14 février 2010
L'apport de la réflexion historico-stratégique de Daniel Reichel
La dix-huitième et dernière communication a été présentée par le Docteur Bernard Wicht, privat-docent à l'Université de Lausanne.
Mettre l'histoire au service de la cité : voici un souci permanent qu'eut Daniel Reichel. Non pas pour faire des emblèmes sur les murs, non pas pour se mettre en scène, mais pour promouvoir une histoire qui pose des questions critiques. Reichel n'est pas le Clausewitz des Alpes, méconnu et incompris ; pour nous, Suisses, il pose cependant des questions importantes, dont la première est : comment garantir la survie de cette construction qui s'appelle « la Suisse » ? Et ceci en mettant cette question à la lumière de l'histoire. C'est aussi la raison pour laquelle Daniel Reichel est moins percutant au-delà des frontières.
L'histoire, création continue : par cette formule, l'idée de Reichel n'était pas de réinterpréter sans cesse l'histoire, mais d'appeler l'histoire au secours d'un pays - la Suisse -, de citoyens qui, ne s'étant pas battus depuis 150 ans, ont besoin d'autant plus des leçons de l'histoire parce qu'ils ne paient pas le prix du sang. Comment se préparer lorsque nous n'avons pas la perspective du combat ? Par la lecture, la recherche et l'écriture, et si possible de thèmes qui nous déplaisent, parce que cela nous amène à nous remettre en question.
Quant à sa méthode de travail, Daniel Reichel s'est présenté comme le défenseur de la pensée militaire francophone, de manière à compenser la formation avant tout germanophone donnée en Suisse allemande. Il est pourtant très germanique dans son approche et a une volonté de saisir la substance, non seulement des peuples, mais aussi des choses - qu'est le moteur premier, qu'est-ce qui fait bouger la chose. Il utilise souvent la méthode du radiologue, afin d'aller derrière les apparences, afin d'aller au fond des choses.
Le combattant individuel est au centre des préoccupations de Reichel. Pour lui, c'est uniquement un soldat qui sait pourquoi il se bat et qui sait avoir des chances de succès. D'où l'intérêt pour la manœuvre aux petits échelons, pour la cohésion du groupe de combat. Ce dernier doit être un groupe de copains, qui se connaissent depuis longtemps, qui forment une communauté, avec un côté famille et un côté démocratique. Le meilleur exemple de cette efficacité du groupe de combat, conduisant la manœuvre des petits échelons et le combat décentralisé, sont les Stosstruppen de l'Allemagne de 1914-18.
Posté par Ludovic Monnerat à 10:44
13 février 2010
Méditer la guerre ou penser la gestion de crise - antithèse ou continuum ?
La dix-septième communication a été présentée par Alain Vuitel, chef de la Centrale nationale d'alarme (CENAL).
Notre époque, comme par le passé, demeure marquée par des potentiels militaires tout à fait importants, avec des ressources financières substantielles pour les développer et les entretenir. Nos sociétés voient néanmoins d'autres sources de déstabilisation. L'apparition d'États faillis y contribue notamment.
Le mot « guerre » existe depuis le XIe siècle et désigne globalement une lutte armée. La définition de la « crise » évoque en revanche, initialement, la phase décisive d'une maladie (le mot a donc une origine médicale). Ce terme n'est utilisé dans le contexte des relations internationales qu'à partir de 1898 (crise de Fachoda). Ces deux éléments, crise et guerre, sont des éléments définissant un moment décisif dans l'existence d'une nation ou d'une société.
Par ailleurs, une crise peut mener à une guerre, et une guerre peut mener à une crise. Mais si l'on ne s'attaque qu'aux symptômes sans aller à la racine du conflit, on ne peut résoudre celui-ci.
Enfin, le terme de « guerre » fait de moins en moins partie de notre vocabulaire - les discussions en Allemagne sur l'engagement de la Bundeswehr en Afghanistan en sont un exemple. On a parallèlement une recrudescence de l'emploi du mot « crise », comme la Suisse le constate ces derniers mois.
