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18 juillet 2005

Le journalisme en Irak

Le Temps a publié ce matin un interview d'Andrew Marshall, qui a été chef du bureau de Reuters à Bagdad et qui décrit les conditions de travail sur place. Ses réponses méritent d'être lues en détail. Extraits :

Nos bureaux étaient dans la même rue que ceux de la BBC, du New York Times et de l'ambassade de France. Nous avons d'abord fermé la rue au trafic. Puis installé quatre gardes armés de AK 47. Leur nombre est passé à huit. Aujourd'hui, ils sont vingt-six à se relayer pour notre seul bâtiment. Chaque organisation a sa petite armée, ce qui est une bonne chose.
[...]
Début 2004, notre hôtel Sheraton a été touché par des missiles. J'ai pris la décision de faire déménager nos équipes dans la rue de nos bureaux. Après en avoir parlé avec les Irakiens qui habitaient là , je me suis résolu à faire construire des murs anti-attentat devant le bâtiment. Je redoutais ce moment. C'était le début d'une vie percluse.
[...]
Notre collaboration avec des journalistes irakiens s'est intensifiée. [...] [Leur motivation est l]a même que celle de journalistes ailleurs dans le monde: faire savoir ce qui se passe dans leur pays. Depuis avril 2003, quatre employés de Reuters ont été tués: un Ukrainien, un Palestinien et deux Irakiens. Plusieurs ont été gravement blessés. Certains ont été détenus par l'armée américaine dans des conditions que l'on peut rapprocher de celles d'Abou Ghraib. Ils prennent des risques immenses pour témoigner.
[...]
Le gouvernement est toujours en train d'apprendre dans une sorte d'enthousiasme. Au contraire de l'armée américaine, il n'a pas atteint un niveau dans sa communication où il essaie d'influencer ses interlocuteurs. J'ai vite compris que l'armée américaine n'était pas une source fiable, que ses communiqués étaient unilatéraux.
[...]
La seule manière de continuer à y travailler est de partager les frais et de collaborer. C'est ce qu'il se passe à l'hôtel Hamera où des journalistes ont établi un réseau radio où ils partagent leurs informations relatives à la sécurité. Mais être en Irak est une question de crédibilité; vous devez y avoir séjourné pour en parler.

De la part d'une agence de presse comme Reuters, ces propos me semblent hautement intéressants. En premier lieu, il faut effectivement souligner les dangers liés au fait de travailler aujourd'hui comme journaliste en Irak et le courage de ceux qui font leur métier dans ces conditions. Malgré cela, il faut constater que le syndrome du reporter en chambre est plus répandu que prévu, et que les informations diffusées par Reuters sur l'Irak sont produites dans des conditions douteuses. Les louanges faits aux journalistes irakiens engagés par l'agence, et qui seuls disposent a priori d'une certaine liberté de mouvement, masquent les problèmes d'infiltration de ces journalistes par la guérilla, de pressions sur leurs familles et de collusions dans la préparation d'attaques. Reuters ne peut en aucun cas garantir à 100% ce qu'elle distribue.

La position exprimée par rapport aux communiqués des forces armées US en Irak est également saisissante. Comment peut-on attendre d'une armée qu'elle fasse autre chose qu'une communication unilatérale, qu'elle renonce à diffuser uniquement son point de vue? Que le chef de Reuters juge non fiable ces informations est une chose, mais qu'il justifie son opinion par la volonté d'influencer propre à toute communication n'est pas soutenable. Déconsidérer les informations des militaires américains sur la base des intentions qui les sous-tendent et non de leur contenu n'est pas du journalisme. C'est pourtant ce que fait Reuters, en ignorant superbement les communiqués de la coalition en Irak, à l'exception notable des pertes annoncées et des attaques subies. Qu'il s'agisse là d'une opposition délibérée est hautement probable.

Ce point est d'autant plus important que Reuters est devenu en Irak un acteur à part entière du conflit, avec ses propres éléments de sécurité, avec ses réseaux et ses activités, avec ses objectifs qui mêlent les intérêts économiques (être en Irak pour rendre "crédibles" les produits) et les inclinations politiques (parler de "nationalistes irakiens" qui "se battent pour la libération de leur pays" est vraiment biaisé). En d'autres termes, le journalisme d'agence en Irak aujourd'hui est probablement devenu une machine à produire des rentrées financières et de l'influence sémantique, une activité qui ne se limite pas à couvrir le conflit, mais qui vise bel et bien à orienter son issue en fonction de préférences presque ouvertement affichées. Il est dès lors plus facile de comprendre pourquoi la fiabilité des produits n'est pas un problème majeur : qu'ils répondent aux objectifs fixés reste le plus important.

Ce jugement peut paraître dur, mais il me semble surtout alarmant. Si les agences ne sont plus objectives lorsque l'immense majorité des médias grand public dépendent d'elles, comment peut-on encore avoir confiance dans ce que l'on lit, entend et voit au quotidien? Le sabordage de toute une partie des médias se poursuit inexorablement...

Publié par Ludovic Monnerat le 18 juillet 2005 à 7:27

Commentaires

"les informations diffusées par Reuters sur l'Irak sont produites dans des conditions douteuses. Les louanges faits aux journalistes irakiens engagés par l'agence, et qui seuls disposent a priori d'une certaine liberté de mouvement, masquent les problèmes d'infiltration de ces journalistes par la guérilla, de pressions sur leurs familles et de collusions dans la préparation d'attaques."

Confirmation de cette obsession de la securite de son personnel d'une agence comme Reuters (la plus vieille agence de presse du monde mais, parait-il, actuellement detenue par des capitaux en grande partie... arabes ?) dans cette recente explicitation, par son grand patron lui-meme, de sa politique editoriale (qui rappelle d'ailleurs etrangement les encore plus recentes mises au point de la venerable BBC elle-meme!)face a des critiques qui proposaient des pratiques lexicales plus proches de la ... realite:

"Our editorial policy is that we don't use emotive words when labeling someone," said David A. Schlesinger, Reuters' global managing editor.

"changes like those made at CanWest could lead to "confusion" about what Reuters is reporting and possibly endanger its reporters in volatile areas or situations.

"My goal is to protect our reporters and protect our editorial integrity."

A comparer avec la position du redacteur en chef canadien qui posait justement la question de la credibilite de telles pratiques:

"If you're couching language to protect people, are you telling the truth?" asked Scott Anderson, editor in chief of CanWest publications who is also editor in chief of The Ottawa Citizen."

"terrorism is the deliberate targeting of civilians in pursuit of a political goal."


Reuters Asks a Chain to Remove Its Bylines
IAN AUSTEN
NY Times
September 20, 2004
http://www.nytimes.com/2004/09/20/business/media/20reuters.html?

Publié par jc durbant le 18 juillet 2005 à 9:00

Je me souviens d'un cas au PO en Novembre 1994. Le Hamas avait kidnappé et assassiné un soldat israélien nommé Nachshon Waxman . Après les faits, il s'était avéré que durant les jours du kidnapping, un reporter de Reuter savait exactement où était caché le soldat kidnappé et torturé.
Bizarre? non?...

