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12 mai 2006

Vaincre un ennemi intérieur

Que faire face à 900 individus suspectés de terrorisme islamiste et implantés sur son propre sol ? Voilà la situation dans laquelle se trouvent les services de sécurité britanniques, d'après les révélations de la presse. Ceci n'est pas propre à la Grande-Bretagne : les chiffres articulés ces dernières années dans d'autres pays laissent imaginer des proportions comparables, et donc un problème identique : l'ennemi intérieur. Dans une perspective militaire, justifiée par le fait que les terroristes islamistes se considèrent comme des combattants, on pourrait voir cette situation comme l'insertion réussie de l'équivalent d'un bataillon de forces spéciales engagées en mode clandestin, la qualité (formation, savoir-faire) en moins et la protection (légale, émotionnelle) en plus ; c'est-à -dire un ensemble d'individus cloisonnés par cellules et agissant néanmoins dans une direction commune, selon des fonctions de combat (attentat, endoctrinement) ou d'appui (logistique, communications).

L'impossibilité d'empêcher les attentats du 7 juillet à Londres, malgré les informations dont disposaient les services britanniques, montre bien les limites qu'imposent le nombre et l'incertitude : même une augmentation drastique des ressources - certes insuffisantes - allouées à la sécurité intérieure ne parviendrait pas à garantir la prévention de toute attaque terroriste, et la marche vers un Etat policier serait de toute manière terriblement contre-productive. En revanche, la résilience de la société britannique et l'effet stratégique restreint de ces attaques (en mettant, donc, de côté la perspective de leurs victimes directes et indirectes) indiquent une ligne de défense plus décisive, celle des perceptions, des opinions et des convictions. Neutraliser les centaines de terroristes potentiels qu'abritent les grands Etats européens passe donc par l'affermissement de leur population, par sa mobilisation autour des valeurs qui fondent son identité.

Même si cette perspective défensive ne peut être qu'une partie de toute action, comme je l'ai écrit - et bien d'autres plus illustres que moi - à plusieurs reprises (je ne traite dès lors pas ici de l'offensive en-dehors des frontières), la question des valeurs a donc une importance centrale. Elle a été abordée ci-dessous dans les commentaires, et a également été soulevée par l'affaire des caricatures de Mahomet. Avons-nous des convictions suffisamment fortes pour résister aux effets de la violence armée, réelle ou potentielle, proche ou distante ? Est-ce que nos sociétés européennes réagiront aux attaques paralysantes ou aux revendications conquérantes issues de l'irrédentisme islamiste par l'unité ou par la division, par la réaction ou par la renonciation ? En d'autres termes : est-ce que notre armure sera suffisamment unie pour donner à notre glaive le temps de faire son Å“uvre ?

En poursuivant sur l'idée d'une collision des mondes, et en prenant en compte les fulgurances offensives de notre substrat civilisationnel (c'est pompeux, je sais, toutes mes excuses !), il faut en effet s'interroger sur notre propre cohésion. Personnellement, je pense que l'on sous-estime toujours l'énergie et la détermination des peuples vivant en démocratie, et dont la réaction attend généralement le dernier instant pour s'exprimer - sous la forme d'un basculement des esprits. Mais cette force peut tout aussi bien être sapée par l'impéritie et l'infâmie de nos dirigeants, et aboutir à une perte de confiance telle que l'éventail des possibles s'élargit au-delà du raisonnable. Ce qui nous montre une recette permettant de vaincre un ennemi intérieur déjà en position, aux aguets, décidé à combattre : la vertu, la droiture, la franchise, la transparence, la mesure, la proportionnalité. Parce que l'adhésion des cÅ“urs et des esprits n'est jamais aussi efficace que librement consentie.

Personne ne sort inchangé d'un conflit. Il serait intéressant, dans une perspective historique, que l'Occident émerge plus vertueux de sa lutte avec l'islamisme.