Finalement, pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde, le conflit armé n'est pas la première préoccupation. Celle-ci a trait d'abord à la sécurité, à la criminalité, à la santé, à l'emploi, etc. Au niveau de la société suisse, trouver l'équilibre entre tous ces différents éléments - comme y doit parvenir le prochain RAPOLSEC - est particulièrement difficile. Il en va de même pour la communauté internationale. Pour comprendre la véritable nature d'un problème, il s'agit donc d'ouvrir la perspective et de ne pas se concentrer de manière obtuse sur le problème lui-même. Il faut ouvrir la pensée.
Les grands penseurs militaires ont consacré toute leur énergie à tenter d'identifier un certain nombre de principes généraux susceptibles de guider le commandant dans le brouillard de la guerre. Mais la guerre est un duel, qui passe ensuite par l'application du choc (force humaine), puis de la manœuvre (force animale) et enfin du feu (force mécanique), ce qui aboutit à augmenter le nombre de dimensions, dont le temps reste un élément-clef. Il s'agit de protéger ses capacités propres, mais aussi de protéger sa propre population, sur le plan moral, physique, économique, politique ou encore social, ce qui aboutit à la résilience d'une société face à une crise. Le dosage entre les différents éléments évolue à travers le temps ; on tend également à diminuer les risques, ce qui sera évident avec le concept de « guerre zéro mort ».
Les combats en Afghanistan confèrent ainsi une importance considérable à la propre protection, mais aussi au feu ; on essaie en revanche d'éviter le choc. Mais cette guerre se déroule au milieu des populations, ce qui nous place dans un autre cadre que le duel de la guerre, puisqu'il s'agit de gagner la confiance de la population. Ceci provoque un dilemme : la manœuvre sécuritaire - établir l'ordre et la sécurité, avec le choc et le feu - doit être gagnée, mais aussi la manœuvre économique, ce qui implique une libre circulation des personnes, laquelle contredit la manœuvre sécuritaire. La manœuvre morale doit également être gagnée, afin de gagner cette confiance. Il y a donc une approche nécessairement double entre le duel des volontés - avec des effets létaux - et le gain de confiance - avec des effets d'entraînement.
Dans ce contexte, les forces armées ont un rôle à jouer, mais de nombreux autres organes doivent également jouer leur rôle, ce qui aboutit à un nouveau dosage entre les instruments, étant entendu que l'adversaire combattant est bien la pointe émergée d'un ensemble comprenant les appuis extérieurs, les flux financiers, le recrutement, les bases arrières, l'idéologie, etc. Il y a donc des dimensions sociétales qui doivent s'opposer.
En conclusion, il y a bien une contradiction entre le mélange choc-feu-manœuvre-protection et la gestion des crises (persuasion-opportunités-synergies-résilience), même si la liberté de manœuvre est commune aux deux approches.
Posté par Ludovic Monnerat à 15:06
Le nouveau brouillard de la guerre
La seizième communication a été présentée par le Professeur Hervé Coutau-Bégarie, directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de Défense (CID, Paris).
Le brouillard de la guerre résulte d'une incertitude fondamentale, provenant de l'absence de renseignement sur l'ennemi. On essaie d'y suppléer en collectant le renseignement, mais aussi par l'intuition - savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la colline. Une autre source de friction à la guerre provient de la difficulté à concilier le choc, la manœuvre et le feu - puisqu'ils ont été pendant longtemps largement exclusifs les uns des autres.
La manœuvre suppose la vitesse et la mobilité ; le choc, lui, suppose la masse, la puissance - une masse qui a d'abord été conçue en termes d'effectifs humains, puisque les armements de l'époque classique étaient relativement similaires. Le feu, enfin, suppose de disposer du matériel adéquat, avec la recherche d'une portée toujours plus grande. Tout cela est très difficilement compatible, et l'armée est traditionnellement organisée en armes - chacune correspondant, selon les époques, à une modalité fondamentale. Il en résulte des différences de moyens, mais aussi d'état d'esprit.
