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5 mai 2007

France : la prime à la compétence

Si l'on en croit les instituts de sondage, l'élection présidentielle est jouée et Nicolas Sarkozy l'emporterait très nettement face à Ségolène Royal ; depuis le début de l'année, son avantage ne s'est jamais démenti, et la fin de la campagne lui semble très favorable. Avec le recul, on peut même se demander comment autant de commentateurs ont pu juger crédible une candidate socialiste que résume à merveille l'expression de "cruchitude", une dirigeante ouvertement vilipendée dans son propre camp et par ceux qui ont travaillé à ses côtés, une femme dure au sourire éternellement figé, dont l'ambition surpasse largement la compétence. Une candidate que son adversaire n'a d'ailleurs jamais vraiment redouté.

Une leçon de cette élection finalement fort intéressante, surtout vue d'un pays étranger, est le poids de la compétence sur l'apparence, et de l'opinion publique sur l'opinion médiatique. La course en tête menée par Nicolas Sarkozy, sa capacité à convaincre encore démontrée lors du débat de l'entre-deux tours, sont largement le fruit de ses qualités personnelles et de sa connaissance des dossiers ; la montée en puissance de François Bayrou, malgré le désavantage d'une couverture médiatique très longtemps bipolaire, s'explique également par un projet politique original, par une aptitude à afficher des positions pragmatiques et non idéologiques. A l'inverse, l'échec des candidats d'extrême-gauche, même ceux transformés en icônes et malgré leurs relais disproportionnés dans les rédactions, témoigne à mon sens d'un rejet des idéologies. Il en va probablement de même pour l'extrême-droite, les positions invariables d'un Le Pen ayant perdu en partie leur attrait.

La leçon est cependant plus claire encore avec Ségolène Royal, qui n'aura pas pu répéter avec les citoyens français l'exploit réalisé avec les militants socialistes : faire passer un emballage différent, une "autre façon de faire de la politique", pour une substance différente, c'est-à -dire pour un renouveau politique. La recherche d'une démarche participative, d'un programme établi et discuté de façon décentralisée, ne pouvait bien entendu trouver grâce aux yeux d'un Helvète : nous sommes depuis trop longtemps attachés à la démocratie directe pour être séduits par un ersatz plus symbolique que concret. Mais cette apparence s'est surtout effondrée lorsqu'il s'est agi de rassembler et non plus de se profiler, parce que les manoeuvres d'appareil et les négociations politiciennes ne pouvaient pas être justifiées par une authentique proximité. La candidate socialiste aura sombré dans l'illusion du "tout sauf Sarkozy" et omis de présenter un message crédible.

Cette prime à la compétence a naturellement de quoi réjouir, puisqu'elle contribue à recentrer la politique vers sa fonction première. Même si je ne crois guère au nouveau rêve français de Nicolas Sarkozy, conjurer le cauchemar annoncé par Ségolène Royal en guise d'argument final est un objectif sensé.

Publié par Ludovic Monnerat le 5 mai 2007 à 10:15

Commentaires

Montebourde ne pourra pas vous déclarer la guerre, dommage...
le programme de Sarkozy présente quelques gisements de croissance qui permettront, avec d'autres mesures, de remettre un peu d'ordre
dans ces conditions, la croissance repartie, "la France" pourra jouer à nouveau un certain rôle et apparaitre comme une grande puissance, du moins pour les petits Suisses
mais on sera encore loin du "petit coin de presque paradis respirant luxe, calme et volupté" qu'est l'Helvétie

Publié par JPC le 5 mai 2007 à 11:40

sego est, à mon avis, une femme de droite et a compris que l'élection se jouerait sur des valeurs "de droite" (autorité, famille, ordre), d'ou sa posture autoritaire ("ordre juste", internat, etc.) initiale et le grand écart permanent avec les valeurs traditionnelles de la gauche jacobine qu'elle est obligée de ménager pour ne pas faire exploser sa coalition. ce qui ne préjuge bien sur rien de bon s'il elle est élue.
sarko est un ovni. il sort du courant gaulliste (Bonapartiste, selon René Rémond) pour s'afficher en rupture avec le courant Chiraquien (qui était lui même atypique). Au fond il renoue avec la véritable tradition de la droite Bonapartiste (primat de l'exécutif, appel direct au peuple, valeurs d'ordre, d'autorité, méfiance à l'égard du parlement et des partis), mais en y intégrant des valeurs du courant libéral « Orléaniste » (libéralisme politique et économique; pluralisme) et surprend en affichant son atlantisme. Je pense que le programme de ségo est largement plus prévisible que celui de son concurrent, qui élu, pourrait surprendre.
Le vote Bayrou est un feu de paille du au manque de crédibilité de la candidate socialiste. L a tentative de rapprochement PS/ UDF est illusoire au regard des valeurs que défendent habituellement ces deux grandes familles politiques, surtout compte tenu du caractère archaïque de la gauche socialiste en France.

Publié par hoplite le 5 mai 2007 à 11:47

@hoplite
Je trouve votre panorama particulièrement bien vu!
Vous résumez bien la pièce de théâtre qui se joue en ce moment!

Publié par Ar Brezonneg le 5 mai 2007 à 12:09

A notez, que selon des sondages, au Canada, madame Royal est plébicité (au fait, elle est PACSé ou juste en comcubinage, personne n'en parle).

Comme quoi nul n'est prophéte en son pays, cela me rappelle les sondages en France sur la derniére élection présidentielles aux Etats-Unis :)

Albert pourra migrer au Québec ;)

Publié par Frédéric le 5 mai 2007 à 12:33

"...et surprend en affichant son atlantisme."

Rien de surprenant, c'est au contraire très prévisible. On devrait plutôt dire, mais comment un Sarkozy pourrait ne pas être atlantiste? Tout en lui est conditionné pour l'atlantisme.

Je vois aussi mal comment on peut faire entrer dans un même cadre l'atlantisme et le gaullisme ou le bonapartisme, tendances qui avaient à coeur respectivement l'indépendance du cadre national et la défiance vis à vis des puissances océaniques; sachant que l'atlantisme, c'est avant tout la subordination de la nation ou de l'Europe à des intérêts extra-continentaux.

Publié par fass57 le 5 mai 2007 à 12:43

"Cette prime à la compétence a naturellement de quoi réjouir..."

Compétence superbement mise en valeur par la proposition du candidat Sarkozy d'accorder l'asile politique en France à toute femme battue sur la planète, quel que soit son pays d'origine.

Publié par fass57 le 5 mai 2007 à 12:46

Un moyen de faire remonté la natalité ?

C'est bon, je sort.

Publié par Frédéric le 5 mai 2007 à 13:08

En quoi Nicolas Sarkozy est-il moins idéologique que les candidats d'extrême gauche ? Il porte, bien au contraire, une très forte charge idéologique, en rupture nette (sur des points importants), non seulement avec le parti politique dont il a pris la tête mais même avec la tradition de la droite française. [Voir Paul Ariès : «Misère du sarkozysme. Cette droite qui n'aime pas la France». Paul Ariès, Parangon, 2005, 254 pages].

Publié par Albert le 5 mai 2007 à 15:18

C'est le procédé classiques des pouvoirs oppresseurs que d'accuser leurs critiques d'être des ennemis de leur pays.
Malheureusement, les critiques de Sarkozy ne sont que des mots.

Publié par Hunden le 5 mai 2007 à 16:52

"C'est le procédé classiques des pouvoirs oppresseurs que d'accuser leurs critiques d'être des ennemis de leur pays."

"Alors en pleine traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à l'adresse du Vendéen - qui n'est pas prêt de l'oublier : « Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m'intéresse qu'à l'avenir ... »

(in : « Le mystère Villiers », d'Eric Branca et Arnaud Folch, éditions du Rocher)"


"Je suis fière de n'avoir aucune goutte de sang français dans les veines. Cécilia Sarkozy"

Publié par fass57 le 5 mai 2007 à 17:18

@ Hunden

Où voyez-vous un pouvoir oppresseur face à Sarkozy ? Qui a les patrons des médias dans sa po-che ? Qui est le frère de l'ex-président du Medef ? Qui s'excuse de ce que son pays ne courbe pas l'échine devant le «parrain» américain ?

