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3 décembre 2005

Un raid dans la nuit

TE-Gren.JPG

Entièrement vêtus de blanc avec quelques notes sombres, le visage éclairci par le camouflage également blanc, l'arme surmontée d'un grand appareil de visée, les deux tireurs d'élite attendent patiemment l'ordre d'ouvrir le feu. Dans la nuit noire, leurs cibles sont parfaitement identifiées : les positions de tir des mitrailleuses adverses pour le calibre 8,6 mm, et les charges dirigées placées autour de l'objectif d'attaque pour le calibre 12,7 mm. Les tireurs sont chargés d'appuyer la section qui va effectuer le raid. Les groupes participants à l'appui sont prêts. Le chef de section prononce quelques mots à la radio ; peu après, plusieurs détonations retentissent, pendant que les balles lumineuses déchirent la nuit. L'attaque commence.

Un élément de couverture se met en position dans l'obscurité, chaque tireur équipé d'un pointeur laser invisible à l'Å“il nu. Chaque fois qu'une silhouette adverse apparaît, une tache l'illumine et précède une balle de 5,6 mm qui, en moins de 2 secondes, neutralise la menace. Pendant ce temps, un élément d'assaut se rue près de la clôture qui entoure les maisons de l'objectif et place une charge explosive conçue pour ouvrir une brèche ; après la détonation, les groupes se précipitent dans l'ouverture et se lancent à l'assaut des bâtiments. Les chefs de groupe annoncent à la radio leur position respective pour éviter tout feu ami. Aucune lumière n'appuie l'entrée de la troupe dans le périmètre enneigé.

La premier groupe parvenu dans une maison y applique une mécanique standardisée : après avoir défoncé la porte d'entrée, les hommes engagent une grenade à main et pénètrent dans la pièce, utilisant le délai avant l'explosion pour décrocher leurs intensificateurs de lumière résiduelle ; ils nettoient ensuite chaque pièce, à la lumière de leurs lampes blanches, et éteignent celles-ci lorsque, parvenus sur le toit, ils prennent des positions de tir pour appuyer l'action de leurs camarades. Pendant ce temps, l'élément de couverture continue de combattre les adversaires qui apparaissent derrière le village. Une par une, les maisons sont attaquées et prises. Les détonations des grenades et les reflets des lampes se succèdent.

La sixième maison constituant l'objectif final de l'attaque, des charges explosives y sont placées par le troisième groupe d'assaut. Placé sur le toit de l'une des premières maisons, le chef de section ordonne ensuite le repli ; les groupes sortent du périmètre dans l'ordre inverse de leur arrivée et courent dans la neige, le pas alourdi par l'équipement individuel, et notamment le gilet pare-éclats avec toutes ses plaques de protection. L'élément de couverture continue un temps de remplir sa mission, et les points lumineux des pointeurs lasers se promènent furtivement sur les silhouettes des adversaires résiduels ; son repli est couvert par les tireurs d'élite. Une dernière balle lumineuse de gros calibre, et le raid est achevé. Il n'a pas duré plus de 15 minutes.

PS : Les lignes ci-dessus décrivent un exercice auquel j'ai assisté mercredi dernier à Isone. Une section renforcée de grenadiers, à la 23e semaine de leur école de recrues, a fait la démonstration de son niveau d'instruction remarquablement élevé au cours d'un raid de nuit que seul ce type de formation est capable d'accomplir. Une preuve éclatante de la validité du principe de la milice lorsqu'une instruction professionnelle et adaptée est donnée.

Publié par Ludovic Monnerat le 3 décembre 2005 à 17:17

Commentaires

Comme je suis ce soir d'humeur "chipoteuse"...

je dirai de ce récit qu'un détail me laisse perplexe. Mais il est peut être le fait d'une différence de définition entre Suisse et France concernant les termes de
mission "couvrir" et "appuyer".