Publié par Belen le 18 juillet 2005 à 10:09

comment peut-on encore avoir confiance dans ce que l'on lit, entend et voit au quotidien?
on n'a pas confiance dans les dépèches des agences !

Publié par JPC le 18 juillet 2005 à 14:47

Faudrait aussi parler des "experts" autoproclames !

Ci-joint un modele du genre :

Attentats de Londres : qui sont les terroristes ?
LEMONDE.FR | 12.07.05 |

L'intégralité du débat avec Dominique Thomas, auteur de "Les hommes d'Al-Qaida" (Michalon, 2005), mercredi 13 juillet, à 15 h .

Leo : Est-ce qu'il est vraisemblable que les terroristes de Londres aient agi sans ordre ? Ont-ils pu agir sur la base de leurs seules convictions ? S'ils ont agi sur ordre, avez-vous une idée de qui ces ordres émanaient ? Ont-ils pu choisir leurs objectifs, leur modus operandi ?

Dominique Thomas : Dans un premier temps, il est possible que des éléments indépendants, peut-être isolés même, aient pu constituer un réseau à la périphérie des mouvances islamistes présentes en Grande-Bretagne et aient décidé d'agir de leur propre chef, et aient choisi justement l'opportunité de la proximité du G8 pour frapper la capitale britannique et avoir, par conséquent, un retentissement international. Maintenant, on peut aussi envisager que le groupe - et ce sont les éléments de l'enquête qui le détermineront - était davantage structuré, avec un leadership sous l'autorité de référence d'un idéologue, et que celui-ci, peut-être d'origine pakistanaise également, prévoie d'autres attaques sur le territoire britannique. Ce sont différentes hypothèses qui seront validées, l'une ou l'autre, par les éléments de l'enquête en cours. En tout état de cause, il s'agit vraisemblablement de militants britanniques d'origine pakistanaise qui auraient adhéré à l'idéologie djihadiste internationale que l'on nomme, de manière grossière, Al-Qaida.

Bernard_B_from_Brussels : Est-ce que les personnes derrière ces actions ont uniquement un but religieux ?

Dominique Thomas : Pour l'instant, il n'y a eu aucune revendication crédible, et donc la légitimation de ces attaques n'a pas été apportée. Aucun communiqué officiel n'a reconnu les opérations de Londres, puisque la crédibilité des communiqués parus sur Internet a été remise en cause par de nombreux analystes. On peut tout de même imaginer que le facteur religieux n'est pas la raison centrale et principale qui ait pu pousser ces éléments, mais plutôt un contexte politique du fait de l'engagement des troupes britanniques en Irak et du fait que la Grande-Bretagne a participé à plusieurs coalitions dirigées contre des pays musulmans. (???) Mais c'est une analyse politique qui n'implique pas nécessairement une idéologie fondamentalement religieuse qui mettrait en avant une confrontation entre fidèles musulmans et infidèles d'un autre côté, i.e. les Occidentaux et les Britanniques. (???) Le terrain est surtout un terrain politique et n'est pas nécessairement religieux. (???)

Grob : Au nom de quelle idéologie et non de religion peut-on convaincre des jeunes hommes (19 et 22 ans) élevés/éduqués en Occident de se suicider de cette manière?

Dominique Thomas : L'idéologie, sur laquelle est greffé un discours politique, comporte également des références religieuses. (?) Et ces références religieuses vont être importantes pour sensibiliser ces jeunes Pakistanais ou ces jeunes Britanniques, musulmans mais pas forcément de fervents pratiquants, à des causes"politiques" mais qui impliquent des populations musulmanes qui se trouvent dans une situation de résistance, de confrontation ou dans une situation d'oppression (???)sur des territoires précis, notamment l'Irak, la Palestine, la Tchétchénie, en Afrique, en Afghanistan et, pour les Pakistanais, très important, le Cachemire, dont une partie est occupée par l'Inde et qui est un élément fédérateur dans l'identité des musulmans pakistanais. Aujourd'hui, les médias arabo-musulmans relaient grâce à la globalisation à travers le monde ces conflits où les musulmans sont souvent présentés comme étant persécutés, comme étant des victimes. Et c'est la défense de ces victimes qui permet de mettre en place ce discours de réaction violente à ce qui est considéré comme une injustice. C'est essentiellement sur ces thèmes-là que la sensibilisation va pouvoir être faite pour la formation et le recrutement.


Musulman_Canadien : Tony Blair prétend que les évènements d'Irak n'ont aucun lien avec ces actes, croyez-vous que c'est vrai ?

Dominique Thomas : Le fait que le gouvernement britannique tienne justement cette position montre le malaise des autorités dans leur engagement militaire aux côtés des Etats-Unis en Irak. On comprend parfaitement que, politiquement, les autorités britanniques auraient du mal devant l'opinion publique à reconnaître que leur engagement et leur position en matière de politique internationale dans cette région du Proche et Moyen-Orient soient directement la cause de ces attaques. Ce qui impliquerait forcément des comptes à rendre à cette opinion publique si tel était le cas. Mais, de toute évidence, cet engagement militaire en Irak a constitué un élément aggravant, ou déclencheur, des menaces dont le gouvernement britannique faisait état depuis plusieurs mois. (???)

Climacus : Appréhender la réponse à la menace représentée par la mouvance Al-Qaida en termes de guerre ne constitue-t-il pas une erreur revenant à aborder une menace toute nouvelle dans les mêmes termes que les menaces précédentes, et "l'explosion" des attentats de par le monde en 2004 (par rapport à 2003) ne sanctionne-t-elle pas cette erreur ?

Dominique Thomas : Il est évident (???) qu'appréhender le phénomène de la montée d'une idéologie islamiste radicale liée à Al-Qaida en termes de guerre correspond à la vision américaine, et notamment du président Bush, à savoir une guerre contre "l'axe du mal", une guerre manichéenne entre le bien et le mal. Or, les Etats-Unis et leurs alliés n'ont pas intégré la grille de lecture qui consiste à voir l'émergence de ce phénomène (la montée de l'islamiste radical) comme le résultat de profonds malaises qui caractérisent le monde arabo-musulman d'un point de vue politique, économique. (???)Autrement dit, il apparaît évident que les réponses à ce type d'idéologie sont essentiellement politiques (!!!), avec comme principal angle une meilleure compréhension (!!!) des évolutions des sociétés arabo-musulmanes de ces régions. Rappelons que l'ouverture d'un nouveau front djihadiste en Irak a eu pour conséquence de "doper" la mouvance djihadiste internationale en termes de communication, de recrutement et d'aura internationale.

Tictoc : Les médias britanniques s'inquiètent de la source probablement militaire des explosifs utilisés. Ces fuites sont-elles réellement courantes ? Et quels sont leurs niveaux d'accessibilité pour de jeunes radicaux ?

Dominique Thomas : Sur cette question, seuls les éléments de l'enquête permettront de connaître la façon dont les auteurs ont pu avoir accès à ce type d'explosifs. Je n'ai pas d'autre élément qui me permette d'avancer telle ou telle hypothèse.

Grob : Ce qui me semble inquiétant c'est que d'après les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait de kamikazes citoyens britanniques. La lutte contre Al-Qaida passe-t-elle, notamment, par un modèle d'intégration plutôt que de coexistence des communautés ?