Publié par Albert le 5 mai 2007 à 17:38

Le phénomène Royal a une explication très nette : les socialistes français refusent toujours de choisir entre social-démocratie et archéo-marxisme, entre DSK et Fabius pour schématiser.

Avec Royal, ils ont donc choisi de ne pas choisir, ils ont choisi de faire diversion. La "politique autrement" est une fadaise pour imbéciles heureux qui revient à toutes les élections : quelles que soient les manières de faire de la politique, ça n'est pas propre. "La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop." (Clémenceau)

Ce refus de choisir explique qu'elle a été la candidate du PS, ça explique aussi son échec.

Quant au procès de "mauvais français" fait à Sarkozy, il est pour le moins curieux, il flirte avec la xénophobie des années 30.

Comment juge-t-on l'amour d'un homme pour son pays ? Son patriotisme ?

D'ailleurs, Napoléon aimait-il la France ?

Publié par fboizard le 5 mai 2007 à 18:18

@ fboizard

Depuis le XVIe siècle, la France a souvent suivi une politique en contradiction avec ce que certains Français estimaient qu'elle aurait dû être. D'où leur souhait que l'étranger vienne remettre au pas leurs compatriotes trop indépendants.

- Durant les guerres de religion, les ultra-catholiques ont trahi leur pays et se sont alliés avec un roi d'Espagne catholique plutôt que d'accepter un roi huguenot.
- Une génération plus tard, durant la guerre de Trente ans, le parti des Dévots s'est indigné que la France catholique s'allie aux calvinistes allemands et luthériens suédois contre Leurs Majestés ca-tholiques l'Empereur et le roi d'Espagne.
- De 1791 à 1815, les royalistes, Emigrés et partisans de l'Ancien Régime ont trahi leur pays, com-ploté contre lui, servi les armées étrangères pour recouvrer leurs privilèges.
- Durant le Second empire, les ultramontains catholiques ont soutenu jusqu'au bout le pouvoir tem-porel de Pie IX contre les aspirations nationales italiennes (et contre les intérêts de la France).
- Dans les années 1930, les ligues fascistes, nationalistes ont été payées, stipendiées, soutenues par l'Italie fasciste (voire ont servi leurs basses Å“uvres en assassinant les réfugiés italiens en France) et ont tout fait pour amener une dictature de droite (6 février 1934).
- Durant l'Occupation, la droite et le patronat n'ont eu de cesse de détruire les acquis politiques de la République et sociaux des combats syndicaux.
- Sous la présidence du général de Gaulle, tous les atlantistes ont regimbé contre la sortie de l'OTAN, la reconnaissance de la Chine, les critiques contre Israël, les distances vis-à -vis de la guerre du Viet-nam, la politique arabe de la France.
- Depuis une vingtaine d'années, les ultralibéraux et atlantistes grincent des dents devant le refus des Français de boycotter les jeux de Moscou, de savourer les douceurs de l'ultralibéralisme à visage humain ou d'aller se faire tuer en Irak pour les dividendes de M. Cheyney.

- Nicolas Sarkozy s'inscrit merveilleusement dans une tradition de droite française (ligueurs, dé-vots, émigrés, groupes fascistes, ultralibéraux) qui ne voit son pays que comme un clou qui dé-passe et qu'il faut enfoncer à coups de marteau!

Publié par Albert le 5 mai 2007 à 19:33

Napoléon n'aimait pas la France, il en a fait un outil au service de sa gloire. Espérons que Sarkozy ne sera pas du même tonneau.

Mais je crois que l'épreuve de force commencera, disons, dans la nuit du 6 au 7 avec les premières "réactions" en banlieue face à son élection.

Publié par Stéphane le 5 mai 2007 à 19:34

Albert, encore une fois, vous faites des généralisations inaceptables.

Durant la 2e GM, une grande partie de la droite dite "fascisante" par vos soins n'a pas accepté la défaite et à continuer le combat pour la survie de la France.

On parle plus des quelques milliers de SS Français que du demi million des FFL.

Si pour l'extréme droite, on pouvait s'attendre au pire, au niveau trahison, les communistes sont pire, il a fallut attendre Barbarossa pour le parti commencent la lutte aprés avoir saboté l'effort de guerre en 39/40 ! Cela, oui, c'est un parti de l'étranger !

Et c'est "étrange" une telle prose pour quelqu'un à clairement exprimé son souhait de jouer les "porteurs de valises" à l'encontre des intérets de son pays. Pourquoi les autres seraient des traitres et pas vous ?

Publié par Frédéric le 5 mai 2007 à 20:21

@ Frédéric

- Pour Robert Paxton (La France de Vichy), il y eut en France, entre 1940 et 1945, non pas une mais «deux» guerres : une guerre contre les Allemands, menée par des Français de toute obé-dience, et une deuxième guerre, celle d'un gouvernement d'extrême droite, contre les valeurs de la République et de la gauche.

- L'issue de la guerre s'est traduite, nettement, par une défaite de la droite, aussi bien idéologi-quement que socialement et économiquement. La teneur des ordonnances de 1945, l'épuration, les nationalisations, la création de la Sécurité sociale, en portent nettement la marque. Même si des gens de droite ont participé à la Résistance, à fond et sincèrement, la «couleur» de la France, en 1945, fut incontestablement plus à gauche qu'en 1936. Ne serait-ce que par la part prépondé-rante prise par l'URSS dans la victoire (ainsi que des divers maquis communistes en Europe).

- Je rappelle, pour la énième fois, que je ne suis pas et n'ai jamais été communiste, sous aucune version (et même pas électeur !). Je n'ai donc aucune difficulté à vous accorder ce que vous me dites de leur attitude entre septembre 1939 et juin 1941. Mais cela, au total, fait 2 ans (en étant gé-néreux). Par rapport aux quatre siècles de compromissions des classes privilégiées avec l'étranger, il y a de la marge!

- Une des grosses différences est que, à la différence des communistes en 1940, qui n'ont jamais été au pouvoir, les forces traditionnelles (ou les classes possédantes) se sont, au moins par trois fois, installées en France en profitant de la force armée de l'étranger : sous la Ligue, à Paris, avec Alexandre Farnèse, en 1814 et 1815, pour les Bourbons, dans les fourgons des Alliés, et, en juin 1940, pour la droite française, en profitant de la «divine surprise» de la défaite...

- Ce n'est pas non plus dans les classes populaires qu'on trouve un ancêtre (François de Wendel, grand-père du baron Seillière) priant humblement l'état-major français, en mai 1916, de ne pas bombarder ses aciéries de Briey, alors occupées par les Allemands. M. de Wendel put donc en-graisser son compte en banque avec l'argent des canons qui écrabouillaient ses compatriotes!

- Les Français qui ont aidé le FLN durant la guerre d'Algérie, comme les Américains qui ont sa-boté la volonté de guerre du Pentagone durant la guerre du Vietnam, ou ceux qui agissent de même pour la guerre d'Irak, ne sont pas des traîtres : ils sauvent l'honneur du pays!

Publié par Albert le 5 mai 2007 à 23:41

"... Les Français qui ont aidé le FLN durant la guerre d'Algérie, comme les Américains qui ont sa-boté la volonté de guerre du Pentagone durant la guerre du Vietnam, ou ceux qui agissent de même pour la guerre d'Irak, ne sont pas des traîtres : ils sauvent l'honneur du pays..."

Y-a-t-il un homme d'honneur pour répondre à ce jean foutre ?

