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11 novembre 2006

Menaces plurielles et singulières

Quoique haut perché sur mon nuage, pour reprendre des propos tenus ci-dessous, je n'ai manqué d'etre intéressé par cette collision de deux événements en France : l'essai réussi du nouveau missile nucléaire M51, dont la portée annoncée est désormais de 8000 km, et le retrait de plusieurs badges d'employés de l'aéroport de Roissy soupconnés de liens avec la mouvance islamiste, au cÅ“ur de la France, décrivent avec éloquence l'éventail extraordinairement large des menaces auxquelles les Etats modernes font potentiellement face - qu'ils le reconnaissent ouvertement, comme c'est le cas désormais en Grande-Bretagne, ou qu'ils tentent de le taire.

Traditionnellement, la différence claire entre sécurité extérieure et intérieure aboutissait à une différence tout aussi claire entre les menaces qu'elles prévoyaient et les réponses adoptées ; aujourd'hui, avec la possibilité offerte à un groupe d'individus - voire un seul individu, théoriquement du moins - de mener des actions combattantes avec une profondeur et un impact qu'aucun Etat en guerre ne pouvait espérer voici encore 90 ans (début du développement du bombardement stratégique), cette différence a pour l'essentiel disparu. C'est ce que j'ai appelé voici quelque temps déjà l'éclatement de l'espace, et donc l'impossibilité de conserver la moindre profondeur stratégique pour échanger de l'espace contre du temps, pour empecher des intérets vitaux d'etre immédiatement touchés. Les frontières géographiques sont largement périmées.

La France maintient et développe ses capacités de dissuasion nucléaire pour juguler des menaces stratégiques issues d'Etats-nations normaux, dont le fonctionnement - voire l'existence - seraient durablement interdits par une riposte atomique massive. Il s'agit là d'une conséquence logique de l'évolution des armements et de la montée aux extremes appliquée au combat symétrique. En parallèle, la France maintient et développe ses capacités de lutte antiterroriste pour juguler des menaces stratégiques issues de mouvances non étatiques, qui ne peuvent justement etre frappées par la plupart des armes disponibles dans les arsenaux militaires, meme si elles sont souvent soutenues par des Etats. Il s'agit là d'une conséquence logique de l'évolution de la guerre et de la montée aux extremes appliquée au combat asymétrique.

La question est de savoir si ces capacités très différentes peuvent etre développées et appliquées de facon synchronisée et complémentaire, ou si l'éventail très large des menaces, allant du pluriel étatique au singulier individuel, ne génère pas automatiquement une zone grise où les notions, les processus et les réponses se chevauchent, se confondent et se neutralisent mutuellement. Ce qui me semble en revanche certain, c'est que l'on ne peut pas demander à une armée de mener les 2 combats à la fois, ou du moins pas à la totalité de l'armée, et que les exemples les plus récents (Israel au Liban, Etats-Unis en Irak, OTAN en Afghanistan) montrent la nécessité de développer rapidement les capacités de combat asymétriques au lieu de moderniser, par habitude comme par inertie, les capacités de combat symétriques.

Un chantier qui exige auparavant l'adoption d'un cadre stratégique plus complet et plus clair, comme je m'y emploie de mon coté!

Publié par Ludovic Monnerat le 11 novembre 2006 à 14:04

Commentaires

"Les frontières géographiques sont largement périmées."

Elles ne sont pas périmées, elles sont pour l'heure inopérantes.

Rien ne dit que les cadres de pensée qui conditionnent cette inopérance soient forcément appelés à durer (on commence à percevoir des soubresauts positifs à cet égard).

Si la situation générale devait vraiment se dégrader, nul doute qu'on en reviendrait bien vite aux fondamentaux, modes d'action logiques et éprouvés qui permettraient de retrouver très vite cette "profondeur stratégique" aujourd'hui estompée.

Parce que si nous sommes aujourd'hui menacés, c'est parce que nous avons accepté la proximité de la menace. Il suffira d'avoir la volonté de refuser cette proximité et d'agir en conséquence.
Evidemment, ceux qui entendent combattre cette menace, en ne pouvant se défaire du concept de proximité, sont appelés à de lourdes déconvenues.