Dominique Thomas : On peut répondre par le fait que si des éléments britanniques d'origine pakistanaise, que l'on appelle les "British muslims", ont pu s'engager dans une structure responsable des attaques de Londres, cela démontre en partie l'échec non seulement du système d'intégration à la britannique, le fameux modèle du communautarisme, mais aussi l'échec des institutions islamiques pakistanaises, très présentes en Grande-Bretagne, et qui ne s'inscrivent pas dans un discours violent ou dans un discours politique de type islamiste. Le fait que des jeunes Pakistanais britanniques ne se reconnaissent plus ni dans le modèle britannique ni dans les institutions islamiques qui sont censées les représenter fait que l'on peut parler de double échec d'intégration. (???) Néanmoins, ce phénomène que l'on rencontre pour ces attaques est peut-être très marginal (?) et ne peut pas être généralisé (?) à l'ensemble des jeunes Britanniques d'origine pakistanaise qui vivent sur le sol britannique.

koka : La multiplication des attentats de grande ampleur ne cache-t-elle pourtant pas un essouflement d'une mouvance extrémiste (salafiste) qui ne parvient décidément pas à s'imposer sur de grands terrains d'actions (Irak, Afghanistan, Maroc) ?

Dominique Thomas : Je dirais non, au contraire. (???) Depuis 2001, la mouvance djihadiste internationale, qui se réclame du courant salafiste djihadiste, a montré sa puissance, sa force (???), en revendiquant a posteriori des attaques aussi diverses que celles de Bali, Madrid, Riyad, Casablanca, Djerba, New York et d'autres, qui témoignent d'une stratégie (???) de confrontation sans territoire, globale, sans pour autant que ces actions aient un lien direct les unes avec les autres. (?) De plus, l'idéologie du djihad international est parfaitement présente en Irak, au sein même des groupes de la résistance irakienne. Aujourd'hui, ce que l'on appelle Al-Qaida est devenu une idéologie, une sorte d'organisation virtuelle dont l'organe de communication principal est Internet avec une influence beaucoup plus importante qu'avant 2001. Il s'agit d'une structure déterritorialisée sans leadership ni colonne vertébrale, avec une capacité de transformation, de mutation et d'intégration très importante. Cela au niveau local.

koka : L'auto-endoctrinement par Internet est-il un phénomène capital dans cette évolution, et quelles barrières est-il possible d'y opposer ?

Dominique Thomas : L'utilisation d'Internet au niveau opérationnel, de la communication et de l'idéologie est devenue un outil indispensable et couramment utilisé par la mouvance salafiste internationale. Les moyens de contrôler l'ensemble ou en partie les informations qui circulent sur le Net existent de manière très réduite, mais un contrôle total est quasiment impossible du fait qu'Internet est un moyen de communication qui est virtuel. D'autres thèmes auxquels Internet sert de communication sont confrontés à ce même type de problème, de manière internationale : blanchiment, réseaux pédophiles... Un contrôle d'Internet à l'échelle mondiale est impossible.

Climacus : S'il se confirme qu'il s'agit bien, à Londres, d'attentats "kamikazes", faut-il réellement y voir une aggravation de la menace et une escalade des risques terroristes en Europe ?

Dominique Thomas : L'utilisation de kamikazes comme mode opératoire est nouvelle en Europe, mais elle fait partie aussi des moyens utilisés par des mouvements djihadistes. Et le fait que ce mode ait été justement utilisé à Londres pourrait laisser penser que l'on assiste à une forme d'escalade, de radicalisation des moyens utilisés, sachant que ce mode est quasiment infaillible (???) et qu'il est très difficile d'y mettre un terme.

Charles : Comment réagissent les opinions publiques dans les pays musulmans à ces attentats ?


Dominique Thomas : La presse arabophone et l'opinion publique d'une manière générale ont condamné fermement ces attaques, estimant que, notamment pour l'opinion publique, le fait de frapper un pays ou un territoire d'accueil pour les musulmans comme l'est la Grande-Bretagne est contraire aux valeurs fondamentales partagées par les musulmans. Certains parlent également d'instrumentalisation ou de manipulation de groupes par différents organismes ou services qui auraient intérêt à stigmatiser davantage les musulmans en Occident. Néanmoins, il est aussi rappelé que la Grande-Bretagne, par sa position et son engagement en Irak et en Afghanistan aux côtés des Etats-Unis, s'est exposée à des menaces venant de radicaux et qu'elle a finalement payé pour ses positions-là . En Grande-Bretagne en particulier, le malaise au sein de la communauté musulmane, et même au sein des représentants d'organisations islamistes, est général. Ils ont également condamné ces attaques sans équivoque.

France : Al-Qaida a-t-il un réseau en France ?

Dominique Thomas : Je n'ai jamais entendu parler de réseau d'Al-Qaida ou lié à cette mouvance en France. Beaucoup voient dans la réislamisation des jeunes une menace alors que cela peut être, au contraire, une chance pour des jeunes musulmans de retrouver leur identité religieuse qu'ils avaient perdue ou qu'ils ignoraient. (???) Voir dans ce phénomène la montée d'un islamisme dangereux ou belliqueux en France, c'est faire un amalgame entre la communauté musulmane et des éléments radicaux liés à l'islam politique. (???)

Tabehodai : J'ai vécu et travaillé pendant plusieurs années à Londres et ce qui est arrivé m'étonne sans pour autant me surprendre. En effet la communauté pakistanaise bien qu'étant relativement intégrée reste tout de même frappée d'ostracisme de la part des Anglais de souche ainsi que de la part des Indiens. De nombreuses fois j'ai entendu de part et d'autre l'expression "sale Paki" et je suppose qu'effectivement cela souligne un certain échec du modèle d'intégration à l'anglaise. Nonobstant cela, pensez-vous qu'on puisse tirer des parallèles avec la France et ce type d'acte serait-il possible chez nous ?

Dominique Thomas : Les communautés musulmanes en France et en Grande-Bretagne sont différentes de par leur composition ethnique, les habitudes culturelles et leur organisation, beaucoup plus structurée en Grande-Bretagne. Néanmoins, il est vrai que les jeunes Pakistanais ont beaucoup souffert ces dernières années d'un manque d'intégration, touchés par le chômage, une situation économique difficile, et souvent rejetés par les Anglais de souche. (???) Ce qui a eu pour conséquence, peut-être, qu'une minorité d'entre eux ait pu être attirée par un discours plus radical véhiculé par des idéologues islamistes présents en Grande-Bretagne. Cette description peut difficilement être appliquée à la France, dans la mesure où il n'existe pas de structure comme on en rencontre en Grande-Bretagne. Mais on peut aussi affirmer que l'on trouvera toujours des éléments isolés, déterminés parce que exclus ou éprouvant un sentiment de discrimination ou d'injustice, qui décident de militer de manière plus active au sein d'un islam plus radical. Mais les conditions sont trop différentes en France pour que ce phénomène puisse exister.