Publié par Yves-Marie SÉNAMAUD le 6 mai 2007 à 2:00

« !Albert pourra migrer au Québec ;)! »

Il fut un temps ou les immigrants venaient au Québec pour échapper au communisme. Depuis quelques années le Québec offre à tous les gauchisants du monde un model attardé de sois disant sociale démocratie arc en ciel qui vient peut-être d'en prendre pour son rhume aux dernières élections!

Publié par Yves-Marie SÉNAMAUD le 6 mai 2007 à 2:15

Cher Albert,

Merci de m'apprendre l'histoire de mon pays.

Puisque nous en sommes à l'histoire, je me permets de vous rappeler qu'un parti politique français puissant qui n'était pas de droite fut entièrement soumis pendant 60 ans à une puissance étrangère qui n'avait pas d'intentions amicales à notre égard et que cette soumission disparut non pas par une révolte du dit parti mais par la disparition du dit pays.

Comme quoi la trahison n'est pas qu'une tradition de droite.

Pour le reste, concernant vos propos sur Nicolas Sarkozy, je vous les laisse : vous n'apportez que fantasmes et allégations, de preuves, de faits, pas une miette.

Une petite cure d'opposition vous ramènera à plus de réalisme (si vous êtes capable de vous remettre en cause).

Publié par fboizard le 6 mai 2007 à 8:58

J'ai le livre de Paxton, ainsi que "l'armée française sous l'occupation" de François Broche, je connait les dillemmes des fonctionnaires de l'époque et la sourde guerre civile en France (10 % pour la résistance, 10 % pour la résistance, 80 % pour l'attentisme).

Lisez aussi les mémoires du 1er directeur de la DST, "Roger Wybot et la bataille pour la DST", qui à travaillé dans les services de Vichy en quand d'agent double, dans le bureau de Marseille chargé justement de lutter contre les "gaullistes", tout ses collégues étaient au courant :)

Et les traitres, cela à déja était écrit, ne sont jamais bien vu, méme par ceux qu'ils soutiennent (Que sont devenus les responsable Viet Cong aprés la réunification de 1975 du Viet Nam ?).

Albert est un Georges Boudarel en puissance, torturant ses compatriotes au nom du "soutien aux opprimés" puis décidant que le régime qu'il soutenait ne lui convient pas;;;

Arrété vos réécriture de l'histoire; je respecte "l'orchestre rouge" pour son role d'espionage durant la guerre (pas son role aprés ou il espionna la France cette fois) mais je respecte aussi "l'orchestre noire", la seule organisation qui à tenté de renversé Hitler par la force, et ses "Junkers" n'était pas de "gauche".

Puis laisse béton, je vais faire mon devoir de citoyen ce matin ;)

Publié par Frédéric le 6 mai 2007 à 9:27

petit résumé, pour Albert, de l'instrumentalisation (généreuse..) de l'"antifascisme" par la gauche.
http://hoplite.hautetfort.com/archive/2007/04/23/l-imposture-anti-fasciste.html

Publié par hoplite le 6 mai 2007 à 9:37

@albert "Les Français qui ont aidé le FLN durant la guerre d'Algérie, comme les Américains qui ont saboté la volonté de guerre du Pentagone durant la guerre du Vietnam, ou ceux qui agissent de même pour la guerre d'Irak, ne sont pas des traîtres : ils sauvent l'honneur du pays!"

Vous vous fichez de qui? C'est gens là ne sont que des traitres.... Des salopards qui tiraient dans le dos de leur compatriotes, des vendus à l'ennemi...

Actuellement une "certaine gauche" loue ces traitres.... Ils sont prêts à recommencer en étant les alliés objectifs des islamistes. On les connait tous. Tous sont identifiés et localisés, D'une manière ou d'une autre. Et s'ils s'amusent à se lancer dans des exactions, où qu'ils se trouvent, "on" ira leur dire "bonjour"...

Il se trouve que je connais des gens qui ont servi en Algérie, et qui ont eu à souffrir des actes de ces porteurs de valises.... Ils avaient affaire à des gens qui n'hésitaient pas à tirer dans le dos, à poser des bombes pour tuer des innocents... Etc... méthodes connues pas les contemporains face au GSPC, GIA et autres groupes musulmans...

Alors Albert soit vous avez abusé du kif, ou alors vous tombez dans la provocation....

Publié par Ar Brezonneg le 6 mai 2007 à 10:08

Non seulement traîtres mais vermine esclavagiste puisque socialio-communistes. L'innovation aujourd'hui c'est qu'ils ne font même plus semblant d'être "progressistes", soutenant aujourd'hui des fanatiques médiévaux qui traitent les femmes comme du bétail.
Seul compte pour eux le pouvoir, qui leur permet de voler les autres et plus généralement de s'imposer à eux.
Notre seule et piètre consolation c'est qu'une fois devenus assez puissants, les islamistes les liquideront en premier.

Publié par Hunden le 6 mai 2007 à 11:20

"Albert est un Georges Boudarel en puissance, torturant ses compatriotes au nom du "soutien aux opprimés" puis décidant que le régime qu'il soutenait ne lui convient pas."

Ce type de positionnement généré par l'ethno-masochisme a ceci de profondément incohérent qu'il soutient tous les nationalismes de la planète, à la condition expresse que ces revendications, souvent légitimes (1), ne soient pas exprimées par des européens.

Ainsi, pour un Albert, un non-européen qui combat pour son pays, c'est un combattant de la liberté; tandis qu'un européen qui combattrait pour la sienne serait assurément un horrible nationaliste refusant l'Autre et les bienfaits insignes de la Diversité.


(1) tout peuple a le droit absolu d'être maître chez lui.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 11:31

Dire que certains font des cauchemars sur les reseaux Stay Behind de l'OTAN, mais avec la "5e colonne" et les commandos Spetnaz, on s'apercoit que ce type de précaution aurait étaient utile.

(PS : Albert, laissez tombé les "loups gris" turcs ou les services italiens, ils ne servaient que leurs propres intéréts, je parle des réseaux français ou suisses qui surveillait leurs "homologues" acquis à l'Est aidé par les fameux "idiots utiles")

Re PS : A l'attention de tous, "Tous contre un, un contre tous", cela n'est pas du jeu ;)

Pour en revenir au post d'origine, je ne crois pas à score 55/45 pour aujourd'hui, plus 52/48; les gens ne votent pas pour le meilleur, mais pour le moins pire comme l'on rappelé plusieurs commentateurs.

Publié par Frédéric le 6 mai 2007 à 12:05

Dites Albert, en ce qui concerne les aciéries Wendel en 1916, pourriez-vous un peu approfondir vos connaissances sur le sujet plutôt que de raconter n'importe quoi ?

Publié par Célestin le 6 mai 2007 à 12:47

Bof, il à du tirez cela de la méme source que le diner en ville des officiers du USS Maine quand celui à explosé...

Publié par Frédéric le 6 mai 2007 à 13:25

"Y-a-t-il un homme d'honneur pour répondre à ce jean foutre ?"

Homme d'honneur, c'est comme cela que s'appellent les mafiosis entre eux, non? En somme, M. Sénamaud propose un contrat sur la tête d'Alfred dans le blog d'un honorable cadre de l'armée suisse ?

"Non seulement traîtres mais vermine esclavagiste puisque socialio-communistes"

Hunden, spécialiste de la terminologie des années 30, guère plus fréquentable.

"Dites Albert, en ce qui concerne les aciéries Wendel en 1916, pourriez-vous un peu approfondir vos connaissances sur le sujet plutôt que de raconter n'importe quoi ?"

Oui, très bien, mais quoi encore ?


Publié par Roland le 6 mai 2007 à 15:25

Je signale que François de Wendel fut l'un des rares députés à avoir refusé les pleins pouvoirs à un certain Pétain en 1940.