Publié par fass57 le 11 novembre 2006 à 15:37

du haut de votre petit nuage, vous n'avez pas dû voir que des combats ont lieu depuis qq temps (avec tirs à balles réelles) entre des Tchéchènes et des maghrébins terrorisés dans des cités HLM en France (à Nice)
les forces dites de l'ordre ont qq difficultés à traiter le pb car les Arabes demandent leur protection alors que ce sont ces mêmes "jeunes" qui les attaquent ordinairement !!!
tout ceci confirme la justesse de vos analyses antérieures et le degré du dessus de l'escalade risque de faire mal !
une remarque : en France, une partie de la police est effectuée par des militaires : la gendarmerie, ce qui permet à l'armée de passer assez facilement à un stade actif sous d'autres formes avec des moyens lourds
par contre, dans le cas que je donne ici, "les autorités" n'ont manifestement pas du tout préparé cette éventualité, la plus grande faiblesse étant à mon avis au niveau de la justice incapable de traiter ces prolèmes

Publié par JPC le 11 novembre 2006 à 15:39

1: La France se doit de maintenir (c'est un effort financier conséquent dans le budget de l'état!)une force de dissuasion au "top niveau". Cela aurait été un non sens de ne pas associer la nouvelle génération de SNLE (de la classe Le Triomphant qui sont particulièrement discrets et performants) avec un nouveau lanceur possédant des caractéristiques techniques (portée accrue, capacité multi-objectifs, précisions et délais de mise en oeuvre améliorés...)qui permettent aux SNLE d'accroître encore leur zones de patrouille. Ces nouveaux matériels associés à la nouvelle orientation de la dissuasion française devrait pouvoir permettre à la France de protéger ses intérêts même face à un état voyau!
2: Pour ce qui est des badges d'accès qui ont été retirés à des personnes suspectées d'avoir des relations qui pourraient mettre en danger la sécurité des passagers (vols aériens), et bien je m'étonne d'entendre ici ou là "des brebis" (pour ne pas dire moutons)qui s'offusquent à l'idée que ces "personnels" d'aéroports de Paris puissent perdent leurs emplois à cause de leurs "mauvaises" fréquentations... Que diront "ces mêmes brebis" lorsqu'un jour peut-être elles devront se présenter à la porte d'embarquement d'un vol transatlantique en sachant que c'est ce type d'individus qui se sont chargés de mettre les bagages en soute???
En matière de sécurité (des personnes, de l'état...) il ne doit y avoir aucunes failles, et les services du Ministère de l'Intérieur n'ont simplement fait que leur boulot!

Publié par augustin_agute le 11 novembre 2006 à 17:20

La question est intéressante, toutefois elle engendre une autre question: La France doit-elle mettre sa dissuasion au service de l'UE?

Publié par berty le 11 novembre 2006 à 17:42

Le sous-préfet, et ses équipes "spécialisées" font un excellent boulot. Un travail de fond absolument nécessaire. Cela ne peut que réjouir le passager qui passant dans les aéroports, se pose des questions sur l efficacité réelle des mesures qui sont appliquées!!!


En effet, ceux qui "pleurent "actuellement parce que l on retire des accréditations (qui n auraient jamais du être accordées!) pleureront-ils le jour ou des avions avec équipages et passagers, seront perdus par suite d attentat?

Ces faux jetons qui pleurent, sont les mêmes que ceux qui comme par hasard, au moment de la guerre d Indochine sabotaient les moteurs d avions militaires qui sortaient de maintenance en ateliers industriels militaires (celui qui est au nord de Toulon pour ceux qui connaissent...) Cela avait cessé le jour où un ingénieur militaire avait décidé de fair voler ces mécaniciens saboteurs dans les avions! Le MTBF est alors passé de 2 heures à 600 heures!!!!

L aéronautique, c'est comme en "sûreté", c est une affaire de confiance! Et cela, dans le monde actuel c est une notion bien oubliée dans certains milieux!

Par ailleurs, Le "filtrage" de personnel est une tache difficile, et les informations détenues par les bureaux d etudes spécialisés chargés de ces tâches, n ont pas a être communiquées, et encore moins aux juges! Tant pis si cela les fâche! Car là , on touche à l efficacité de la dernière "boucle de garde" qui préserve un pan de la société. Les officiers de renseignement qui travaillent dans ce domaine voient très bien ce que je veux dire! Car alors ce serait le tarissement sûr et certain des sources!

Ou alors, dans le cadre subversif actuel, certains qui ont intérêt à l abolition des frontières "externes" cherchent-il maintenant aussi à abolir les frontières "internes"? Mais alors? Que veulent-ils???????

Publié par Cincinnatus le 11 novembre 2006 à 19:18

@Berty

Remettre les clefs de la dissuasion à l UE? Non! Certainement pas! Ce serait une trahison infâme!

Les fossés du fort de Vincennes existent toujours eux aussi.....