La couverture a pour objectif de "couvrir" l'action principale, à savoir dans le cas présent empêcher l'arrivée de renforts ennemis depuis la direction dangereuse (ici sur l'avant)ou sur les flancs (dès fois qu'ils tenteraient une manoeuvre de contournement...). Alors pourquoi diable la couverture se met elle en place alors que l'attaque à déjà commencé. Coordination approximative? Contrainte de dernier moment ou "blair topo" du chef de groupe? Défaillance du récit?

L'appui consiste lui à appliquer des feux sur la position ennemi pour empêcher ses défenses de faire leur office le temps de la progression de l'élément d'assaut. C'est ce que les snipers en 8.6 et 12.7 sont a priori chargés de faire...Il n'y a donc pas de raison de dire que: "son repli est couvert par les tireurs d'élite". Car à l'aller comme au retour, il s'agit bien d'un appui.

Sinon, le reste de l'action est conventionnelle et correspond au sempiternel "coup de main" sanctionnant tout stage de formation du niveau de la section.

Le terme "adversaire" est par ailleurs pour moi impropre dans la mesure où il est est réservé chez nous à des missions moins "guerrières" relatives à des objectifs de police judiciaire ou de maintien de l'ordre. Quoiqu'il en soit, non militaires. L'adversaire est "neutralisé", l'ennemi est "détruit". Notre déonthologie y trouve son compte, ainsi que la procédure pénale, les magistrats et les traités internationaux.

Publié par Winkelried le 3 décembre 2005 à 18:50

mitrailleurs calibre 8,6 mm ? Je ne connait ce calibre.

Encore uns spécificitée de l'Armée Helvéte ?

Publié par Frédéric le 3 décembre 2005 à 19:20

L'équipement du soldat sur la photo est-il nouveau? Je ne reconnais que les gants :)))

Quelle est l'arme utilisée et depuis quand la Suisse a-t-elle des uniformes de camouflage blanc?

Publié par Sisyphe le 3 décembre 2005 à 19:35

A Winkelried : concernant la couverture (que l'on entend par un appui de feu direct), mon récit était peut-être imprécis. Les tireurs d'élite ont couvert la prise de position de l'équipe de couverture, qui a elle-même couvert la progression d'une équipe d'assaut ; les mouvements étant séquentiels. Il s'agissait par ailleurs d'un raid, car la section n'a pas tenu l'objectif pris d'assaut et s'est contenté de le détruire. Enfin, le terme d'"adversaire" est celui officiellement utilisé par l'armée suisse, puisque le mot "ennemi" a disparu de nos règlements. Pour une correspondance avec votre mot "adversaire", nous employons "partie adverse" (en allemand, Gegner et Gegenseite). Maintenant, je ne trouve pas qu'un raid entièrement de nuit, à munitions réelles et sans lumière extérieure soit aussi "sempiternel" que cela...

A Frédéric : il fallait comprendre que les mitrailleuses ont été traitées avec le fusil au calibre 8,6 mm (c'est-à -dire .338).

Publié par Ludovic Monnerat le 3 décembre 2005 à 19:40

A Sisyphos : les tireurs d'élite disposent en effet d'un équipement spécifique, à l'exemple de la tenue hivernale et de l'arme au calibre 12,7 mm (un fusil de marque Hécate, en principe) montrés sur la photo. Dans l'armée de milice, seuls les grenadiers sont instruits au fusil 12,7 mm.