Publié par Frédéric le 6 mai 2007 à 16:59

Le socialisme se définit comme la destruction du Droit de propriété, et donc comme l'expropriation violente des fruits du travail d'autrui érigée en principe : par conséquent, c'est la forme contemporaine la plus courante de l'esclavagisme.
Tocqueville disait : "une nouvelle forme de servitude" ; les libéraux l'avaient donc compris dès le début. Et ça devait bien avoir commencé dans les années 30...
1830 :

« Je pense que le mode d'oppression qui menace les peuples démocratiques ne ressemble à rien de ce que nous connûmes dans les univers du passé; nos contemporains ne peuvent en retrouver l'image en recourant à leurs souvenirs. Moi-même je cherche en vain l'expression qui rendrait exactement l'idée que je m'en fais et qui la renfermerait. Les mots anciens de despotisme et de tyrannie ne conviennent pas pour cela ». ("De la démocratie en Amérique")

L'expérience a depuis permis de comprendre que la "démocratie" à quoi ce raisonnement s'applique est une PSEUDO-démocratie SOCIALISTE, définie par le principe majoritaire qui est implicitement collectiviste ; et qu'on peut en revanche définir une VRAIE démocratie en ancrant celle-ci dans son sens étymologique, le sens où "le peuple" , DECIDE REELLEMENT, au lieu que ce soient "ses" soi-disant "représentants".
En effet, pour que "le peuple" décide réellement, étant donné qu'il n'existe absolument aucun agent moral qui s'appellerait "peuple" puisque les agents moraux ne peuvent être que SINGULIERS, alors il faut -- et il suffit presque -- à la démocratie REELLE que chaque citoyen soit libre de décider DIRECTEMENT de TOUTES les affaires qui sont les SIENNES : c'est-à dire que l'on PROSCRIVE le socialisme, qui est par définition une usurpation permanente des pouvoirs du citoyen, et une violation de son Droit de disposer de son existence matérielle (par l'impôt et les subventions conditionnelles) et morale (par les divers monopoles sur l'enseignement et les médias).

Ce sont les libéraux, notamment Augustin Thierry, qui ont développé la théorie de la LUTTE DES CLASSES, théorie que Marx n'a fait que falsifier au profit exclusif de l'oppression et de l'exploitation, en détournant l'attention des vrais oppresseurs et des vrais exploiteurs pour en dénoncer des faux, falsification dont tout ce que le monde compte de criminels et de demi-fous s'est massivement emparé, causant des dizaines de millions de morts : c'est cela la VERMINE -- qui traitait ses victimes de "vipères lubriques" et ses opposants de "chiens".
Cela fait des lustres que, ayant démontré les absurdités de la falsification marxiste, nous pouvons appliquer aux marxistes ce qu'ils croient être leurs propres catégories, et faire le procès de l'oppression et de l'exploitation socialistes en utilisant des termes proches de ceux dont Marx se servait, puisque, en bon socialiste, il n'avait fait que les voler aux libéraux.

Et cela continuera : appeler un chat un chat, et donc un pillard esclavagiste un pillard esclavagiste, c'est ce que les absurdistes contemporains ne manqueront pas de vouloir disqualifier par leurs procédés habituels d'intimidation, à l'usage des gens qui ne se vérifient jamais si les mots ont un sens ou non.
Mais ça ne marche pas en-dehors de leurs monopoles et de leur censure : Internet permet d'échapper aux esclavagistes-absurdistes qui veulent vous réduire au silence; et même d'organiser des protestations contre ceux qui, se jugeant à l'abri dans leurs monopoles assis sur la violence, font l'apologie des assassins communistes et nazis (anti-blancs), de plus en plus confondus.

Il reste que le socialisme est par définition un régime politique qui permet à ceux qui ne savent pas, ou ne veulent pas penser, de forcer les autres à subir les conséquences de cette incapacité et de ce refus : c'est donc à une AGRESSION permanente et insane que ceux-ci nous soumettent ; de sorte que notre Droit, et même notre devoir, n'est pas seulement de DIRE LA VERITE sur leur absurdisme criminel, mais de nous DEFENDRE contre eux par tous les moyens.

Publié par Hunden le 6 mai 2007 à 18:45

La lutte des classes est de retour, on à brulé une trentaine de voitures dans Paris intra muros la nuit derniére (IIIe, IXe, Xe, XIIIe et XVIIIe arrondissements)

Lors du 1er tour, il y a un une soixantaine de véhicules brulé par des personnes dites "d'extréme gauche) dans la méme zone.

La nuit promet d'étre chaude si le futur président n'est pas une femme dans certains secteurs.

Publié par Frédéric le 6 mai 2007 à 19:08

En attendant, les Français sont en train de jeter à la poubelle 40 ans de gauchisme mou et cela, c'est une bonne nouvelle. Cela m'étonnerait beaucoup que les banlieues bougent vraiment dans ces circonstances. Enfin, si j'étais à leur place, je ne le ferai pas...

Publié par Roland le 6 mai 2007 à 19:42

Oui, il est 19h50, et grâce à Romandie.news.... Je vois que nous allons peut être enfin faire exploser les socialo-bolcho-cocos qui nous empoisonnent la vie depuis 1974....
Maintenant je vais voir si mon Karcher fonctionne...

Publié par Ar Brezonneg le 6 mai 2007 à 19:50

La lutte des classes n'a jamais cessé et nos oppresseurs : hauts fonctionnaires, syndicalistes, agents des bureaucraties nuisibles et autres monopoles communistes, propriétaires fonciers agricoles, envahisseurs parasites, politiciens lâches et vendus, continueront à nous exploiter.
Mais nous pouvons quand même nous réjouir de leur déconfiture ce soir, même si celle-ci repose sur des fantasmes : c'est toujours bon à prendre pour nous consoler de leurs monstrueux pillages, censures et destructions.

Publié par Hunden le 6 mai 2007 à 19:57

Hunden, je vous trouve légèrement excessif dans le noir pour l'instant présent...

Publié par Roland le 6 mai 2007 à 20:00

Elle vient de dire "quelque chose s'est levé qui ne s'arrêtera pas". On ne le lui fait pas dire...et puisse t-elle avoir raison !

Publié par Roland le 6 mai 2007 à 20:06

"Je pense que les Français attendent une France d'après, une France où l'expression "Français de souche" aura disparu" (Nicolas Sarkozy, Témoignage, p 280."

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 20:52

Dites, ça vous fout pas quand même un peu les jetons cette "union méditerranéenne"? Je sais que cela doit faire plaisir à Enrico Macias, mais quand même.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 21:09

Vous allez voir qu'il va vouloir instaurer la démocratie dans les pays du sud... En tous cas, le coup de "la France du côté des femmes à qui on impose la Burqa" dans le discours de Sarkozy, ça montre un peu de caractère, ça nous change de la guimauve du grand con.

Publié par Stéphane le 6 mai 2007 à 21:47

"La femme est l'avenir de l'homme", peut étre pas à l'Elysée, mais dans la géopolitique des civilisations :)

Publié par Frédéric le 6 mai 2007 à 22:06

"En tous cas, le coup de "la France du côté des femmes à qui on impose la Burqa" dans le discours de Sarkozy..."

Et en termes de régularisations, ça chiffre à combien? Il faut quand même mentionner qu'à la suite du voyage de Sarkozy chez son ami Bouteflika, les autorisations de visas aux algériens avaient tellement augmenté que c'est le "grand con" qui avait dû mettre le hola.

Sinon, j'ai noté dans le discours du futur locataire de l'Elysée que "NOUS allons faire l'union méditerranéenne", donc bienvenue en Francarabia! Et un bon moyen de rendre l'Europe redevable de la problématique moyen-orientale et plus spécialement d'un petit pays qui vient d'ailleurs de dédier un très joli timbre au nouveau président français.

Je pense que les gaulois de souche, qui ont voté Sarkozy par sursaut national, auront très vite de la peine à s'asseoir.