Charles : Pourtant, les attentats déjoués ces dernières années (Strasbourg, Paris...) ou les réseaux démantelés récemment à Montpellier ne montrent-ils pas que des groupes inspirés et/ou liés à Al-Qaida cherchent à agir en France ?

Dominique Thomas : Les arrestations qui ont eu lieu ont été rendues publiques par les autorités policières. Personnellement, je ne dispose pas d'élément qui me permettent d'affirmer qu'ils avaient l'intention d'agir sur le territoire français, ou avaient l'intention de frapper directement la France pour ses positions prises dans le monde musulman. (???)

Tictoc : Que savons-nous des liens entre le Pakistan et Al-Qaida ?

Dominique Thomas : Certains groupes islamistes pakistanais, notamment ceux qui prônent le djihad au Cachemire et sont opposés au régime du président Musharraf, et d'autres également, installés le long de la frontière avec l'Afghanistan, ont clairement apporté leur soutien au régime taliban et aux combattants arabes qui représentaient la mouvance d'Al-Qaida. Et ils se réclament également de cette idéologie.

Jeo : Si un des buts de guerre non avoués des Américains était de déplacer le champ de bataille en Irak, est-ce que ces attentats ne constituent pas une preuve d'échec ?

Dominique Thomas : Il est indéniable que l'ouverture du front en Irak est un élément sur lequel la mouvance Al-Qaida a pu davantage recruter et gagner en influence. Ce qui démontre tout l'échec de la politique américaine dans cette région. (CQFD)


Publié par jc durbant le 18 juillet 2005 à 16:38

Encore un "expert" autoproclamé qui ferait mieux de s'occuper de la rubrique des chiens écrasés. Ce qui m'étonne et me préoccupe c'est le silence des vrais experts. Je n'aimerais pas découvrir que tous soient d'accord pour n'accorder au peuple que la rumeur en guise d'information...

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 18 juillet 2005 à 18:56

Cette vision de Reuters confirme ce que je pense. J'ai récemment été consulté par une association de défense des journalistes et je leur ai répondu que la seule position valable, à l'heure actuelle (à mon avis) était de "mutualiser les risques". A savoir de grouper des médias qui ne sont pas concurrents (et, pourquoi pas, d'autres qui le seraient) afin de pouvoir offrir la protection nécessaire aux journalistes. Cela étant, çà ne leur permettra toujours pas d'aller au contact: être entouré de dxu gardes du corps limite sérieusement les possibilités. Alors, "y aller ou pas?", la question reste posée...

Publié par Claude Moniquet le 18 juillet 2005 à 20:10

De toutes façons, qu'est-ce qui garantit la fiabilité des informations émanant d'un conflit dont, d'une part, les belligérants ne veulent rien révéler de compromettant, et, d'autre part où les risques inhérents à la collecte d'informations deviennent trop importants pour rester raisonnables? Aucune source ne peut être vraiment fiable. La situation est sensiblement la même que celle que l'on a connu pendant la guerre du vietnam. Entre la désinformation orchestrée par l'Us Army (je ne parlerai même pas du VC), les discours idéologiques, voire engagés d'une (extrême-)gauche américaine qui se découvrait et les manipulations menées par des politiciens visant à protéger leurs intérêts, on ne savait pratiquement rien de ce qui se passait réellement sur ce théâtre d'opérations. Ce n'est que maintenant que l'on découvre peu à peu l'horreur qu'il y a eu là -bas à cette époque. Gageons qu'aux environ de 2025 on saura plus ou moins ce qu'était la guerre en Irak ;)

Publié par Ares le 18 juillet 2005 à 21:45

1)"Les louanges faits aux journalistes irakiens engagés par l'agence, et qui seuls disposent a priori d'une certaine liberté de mouvement, masquent les problèmes d'infiltration de ces journalistes par la guérilla, de pressions sur leurs familles et de collusions dans la préparation d'attaques."

On l'a particulierement vu en effet en Palestine avec le celebre faux du faussaire-en-chef de la television d'Etat francaise, Scoopy Charles Enderlin, et sa video de propagande (fournie, on le sait, par son preneur d'images palestinien alors que lui-meme n'etait pas sur place) qui a lance la 2e intifada sur le soi-disant "assassinat en direct", par les forces israeliennes, du petit Mohammed.

Mais aussi en Irak meme avec le lynchage en direct des quatre gardes de securite americains a Falloudja il y a a peu pres un an et demi, dont on sait que la video avait ete aussi directement et gracieusement fournie par les services medias des terroristes (pardon: des "resistants" !) aux teles du monde entier qui se sont empressees, tout aussi gracieusement, de les diffuser en boucle sur toute la planete.

Episode de lynchage qui n'etait en fait qu'un "remake" d'autres grands succes mediatiques (ou de propagande djihadiste, mais on a des fois du mal a faire la difference !) comme ceux des Marines en Somalie en 93 ou, en 2000, de deux reservistes israeliens a Ramallah, ce dernier episode filme par une equipe d'une television italienne privee mais pour lequel, on s'en souvient, le Charles Enderlin italien (le responsable de la Tele d'Etat italienne) avait ecrit une lettre d'excuse a... l'Autorite palestinienne !

Ce qui ne peut en effet que confirmer tous les doutes qu'on peut avoir quand on voit en quelles mains sont nos sources d'information ...

Italian Television apologized to the Palestinian Authority for screening the
video of the lynching of the two Israeli soldiers at Ramallah


Arutz Sheva News Service
Wednesday, Oct. 18, 2000 / Tishrei 19, 5761

ITALIAN JOURNALIST APOLOGIZES TO P.A.
A representative of Italian Television apologized
to the Palestinian Authority for screening the video of the lynching of the two Israeli soldiers - and had his press card suspended.

Riccardo Christiano, Italian TV's representative in Israel, wrote to the PA:

"To my dear friends in Palestine, We bless you, and feel that we must clarify that the photos of the events in Ramallah were taken by a private Italian station, and not by official Italian TV.We emphasize to you that we respect the
proper journalistic work guidelines with the Palestinian Authority. Be sure that we would never do something like that."

The letter was published in the PA's Al Hayat al-Jadida.

Israel sent a sharp protest of the apology to the Italian government, and the Government Press Office has temporarily suspended his press card.

2)"Comment peut-on attendre d'une armée qu'elle fasse autre chose qu'une communication unilatérale, qu'elle renonce à diffuser uniquement son point de vue? Déconsidérer les informations des militaires américains sur la base des intentions qui les sous-tendent et non de leur contenu n'est pas du journalisme."

"De toutes façons, qu'est-ce qui garantit la fiabilité des informations émanant d'un conflit dont, d'une part, les belligérants ne veulent rien révéler de compromettant...?"

J'ai toujours aussi ete etonne par cette sorte de "cynisme naif" (ou d'apparent cynisme qui se revele etre une autre forme de naivete) de nombre de nos journalistes qui semblent decouvrir a chaque fois qu'une guerre est aussi une guerre de l'information et que la totale transparence est evidemment et necessairement totalement illusoire et qui, dans leur obsession de se demarquer de la propagande americaine, tombent du coup tete baissee dans... les grossieres manipulations de leurs adversaires !