Publié par Ludovic Monnerat le 3 décembre 2005 à 19:47

Quelques questions et remarques.
Questions: je ne connais pas la terminologie militaire francaise, alors j'aimerai savoir ce que sont ces fameux granadiers (pour mois les grenadiers c'est plutot ds l'armee napoleoniene.. :-))) et la section par rapport a la compagnie et le bataillon?
Est-ce que la section est ce groupe de combat forme de 3 "groupes de combats" commandes par de sous officiers alors que la section est commandee par un sergent chef ou un sous-lieutenant( ou lieutenant, ds la reserve ds l'IDF)? 3 sections forment-elles la compagnies dirigee par un lieutenant (jusqu'a capitaine ds les bataillons de reserves ou commandant ds les unitees d'elites de l'IDF)?
Si les reponses sont positives je peux me placer par rapport a ce qui est prattique par l'IDF:
L'appui ou couverture: pourquoi uniquement des tirreurs d'elites? A l'IDF on placerait aussi 1 mitrailleuse legere type MAG 7.62 et ses 2 servants, les 2 soldats charges de l'obusier (est-ce le terme approprie?) de 52mm, peut-etre aussi un RPG anti-char tout cela sous le commandement du sergent chef de la section.
Place du commandant de la section: si ce que vous appelez section est bien ce que je crois, a l'IDF, le lieutenant ou sous-lieutenant se deplacerait pour etre pres de chaque groupe d'assault au moment de l'assault! Il ne resterait pas en arriere sur son toit: l'appelle du commandant israelien est "acharay!" c'est a dire "après-moi". Dans une attaque de raid d'une compagnie, par contre, le lieutenant ou capitaine de la compagnie se deplacerait d'un point a l'autre avec son "etat major", pour garder une vue d'ensemble des operations et etre a meme de pourvoir aux problemes locaux imprevus, les chefs de sections etant aux points de l'action elle-meme.
Retrait: le dernier "sorti" du theatre des operations serait le commandant de la section, le sergent chef menant les groupes sortis les uns après les autres, avec toujours "un talon au sol" (traduction litterale de l'hebreu) , i.e. les groupes se couvrant les uns les autres.

Publié par Ram Zenit le 3 décembre 2005 à 20:50

Publié par François Guillaumat le 3 décembre 2005 à 20:51

A Ram Zenit : Bon, il va falloir entrer dans les détails ! :)

Les grenadiers ont été créés durant la Seconde guerre mondiale comme unités d'infanterie d'élite, spécialisées dans les actions offensives. Aujourd'hui, ils font partie des formations de reconnaissance d'armée et de grenadiers (FRAG), c'est-à -dire en gros les forces spéciales de l'armée suisse. Ils sont regroupés en 3 bataillons (20, 30 et 40), comprenant chacun 1 compagnie d'état-major, 3 compagnies de grenadiers et 1 compagnie d'appui ; chaque compagnie est ensuite divisée en plusieurs sections (entre 4 et 6 généralement), conduites par des lieutenants ou des premier-lieutenants.

Concernant l'appui, la gamme de moyens dont nous disposons n'est pas aussi complète. Les grenadiers peuvent engager des mitrailleuses légères Minimi au calibre 5,6 mm ou des mitrailleuses lourdes sur affût au calibre 12,7 mm ; des lance-mines (comprenez "mortier") de 8,1 cm sont également utilisés dans leurs rangs, mais le mortier de 6 cm ne compte aucune munition explosive. Maintenant, je ne crois pas qu'il soit possible d'engager ces armes dans un exercice en temps de paix sans aucune lumière.

Enfin, concernant le rôle du chef de section, les mêmes principes de conduite par l'exemple sont appliqués dans l'armée suisse (comme j'ai été le chef de section de Sisyphos, je le laisse confirmer ou non mes propos !) ; dans l'infanterie, par exemple, le char à roues de tête est celui du chef de section. Mais on part également du principe que le chef de section doit être à l'endroit d'où il peut le mieux influencer le combat. Dans l'exercice en question, le lieutenant s'est au pire trouvé à 15 mètres derrière les éléments les plus avancés de sa section. Avec les intensificateurs de lumière résiduelle, je ne suis pas sûr qu'être toujours au plus près soit aussi bénéfique que de jour...