Il suffit de penser à l'opposition de Sarkozy vis à vis de l'adhésion turque. Très bien, mais voulant abroger la règle de l'unanimité dans les décisions européennes, il réussira ainsi, en bon atlantiste, à faire entrer l'allié turc, tout en prétendant se conformer à la majorité qui l'a élu. Idem pour la constitution qui passera, mais par la porte de derrière.

En fait, je crois que c'est le général de Gaulle qui avait raison sur les français, en reprenant sur leur compte une métaphore agricole se rapportant aux animaux de rente.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 22:19

Si l'union méditerranéenne m'inquiète ? Bah un peu oui ! A mon sens, c'est la réponse aux tenants d'une Europe européenne: l'UE garde des limites géographiques continentales mais on créée une sorte de "banlieue" méditerranéenne avec des institutions communes jusqu'au jour où il ne sera plus possible de distinguer la ville de sa banlieue. Eurabia.

C'est très finement joué, au point que tout le monde s'en fout.

En tout cas, j'avoue avoir été malade à l'écoute de ce discours de ce soir.

PS: j'entends déjà les sirènes des véhicules de police au loin dans la nuit. Il faut croire que les banlieusards n'ont pas écouté le conseil de Roland.

Publié par Xavier le 6 mai 2007 à 22:23

Tiens, Cavada de l'UDF, Strauss-Kahn, les sarkozystes, tous d'accord pour l'union méditerranéenne. Quelle surprenante unanimité! On pourrait presque croire que cela a été préparé. Surtout qu'on n'en a jamais parlé dans la campagne.
Alors, mal aux fesses?

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 22:25

"En tout cas, j'avoue avoir été malade à l'écoute de ce discours de ce soir."

Oui, un discours proprement gluant.

En trois phases.

Phase 1: rhétorique identitaire pour faire plaisir et rassurer les "veaux".

Phase 2: les veaux étant rassurés, leur servir de l'atlantisme, de l'immigration africaine et l'union avec les pays du pourtour méditerranéen.

Phase 3: pour le sport, terminer la harangue façon Besancenot ou Mamère, en promettant le bonheur tricolore à toutes les femmes battues de la planète et avec la volonté, en passant, de recoudre la couche d'ozone.

Et dire qu'il y a 53% de votants en France, ce soir, qui pensent avoir élu un président de droite!


"PS: j'entends déjà les sirènes des véhicules de police au loin dans la nuit. Il faut croire que les banlieusards n'ont pas écouté le conseil de Roland."

On peut heureusement compter sur le manque de sens politique du CPF de base qui n'arrivera certainement jamais à comprendre qu'un Sarkozy représente sa meilleur chance de faire son trou en Europe.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 22:36

"Tiens, Cavada de l'UDF, Strauss-Kahn, les sarkozystes, tous d'accord pour l'union méditerranéenne. Quelle surprenante unanimité!"

Le plus rigolo c'est que tout le monde répète à qui veut l'entendre que la démocratie a été la grande gagnante de ces élections. Comment le pourrait-elle alors qu'il n'y a plus de pluralisme politique ?

Publié par Xavier le 6 mai 2007 à 22:38

"A mon sens, c'est la réponse aux tenants d'une Europe européenne: l'UE garde des limites géographiques continentales mais on créée une sorte de "banlieue" méditerranéenne avec des institutions communes jusqu'au jour où il ne sera plus possible de distinguer la ville de sa banlieue. Eurabia."


Bonne analyse et pendant ce temps, on fait vulgairement dans les bottes des russes, dont l'espace national est pourtant le prolongement naturel du nôtre.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 22:42

"Le plus rigolo c'est que tout le monde répète à qui veut l'entendre que la démocratie a été la grande gagnante de ces élections."

Il n'y a qu'en Suisse que la démocratie sort toujours gagnante des scrutins populaires.

Dans les pays où le système représentatif confisque la démocratie, on ne gagne pas le pouvoir en remportant des élections, on gagne les élections, parce que l'on a le pouvoir.


"Comment le pourrait-elle alors qu'il n'y a plus de pluralisme politique ?"

Juste, ce dernier scrutin, après le non des français à la constitution européenne, montre bien que le système a parfaitement repris en main les manettes: comme aux USA, une sorte de bipartisme incestueux, avec les vrais enjeux impossibles à mettre en évidence. Il devient de plus en plus clair que les vraies solutions ne passeront plus forcément par la démocratie.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 22:48

Amusant, à la Concorde, à la fête organisée en l'honneur du président français Sarkozy, Faudel entonne une chanson qui s'intitule "Abd El Kader". Voilà qui est très en ligne avec l'union méditerranéenne! Tandis que sur M6, Doc Gynéco secondé par le garde-frontière Arno Klarsfeld défendent leur président face à la députée guyanaise Taubira, très remontée! Comme tout cela fleure bon la France.

Alors, les fesses, mal? :-)))

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 23:01

...Tiens en revenant sur ce blog j'ai cru qu'il y avait des réactions, mais c'est seulement Fass57 qui soliloque... 'manque seulement Albert, mais avec ce qui s'est passé aujourd'hui, je crois qu'il a opté pour la soirée "un grand verre d'eau, un suppositoire et au lit!"

Dommage, les éléphants du PS - ou étaient-ce des hyènes? - se battaient déjà sur TF1 pour s'arroger la réforme du parti à leur image. Les règlements de compte dès la soirée du 2e tour et en direct, la grande classe!

Publié par Stéphane le 6 mai 2007 à 23:27

En somme, vous auriez préfèré Ségo ? Parce qu'à tout hasard, je vous rappelle que cela se jouait entre ces deux-là ...
En outre, vos rêves putschistes sont quelque peu puérils. Si vous parlez pour la France, vous n'êtes pas Français. Et pour la Suisse, cela n'a pas lieu d'être...
Pour le moment, les putschistes sont d'extrême gauche. Et ils font le jeu de leurs adversaires pour le 17 juin et de ceux qui n'ont guère de sympathie pour l'"union méditerranéenne"...

Publié par Roland le 6 mai 2007 à 23:29

Les problèmes d'intendance du PS, voilà un sujet capital.

En parlant de "soliloque", j'ai particulièrement apprécié le raï de Faudel qui accompagnait la montée du nouveau président de la France "d'après" vers la tribune de la Concorde.

Voilà , j'arrête là , je part commenter ailleurs :-)))

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 23:35

"En somme, vous auriez préfèré Ségo ?"

Non, je pense qu'une Ségolène Royal à la présidence donnerait un résultat final globalement identique, l'effacement de la France d'avant, seules les modalités pratiques étant différentes.

"Pour le moment, les putschistes sont d'extrême gauche."

Besançenot, Arlette, Mamère, des révolutionnaires dangereux? Mais non, être un fonctionnaire de la subversion inoffensive, c'est bien trop confortable.


"En outre, vos rêves putschistes sont quelque peu puérils."

Grands Dieux, mais ce serait trop beau. Etant réaliste, je n'y rêve même pas. Pour réussir un putch, il faut mobiliser un peuple et il n'y a plus de peuple français, seulement une population occupant un territoire administrativement délimité.

Bon, assez soliloqué, au dodo.

Publié par fass57 le 6 mai 2007 à 23:43

Des militants d'extrême gauche s'affrontent à la police dans diverses villes de France. Je pense que ce n'est pas très fûté de leur part et donc remercions-les pour les législatives du 17 juin.

Pour le reste, Sarkozy n'est pas le Pen, c'est vrai. Vous semblez le regrettez, mais je pense que le Pen président de la France, ça ne le ferait pas non plus.

Publié par Roland le 6 mai 2007 à 23:52

"Une grande victoire de la démocratie"

Comme fass 57, j'avoue pas tout à fait saisir cette expression.

Je dois dire que je ne saisi pas vraiment contre qui cette victoire peut être proclamée.
Le système engendre le système, rien de nouveau on peut se rendormir pendant 5 ans.