COMPLEMENT (14.5 1730) : Selon une autre source, le nombre d'extrémistes islamistes présumés posant un risque de sécurité nationale en Grande-Bretagne s'élève en fait à 1200. Le fait que ce nombre ait augmenté de 50% depuis les attentats de Londres est assez révélateur sur les limites de la surveillance menée hors d'un sentiment d'urgence impérieux (au niveau politique, s'entend).

Publié par Ludovic Monnerat le 12 mai 2006 à 22:22

Commentaires

On pourrait les échanger avec des Coptes?

"comme l'insertion réussie de l'équivalent d'un bataillon de forces spéciales"
Concorde pleinement

Le problème, de mon bas point de vu, ne consiste pas dans "l'énergie et la détermination des peuples vivant en démocratie" mais dans la "volonté de sousmission" des élites totalement acquises au "dialogue euro-arabe".

Une preuve? La nomination de Tareq Ramadan à conseiller du gouvernement british après le attentats de Londre ... ils n'avaient pas pris Rudolf Hess suite au Blitz sur Londres!

Une autre? celle dont L.M parle à "Une capitulation lexicale"

Et quid de la Turquie en Europe?


Les citoyens ne sont pas le problème, le problème c'est les fonctionnaires qui détournent la volonté populaire comme les mises en service par petit bouts de la "costitution" que les peuples avaient refusé!
Voir
http://www.lefigaro.fr/cgi-search/htsearch?config=figaro&words=constitution

En passant je vous propose une image qui aurait fasciné Roland Barthes
http://medias.lefigaro.fr/photos/20060512.WWW000000623_749_1.jpg
des strates de significations .... une vue imprenable

Publié par Mikhaël le 12 mai 2006 à 23:03

"cette force peut tout aussi bien être sapée par l'impéritie et l'infâmie de nos dirigeants,"
ça au moins, ça s'applique parfaitement bien à la France !

Publié par JPC le 13 mai 2006 à 12:19

Ils sont sur nos territoires? Ils sont donc chez nous! On les a donc à portée de main! C'est donc une affaire simple!

Il y a des méthodes classiques et des pratiques éprouvées pour cela. Nous avons les personnels et encadrements "spécialisés".

Nous avons déjà utilisé ce genre de méthode. Il ne manque que l'ordre d un politique un vrai. Mais quand le temps de l épreuve reviendra. Il faudra bien réagir. Et à ce moment la "pensée correcte" des "petits gris" sera remisée et les "spécialistes" prendront les choses en main. Seulement comme il s agira de mesures d exception dans un cadre de Sûreté nationale, il est évident qu il aura à court-circuiter certaines procédures. Il s agit de terrorisme, d ennemi intérieur et par conséquent de survie de la Civilisation. Cela peut se faire par des réseaux officiels, ou à défaut par des réseaux clandestins, voire les deux!

Publié par Padrig le 13 mai 2006 à 13:54

Si nous admettons que la motivation centrale tant de cet ennemi intérieur que des pires menaces d'affrontements de notre époque se trouve dans la haine véhiculée par (la foi en) les textes sacrés islamiques, la stratégie à suivre devient lumineuse. Et les solutions aux autres problèmes, de nature politique, sociologique, économique ou autre, qui y sont liés redeviennent aisément accessibles.

Pour admettre cela, il faut procéder à ses propres recherches. Personne ne doit accepter des convictions de deuxième main sur un sujet aussi délicat. Alors, juste un fil rouge: la signification concrète des écritures islamiques (le Coran et les récits des actes et des paroles du prophète) a fait l'objet de recherches extrêmement fouillées et approfondies, par différents collèges d'experts (les madhahib), en des lieux très éloignés les uns des autres, au cours de plusieurs décennies, à une époque où il était impossible de se consulter efficacement. Le résultat de ces interprétations est la charia.