Trouver l'équilibre entre ces éléments fonde un débat qui traverse toute l'histoire militaire. Entre 1914 et 1918, on constate ainsi l'échec de l'offensive, qui révèle l'insuffisance du choc, lequel avait été faussement assimilé au primat des forces morales. Durant toute la guerre, on va essayer de restaurer la manœuvre sans entièrement y arriver. Le tournant ne va se situer que dans l'entre-deux guerres, avec la mécanisation, qui rend possible la combinaison simultanée des trois modalités, combinaison concrétisée par le « blitzkrieg » : le choc physique et psychologique du couple blindé-avion, la manœuvre permettant une exploitation opérative, voire stratégique, d'une percée tactique, et le feu fixant et immobilisant les forces adverses.
La supériorité de la manœuvre sera progressivement mise en échec durant la Seconde Guerre mondiale par le primat du choc selon le modèle russe : le rouleau compresseur. Les fronts russes voient les troupes foncer tout droit ; elles ne peuvent du reste pas dévier, puisqu'elles se heurteraient à un autre front. A côté de ce modèle russe figure le modèle américain fondé sur le feu, comparé par le général Brune à une gigantesque entreprise de démolition, orchestrée jusqu'à ce que la résistance adverse s'effondre.
Après 1945, le sens de la manœuvre va progressivement se perdre, avec une sclérose de la pensée militaire classique, concurrencée par la pensée militaire axée sur la stratégie nucléaire et par la pensée découlant de la guerre révolutionnaire. De plus, on se focalise à cette époque sur des modèles d'armée très lourds en prévision d'une troisième guerre mondiale. Par ailleurs, la réduction de l'incertitude due aux progrès de la détection, de l'observation et de la surveillance contribuera à ce déclin.
La manœuvre va regagner en importance dans les années 1970 avec le déclin des armées de masse, mais aussi suite au traumatisme dû à la guerre du Vietnam et en raison de l'avènement des armes de précision. Ceci aboutira à la révolution des affaires militaires et à sa profusion de noms formidables. La supériorité de l'information deviendra d'ailleurs la doctrine militaire officielle des États-Unis. En espérant mettre fin à l'incertitude, on rêve d'une guerre technicienne. Ce qui ne fonctionne que si l'on trouve un adversaire assez bête pour en accepter les termes.
Mais l'homme est capable d'apprendre, notamment lorsqu'il a vu d'aucuns se faire pulvériser. La guerre du Kosovo sera la première occurrence du déclin d'un tel modèle, le camouflage et les leurres abusant le plus souvent les capteurs alliés. La guerre d'Irak, en prenant la forme de stratégies irrégulières, sera un contournement encore plus radical de ce modèle. Les combats entre Israël et le Hezbollah au Liban, en 2006, seront une autre illustration d'une mise en échec de l'approche technicienne, avec des îlots de résistance statiques et indépendants qui échappent aux conceptions d'origine américaine appliquées par l'aviation israélienne. Ce qui aboutit à recréer le brouillard de la guerre, notamment au niveau politique.
Posté par Ludovic Monnerat à 15:05
La bataille par le choc, la bataille par le feu et le « Show of Force »
La quinzième communication a été présentée par le Docteur Philippe Richardot, membre du comité scientifique du CHPM.
En schématisant, de l'Antiquité à 1900, on pratique la bataille rangée à vue, avec des troupes sous la vue des généraux ; à partir de 1900, on commence à pratiquer la bataille conduite aux instruments. De même, jusqu'en 1500, c'est le choc à travers le fer qui est le mode de combat principal ; après une période mixte, le combat par le feu devient dominant à partir de 1660, alors qu'on passe ensuite, parallèlement, à un combat aéroterrestre à partir du début du XXe siècle, puis aéroblindé et aéromobile à partir de l'entre-deux guerres, pour en venir au « show of force ».