Publié par crys le 6 mai 2007 à 23:59

Publié par Frédéric le 7 mai 2007 à 0:21

Excellent Hunden ! Puis-je me permettre de vous demander ce que vous pensez des logiciels libres et de Linux en particulier ? S'agit-il d'une chance (comme certains l'avancent) de réaliser des économies ? Ou s'agit-il d'une menace (comme d'autres l'affirment) de destruction de la propriété intellectuelle ?

Publié par H2O le 7 mai 2007 à 0:58

fass57 :

Il ne faut pas vous inquiéter pour cette Union Méditerranéenne. C'est actuellement la meilleure stratégie qui nous permettra d'exporter des valeurs occidentales auprès des non-occidentaux et de vaincre à la fois l'islamisme mais également l'immigration (que propage justement l'islamisme). Ne laissons pas nos ennemis rassembler leurs forces à nos frontières ; au contraire, allons chez eux, et faisons en sorte qu'ils deviennent des alliés (des convertis donc).

Publié par Double You le 7 mai 2007 à 1:08

@ tous

Je maintiens mes propos : depuis la naissance du sentiment de nation (au XVIe siècle, avec la consolidation des Valois), les privilégiés ont eu conscience, bien plus vite que les autres, de leurs in-térêts de classe. Structurellement, ce sont ces classes-là qui sont toujours au pouvoir. Depuis 1789, le total cumulé du temps passé par les classes sociales inférieures au pouvoir est extrêmement ré-duit : deux ans, de février 1792 à juillet 1794, quelques jours en juillet 1830, en février 1848, quel-ques semaines de Commune (et encore dans quelques villes hors Paris), quelques mois en 1936, en 1944. Trois ans en 1981. Le reste (1968, 1995, 2006 - lutte contre le CPE), n'a été que des victoires en «contre», en négatif. Qu'est-ce que cela a représenté, en près de 220 ans ? A tout casser, de à 9 ans, une durée comprise entre un septennat et un mandat de sénateur!

Eh bien, cela n'a encore pas suffi aux classes privilégiées ! Quand elles ont perdu le pouvoir, elles ont mendié leur secours à l'étranger. Par exemple, j'allais l'oublier : les troupes françaises libérées par les Allemands, en 1871, pour permettre à Thiers d'écraser la Commune. La différence essen-tielle avec le P.C. (auquel je n'ai jamais appartenu) est que, lui, n'a jamais accédé au pouvoir (et, a fortiori, avec l'armée soviétique). Les classes privilégiées, si.

Pour Fboizard, deux points :

1. La lettre de François de Wendel a été retrouvée en mai 1981 par Simone Perquiès-Courbier, ar-chiviste au service historique de l'armée de l'air et reproduite dans le n° 4 de la revue historique des armées. Elle correspond, à la formule de politesse près, à la version qu'en donna, en 1934, la Cra-pouillot de Jean-Galtier-Boissière et Le Canard de Maurice Maréchal.

2. Pour Nicolas Sarkozy, je vous ai déjà signalé le livre de Paul Ariès. Le fait que son frère Guil-laume ait été vice-président du Medef et qu'il soit lui-même au mieux avec tous les patrons de presse n'est pas une invention de la presse gauchiste : on le trouve dans tous les médias bien-pensants (je veux dire : de droite).

Pour Ar Brezonneg : vos propos ressemblent fort à ceux de Charles Maurras à l'égard des intel-lectuels ayant pétitionné contre la guerre de Mussolini en Ethiopie. Cela, c'était en 1935. Et puis, en 1945, Maurras est passé devant les assises!

C'est curieux, cet amalgame baroque entre gauchisme, altermondialisme, communisme et isla-misme, comme s'il rôdait cette pensée : «Ah, s'il pouvait y avoir une «bonne» guerre contre l'Islam, qui nous permette, au passage, d'exterminer en même temps toute cette racaille rouge».


Publié par Albert le 7 mai 2007 à 1:52

Le MRAP, organisation de front qui "n'est pas" dirigée par le Parti Communiste, a toujours pratiqué l'intimidation et la censure violente, et manipulé de faux concepts : aujourd'hui, son activité principale est de dénoncer l'"islamophobie" chez les intellectuels qui s'inquiètent de préserver les Droits de l'Homme face aux CPF, d'une manière qui ne peut que favoriser l'implantation de la loi islamique en France.

De même, l'agitation défaitiste aux Etats-Unis est manipulée depuis le début par International ANSWER, au mieux avec le régime de P'yongyang ; l'ACLU, organisation d'origine communiste qui lutte pour faire de l'athéisme la religion officielle aux Etats-Unis, n'en défend pas moins systématiquement devant les tribunaux tous les musulmans accusés de terrorisme.

Partout dans le monde la gauche renie son prétendu féminisme, son prétendu progressisme, son prétendu souci de la liberté d'expression pour combattre tous ceux qui s'opposent aux fanatiques sortis du moyen-âge, à partir du moment où ceux-ci s'en prennent à l'Occident.

La vieille alliance rouges-bruns est de retour, avec les islamistes dans le rôle des nazis. Et la différence s'estompe : cela fait plus de quarante ans que, sous prétexte d'"anti-impérialisme" les nazis sociaux -- ceux qui nient les Droits de l'homme quand ce homme-là est "riche", et en vertu de cette négation ont assassiné vingt fois plus de gens que les nazis raciaux, ont inscrit la race parmi les prétextes de leurs persécutions.

Publié par Hunden le 7 mai 2007 à 4:30

@Albert
Maurras était quelqu'un de très intéressant.... J'aime bien sa pensée... J"aime encore plus lire les "Mémoires du Général"... c'est encore mieux! De temps à autres quelques discours de Déroulède aussi (je modifie certains termes pour actualiser...)
@Hunden
J"espère que le nouveau pouvoir va liquider le MRAP, et mettre le nez dans ses affaires...
En tout cas c'est ce que j'ai demandé à mon "ancien" député (un godillot : Kergueris", et c'est ce que j'ai demandé à celui qui est susceptible de lui succéder... (Je suggère aux Francais de ce forum d'en faire autant auprès du leur)

Publié par Ar Brezonneg le 7 mai 2007 à 9:14

@ Hunden

J'entends ce que vous dites, mais votre propos est vague. L'opposition au racisme, en France, ne se cantonne pas au seul MRAP. Elle est répandue - y compris, d'ailleurs, à droite - simplement parce qu'il n'y a guère, en face, que des arguments de bateleur! L'histoire, ce n'est pas une série de complots mis bout à bout (comme se plaisait à les imaginer «Carrefour» ou «Rivarol» dans les années 1960, en inventant un «chef d'orchestre clandestin» qui minait les valeurs traditionnelles de «l'Occident chrétien»).

L'histoire vue à travers les seuls individus, «grands hommes» ou comploteurs, c'est une histoire anecdotique, d'ailleurs en phase avec l'esprit élitiste et superficiel qui règne souvent à droite. L'histoire, ce sont d'abord des masses, de grands mouvements, des mémoires générales, du collec-tif. Si les Américains ont arrêté les frais au Vietnam, c'est par bon sens, parce qu'ils se sont aperçus qu'on leur «vendait» une histoire à dormir debout, qui ne concernait pas leurs intérêts vitaux. C'est également ce qui se passera avec les gesticulations américaines en Afghanistan, en Irak et ailleurs!

On ne peut pas prendre le pouvoir, dans un pays, si on ne s'est pas intégré dans ses élites (écono-miques, financières, culturelles, politiques). Actuellement, en France, les musulmans sont majori-tairement confinés en bas de la société. S'ils montent socialement, le sentiment de classe l'emportera, chez eux, sur une hypothétique solidarité culturelle. Cessez de vous faire peur (ou plaisir ?) avec des histoires à la S.A.S!.