Publié par Cincinnatus le 11 novembre 2006 à 19:21

__ La France doit-elle mettre sa dissuasion au service de l'UE?
__


Vous voullez dire que la France devrait remettre sa souveraineté militaire à l'infâme commission Européenne, la même qui se charge de calibrer les tomates pendant que nos pays s'islamisent de facon insidueuse?
La même commission qui s'est couchée lors des caricatures?
Non, merci.
A la limite, la France peut servir de parapluie nucléaire aux autres pays Européens, mais pas questions de laisser la force de dissuasion à une commission qui n'a aucune légitimité démocratique.
J'ajouterai que Chirac, malgré un bilan politique catastrophique et à la limite de la haute trahison, nous legue une nouvelle doctrine nucléaire qui nous permettra de frapper les pays étrangers qui aura la mauvaise idée de nous destabiliser en cas de conflit civil.

Publié par Three piglets le 11 novembre 2006 à 19:50

Où est-ce qu'on trouve un clavier avec des é mais pas des ê ?

Publié par François Guillaumat le 11 novembre 2006 à 21:03

"Ou alors, dans le cadre subversif actuel, certains qui ont intérêt à l abolition des frontières "externes" cherchent-il maintenant aussi à abolir les frontières "internes"? Mais alors? Que veulent-ils???????"

Voici la vraie question. La seule question qui compte vraiment, car de sa résolution dépendra non pas la survie de nos "valeurs", mais notre survie concrète, dans son acception la plus immédiate, en tant qu'ensemble ethno-civilisationnel cohérent; ce qui est infiniment plus important. Un peuple peut en effet retrouver ou ranimer des valeurs oubliées ou négligées, mais une fois qu'un peuple a disparu concrètement, dans sa réalité incarnée, c'en est fini de lui, à tout jamais.

Se méfier donc de ceux qui n'ont que le mot "valeurs" à la bouche, sans jamais parler de la réalité incarnée dans laquelle elles s'actuent. Se méfier également de ceux qui travaillent patiemment à déconstruire cette réalité, le plus souvent sous le couvert de concepts qui semblent à première vue estimables.

Publié par fass57 le 11 novembre 2006 à 22:38

"...Se méfier donc de ceux qui n'ont que le mot "valeurs" à la bouche, sans jamais parler de la réalité incarnée dans laquelle elles s'actuent. Se méfier également de ceux qui travaillent patiemment à déconstruire cette réalité, le plus souvent sous le couvert de concepts qui semblent à première vue estimables..." Que dire de plus. pertinent ! pertinent !

Publié par -YMS- le 12 novembre 2006 à 4:49

"Où est-ce qu'on trouve un clavier avec des é mais pas des ê ?"

François, attendez au moins que je pose la question avant de répondre aux devinettes ? :-)

Publié par Ludovic Monnerat le 12 novembre 2006 à 8:31

"La question est de savoir si ces capacités très différentes peuvent etre développées et appliquées de facon synchronisée et complémentaire, ou si l'éventail très large des menaces, allant du pluriel étatique au singulier individuel, ne génère pas automatiquement une zone grise où les notions, les processus et les réponses se chevauchent, se confondent et se neutralisent mutuellement".

Oui, ces capacités peuvent être développées et appliquées de manière synchronisée et complémentaire. C'est le cas en France où au nom du principe d'intervention graduée, les états majors sucessifs ont mis en place des degrés de réponses proportionnels et adaptés aux différents types de menaces que vous soulignez. Cela va effectivement de l'action des forces aériennes stratégiques aux niveaux de vigiepirate le plus fin (ce que vous exprimez non sens raison par le singulier individuel).

je ne vois pas pour ma part de zone grise ou de phénomène de neutralisation mutuelle. Les deux ne sont pas incompatibles.

La difficulté réside surtout dans la mise en oeuvre d'une politique efficace dans le domaine de la menace individuelle non étatique. Le principal problème n'étant alors pas d'ordre technologique ou budgétaire, mais relève plutôt du droit pénal, du droit constitutionnel ainsi que du respect des libertés individuelles.

En effet, comme on peut le constater dans la majeur partie des pays occidentaux, la lutte contre le terrorisme exige une adaptation du droit et passe le plus souvent par une restriction, sinon parfois des atteintes temporaires, aux libertés en question. Impossible hélas de faire autrement pour la mise en place de systèmes de défense à la fois fins et complexes incluant le recueil du renseignement humain et technique,son exploitation, les surveillance les contre mesures etc.