Publié par Ludovic Monnerat le 3 décembre 2005 à 21:08

Encore une précision (et juste pour prouver que François Guillaumat n'est pas le seul à utiliser map.search.ch) : le secteur de l'exercice peut être vu en détail ici. Le raid s'est déroulé d'ouest en est. Le bâtiment accolé à la route est celui où je me tenais.

Publié par Ludovic Monnerat le 3 décembre 2005 à 21:16

"concernant la couverture (que l'on entend par un appui de feu direct), mon récit était peut-être imprécis. Les tireurs d'élite ont couvert la prise de position de l'équipe de couverture, qui a elle-même couvert la progression d'une équipe d'assaut "...

Pour moi, "couvrir" et "appuyer" sont deux actions différentes qui ne visent pas la même chose:

La section arrive en vue de son objectif:

1 Le chef de sesction définit l'emplacement de l'élément d'appui dont la mission sera d'appliquer des feux sur la position ennemi devant subir un assaut. C'est son adjoint qui en prend le commandement (gradé supérieur).

2 Il place un élément de couverture dont la mission consiste à assurer la sécurité de l'ensemble du dispositif pendant la totalité de la manoeuvre. Mission d'un chef de groupe (sergent.)

3 Il guide son élément d'assaut jusqu'à sa "base d'assaut", s'assure une dernière fois de la coordination de l'ensemble et mène cet assaut.

Par ailleurs, cette phrase:
"l'équipe de couverture, qui a elle-même couvert la progression d'une équipe d'assaut "...laisse à penser que la couverture a fait office d'appui, du moins pendant un temps de la manoeuvre. Cela me semble étrange dans la mesure où la couverture devait donc se trouver assez prêt de la zone d'action principale. De plus, pendant qu'elle appui en direction de l'objectif à prendre, elle ne couvre plus face à la direction dangereuse, c'est à dire qu'elle n'assure plus sa mission principale.

C'est un pari audacieux susceptible de réserver quelques mauvaises surprises...

Publié par Winkelried le 3 décembre 2005 à 23:28

Meci Ludovic pour ces precisions.
Les differences ne sont donc, finalement, pas si grandes, s'il en est

Publié par Ram Zenit le 4 décembre 2005 à 8:30

A Winkelried : merci pour ces explications, elles montrent effectivement une différence de vocabulaire entre nos armées respectives. En Suisse, un élément de "couverture" français serait appelé élément de sûreté. Dans l'action à laquelle j'ai assisté, la configuration des lieux réduisait et la rapidité du raid réduisaient le besoin d'un élément de sûreté indépendant, et ce sont en fait les trois groupes d'assaut, finalement placés en triangle, qui ont assuré les flancs de l'objectif.

A Ram Zenit : dans la mesure où les FDI ont été construites sur la base du modèle suisse (dixit l'attaché de défense israélien en Suisse quand je l'ai rencontré l'an dernier !), cela ne surprend pas trop...

Publié par Ludovic Monnerat le 4 décembre 2005 à 9:26

Effectivement, comme cela ça prend tout son sens.
Le triangle était il "pointe" ou "base" "en avant" ?

Chez nous les deux formations existent. Elles ne sont pas forcément associées à des missions du type "coup de main" ou "raid", mais plutôt à "l'éclairage" ou la "reconnaissance" d'axe ou de zone...

La base du triangle en avant est employée lorsqu'on recherche quelque chose ou quelqu'un sur une zone, un point ou un axe, alors que la pointe du triangle en avant est réservé à la progression ambiance sûreté, l'élément de tête bénéficiant alors de l'appui (enfin de la couverture pour vous) des deux autres en cas de mauvaise rencontre.

Mais bon, dans la réalité, c'est le terrain qui commande, comme l'on dit, et on doit alors faire comme on peut avec ce qu'on a et ce qu'on sait faire.