Publié par jc durbant le 19 juillet 2005 à 2:37

Precision:

Pour la video italienne du lynchage de Ramallah, on ne peut bien evidemment pas parler de propagande djihadiste DIRECTE car il s'agissait effectivement de temoigner d'un crime commis sous le patronage de l'Autorite palestinienne (l'acte ayant commence, on s'en souvient, dans un commissariat de police palestinien), d'ou la volonte de l'AP d'en empecher la diffusion (au moins en Occident) et les excuses du Charles Enderlin italien, mais j'ai du mal a croire que cette meme video n'ait pas eu, dans les milieux djihadistes ou tout simplement arabo-musulmans, des usages "internes"... bien differents !

Mais notre Charles Enderlin national objecterait bien sur qu'un journaliste n'est pas responsable des mauvais usages de ses oeuvres et que de meme imaginer une telle responsabilite serait une inacceptable... "censure a la source" !

Publié par jc durbant le 19 juillet 2005 à 2:52

Votre commentaire:

"J'ai toujours aussi ete etonne par cette sorte de "cynisme naif"... de nombre de nos journalistes ....qui, dans leur obsession de se demarquer de la propagande americaine, ...tombent... dans les grossieres manipulations de leurs adversaires !"

Ce commentaire est 100% vrai pour les journalistes de la RSR.

Publié par Belen le 19 juillet 2005 à 9:38

Nouvelle exemple avec la sortie nationale sur les grands journaux TV (du moins en France) du chiffre des 5000 déserteurs dans l'armée Américaine dont j'avait fait état il y quelques semaines aprés un article parue dans le Monde.

Tout cela parce qu'un jeune militaire s'est fait tiré dans le pied pour ne pas retourné en Irak...

Publié par Frédéric le 19 juillet 2005 à 20:19

Publié par Frédéric le 19 juillet 2005 à 20:20

Oui, la Corine (pour les habitues de son blog du Monde)a encore frappe !

En resortant des bonnes histoires a faire pleurer dans les chaumieres de la gauche bien-pensante: hispanique (noir, ca aurait ete encore mieux !), quartier defavorise, victime (detail bien gore: par... mutilation !) de l'Armee par laquelle il avait essaye de s'en sortir,cauchemars, etc.,tous les ingredients sont la !) et surtout des chiffres bruts inverifiables, pour un lecteur moyen du Monde (faudrait relire ce qu'en dit un vrai specialiste comme Ludovic, mais sur les plages de juillet qui va verifier ?), qui amalgament (comme pour les pertes, ou victimes d'accidents et d'erreurs de tir sont melees aux morts au combat) toutes sortes de situations differentes et ce hors de tout contexte ou sens des proportions (eg. 5000, ca representerait quel pourcentage des forces sur le terrain ?) pour confirmer au final... les pires a priori !


En permission a Chicago, un marine se mutile pour ne pas repartir a la guerre
LE MONDE | 18.07.05
NEW YORK de notre correspondante
http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],[email protected],0.html

Publié par jc durbant le 20 juillet 2005 à 1:47

Les 5000 déserteurs sont-ils réfugiés en Syrie ou en Iran car ici au Canada ( le paradis des déserteurs U.S. ), on les compte sur les doigts d'une main ;-)

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 20 juillet 2005 à 14:23

Non ;)L'article indique "Poursuivi pour désertions", donc jugés par le tribunaud. Sur la Une ou France 2, un correspondant à rappelez qu'en temp de guerre, cela peut finir par le peleton d'excécution mais que les coupables n'ont écoupé jusqu'a présent que de légéres peine de prisons et sont renvoyé de l'armée.

J'en profite pour rappelez que durant la 2meGuerre Mondiale, un seul GI's fut exécuté pour désertions à comparer au 14 au 18 000 soldats Allemands fusillés au court de ce conflit (record dépassé seulement par l'URSS)

Publié par Frédéric le 20 juillet 2005 à 16:08

Petit rappel tire des archives de notre cher Ludovic:

Sur les fameux "5000 deserteurs":

le "fameux chiffre de 5500 déserteurs prétendument annoncé par le Pentagone, qui joue un rôle central dans la dimension du phénomène supposé... correspond au nombre de militaires absents sans autorisation dénombrés depuis un peu plus de 2 ans, et que la plupart des cas sont dus à des emprisonnements civils, consécutifs à des crimes ou des délits commis en congé. C'est la chaîne CBS qui a clamé en novembre dernier que le Pentagone reconnaissait 5500 déserteurs, et donc lancé la première ce mensonge ; les autorités militaires américaines ont démenti ces assertions en montrant la cause des absences sans autorisation."

"seuls 8 déserteurs américains sont selon lui recensés au Canada et 67 demandes d'objection de conscience ont été déposées en 2004 ; il en est donc réduit à affirmer que « des centaines » d'autres se cachent dans la clandestinité. En réalité, ... le nombre de militaires américains absents sans autorisation a nettement diminué ces dernières années, passant de 4597 en 2001 à 2376 en 2004 pour l'US Army, et de 1594 à 1227 pour les Marines.

Sur le moral des troupes:

"une enquête du quotidien Army Times auprès de 4165 militaires a par exemple montré que 73% d'entre eux étaient satisfaits de leur situation et prêts à se réengager. Le taux de rétention est en effet un indice qui ne trompe pas : il a dépassé les 100% dans toutes les unités combattantes l'an dernier, et oscille entre 94% et 96% des objectifs pour les 4 premiers mois de l'année fiscale 2005, malgré une économie américaine qui affiche une santé remarquable. Les reportages effectués ces jours en Irak ou en Afghanistan tendent d'ailleurs à confirmer la haute tenue du moral dans les rangs."

Sur le cliche d'une armee de jeunes issus des minorites, defavorises et incultes:

"cliché ancien, selon lequel les jeunes adultes américains s'engagent au sein des armées avant tout pour des motifs économiques, et sont des individus peu instruits et prioritairement recrutés dans des milieux défavorisés. Cette notion permet à l'auteur de victimiser les GI's pour mieux accabler leurs supérieurs, mais Charles ne fournit cette fois pas même un fait pour la confirmer. En fait, le 90% des jeunes adultes qui s'engagent dans l'US Army sont des bacheliers, alors que les jeunes issus de milieux défavorisés ont précisément plus de difficultés à obtenir leur baccalauréat. De plus, la forte réduction des nouvelles recrues de couleur - traditionnellement motivées par les avantages économiques - indique l'évolution des motifs qui poussent les candidats à la vie militaire. Les incitations financières ont certes une importance considérable, surtout pour les familles des militaires, mais l'impact du patriotisme après le 11 septembre - malgré l'absence d'étude fournissant des éléments chiffrés - ne doit pas être négligé."

Sur les recits individuels:

"Le récit de quelques déserteurs américains réfugiés au Canada, présentés sous un jour favorable sans le moindre sens critique à leur endroit (on parle par exemple de Pablo Paredes, ce marin emprisonné pour avoir refusé de prendre la mer en direction de l'Irak, sans rappeler que son navire, l'USS Bonhomme Richard, a d'abord participé intensivement aux opérations d'aide humanitaire en Asie du Sud). Mais la tentative de décrire un phénomène croissant et significatif est un échec complet. On veut bien croire que les déserteurs sont au nombre de quelques dizaines, voire quelques centaines, malgré l'absence d'indice probant d'une telle ampleur ; sur des Forces armées qui comptent 2,2 millions d'hommes et de femmes, le problème reste singulièrement minoritaire. Par ailleurs, il faut noter que depuis le 11 septembre 2001, plus de 12'000 militaires américains libérés de leurs obligations contractuelles se sont portés volontaires pour servir à nouveau."