A travers l'histoire, on connaît maints exemples de batailles remportées par le camp le moins nombreux, parce que la qualité l'emporte sur le nombre. Le Moyen-Âge change peu ces conditions jusqu'à l'apparition des archers anglais, un feu efficace capable de pénétrer les cuirasses. Le développement du feu va faire constamment diminuer la proportion de blessures infligées par arme blanche, et le fusil inflige la grande majorité des pertes aux XVIIIe et XIXe siècles. Le feu a un côté égalisateur dans les pertes, loin des grands déséquilibres des batailles antiques, où le massacre s'abat sur le vaincu. Au contraire, en 1914-18, l'artillerie inflige 60% des pertes - hors de vue des formations prises pour cible.
La grande rupture dans la bataille reste cependant la bataille aéroblindée de la Seconde Guerre mondiale, où les armées combattent dans la profondeur de fronts gigantesques. Les batailles à vue et linéaires se font dès lors en flèche, le long de routes et dans des localités - ce qui aboutit du reste à une confusion entre bataille et siège, par la durée et l'ampleur même des batailles (cf. la « bataille » de Stalingrad, de septembre 1942 à février 1943). Les commandants modernes doivent ainsi maîtriser l'invisible, et utiliser les moyens de communication sans voir les combats pour néanmoins conduire et orienter ceux-ci. Du coup, les causes de pertes évoluent aussi : lors de la bataille Dak To, du 3 novembre au 1er décembre 1967, 70% des pertes infligées aux soldats vietnamiens le sont par la puissance aérienne américaine.
C'est à cette époque que commence le « show of force » - la médiatisation des conflits -, lorsque la télévision fait entrer la guerre dans les foyers des populations restées au pays.
Posté par Ludovic Monnerat à 14:47
Le feu, le choc, la manœuvre et l'incertitude dans les opérations spéciales
Dans la mesure où cette communication a été préparée par le soussigné, seul un résumé préalable en est ici donné.
Les actions menées hier comme aujourd'hui par les forces spéciales sont caractérisées par une exploitation maximale de l'incertitude pour éviter toute réaction adverse avant d'atteindre l'objectif fixé. Cette approche non conventionnelle, qui existe depuis la nuit des temps, confère aux opérations spéciales une importance croissante dans les zones de crise actuelles, parce qu'elles promettent des effets ciblés et contrôlés, avec un degré de discrétion - et d'intégration au milieu - que les forces conventionnelles ne permettent pas.
La manœuvre est donc au cœur de telles opérations, et les unités qui les mènent sont spécialement recrutées, instruites et équipées pour manœuvrer au mieux et provoquer un choc décisif. Leur force repose sur la performance, la flexibilité et l'invisibilité d'un nombre minimal de combattants. Mais si le manteau d'incertitude qui les protège en vient à se déchirer, les forces spéciales se retrouvent dans une situation d'infériorité qui peut mener au désastre, en raison de leur puissance de feu limitée et de leur incapacité à encaisser des chocs adverses.
Cette nature de fleuret stratégique, porté à bout de bras sans bouclier, est éclairée par plusieurs études de cas.
La première, l'opération « CHARIOT », menée par les opérations combinées britanniques du 26 au 28 mars 1942, verra l'utilisation du choc pour détruire la seule installation capable d'effectuer des réparations sur le cuirassé allemand Tirpitz le long de la façade atlantique de l'Europe occupée, et ainsi empêcher une percée de ce dernier dans l'Atlantique Nord susceptible d'interrompre les lignes de communication avec la base industrielle américaine. Le raid des commandos britanniques, mené à 1 contre 10 et marqué par une inflation des objectifs faute de connaître avec certitude la faiblesse des installations portuaires, occasionnera des pertes très sévères pour les Alliés, même si leur objectif sera atteint.
La deuxième, l'opération « BARRAS », menée par les troupes britanniques du 5 au 10 septembre 2000, verra l'utilisation du choc et plus encore de l'incertitude adverse pour libérer 6 soldats britanniques retenus en otages à l'intérieur de la Sierre Leone par une bande rebelle fortement armée. Face à une situation susceptible d'aboutir rapidement à un massacre, les forces spéciales britanniques ont réussi à surprendre et à fixer ces combattants irréguliers - le temps de libérer les otages - puis à leur donner une leçon. De la sorte, c'est à la fois la crédibilité de la communauté internationale et le processus de stabilisation du pays ravagé par la guerre civile qui ont été restaurés.