Aucun des collèges d'experts ayant travaillé à la formation de la charia n'a jamais remis en question le djihad, action militaire de conquête au nom de l'Islam, ni aucune de ses règles essentielles d'appel à la foi et de combat; ni la dhimma, statut inférieur («humiliant» est le terme du Coran) pour les croyants d'une autre foi monothéiste que l'Islam; ni les houdoud, châtiments corporels en place publique motivés par des péchés contre dieu. Le consensus est ici parfait (hormis d'insignifiants détails de procédure), car les textes coraniques et les hadiths sont parfaitement clairs et concordants sur ces points.

Aucun des soi-disant «réformateurs» modernes ni n'utilise l'ensemble des textes sacrés historiques pour fonder son travail, ni ne s'inscrit dans un collège d'experts consensuel jouissant d'une aura de respectabilité comparable aux madhahib traditionnelles.

En conclusion, jamais personne d'informé et d'honnête n'a pu déduire des textes sacrés islamiques quoi que ce soit d'autre que la guerre, l'esclavage et l'assujettissement pour les non-Musulmans, et les pires châtiments corporels pour ceux qui «pèchent contre dieu». Et ces textes, en Islam, c'est la loi.

Publié par ajm le 13 mai 2006 à 16:03

Si le processus d'élaboration de la charia que vous avez décrit ici est sans doute correct, il ne faut pas oublier que seuls les islamistes qui ne représentent qu'un infime minorité des musulmans vivant en Occident demandent son application en tant que code juridique unique des musulmans. Ainsi, selon une enquête de l'Hebdo 65,2 % des musulmans vivant en Suisse estiment que la loi Suisse doit l'emporter sur la charia, 30, 3 % les mettent sur pieds d'égalité (inquiétant je vous l'accorde) et 4,5 % seulement estime que la charia l'emporte sur le droit suisse.

Pour moi, le défi sécuritaire que notre pays devrait résoudre en priorité serait de redonner les rues de nos villes aux citoyens et non pas les laisser à ces hordes de barbares analphabètes et alcoolisés portant casquettes et trainings et répandant terreur et déprédations...

Publié par Ofrens le 13 mai 2006 à 18:53

Les musulmans qui ne reconnaissent pas le droit Suisse comme souverain doivent être déportés du territoire national.
34,8 % officiellement pensent légitime de fonder le droit sur la charia. En Suisse les musulmans sont encore pour l'instant trés minoritaires, avec le temps, avec la pression social qu'on voit déjà à l'action au sein de leur groupe (indice le nombre de de femmes voilées dans nos rues), avec le nombre, nul doute que demain à Berne sur la Place Fédérale les réclammations seront autres que de condamner les caricatures de mahomet.

Publié par elf le 13 mai 2006 à 19:39

Mettre la sharîa sur un pied d'égalité avec le droit suisse signifie: créer des enclaves ou au minimum des espaces de "témoignage" (dar el shahada, c'est-à -dire une invitation aux martyres -shahid, aux "fantassins-suicides"). C'est dans un premier temps oeuvrer au séparatisme afin d'entendre chanter les minarets dans nos vallées. Il y a bien là un ptotentiel de perturbation socio-politique de plus du tiers des musulmans vivant en Suisse, ce qui n'est pas rien.

Quant à la pratique du jihad par des combattants isolés, elle est destinée, aussi, à renforcer les convictions de ces 30% de défenseurs du "vivre ensemble", concept islamique forgé par le Pr. Massigon il y a bien des années et qui signale justement la cessetion. Elle sert à renforcer la assabiya, c'est-à -dire la cohésion islamique. Nous vivons une époque où l'endoctrinement éducatif islamique (tarbiya) est plus intense que jamais et n'a donc pas fini de produire des combattants (munadilun) made in Europe ou made in Switzerland.

Mais quels combattants? Ceux du combat ouvert où domine la durée, la persévérance (Hilm)? Ou ceux du combat occulte où domine la réclusion aussi bien physique que "spirituelle" (as-Sabr) et la ruse (Hiyal)? Les deux.

Les premiers se mobiliseront à champ ouvert après que les seconds les auront préparés.

Là est la responsabilité de nos dirigeants d'aujourd'hui: nous informer ouvertement sur les qualités de cet ennemi afin que la mobilisation contre son système de fonctionnement soit totale et transversale, que le discours politique le concernant soit réaliste et que l'arsenal juridique approprié soit créé.