Publié par Winkelried le 4 décembre 2005 à 10:02

Le triangle pointait, mais comme vous l'écrivez fort justement, c'est le terrain qui dictait la solution. Et ceci d'autant plus que dans un exercice à munitions réelles, qui plus est de nuit, les prescriptions de sécurité interdisaient des manoeuvres par trop aventureuses. C'est peut-être également la raison pour laquelle le lance-roquettes antichar Panzerfaust n'a pas été employé, alors même qu'il est toujours appréciable d'envoyer une roquette ou deux à travers les fenêtres d'un bâtiment pour y mettre de l'ambiance... :)

Publié par Ludovic Monnerat le 4 décembre 2005 à 11:03

"d'envoyer une roquette ou deux à travers les fenêtres d'un bâtiment pour y mettre de l'ambiance... :)"

Oui, notre doctrine nous incite également à toujours "doubler le coup" avec le lance- roquettes de service. C'est également vrai pour le tir sur l'élément de tête d'un convoi pris en embuscade.

Pour ce qui est de l'emploi de munitions réelles, outre les questions de sécurités, sujet sensible, il y a aussi le respect des infrastructures à prendre en compte. Si chaque exercice provoque la destruction d'une habitation, il convient de prévoir la construction de nombreux "villages de combat", ce que les gestionaires ne comprendraient pas...

C'est amusant votre terme de panzerfaust, il est toujours en vigeur ou est ce un effet de style en forme de clin d'oeil ? Parce que de notre côté des Alpes, il fait référence à une certaine époque...

Publié par Winkelried le 4 décembre 2005 à 12:05

Panzerfaust est le nom officiel de cette arme.

Publié par Ruben le 4 décembre 2005 à 13:21

Un exemple sur cette page.

Publié par Ruben le 4 décembre 2005 à 13:23

Merci Ruben, de ce complément matériel. La "bête" a donc évolué, mais elle garde à première vue le même principe de fonctionnement.Elle arbore cependant un aspect plus "hightech"...

Publié par Winkelried le 4 décembre 2005 à 14:45

D'ailleurs, je ne sais même pas comment on dit en français.
Et pour la petite histoire, c'est quelque chose de très "rigolo" à tirer, même si je me souviens qu'après avoir assisté chaque recrue de ma section de "paiement de gallons" (et il y en avait 45, des recrues) lors du premier "tir formel", j'ai fini par me sentir mal, avoir de la fièvre, de la migraine et vomir.

Il n'y a pas de recul, mais l'onde de choc est assez surprenante. Très "fun" en tous les cas.

Publié par Ruben le 4 décembre 2005 à 16:53

Quand on ne respecte pas les prescriptions de sécurité, pas étonnant que l'on se sente mal ! Même je n'ai plus tous les chiffres en tête, le règlement Panzerfaust limite à 5 le nombre de départs du coup auxquels on peut assister à proximité immédiate en milieu fermé et à 30 à l'air libre. La surpression entraînée par l'explosion de la charge propulsive ne peut être négligée...

Publié par Ludovic Monnerat le 4 décembre 2005 à 17:11

En France ,nous parlons de LRAC (Lance-roquettes anti-char). Il s'utilise à deux, un tireur, un pourvoyeur. Le diamètre à été de 73mm puis de 89mm, suivant en cela les avancées des blindages. C'est le principe du bazooka américain en plus moderne: un tube avec lunette de tir et une roquette introduite par l'arrière (mission du pourvoyeur)et sa mise à feu est électrique. A la fin des années 80, nous sommes passés, société de consommation oblige, au modèle jetable: le RAC 112 de...112mm. l'avantage, outre le calibre plus conséquent est qu'on le sert tout seul. Et ça dépote!! Pas plus de deux ou trois à la suite sous peine de finir comme l'ami Ruben. Même avec la double protection auriculaire, c'est une d'arme d'homme, y'a pas!! Dernier en date, à la fin des années 90 nous avons adopté le HERIX, encore plus puissant. Tirez en un dans un maison et vous verrez les murs se dilater, le toît se soulever sous l'effet de souffle, très impressionant. Mais pour ma part, je n'ai pas eu à m'en servir (là où je suis maintenant, il n'est pas en dotation!). Mais j'imagine qu'il ne doit pas être en reste pour "secouer"son servant.