L'ABC de la manipulation
Ludovic Monnerat
mars 23, 2005
http://www.ludovicmonnerat.com/archives/2005/03/laabc_de_la_man.html

Publié par jc durbant le 20 juillet 2005 à 17:28

J'en un autre exemple ;) Pendant que le Réseau Voltaire accuse les services anglo saxons, un observateur Russe accuse Poutine d'avoir manipulé Ben Laden et Cie, voir ce post et ceux en dessous :

http://www.batailles.net/cgi-bin/forum2/print.pl?num=5646

Publié par Frédéric le 20 juillet 2005 à 19:22

Si je comprends bien, c'etait pas, contrairement a ce qui est dit et repete, la CIA mais le FSB qui etait derriere l'un des instruments de la Berezina de l'Armee Rouge en Afghanistan, a savoir la Bande a Bonnot djihadiste de Ben Laden and Co ... ?

Quant aux attentats du 11/9 et du 7/7, j'ai pas bien compris: c'est des simulations qui tournent mal ou des... vraies fausses simulations dans le but de preparer d'autres vrais faux coups tordus ou d'autres faux vrais coups tordus ?

Je comprends pas non plus pourquoi des articles aussi serieux ne font aucune reference a des sources aussi fondamentales et decisives que la Kabbale juive ou l'Apocalypse de Saint Jean, sans parler des... Centuries de Nostradamus !

Par contre, je suis rassure d'apprendre qu'une institution aussi vitale, pour notre liberte d'expression, que le Reseau Voltaire est toujours aussi active, certains esprits chagrins et mauvaises langues ayant prematurement annonce leur auto-dissolution ...

Publié par jc durbant le 21 juillet 2005 à 1:30

Et ainsi va la formation de la désinformation pour les désinformés de l'information, enfin un truc comme ça, un truc à la con pour les ignorants qui s'ignorent et qui malgré tout se prennent pour des branchés et des sauveurs de " vérité vraie ".

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 21 juillet 2005 à 3:05

Oui, c'est vrai mais eventuellement, on pourrait se poser la question de la frequence de ce genre d'exercices anti-terrorisme et donc la probabilite qu'ils puisssent coincider avec des attaques reelles ... ?

Publié par jc durbant le 21 juillet 2005 à 4:34

Une "jolie histoire" que vous connaissez deja mais qui helas ne devrait pas interesser les lecteurs du Monde (du moins, si on en croit ses correspondants)... ?

http://www.armytimes.com/story.php?f=1-292925-976420.php

Publié par jc durbant le 21 juillet 2005 à 5:13

Excusez si je pleure pas ...

"Parce qu'il etait sunnite et anti-americain, il se croyait protege" ...

"sans voiture blindée ni garde du corps" ...

«on se bat pour la même cause. Tant qu'il y aura des forces d'occupation dans notre pays, je conseille (aux insurgés) de ne pas lâcher les armes» ...

«Les terroristes ne font pas de différence entre sunnites, chiites ou Kurdes. Quiconque travaille pour le gouvernement et la Constitution est une cible potentielle» «Ces gens-là n'ont aucun scrupule. Ils veulent le pouvoir ou la mort» ...

Faudrait peut-etre vous reveiller, les gars !

Ca me rappelle cet envoye de l'ONU qu'avait refuse toute protection americaine et y avait aussi laisse sa peau ...

Ou nos vaillants journaleux francais qui veulent gagner sur tous les tableaux et viennent pleurnicher quand ils se font prendre en otage par... leurs chers "resistants" !


IRAK Trois rédacteurs de la nouvelle Constitution ont été abattus hier à Bagdad
Les insurgés s'en prennent aux sunnites

Bagdad : Delphine Minoui
[Le Figaro, 20 juillet 2005]

http://www.lefigaro.fr/international/20050720.FIG0061.html?075548

Publié par jc durbant le 21 juillet 2005 à 8:47

C'est ça la force de frappe arabo musulmane, l'assassina ciblé ou non de leurs propres ressortissants. C'est très efficace pour obtenir la soumission d'un peuple et assurer la pérennité de pouvoirs plus ou moins despotiques. Durant la décolonisation la plupart des morts par assassina furent musulmans. La démocratisation de l'Irak ne pourra s'installer que si le gouvernement et les Iraquiens acceptent cet holocauste et malheureusement de pratiquer à grande échelle la traque et l'assassina ciblé des assassins ( comme le fait Israël ).

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 21 juillet 2005 à 13:59

"C'est ça la force de frappe arabo musulmane, l'assassina ciblé ou non de leurs propres ressortissants."

La valeur de la vie humaine n'est hélas! pas la même dans une démocratie libérale que dans une culture islamique. Les réflexions de Corentin de Salle sur la question ("Dow Jones de l'Humain") : http://www.atlantis.org/publications_desalle027.html

Publié par Alex Keaton le 22 juillet 2005 à 1:01

"La démocratisation de l'Irak ne pourra s'installer que si le gouvernement et les Irakiens acceptent cet holocauste et malheureusement de pratiquer à grande échelle la traque et l'assassinat ciblé des assassins (comme le fait Israël)."

Oui, c'est ce que nos strateges en chambre et pleureuses professionnelles, antimodernistes ou mediatiques, ont tant de mal a saisir ...

Comme ils oublient aussi aisement ce qu'il nous a fallu a nous Europeens pour arriver aux cinquante dernieres annees de paix: un holocauste de combien de victimes ? 50 millions ... ?

Publié par jc durbant le 22 juillet 2005 à 2:05

"Un Irakien tué par un GI a infiniment plus de prix qu'un Irakien tué par Saddam" ...

Bonne pioche, ce papier, envoye par A.K., du journaliste belge Corntin de La Salle sur le "Dow Jones de l'Humain":

"Il y a donc un « marché de la vie humaine ». Toute vie a une valeur boursière et les critères cyniques mobilisés par les terroristes sont ceux d'une agence de notation. Ainsi, selon cette échelle, la vie d'un Américain - on l'a bien vu dans l'écart entre les montants des dédommagements versés par la Libye aux familles des passagers américains et français des deux attentats aériens commandités par Kadhafi - a plus de prix que celle d'un Européen.