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 11:36

@ Ar Brezonneg

Vous savez, Maurras fait partie de ces clercs (couverts d'honneur en leur temps), comme Dérou-lède, Bourget, Lemaître, Thureau-Dangin, Sorel, Loti, Coppée, Heredia, Theuriet (tous anti-dreyfusards), dont l'oeuvre considérable est très utile, aujourd'hui, pour caler les armoires banca-les!

Sur quels considérants appuieriez-vous une «liquidation» du MRAP ?

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 11:57

Le MRAP n'est pas anti-raciste et ne l'a jamais été. Sa fausse prétention à "lutter contre le racisme" n'était au départ née que du désir du Parti Communiste de créer une organisation de front plus directement à sa botte que la LICA, pourtant elle aussi créée au départ par des fanatiques de l'esclavagisme-absurdisme.

Ce prétendu "antiracisme" est alors devenu une composante de l'imposture "antifasciste" de l'après-guerre, où les communistes essayaient de faire passer pour Hitler ceux qui les dénonçaient pour ce qu'ils sont. Un aspect de cette imposture était d'appeler "fascisme" leur ancien allié le socialisme hitlérien, qu'ils ne pouvaient évidemment pas se permettre de reconnaître comme tel.

C'est avec les lois soi-disant "antiracistes", sélectivement appliquées comme elles ne peuvent pas ne pas l'être, que les organisations du même métal sont devenues des professionelles du nazisme anti-blancs.
En effet ces lois bafouent et nient les Droits de l'Homme -- Droit de libre expression, Droit de libre association, Droit de propriété, Droit démocratique de décider de l'accueil des étrangers et de leur naturalisation -- à partir du moment où l'homme en question est blanc, et cible des prétentions de quelqu'un qui ne l'est pas.

Au départ, le but du Parti Communiste, en cherchant à tuer le débat démocratique sur l'immigration, était de se servir des immigrés comme d'une cinquième colonne dans les plans soviétiques pour envahir l'Europe occidentale, qui comportaient des plans de projection immédiate des forces spéciales jusqu'à l'Atlantique.

Puis, l'imposture du soi-disant "antiracisme" est devenue un moyen de diviser la droite et d'en disqualifier une partie, pour permettre à la gauche de rester su pouvoir alors qu'elle est minoritaire et que sa dinguerie destructrice est connue de tous.

Enfin, la haine du blanc et de l'occident développé est devenue une idéologie de substitution pour les orphelins du communisme.

Pour cette vermine, tout ce qui contribue à abattre la société des gens normaux est bon à prendre. Parasite Institutionnel d'Etat, le subversif contemporain méprise et vilipende l'ouvrier blanc, et voit dans l'immigré la nouvelle classe révolutionnaire qui seule peut entraver l'embourgeoisement de la société et perpétuer ses prébendes en lui servant d'électorat captif, comme les noirs aux Etats-Unis.

Publié par Hunden le 7 mai 2007 à 12:34

Parfaitement d'accord avec le dernier paragraphe:

"Puisque les ouvriers refusent de faire la révolution, nous nous appuierons sur deux nouvelles vagues révolutionnaires : les délinquants et les immigrés. Herbert Marcuse"

Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 13:44

@ Albert "Sur quels considérants appuieriez-vous une «liquidation» du MRAP ? "

Hunden m'ayabt coupé l'herbe sous le pied, je sfais miennes ses considérations : C'est plutôt bien vu! Mais vous "Albert"? Vous avez votre carte du MRAP?

Vous n'aimez pas Pierre Loti?

N.B. Bien qu'étant de bonne taille, je n'ai jamais été comparé encore à une armoire!

Publié par Ar Brezonneg le 7 mai 2007 à 13:54

@ Hunden

Qu'entendez-vous, au juste, par homme «blanc» ? Quand cesse-t-on d'être «blanc» ? Ou, symé-triquement, qu'est-ce qu'un «Noir» ? Dans un examen ou un concours, une fois les copies rendues anonymes, qu'est-ce qui vous permet, au vu d'une épreuve, de déterminer l'allure de son auteur ?

Le «socialisme» hitlérien, comme vous dites, fit fort bon ménage avec l'industrie automobile alle-mande, avec Peugeot (dont les dirigeants ont refusé d'ouvrir leurs archives aux historiens Hans Mommsen et Manfred Grieger), avec l'IG Farben, avec les assurances Allianz, avec M. Prescott Bush, grand-père de l'actuel président des Etats-Unis, avec tout ce que le capitalisme allemand, eu-ropéen et américain comportait de plus respectable!

La «menace militaire soviétique» est une légende qui méritera de figurer au nombre des fariboles historiques (comme la Donation de Constantin) les plus farfelues. A aucun moment, entre 1945 et 1991, l'Union soviétique (et, encore plus, le pacte de Varsovie) n'eut les moyens - loin s'en fal-lait! - de l'emporter sur les forces occidentales.

Il est amusant de voir vos fantasmes sur le sujet rejoindre, entre autres, des productions aussi naïve-ment idéologiques que «Le secret de l'espadon». Cet album, publié entre 1950 et 1953 (c'est-à -dire en pleine guerre de Corée) voyait, autour du «méchant» empereur «Jaune» Basam-Dandu, des com-parses aux noms sinisants, arabisants, ainsi qu'un traître occidental (Olrik). Ces délires n'ont pas disparu, quand on voit évoquer, aujourd'hui, l'hypothèse d'un axe islamo-confucéen (= les musul-mans et les Asiatiques vont s'allier pour nous tomber dessus).

Qu'est-ce enfin que des gens «normaux» ? Qu'est-ce qui est «normal» ? Croyez-vous être «nor-mal» aux yeux du Papou de Nouvelle-Guinée, de l'Aborigène australien, du paysan bolivien, du résistant irakien, du syndicaliste brésilien ? Vous n'êtes pas un absolu, Hunden, vous êtes un rela-tif! Le point de vue de ces gens vaut le vôtre.

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 14:25

"Croyez-vous être «nor-mal» aux yeux du Papou de Nouvelle-Guinée, de l'Aborigène australien, du paysan bolivien, du résistant irakien, du syndicaliste brésilien ?"

Pourquoi ne pas rajouter le patriote européen à cette fort jolie liste? ;-)

Après tout, l'européen qui lutte contre la colonisation de son continent n'est pas très différent du papou de Nouvelle-Guinée ou de l'aborigène australien.

Le plus amusant dans l'histoire, c'est qu'Albert fait peut-être partie du camp des colons, quant à l'Europe.

Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 14:34

Vous fatiguez, Albert? Il vous faut faire du copié collé de vos propres commentaires pour tenir le rythme?

Publié par Stéphane le 7 mai 2007 à 15:08

"Vous fatiguez, Albert? Il vous faut faire du copié collé de vos propres commentaires pour tenir le rythme?"

Je suppute qu'Albert mène une guerre de 4e génération sur ce blog: il est seul contre tous (assymétrie) et utilise au mieux l'arme de l'information pour gagner le conflit par lassitude de ces contradicteurs.

=)

Publié par Xavier le 7 mai 2007 à 15:29

@ fass57

Votre citation de Marcuse est révélatrice. C'est l'attitude des classes supérieures qui cherchent à conserver leur pouvoir en empêchant la conjonction de deux éléments : l'élément populaire et l'élément bourgeois (jadis curés, hobereaux, bourgeois des corporations, aujourd'hui intellectuels divers), qui fournit l'encadrement des révoltes. C'est lorsque les deux se rejoignent que ce pouvoir est sérieusement menacé. La Révolution française est typique à cet égard.

La tactique est la suivante : présenter ces bourgeois comme des dévoyés, des traîtres, qui perver-tissent le bon peuple («trop simple pour penser faux») et qui s'appuient, soit sur la lie de la société - brigands, mendiants - (division selon les catégories sociales), soit sur des buts ou des desseins supposés ou fantasmés - jalousie, envie, désir de pillage, vandalisme (division selon les finalités).