Au lieu de cela, on continue à nous droguer d'un discours où l'islam serait porteur d'un avenir de paix. De paix opiacée. On sait pourquoi: trente ans de compromissions addictives qui ne cesseront que par un cure de désintoxication qui risque d'être rude! On aura été prévenu.

Publié par louis le 13 mai 2006 à 19:42

@ Ofrens

Ce que vous dites à propos du sondage est intéressant et pourrait être source d'espoir si dans cette religion, mais je préfère parler d'idéologie, il y avait une "reforme" en être.

On nous dit aussi que le wahabisme n'est qu'un courrant et que le "vrai" islam est tout autre chose. Quel que soit ce "vrai" islam "religion de paix et de tolérance" ( © Villepin - TM Chirac), le wahabisme (ou autre courrant de filiation al-Taymia) grâce à 30 ans de mane pétrolière est devenu le courrant majoritaire, enseigné dans les madrassas, divulgué par les médias, diffusé par les K7 et CD, propagé par les satellites.

Tous ne sont pas acquis à cet islamisme, c'est certain, mais le jeux des frères musulmans, et autres organisation ayant la même orientation, travaillent pour créer des points de conflictualité afin de générer des lignes de faille entre la société occidentale et les musulmans afin de rallier ces derniers sous les bannières du wahabisme qui devient ainsi "islam" tout court.

On a pu le voir avec le cas Rushdie, qui lui aussi a été préparé et n'a rien eu de spontané au début, avec le port du voile au UK, et de fil en aiguille on en est arrivé aux caricatures en passant par le voile en France.

Objectif des frères musulmans et autres groupes similaire sera donc de faire chavirer sur leur position ces 65% de "laïcs"/"modérés". D'autant plus facile que ces derniers n'ont aucun point de repère religieux à opposer aux islamistes, ils n'ont pas d'alternative interne au système islam sur lequel s'appuyer pour résister au moyen-age propagé par les islamistes.

Donc à la prochaine excuse (nouvel accident de Nankin) les islamistes financés par Ryhad, présenteront à ces musulmans "laïcs" l'alternative "ou nous ou contre nous" ce "contre nous" qui en termes islamiques peut se traduire en takfir ou excommunication ... pression du groupe, esprit de solidariéte, menaces, quelques exemples, feront en sorte que le 65% diminuera progressivement.
Je doute du 30% ... qui est à considérer comme ayant répondu "la charia l'emporte sur le droit suisse" ... quel est le sens de deux législations coéxistentes? ... ;)

Un facteur important introduit par Khomeiny lors de la fatwa contre Rushdie a été l'extension de la charia aux non-musulmans et aux pays non-musulmans. L'imposition extraterritoriale et extracommunautaire du droit islamique équivalente à un colonialisme islamique, une déclaration de domination politique, une arrogance universaliste n'a pas été contrée par les gouvernements occidentaux et encore plus grave n'a pas été dénoncée.

Ce qui fait qu'audelà des déclarations des musulmans en Suisse et en Occident la charia s'applique déjà aussi aux "infidels"!


Publié par Mikhaël le 13 mai 2006 à 20:09

Avant d'imaginer des minute men en Suisse ou autres folklores lamentables, je vous invite à reprendre confiance en nos hommes politiques et en notre justice... en regardant notamment un peu plus ce qui se fait >>>concrètement

http://www.fr.ch/tad/news/2006/2006_05/home_1a_05_95.asp?web=tad&loc=fr

Citation:

"Par ailleurs, force est de constater que le recourant, dans la procédure administrative puis dans son pourvoi, n'a jamais exprimé ne serait-ce qu'un regret - sincère et concret - face à son passé inacceptable et aux événements dramatiques survenus dans son pays. En dépit de toutes les évidences établies pénalement, il a continué à clamer son innocence. Ces aspects de sa personnalité doivent peser lourdement sur l'appréciation du cas. Ils en font une personne indésirable sur le territoire helvétique, indigne qu'il est d'en recevoir l'hospitalité. Il est en effet exclu qu'il obtienne, par le biais d'une autorisation de séjour, ce qui pourrait être considéré - par la population suisse voire par les victimes du génocide du Rwanda - comme une sorte de "caution" pour des actes qu'il n'a pas clairement bannis et fondamentalement regrettés. La Suisse n'a pas à être, par principe, la terre d'accueil d'un étranger aux fondements moraux aussi crasses. Le fait que l'intéressé ait purgé la peine prononcée à son endroit ne change dès lors en rien à ce qui doit être retenu comme étant d'un poids décisif sous l'angle de l'intérêt public. "

Publié par Deru le 13 mai 2006 à 20:13

QUESTION A EFFACER APRES REPONSE

quel appareil photo digital avez-vous? la résultat chromatique est bon

Publié par Mikhaël le 13 mai 2006 à 20:13

A Mickhaël et Louis,
Je suis impressionné par votre connaissance du sujet et je partage bon nombre de vos arguments.

Etant professionellemnt en contact avec des jeunes , je pense qu'il ne faut pas oublier que bon nombre des jeunes musulmans étudiant et scolarisés dans notre pays se trouvent aujourd'hui pris entre deux feux. Que certains d'entre eux vont choisir la voie du fanatisme et du fondamentalisme, c'est évident, mais la grande majorité d'entre eux ont fait leurs nos valeurs (égalité homme-femme, religion = pratique privéë, etc) et se sont laïcisés. Stigmatiser l'ensemble de la communauté musulmane , c'est prendre le risque de faire naître chez eux un réflexe identitaire qui les jettera dans les bras des fondamentalistes....

Publié par Ofrens le 13 mai 2006 à 20:35

L'Islam n'est pas démocratique: si les 30% de Musulmans qui veulent la charia l'instaurent effectivement entre eux, ceux qui la refusent deviennent aussitôt des ennemis de l'Islam à leurs yeux, et le pourcentage d'acceptation monte bientôt en flèche. C'est ce qu'il faut comprendre lorsqu'on dit que les Musulmans sont les premières victimes des islamistes.

Les chercheurs des madhahib ne se sont pas trompés: lire les écritures islamiques dans un esprit de soumission à leur message, c'est devenir un islamiste, un prosélyte qui considère que seul le Musulman plaît à Dieu, et que les autres doivent être soumis, éliminés ou assujettis. Cette interprétation est la seule qui ait jamais prévalu là où l'Islam était fort. Le reste n'est qu'inventions modernes, élaborées après que l'entreprise coloniale ait supprimé la charia. Les Musulmans eux-mêmes n'ont jamais abrogé la charia. Car le faire est un acte d'apostasie caractérisé, passible de la peine de mort.

Or la charia est aujourd'hui de plus en plus présente dans le monde. Alors qu'elle était donnée pour totalement oubliée il y a quelques décennies, sept pays en appliquent maintenant officiellement les règles pénales, et des tentatives de mise en Å“uvre partielle, ouverte ou pas, se multiplient dans le monde libre aussi. Et souvenons-nous des madhahib (ou examinons le Coran et les hadiths): la simple lecture des injonctions claires des écritures sacrées de l'Islam incite les Musulmans, directement, quoi qu'en disent les apologistes, à se comporter comme l'exige la charia, c'est-à -dire, au sens des lois occidentales, comme des malfaiteurs.

Publié par ajm le 13 mai 2006 à 20:51

@Ofrens l'argument que vous soutenez est fréquent et bien connu: "Stigmatiser l'ensemble de la communauté musulmane , c'est prendre le risque de faire naître chez eux un réflexe identitaire qui les jettera dans les bras des fondamentalistes.... "

Cet argument est dangereux pour la démocratie et pour les musulmans "modérés", ce qu'ajm explique déjà et que je vais essayer de reprendre sous un autre angle. Le modéré n'a principalement d'attaches supposées que familiales. Il reproduit un modèle, ou plutôt un message-modèle sans y adhérer totalement. Mais qu'il le veuille ou non ce message-modèle est porteur d'un code génétique de guerre sacrée très rude (je dis bien le message). Or il n'a à disposition (et il n'existe) aucun moyen intrinsèque au système d'islam pour le réformer de l'intérieur. Et encore moins un espace d'opposition non superstitieux, franc et ouvert.