Pour ce qui est de l'utilisation dos à un mur ou depuis une habitation, outre l'effet de souffle souligné par Ludovic, il faut prendre garde au "retour de flamme"...redoutable. Il convient donc, afin d'éviter tout désagrément cutané indigne et mal placé, de respecter scrupuleusement les distances de sécurités prescrites par la notice d'utilisation.

Publié par Winkelried le 4 décembre 2005 à 20:26

Quelques précisions en vrac.

Les villages de combat se différencient entre ceux conçus pour les munitions réelles (bâtiments en béton très rudimentaires) et ceux adaptés aux exercices à double action avec simulateurs (bâtiments presque réels) ; les premiers résistent sans autre à l'emploi de grenades à main d'exercice (sans éclats ou presque), de roquettes antichars d'exercice (sans charge creuse) ou d'explosifs (en quantités limitées ; pas plus que quelques centaines de grammes).

Le Panzerfaust III utilisé dans la Bundeswehr comme dans l'armée suisse est effectivement le descendant du Panzerfaust mis au point durant la Seconde guerre mondiale, avec un principe de base similaire (l'arme est consommable). On peut l'employer seul, mais l'engagement normal se fait avec 2 soldats transportant chacun une cartouche, et qui doivent être capables de tirer, changer le dispositif de lancement de cartouche et tirer une seconde fois en maximum 15 secondes (avec de l'entraînement, c'est facile).

Le Panzerfaust ne projette aucune flamme à l'arrière de la cartouche, mais un contre-poids fait de poudre de fer et de carton qui entraîne malgré tout des brûlures (zone de sécurité : 120° sur 50 m). En milieu fermé, il faut avoir au moins 2 m sans obstacle derrière soi. Et cela ne suffit pas empêcher la fumée dégagée de revenir à la hauteur des tireurs, qui ensuite laissent des traînées noires dans leurs mouchoirs pendant quelques jours d'affilée...

Et OUI, j'ai été instruit comme spécialiste Panzerfaust ! :)

Publié par Ludovic Monnerat le 4 décembre 2005 à 22:49

Bonsoir!
j'ai petite question à vous soumettre: A l'engagement, un lieutenant se réequipe-t-il de son fusil d'assaut ou n'a-t-il que son pistolet?
Cet arme n'est elle pas un peu légère pour assurer sa défense personnelle dans des types d'actions pareils à l'heure actuelle?

De plus, est-il envisagé d'equiper les officiers de PDW (Personal Defence Weapons) pour remplacer en partie les pistolets comme dans l'armée allemande ?

Merci encore

Publié par crys le 5 décembre 2005 à 0:53

J'ai pu conserver mon Fass en prêt, en ce qui me concerne.

Publié par Ruben le 5 décembre 2005 à 1:57

A l'IDF, les officiers, y compris les generaux, sont equipes, toujours, de fusils d'assaults: les revolver servent uniquement ds des cas speciaux, comme a la lutte contre prise d'otages

Publié par Ram Zenit le 5 décembre 2005 à 6:17

Je peux confirmer que le chef de section entraîné ce jour-là portait à la fois son fusil d'assaut 90 (avec le pointeur laser) et son pistolet 75.

Publié par Ludovic Monnerat le 5 décembre 2005 à 7:27

Ces braves TIFLU n'avaient pas le nouveau SAKKO acheté récemment par l'armée suisse??

Publié par Variable le 5 décembre 2005 à 8:27

Pour avoir été à Isone comme grenadier (RS:1995,UO:1996), je sais surtout que ce genre de démonstration se prépare des jours à l'avance et que tout est millimétré pour en mettre plein la vue aux joyeux visiteurs des états-majors ! Eh oui, comme au cinéma ! Mais c'est vrai que j'y ai trouvé un certain plaisir...