Si ces cotations existent, c'est aussi, il faut bien l'avouer, parce que, aux yeux de l'opinion publique occidentale, toute victime n'est pas mise sur le même pied. Nous fonctionnons au sentiment. Deux jeunes et jolies Italiennes ont plus de prix que le chauffeur syrien de deux reporters français. Ces derniers, à leur tour, émeuvent infiniment plus - mais on se lasse de tout - que les quelque 3.000 otages (civils dans la plus grande majorité) détenus depuis des années dans la jungle par les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et ce en dépit du fait que Ingrid Betancourt en fasse partie. La durée de détention, le sexe, l'âge (des écoliers à Beslan constituent un excellent placement à condition de se montrer assez adroit pour maintenir en vie cette prise dont les cours s'effondrent au moment même où cette dernière expire), la nationalité (le cours palestinien est mieux coté en Europe que le cours israélien), la race (le rating de l'interprète de Florence Aubenas est meilleur que celui d'un Soudanais du Darfour), la religion, la proximité (qui se soucie des quinze Népalais exécutés en Irak ?), l'identité de l'agresseur (un Irakien tué par un GI a infiniment plus de prix qu'un Irakien tué par Saddam Hussein), autant de paramètres déterminant le cours sinistre de ces actions."

Publié par jc durbant le 22 juillet 2005 à 2:21

Heureusement qu'il y a quelques chercheurs pour remettre les journaleux a leur (juste) place !

Journaliste:"Quel rôle joue l'Irak dans la radicalisation que vous évoquez ? Et comment Al-Qaida exploite-t-elle la situation ?

Chercheur:Il est clair que le conflit irakien comme la Palestine servent de substrat idéologique aux extrémistes, qui tentent d'encourager la radicalisation avec une information unilatérale sur ces conflits."


Magnus Ranstorp, directeur du Centre d'études sur le terrorisme à l'université de Saint Andrews
"Il faut prendre au sérieux la menace contre l'Europe"
LE MONDE | 21.07.05

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,[email protected],50-674262,0.html

Publié par jc durbant le 22 juillet 2005 à 2:52

49 morts dans des explosions en Égypte. La force de frappe des Assassins a tué et meurtri de nouveau avec méthode. La police en Grande Bretagne a réagi avec réalisme et sans compromission dans l'élimination d'un danger potentiel ( on vise la tête ). Le Monde et plus particulièrement le monde musulman semble " frémir " légèrement en proclamant des fatwas et des arrestations... Le Patriot Acte semble vouloir être reconduit pour 10 ans. La " 4ième Guerre Mondiale " semble s'installer car je ne pense pas que ce soit le dernier baroud des Assassins ni le ressaisissement de nos sociétés déstructurés et apathiques pour ne pas dire sympathiques par défaut à la " cause assassine ".

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 23 juillet 2005 à 5:35

Bilan en nette hausse depuis. L'Egypte à des problémes de terrorisme depuis des decennies; je rappelle l'assasinat de Sadate et le Massacre de Luxor.

Il est vrait que le régime politique actuelle est vraiment étouffant et n'incite guere les gens à le soutenir.

Publié par Frédéric le 23 juillet 2005 à 13:27

" Ils sont fous " (1) , non les Assassins ne sont pas fous, ils appliquent certains textes du Coran qui sont un appel à la haine et opèrent régulièrement suivant la conjoncture depuis des centaines d'années. Ils ne peuvent pas perdre, ils ont Dieu avec eux...à méditer avant de chercher un tas de raisons à leur action (2). La force de frappe des Assassins entrera dans une période de dissuasion après que nous ayons été marqué au fer rouge pour quelques décennies, jusqu'à la prochaine crise.
(1) http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],36-674820,0.html
(2) http://www.lemonde.fr/web/article/0,[email protected],[email protected],0.html

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 23 juillet 2005 à 16:01

Marqué au fer rouge de la Dhimitude, cela va de soi !

http://forums.iagora.com/posts.html::message_id=133293

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 23 juillet 2005 à 20:21

En Corse aussi, on failli avoir un drale. Un crétin à installer une bombe prés d'une féte foraine, des gamins inconscient on bien failli la faire exploser et eux avec :

http://www.wanadoo.fr/bin/frame2.cgi?u=http%3A//actu.wanadoo.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--une/050723045633.r66duy9t.html

Publié par Frédéric le 23 juillet 2005 à 23:17

Interessante, cette idee de Hanson d'un monde islamiste comme ghetto
de la planete, rempli de jeune males frustres et prets a tout pour
retrouver leur virilite et fierte perdues, avec donc un Ben Laden comme super chef de gang et super Farrakhan a la fois, mais rompu a l'usage des armes et techniques de guerilla, les enflammant avec ses preches de haine et son djihad d'un autre age contre le monde occidental et bien sur... les Juifs !

Le tout bien sur subventionne pendant des decennies et a coup de
centaines de milliards de dollars par un aussi genereux que peu
regardant... Welfare ! (sans parler des paiements encore plus massifs
pour notre drogue a nous... le petrole !) ...

"Perhaps the jihadist killing was not over the West Bank or U.S.
hegemony after all, but rather symptoms of a global pathology of young male Islamic radicals blaming all others for their own self-inflicted miseries, convinced that attacks on the infidel would win political concessions, restore pride, and prove to Israelis, Europeans, Americans ?and about everybody else on the globe ?that Middle Eastern warriors were full of confidence and pride after all."

"Unfettered immigration, billions in cash grants to Arab autocracies,
alliances of convenience with dictatorships, triangulation with Middle Eastern patrons of terror, blaming the Jews ?civilization has tried all that.

It is time to relearn the lessons from the Cold War, when we saw
millions of noble Poles, Romanians, Hungarians, and Czechs as enslaved under autocracy and a hateful ideology, and in need of democracy before they could confront the Communist terror in their midst.

But until the Wall fell, we did not send billions in aid to their
Eastern European dictatorships nor travel freely to Prague or Warsaw nor admit millions of Communist-ruled Bulgarians and Albanians onto our shores."

July 22, 2005
And Then They Came After Us
We're at war. How about acting like it?
by Victor Davis Hanson
National Review Online

http://victorhanson.com/articles/hanson072205.html

Publié par jc durbant le 24 juillet 2005 à 0:27

Guerre des gangs à l'échelle planétaire alors...

L'Afrique noire est dans un été plus désolant que le monde arabe et pourtant ils ne se sont pas lancé dans le terrorisme de masse hors de leur continent.

Publié par Frédéric le 24 juillet 2005 à 13:39

C'est peut être que même musulmans, les Noirs se rappellent de leur statut d'esclaves chez les Arabo musulmans et qu'ils pensent peut-être avoir acquis le statut de " Dhimmis ". Il ne faut pas oublier qu'ils s'affranchissent en ce moment dans la chasse aux Chrétiens au Soudan ce qui les tient bien occupés. Pour le reste, l'Afrique noire est soumis au prosélytisme des évangélistes qui ne sont pas particulièrement branchés sur l'assassina comme moyen de pression. Vouloir expliquer économiquement ce mouvement assassin est une erreur que nous Occidentaux avons mis de l'avant car nous refusons de croire en l'évidence d'un choc entre une civilisation en perpétuel devenir, la notre et la civilisation musulmane figée à nouveau par ses forces vives.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 24 juillet 2005 à 16:25

"L'Afrique noire est dans un été plus désolant que le monde arabe et pourtant ils ne se sont pas lancé dans le terrorisme de masse hors de leur continent."

C'est vrai (et la pensee de Hanson se reduit bien sur pas a ce que j'en ai retire) mais, comme le rappelle YMS, il y aurait probablement le potentiel dans toute la partie islamisee (notamment le Soudan, la Corne, le Tchad, le Nigeria), mais heureusement, il y a aussi le christianisme et le... racisme des "anciens" negriers musulmans !