Il se résigne donc à se dire musulman sans pratiquer intégralement. Il est offert à une sorte d'errance de la raison, contraire à nos valeur de libre débat et libre pensée et qui le rapproche du conflit de loyauté dès lors qu'il est sollicité par l'islam pratiquant.

Par ailleurs, "stigmatiser" l'islam ne se confond nullement avec une stigmatisation des musulmans. Dans un cas, nous avons une critique raisonnée d'une pensée; dans l'autre: une dérive ad hominem.

Or, refuser le droit à la critique d'une idéologie dont la principale vocation est de voir dispaître la démocratie d'ignorance préislamique (jâhilîya), c'est justement lui faciliter la tâche.

En particulier accélérer le mouvement d'emprise sur les modérés à qui on dit ainsi et aussi, que tout va bien et qu'il n'y a rien à redire dans l'abdication de nos valeurs...

Le rôle de la démocratie est, à mon sens, au contraire, de favoriser la diversité et la pluralité des visions du monde et donc la diversité "des" islams, plutôt que référencer tous les musulmans sous un seul Coran soi-disant irréfragable. Si les musulmans modérés veulent un nouveau livre sacré expurgé de "l'art de la mort" selon l'expression de Hassan el Banna (Papy-Ramadan :-)), pourquoi pas???

Le rôle de démocratie n'est-il pas de les y aider? C'est donc bien en dénonnaçant, en revendiquant le droit de stigmatiser une pensée hautement belligène, dans ses délires psychotiques et comme tels (qui fourmillent dans la norme islamique), qu'on les aidera à appeler un chat un chat. Qu'on les aidera à se départir des fanatiques, à faire sission et oser dire: "nous ne mangeons pas de cet islam-là nous! Car la démocratie nous en donne le droit et nous en garantit la protection".

Pourquoi les aider et les protéger? Parce que effectivement les autres le tueront pour cela. En revanche, s'ils ne veulent rien changer, c'est soit qu'ils ne sont pas modérés et c'est un moyen de les révéler, soit qu'ils sont déjà apostats et qu'ile ne veulent plus entendre parler de l'islam...

Publié par louis le 13 mai 2006 à 21:56

@ Ofrens

Est ce que vous avez lu ce que j'ai écris?
Si oui alors porquoi repondez-vous avec "Stigmatiser l'ensemble de la communauté musulmane , c'est prendre le risque de faire naître chez eux un réflexe identitaire qui les jettera dans les bras des fondamentalistes...."?

Publié par Mikhaël le 13 mai 2006 à 22:31

A Mikhaël, mon message n'était pas une réponse directe à votre post.

Quand je vous lis, vous et Louis, je me demande comment trouver une solution si l'Islam est à ce point réfractaire à toute tentative d'évolution. La conclusion de Louis est d'ailleurs en ce sens particulièrement pessimiste et ne semble guère laisser d'autre choix que l'éradication de l'Islam en tant que religion, le tout dans une logique de guerre des civilisations chère à une certaine école de pensée outre-Atlantique

Ne peut-on vraiment espérer aucun processus d'évolution interne ?

Publié par Ofrens le 14 mai 2006 à 9:51

@ofrens, Oui il est possible d'imaginer un processus de réforme (plus que d'évolution)si la démocratie protège ses tenants. La réforme sera considérée comme sédition par l'islam traditionnel et c'est sa propre norme interne qui fixe les peines à cet égard.

La logique exprimée n'est nullement celle d'une guerre des civilisation, raccourci caricatural, mais d'un antagonisme axiologique (théorie des valeurs).