Or, le sujet des restrictions et les risques de dérapages n'est pas sans susciter l'émotion du citoyen, électeur et contribuable. Le prix à payer apparait souvent exhorbitant et le décideur politique qui présente l'addition est a peu près certain d'en faire finalement les frais. C'est à peu près la seule peur qui puisse paralyser le politique. Le cas de l'administration Bush est à ce titre assez édifiante. La crainte de la sanction électorale pour avoir été "trop loin", l'a finalement porté à ménager "la chèvre et le choux". Elle a du coup perdu sur les deux tableaux, celui de la politique intérieur et celui de théatre des opérations où cette crainte a troublé la trame stratégique et tactique. Lorsque l'on se trouve dépourvu d'objectifs clairements identifiés et concrets, il est par définition difficile de les réaliser...

Le succès du developpement d'une politique multisectorielle efficace est donc à mon sens avant tout une question de volonté politique du gouvernement.

Publié par winkelried le 12 novembre 2006 à 15:43

Des exemples d' adaptations réussies existent... Les Brits sont capables d' occuper le sud de l' Irak en passant de la matraque au char de combat, par exemple.

Les Italiens furent capables de gérer des manifestations tournant en combat antichar en Irak, par l' emploi conjoint de carabinieri et d' unités d' infanterie classique.

Ce n' est possible qu' à partir du moment où les militaires parviennent à casser leurs dogmes. La partie n' est pas gagnée.

Publié par Arnaud le 12 novembre 2006 à 18:39

@ ARNAUD

"Ce n' est possible qu' à partir du moment où les militaires parviennent à casser leurs dogmes. La partie n' est pas gagnée".

Sauf lorsqu'on possède une force militaire intermédiaire dont les l'équipements et le savoir-faire sont justement sur ce segment particulier. Vous avez cité avec raison les carabiniers. D'une manière générale il conviendrait d'énumérer tous les participants de la FIEP :

http://www.defense.gouv.fr/sites/gendarmerie/actualites_et_dossiers/fiep_presidence_francaise/

Publié par winkelried le 12 novembre 2006 à 21:08

"les frontières géographiques sont largement périmées"... Je suis bien forcé d'admettre qu'avec les vagues d'immigrations successives et incontrôlées qui déferlent sur les états européens depuis une trentaine d'années, les notions de frontières géographiques sont devenues une notion un peu abstraite! Cependant il n'est pas si difficile que cela à nos forces de sécurité intérieures (avec les moyens humains et technologiques dont elles disposent)de pouvoir "tracer" avec précision et efficacité les individus susceptibles de pouvoir atteindre à la sécurité de l'état (je pense à des actions de type "guerre") puis de leur causer un extrème préjudice avant qu'ils ne puissent passer à l'acte!
Ce type d'opérations (intelligence + action)pourrait dans un avenir proche (5 à 10 ans) perdre de son efficacité si nos pays devaient continuer à accueillir sans aucun criblage des vagues d'immigrés venant de pays "dits à risques". C'est une donnée importante pour l'avenir de nos démocraties.

Publié par berty le 12 novembre 2006 à 21:14

Par "extrème préjudice" j'entends une mise à l'écart pour de longues années (peines de prisons incomprésibles) et expulsion du territoire sans possibilité d'y revenir par un moyen ou un autre!

Publié par berty le 12 novembre 2006 à 21:25

"sans possibilité d'y revenir par un moyen ou un autre!"

C'est à dire ?

Publié par winkelried le 12 novembre 2006 à 22:20

Cela veut dire qu'avant leur expulsion, ce type d'individus devraient être correctement fichés (fichiers biométrique complet) et enregistrés dans une DBA européenne, de manière à "éventuellement" pouvoir les "tracer" facilemente et rapidement!

Publié par berty le 13 novembre 2006 à 14:13

L'Armée française partage aussi des soucis plus terre à terre dans la mesure où l'analyse stratégique commence sur le sol de France même:

Collège Interarmées par un Chef d'Escadron

http://www.biblio.college.interarmees.defense.gouv.fr/Documenthtm1rec=031015624929740

par un Commissaire Principale de la Marine Nationale:

http:www.college.interarmees.defense.gouv.fr/article.php3?id_article=181

Publié par oculum le 14 novembre 2006 à 21:26

Voici quelques images de L'evenement.

http://youtube.com/watch?v=lZrjB34yZcg

Compte tenue de l'islamisation grandissante de la France, cette essai a ete titre comme etant la premier missile atomique islamique.

Vos commentaires ?

Publié par CJNR le 17 novembre 2006 à 13:50

Titre de mauvais gout :(

De plus le Pakistan à déja des missiles balistique.

Publié par Frédéric le 17 novembre 2006 à 23:07