les dirigeants en place, par les institutions établies. Les querelles byzantines, ignorantes de la menace turque, sont restées fameuses, et le massacre qui a suivi la chute de Constantinople offre un contraste d'anthologie avec les discussions sur le sexe des anges ; la morgue et l'incrédulité de l'ancien Empire de Chine, face aux prétentions des représentants britanniques sous l'ère victorienne, aboutira également à la cessation de Hong Kong et à d'autres humiliations. Plus près de nous, la Société des Nations a puissamment contribué à obscurcir les esprits alors même que le fascisme italien, l'impérialisme nippon puis le nazisme allemand dévoilaient leurs ambitions belligènes ; l'Organisation des Nations Unies, faute d'y croire à temps, a laissé le nettoyage ethnique saigner les Balkans et le génocide ravager l'Afrique centrale, pour ne citer que ces manquements.

Je ne peux m'empêcher de faire ces réflexions en prenant acte des projets soutenus par la Confédération dans le cadre de la future Maison de la Paix qui sera construite à Genève. Alors qu'il ne se passe pas une semaine ou presque sans que des attentats terroristes soient déjoués dans les pays occidentaux, alors que les équilibres mis en place par ces mêmes pays sont profondément remis en cause, alors que les Etats ne cessent de voir leur puissance être rognée par l'évolution du monde, alors que même un pays comme la Suisse doit avouer être impliqué dans une guerre transnationale et idéologique, il est stupéfiant de constater que l'on investit des sommes non négligeables dans la formation d'étudiants en relations internationales et en développement, au lieu de renforcer en première priorité les capacités de détection (renseignement) et d'action (opérations).

Bien entendu, l'éducation est un pilier de chaque société, et les investissements en la matière offrent toujours un bénéfice difficile à estimer précisément, surtout dans une perspective immédiate. Mais c'est le dogme pacifiste et diplomatique qui me paraît avant tout poser problème : les relations internationales offrent de moins en moins de solutions aux défis de notre ère, et pourtant leur institutionnalisation assure un développement constant de leurs investissements. Quant à accepter la remise en question des paradigmes anciens sur lesquels elles reposent, notamment en matière de droits des conflits armés, de telles organisations y sont en général plus que rétives. Comme l'écrivait Charles de Gaulle dans le premier tome de ses Mémoires de Guerre, « la confrontation des idées, dès lors qu'elle met en cause les errements accoutumés et les hommes en place, revêt le tour intransigeant des querelles théologiques. »

Seul le désastre vient en général à bout de telles inerties, avec ou sans vindicte populaire. Les transformations réussies avant le désastre, comme l'ère du Meiji au Japon du XIXème siècle, sont l'exception. L'intelligence et la faculté d'adaptation sont deux choses différentes.

Posted by Ludovic Monnerat at 20h08 | Comments (21) | TrackBack

1 juin 2006

Le bilan de mai

Conformément à la tradition de ce site, je profite du bilan mensuel pour remercier cordialement celles et ceux qui le consultent et qui contribuent aux débats. La fréquentation au mois de mai a connu une légère diminution dans le nombre quotidien de visites (2239 contre 2284), une hausse du nombre de pages (5144 contre 4971) comme des hits (9380 contre 8557).

Bien sûr, ce bilan issu d'un bête outil statistique se doit d'être agrémenté de quelques lignes humoristiques. Voici donc mes commentaires à nombre d'entrées grâce auxquelles les moteurs de recherche ont envoyé par ici de très honorables visiteurs :

Bref, merci à tout le monde !

Posted by Ludovic Monnerat at 23h44 | Comments (3) | TrackBack