Il n'y a rien de pessimiste dans le fait de constater des causes de guerre dans le système étudié, telles qu'il les proclame très ouvertement et que tout son histoire en atteste. Mon pessimiste porte sur le déni de valeur (comme on parle de déni de justice en droit) exprimé par le politique. Bref, il n'y a pas pire assourdisseur que celui qui ne veut pas nous faire entendre. (je parle de la classe politique de Bruxelles essentiellement).

Publié par louis le 14 mai 2006 à 10:31

Il y a des processus d'évolution interne, bien sûr, mais ils restent très superficiels. Il y a aussi un Islam dit «traditionnel» fondé sur une approche très intuitive, instinctive, de la religion (et ignorante des textes, voire analphabète), sur lequel fonder une réforme potentiellement bénéfique. Mais le poids des textes est énorme. La charia, c'est la loi, c'est ce qui guide les gens ambitieux et violents, les forces armées, l'État, la justice. Et pour réformer cela, il faut commencer soit par accepter de remettre en question la légitimité des textes islamiques, soit au moins par décider d'entreprendre une réinterprétation assez large et profonde pour concurrencer valablement celle des origines.

Je pense qu'en créant à La Mecque une structure de rencontre adéquate (un grand divan, très médiatisé) et en y remettant à plat les textes islamiques originaux sous le regard du monde, il serait certainement possible de dégager des consensus porteurs d'avenir, de réunir de larges majorités de Musulmans autour d'une interprétation résolument moderne de l'Islam, capable de l'emporter sur l'attrait d'une lecture littéraliste.

Mais il faut commencer par une large prise de conscience de cette nécessité, et cela est très difficile là où règne l'Islam, car il y a là trop de fondamentalistes et d'apologistes pour réunir un large consensus initial. En revanche, si l'Occident respectait enfin ses propres valeurs, et rejettait enfin clairement la charia, cela permettrait d'y abriter et d'y organiser des projets de réforme sérieux, sans la menace constante que la fidélité aux textes fait peser sur les progressistes dans les communautés islamiques. Alors, un progrès pourrait s'installer.

L'effort doit donc se porter sur deux fronts simultanément: il faut d'une part stigmatiser l'Islam original (l'Islam, pas les Musulmans) pour révéler le besoin de réforme dont il souffre, et d'autre part favoriser des projets de réforme qui vont suffisamment au fond des choses, afin de créer au sein de l'Islam (parmi les Musulmans) une vague d'espoir en l'avenir, en un avenir qui ne devrait plus rien, enfin, à la colère d'Allah décrite par le Coran.

Publié par ajm le 14 mai 2006 à 10:34

l'occident et l'Islam

-1. Félicitations à la Suède!
En effet son parlement vient de refuser que les musulmans puissent appliquer la charia au sein de leur communauté. Ce parlement a fait preuve de courage.
ll est intéressant de noter que cette décision n'a pas fait la une des médias!

-2. Il semblerait, à contrario, que le parlement canadien a autorisé l'application des lois islamistes dans le cadre familial (mariage, répudiation, succession, etc.).
Si quelqu'un dispose d'information je souhaite qu'il nous le fasse savoir.

Iran et occident
-1. A lire certains correspondants, les vociférations anti-israéliennes ne sont qu'à usage interne. Pourtant, la promesse d'une proche destruction de l'état hébreu a été formulée publiquement en Indonésie qui me semble être en dehors des frontière iraniennes.
Cette promesse n'a ,jusqu'à ce jour, suscité aucune réaction, même édulcorée.
Bien à vous.

Publié par Wuethrich le 14 mai 2006 à 11:07

Pour Wuethrich:

En relation avec la Suède... sauf erreur, il ne s'agissait que d'une "simple" requête adressée par une organisation musulmane au ministre de l'intégration et aux partis politiques...