Publié par jc durbant le 24 juillet 2005 à 23:26

Interessant eclairage de Kepel dans le Figaro d'hier sur l'importance de l'Internet dans la propagation du djihad et, partant, la necessite, pour les majorites silencieuses des musulmans moderes de les combattre sur ce terrain-la (en creant leurs propres sites ?).

Et, tout en meme temps, etonnante cecite, qui lui fait reconnaitre l'utilisation de "l'Irak, Israël, la loi sur la laïcité à l'école française, le film de Theo Van Gogh" comme simples "justifications" et non "causes du terrorisme", mais l'empeche de voir "l'exemple irakien" autrement que sous son aspect indeniablement negatif (pour remotiver le terrorisme et relancer le recrutement).

D'ou l'etrange impression qu'il passe completement a cote d'un des elements les plus interessants de l'experience irakienne, a savoir son potentiel d'exemplarite positive pour la democratisation du monde musulman et donc comme moyen d'acces a cette "integration sociale" qu'il presente lui-meme comme... "seul antidote au terrorisme" !


"Al-Qaida et ses émules cherchent par une violence spectaculaire à faire des médias leurs nouveaux relais envers des masses qu'ils veulent mobiliser."

"la révolution numérique et les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont complètement bouleversé la transmission du savoir en islam. Elles ont frappé cet univers alors que celui-ci n'était pas encore entré dans la modernité que caractérise la mise à distance critique des doctrines religieuses. Instrument supposé de l'épanouissement individuel postmoderne en
Occident, le Web a été pris en otage en terre d'islam par les groupes les plus extrémistes à qui il a permis de tourner la censure des Etats sur les publications, accélérant de façon exponentielle la circulation des idées djihadistes, des informations et des mots d'ordre, créant un nouvel espace planétaire, une «Oumma» numérique qui va de Leeds à Peshawar, de Charm el-Cheikh à Madrid, de Riyad à Amsterdam."

"L'Irak, Israël, la loi sur la laïcité à l'école française, le film de Theo Van Gogh valent surtout ici pour tenter de justifier le terrorisme aux yeux des masses : ils ne sauraient être confondus avec sa cause, comme le croient certains politiciens européens. La cause en réside d'abord dans l'extrême efficacité de l'embrigadement djihadiste par l'Internet, relayé le cas échéant par des prédicateurs radicaux. Cet embrigadement touche des jeunes (de plus en
plus jeunes) pour lequel le Web est devenu l'instrument de socialisation religieuse par excellence, et, en utilisant codes et langages picturaux des wargames en vidéo, en vient à se substituer à l'intégration dans la société réelle."

"Or, c'est cette intégration sociale qui fournit le seul antidote au terrorisme en offrant des valeurs substituables au djihad contre les «impies». Dans la plupart des pays musulmans aujourd'hui, celle-ci est mise à mal par le fossé qui s'accroît entre riches et pauvres, élite accrochée à ses privilèges et masses gonflées par l'explosion démographique.En fournissant un exutoire mortifère à pareille frustration, le terrorisme est parti pour faire encore des
recrues."

"Les Etats et les sociétés européennes, y compris les populations d'origine musulmane qui en sont partie prenante et ont adopté leur identité, doivent affronter la guerre totale que leur font les groupuscules terroristes directement, au nom des valeurs de la démocratie européenne, et non en se cachant derrière des intermédiaires dépassés. La défense de la sécurité de l'Europe et l'émancipation des musulmans de l'hypothèque que fait peser sur eux
le terrorisme djihadiste sont un seul et même combat. En choisissant clairement leur camp et en menant cette bataille aux côtés de leurs compatriotes européens, les populations d'origine musulmane sédentarisées sur le Vieux Continent et imbues de ses valeurs seront le vecteur exemplaire de la déroute des djihadistes."


TERRORISME Internet a remplacé, dans la galaxie du djihad, les oulémas d'antan par des barbus cybersalafistes

Le quitte ou double d'al-Qaida

Par Gilles Kepel *
[Le Figaro, 26 juillet 2005]

http://www.lefigaro.fr/debats/20050726.FIG0107.html?090830

Publié par jc durbant le 27 juillet 2005 à 1:07

Un journaliste qui a quitte sa chambre d'hotel et en a paye le prix !

"Words matter. Words convey moral clarity. Without moral clarity, we will not succeed in Iraq. That is why the terms the press uses to cover this conflict are so vital. For example, take the word "guerillas." As you noted, mainstream media sources like the New York Times often use the terms "insurgents" or "guerillas" to describe the Sunni Triangle gunmen, as if these murderous thugs represented a traditional national liberation movement. But when the Times reports on similar groups of masked reactionary killers operating in Latin American countries, they utilize the phrase "paramilitary death squads." Same murderers, different designations. Yet of the two, "insurgents" and especially "guerillas" has a claim on our sympathies that "paramilitaries" lacks. This is not semantics: imagine if the media routinely called the Sunni Triangle gunmen "right wing paramilitary death squads." Not only would the description be more accurate, but it would offer the American public a clear idea of the enemy in Iraq. And that, in turn, would bolster public attitudes toward the war.

Supporters of the conflict in Iraq bear much blame for allowing the terminology ---and, by extension, the narrative--- of events to slip from our grasp and into the hands of the anti-war camp. Words and ideas matter. Instead of saying that the Coalition "invaded" Iraq and "occupies" it today, we could more precisely claim that the allies liberated the country and are currently reconstructing it. More than cosmetic changes, these definitions reflect the nobility of our effort in Iraq, and steal rhetorical ammunition from the left.

The most despicable misuse of terminology, however, occurs when Leftists call the Saddamites and foreign jihadists "the resistance" What an example of moral inversion! For the fact is, paramilitary death squads are attacking the Iraqi people. And those who oppose the killers--the Iraqi police and National Guardsmen, members of the Allawi government, people like Nour--- they are the "resistance." They are preventing Islamofascists from seizing Iraq, they are resisting evil men from turning the entire nation into a mass slaughterhouse like we saw in re-liberated Falluja. Anyone who cares about success in our struggle against Islamofascism, or upholds principles of moral clarity and lucid thought--- should combat such Orwellian distortions of our language..."

Steven Vincent

http://occhronicle.blogspot.com/2005/08/steven-vincent-rip.html

"Fearing to appear like colonial occupiers, they avoid any hint of ideological indoctrination: in my time with them, not once did I see an instructor explain such basics of democracy as the politically neutral role of the police in a civil society. Nor did I see anyone question the alarming number of religious posters on the walls of Basran police stations. When I asked British troops if the security sector reform strategy included measures to encourage cadets to identify with the national government rather than their neighborhood mosque, I received polite shrugs: not our job, mate."

July 31, 2005
Switched Off in Basra
By STEVEN VINCENT

http://www.nytimes.com/2005/07/31/opinion/31vincent.html?ex=1280462400&en=b1a69c64e764dcee&ei=5090&partner=rssuserland&emc=rss

Publié par jc durbant le 10 août 2005 à 22:24