Publié par Dwelsch le 5 décembre 2005 à 11:40

Bonjour

Deux questions adressées à LM.

Depuis quand l'armée suisse possède-t-elle des « Minimi » ?

Où peut-on trouver des informations concernant sur cette arme de 8,6 mm ?

Merci d'avance

Alex

Publié par Alex le 5 décembre 2005 à 14:00

Alex, pour le fusil au calibre 8,6 mm, l'ami Variable a raison. Et comme je suis actuellement en Suède, je n'ai pas de lien interne sous la main où je peux vous aiguiller. Sinon, les Minimi sont en dotation depuis peu - je crois qu'elles ont été introduites cette année ou l'an dernier, mais comme je ne suis plus dans les écoles depuis quelques années, cette information est à prendre au conditionnel.

Pour Dwelsch : il est bien clair que la démonstration a été préparée, puisqu'on les a vus le faire durant la journée, mais il s'agissait aussi d'un exercice, durant lequel le commandant de compagnie a imposé des dilemmes à son chef de section et dirigeait les cibles amovibles (les conversations radio étaient audibles dans la pièce où j'étais).

Publié par Ludovic Monnerat le 5 décembre 2005 à 15:12

Est ce que par hazard, l'armée Suisse à évalué cette arme, cal. 25 mm, portée 2 500 m. et pesant 18 kgs :

http://www.military.com/soldiertech/0,14632,Soldiertech_XM109,,00.html

Pour du "sniping" lourd, c'est du lourd, il tire des obus dérivé des 30 mm qui équipe les Apache et les Bradleys.

Publié par Frédéric le 5 décembre 2005 à 18:22

Que dire...de ce XM 109. Un calibre supérieur à 20mm vient classer ses munitions dans la cétgorie des obus!! (tout ce qui est supérieur au 12.7)

J'ose à peine imaginer le recul et la détonation que doit subir le tireur, même avec amortisseur de crosse, évents et autres artifices destinés rendre supportable l'emploi d'un tel engin:
Pour les puristes, voici les caractéristiques:
-Caliber: 25mm.
-Builder:Barrett Rifles
-OverallLength:46 inches
-Operation:Short recoil operation,semi-automatic
-Features:M1913 optical rail, BORS ballistic computer, monopod socket
-Weight: 33.2 lbs
Muzzle Velocity: 2600 feet per second
-Magazine Capacity: 5-round detachable box magazine
Accessories: Dual-chamber detachable muzzle brake or suppressor system; detachable bipod and carry handle.

Voilà qui nous aurait été utile du temps de la Bosnie...

Publié par Winkelried le 5 décembre 2005 à 20:45

Et encore, par rapport au fusils antichar Finlandais qui tirait des obus de 20 mm au tungsténe mais qui avait une masse de prés 50 kg, c'est du léger :)

D'aprés un forum, des FS Canadiennes et US utiliseraient cette obusier de poche dans les montagnes d'Afghanistan.

Publié par Frédéric le 5 décembre 2005 à 23:52

Bonjour.
J'ai une petite question. Comment devient t'on tireur d'élite ou tiflu? Par les fusiliers, les gren etc...?
Merci d'avance.
Marc

Publié par Marc le 18 août 2006 à 19:19

Bonjour,

Ayant participé à l'exercice que LM décrit, je le remercie de sa présence et du travail effectué sur son site.

Les français chercheraient-ils à avoir toujours raison?

Pour la préparation aux démonstrations, il est vrai qu'elles sont préparées au poil de cul mais lors d'un engagement de ce genre, la préparation serait tout aussi scrupuleuse même plus poussée. La clefs du succès de pareilles missions, c'est bien le drill et surtout envisager et répéter tous les scénarios possibles.

Trpchef Boissard

Publié par Boissard le 12 avril 2007 à 14:23