On peut par ailleurs imaginer le nombre de requêtes étranges et variées que reçoit un tel ministre de la part de toute sorte d'association... je doute que le parlement suédois ait eu à se prononcer sur ce point :)

Enfin, au Canada, il s'agit d'un tribunal arbitral et non civil ... (le second reste donc le seul reconnu, si la médiation échoue) :)

http://www.940news.com/nouvelles.php?cat=23&id=111535

Publié par Deru le 14 mai 2006 à 12:05

Je fais partie de ceux qui prennent très au sérieux la volonté de l'Iran de vitrifer Israël avec la bénédiction passive de l'Europe. L'usage "interne" est celui de la umma. Les frontières de l'Iran comptent, certes mais pas à 100%.

Publié par louis le 14 mai 2006 à 14:50

Même à usage interne, cette déclaration, de la part d'un chef d'état membre de l'ONU aurait dû être sévèrement condamnée. Il n'y a eu aucun remou. Au contraire, qu'a-t-on fait? On a nommé l'ambassadeur iranien à l'ONU vice-président de la commission de désarmement.

Publié par Ares le 14 mai 2006 à 17:02

Et la question est: "si l'Europe admet au fond le droit des musulmans de penser la vitrification d'Israël, se sent-elle déjà faire partie de la umma?"

Publié par louis le 14 mai 2006 à 18:02

J'ai lu avec stupéfaction la lettre que le président iranien a envoyé à Bush : je m'attendais au langage relativement élaboré d'une missive diplomatique, quelle n'a pas été ma surprise devant ce verbiage théologique tout droit sorti du cerveau d'un illuminé. Je commence vraiment à penser que cet homme est réellement dangereux et que ses attaques verbales ne sont effectivement pas qu'un simple effet de manches. Jusqu'à présent il me donnait l'impression d'être une simple marionette manipulée par les mollahs, maintenant je n'en suis plus sûr du tout....

Publié par Ofrens le 14 mai 2006 à 21:33

Merçi à Deru pour les précisions qu'il a apportées à la suite de mon intervention.
Je remarque néanmoins qu'en ce qui concerne le Canada, la communauté musulmane a en quleque sorte ouvert une brèche (ou mis un pied dans la porte).
Bien à vous.

Publié par Wuethrich le 14 mai 2006 à 21:41

Pour en revenir à l' "ennemi intérieur", que faut il penser de cette vague d'attaque contre les forces de police et les pompiers de Sao Paolo par une organisation criminelle qui semble bien structuée et capable de déclenché des émeutes de prisons sur tout un état qui n'est tout de méme pas une "zone grise" comme il en existe en Afrique ?

Pas de revendications "politiques du peuple opprimé" ou "religieuses" dans ce cas présent...

Publié par Frédéric le 15 mai 2006 à 12:15

Non, pas de revendications "politiques du peuple opprimé" ou "religieuses" que dans les attentats mafieux aux juges en Sicilie.

Il s'agit de bandes de hors la loi qui tentent d'arrêter le transfert de leur chefs dans un prison de haute sécurité.

Ce n'est pas plus politique que l'incendie des magazins qui ne paient pas la protection mafieuse.

Publié par Mikhaël le 15 mai 2006 à 14:49

Mais au Brésil, ils semblent constitué une menace que les forces de l'ordre ne semble pas jugulé. 100 morts en quelques jours, ce n'est pas rien. Exemple de guérilla urbaine que peut étre certains "groupes" en Europe doivent étudier en ce moment méme :(

Publié par Frédéric le 16 mai 2006 à 20:24

Je viens de lire un dossier tres interessant sur le blick concernant l'espion romand Claude Covassi qui enquetait sur le terrorsisme islamique en Suisse, et qui entre autre annonce un possible attentat sur un avion israelien a geneve.

Le dossier contient aussi des documents fourni par Claude Covassi en Francais!!
http://www.blick.ch/news/moschee-spion/artikel36589

http://www.blick.ch/news/moschee-spion/artikel36542

Pure fantasmes? ou il y a qq chose de vrai...difficile de toute inventer. Gros bisbi aussi entre le SAP et les SRS...

Publié par Remy le 17 mai 2006 à 15:14