Ces deux études de cas fournissent à leur tour un aperçu des capacités nécessaires aux opérations de demain.
Posté par Ludovic Monnerat à 14:41
Doctrine militaire, guérilla et contre-guérilla : les approches majeures des forces armées suisses (1815-2005)
La treizième communication a été présentée par le col EMG Christian Bühlmann, officier supérieur adjoint du Chef de l'armée.
D'un point de vue suisse, la guérilla peut paraître incongrue, mais c'est dans la perspective du faible au fort que cette guérilla prend son intérêt. Par ailleurs, les engagements majeurs de l'armée suisse ne sont pas focalisés sur le combat, mais plutôt sur la maîtrise de la violence.
Les facteurs de la conduite opérative - force, espace, temps, information - et les manifestations de la force - feu, choc, manœuvre mais aussi protection, pour suivre les réflexions du col EMG Reichel - doivent être posés pour comprendre la notion de guérilla. Il s'agit également de comprendre les différences entre le combat symétrique (duel entre deux adversaires globalement égaux, et suivant les mêmes règles, par le choc et par le feu), le combat dissymétrique (duel entre deux adversaires globalement inégaux, et qui est également régulé) et le combat asymétrique (pas de duel, pas de règles, entre deux adversaires totalement différents).
La pensée militaire suisse au début du XIXe siècle s'interroge sur les réponses à apporter aux menaces posées par les voisins. L'approche romantique, initialement, prend pour modèle les hauts faits des Confédérés et considère que leurs valeurs suffiraient à combler les lacunes de la préparation militaire. Plusieurs auteurs proposent donc une défense basée sur le modèle de la guérilla espagnole (asymétrie). Ensuite, des officiers ayant connu le service à l'étranger préconisent une approche régulière, inspirée de Clausewitz et de Jomini (symétrique, et si nécessaire asymétrique). Entre les deux alternatives, un colonel bâlois proposera un compromis reposant sur la poursuite des tactiques des Confédérés (dissymétrie).
Pendant le Réduit national, face à la menace du choc et de la manœuvre des forces armées allemandes, la Suisse se base sur la protection et sur le feu dans le secteur alpin (approche dissymétrique).
A partir de 1948, la Suisse cherche à définir une stratégie pour contrer la menace de la guerre froide d'origine soviétique, sans pour autant considérer une alliance. Une défense de partisans couplée à des armes non conventionnelles est proposée (approche asymétrique). Le futur commandant de corps Ernst propose une approche axée sur l'emploi de l'infanterie et les renforcements de terrain (approche dissymétrique). Une autre approche, découlant de la guerre mobile, sera également préconisée dans le sens d'une manœuvre mécanisée (approche symétrique).
Au final, l'Armée 61 se développe de manière symétrique (acquisition de matériel lourd), de manière dissymétrique (renforcement du terrain), mais aussi de manière asymétrique (développement d'une résistance secrète).
Comment peut-on utiliser ce modèle dans une approche prospective, face à une violence non militaire ? Il s'agit d'étendre le modèle de Reichel, en cherchant d'autres dissymétries dans l'emploi de la force, dans l'espace (emploi d'autres espaces - cyberespace, espace sémantique, etc.), dans le temps (en allant plus vite ou plus lentement que l'adversaire) et à travers l'information (augmenter l'incertitude de l'adversaire et diminuer la propre incertitude). Ceci permet d'utiliser des vecteurs non seulement militaires, mais également diplomatiques, économiques et informationnels pour influencer la volonté de l'adversaire.
Avec ce modèle du feu, du choc, de la manœuvre et de la protection, on parvient à analyser de manière simple les conflits. En ce qui concerne la Suisse, on retrouve toujours une démarche basée sur la protection et sur le feu, avec une approche dissymétrique, du pauvre au fort (manque de moyens pour l'approche symétrique).
Posté par Ludovic Monnerat à 14:13