Comme, dans les pays occidentaux, la prospérité s'est plus ou moins généralisée, il n'y a plus ces gueux, ces classes dangereuses du XIXe siècle. Du coup, le mépris de classe s'est transféré sur le tiers monde, à qui l'on prête les plus noirs desseins (invasion, viols des femmes, submersion de la «race blanche» dans un magma bistre, etc.). Mais, mutatis mutandis, votre sentiment n'est rien d'autre que celui des Versaillais à l'égard des Communards.

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 16:07

@ fass57

1. Vous vous leurrez en prenant pour un sentiment de «race» ce qui n'est qu'un sentiment de classe. Dans le basané, le coloré, vous ne voyez pas le différent mais le pauvre. Cette question-là m'est indifférente : en revanche, je trouve beaucoup plus redoutable l'action de patrons ou de ca-pitalistes étrangers (chinois, arabes, indiens, etc.) qui, bien que moins nombreux, menacent tout autant les salariés européens ou américains que leurs propres compatriotes.

2. En parlant de «colonisation» de l'Europe par le tiers monde, vous jouez sur les mots. Les Afri-cains, les Arabes ou les Pakistanais qui échouent sur les côtes ou dans les camps de regroupement européens sont au bas de l'échelle. Il n'y a aucune commune mesure avec l'administration colo-niale qui imposait «toutes» les normes (je dis bien «toutes») ou les colons qui, économiquement, dominaient la société rurale (accaparement des meilleures et plus vastes terres, substitution de l'économie de traite à l'économie vivrière, assujettissement des indigènes au salariat agricole (ou au travail forcé). Où voyez-vous seulement le millième de ce phénomène se reproduire symétri-quement en Europe ?

3. Quant aux immigrés asiatiques, les «bons» immigrés (comme on disait les «bons pauvres»), ceux dont les enfants font Polytechnique, Normale Supérieure ou médecine, ceux qu'on présente comme les immigrés modèles, «qui-travaillent-dur-et-ne-font-pas-de-politique», une fois riches et intégrés, ils ne valent pas plus cher que les Français «de souche» : ils roulent en 4 x 4 et votent Sarkozy!

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 16:33

@ fass57

Vos remarques m'amènent à préciser ma pensée : la question du métissage ou de la conservation des «races» est superficielle. Si vous voulez conserver les «races», eh bien conservez-les ! Ce qui m'importe, finalement, c'est que ces distinctions, un jour, vous deviennent invisibles. Non que vous ne cessiez de voir un individu avec des cheveux crépus ou des yeux bridés, mais que ces dis-tinctions vous soient aussi anecdotiques que, par exemple, pour une voiture, le numéro minéralo-gique. Que vous n'appréciiez plus un individu qu'en fonction de ses compétences, de son carac-tère ou de ses idées!

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 16:55

Albert@ je crois que vous vous méprenez complétement sur le discours de Fass 57. Lui parle de peuple, avec le même référentiel de valeurs. Et du fait que ce peuple doit avoir un territoire, qu'il gère à sa guise. Ces revendications légitimes pour les Palestiniens sont légitimes pour les Valaisans aussi. Même qu'il a fallu se défendre et que ce n'est pas pour rien que certains s'appellent Salamin, Sarrasin ou Maury. L'Hospice du St Bernard n'a pas été construit seulement pour abriter des chiens...

Publié par Roland le 7 mai 2007 à 17:18

C'est de la propagande marxiste telle que nous la connaissons par coeur, et avons appris à la réfuter depuis des décennies.
Nous avons affaire à l'équivalent un ilote ivre, incapable de prendre aucune distance avec des fautes de raisonnement -- et des mensonges qui sont tellement évidents pour nous que cette incapacité à penser nous apparaît comme un cas clinique, qui décourage même l'argumentation.

Par exemple, de ces divagations sur les "privilégiés" qui seraient portés à la "trahison" : non seulement il est par définition incapable de comprendre ce qu'est réellement un "privilège", et peut-être même une "trahison" --celle-ci implique un engagement préalable, donc à deux reprises l'intervention du libre arbitre-- mais il est évident pour nous que, pour demeurer dans l'histoire comme quelqu'un qui a combattu --ou soutenu-- la politique de son gouvernement, il faut faire partie des puissants. Dans ces conditions, seuls les puissants peuvent "trahir"... de même que seuls les puissants peuvent faire preuve de "loyauté".
Si bien qu'associer les "privilégiés" à la "trahison" sous prétexte qu'on a vu des puissants faire des choix politiques qu'on désapprouve n'est que l'abus d'une tautologie et un choix arbitraire entre deux types d'expériences contraires qui existent l'une et l'autre nécessairement.
Ca vaut autant que la propagande antisémite qui décrivait le communisme comme une idée "juive", sous prétexte qu'une partie de la vermine qui dirigeait le mouvement communiste international était juive... tout en occultant l'héritage révolutionnaire français et l'antisémitisme de Staline.

Pour ce qui est du danger soviétique, lire Sergo Beria qui témoignait que, juste avant sa mort, Staline avait l'intention d'attaquer l'Europe occidentale, et pour les années 1970-1980, écouter Bernard Cabanes : http://courtoisie.fr/le070427op.mp3

Publié par Hunden le 7 mai 2007 à 18:19

Je ferai court, en tentant d'éviter de "soliloquer" ;-)

"....à qui l'on prête les plus noirs desseins (invasion, viols des femmes..."

http://observer.guardian.co.uk/uk_news/story/0,,1928559,00.html

http://frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=28129

http://www.aftenposten.no/english/local/article1770352.ece


"Vous vous leurrez en prenant pour un sentiment de «race» ce qui n'est qu'un sentiment de classe."

Sorry, mais pour moi, la question politique est secondaire. En fait, je pense exactement comme les populations qui envahissent actuellement l'Occident, en "ethniste" (encore cet après-midi, je me suis retrouvé, à un moment, dans une rue d'une ville de Suisse romande le seul mâle visiblement européen alentours; cela fait quand même bizarre, cette sensation de ne plus être chez soi..... chez soi).

Pourquoi la question politique est pour moi secondaire, comme le sont tous les apparentements conceptuels? Parce qu'un peuple qui pense de façon erronée peut toujours être remis sur la bonne voie. Mais un peuple qui a été dissous physiquement est perdu à tout jamais. On a beau connaître les valeurs des mohicans, mais elles sont perdues à tout jamais, puisque il n'y a plus de mohicans pour les incarner.


"En parlant de «colonisation» de l'Europe par le tiers monde, vous jouez sur les mots."

Je laisse parler le maire de Tamanrasset (lors d'une interview au JT de TF1, il y a deux ans):

"Il y a de véritables filières qui viennent du Mali et du Niger par camions entiers. Nous n'avons pas les moyens de les arrêter tous. Nous refoulons aux frontières ceux qui commettent des délits ou trafiquent de la drogue, aux frais de la ville. Mais quand dix partent, vingt arrivent C'est un problème mondial et principalement européen! C'est l'invasion de l'Europe qui est en train de se faire. Ils (les immigrés africains) n'ont rien à perdre. C'est votre pain qu'ils viendront manger.
Ils sont des milliers aujourd'hui. Demain, combien seront-ils?
Cela ne peut venir que de vous. si vous voulez que l'europe devienne africaine, faut laisser les choses comme ça. si vous voulez une europe européenne, et une afrique africaine, il faut réagir.

(Moktar Zounga, maire de Tamanrasset)"


"Ce qui m'importe, finalement, c'est que ces distinctions, un jour, vous deviennent invisibles."

C'est exactement ce que souhaite le système, le capitalisme apatride: une humanité grise, un peuple informe de consommateurs, réduits pour toujours à l'horizontalité économique. Bref, des intestins sur pattes (un marxiste comme Soral a d'ailleurs compris que la nation était le dernier rempart contre le système).


"Que vous n'appréciiez plus un individu qu'en fonction de ses compétences, de son carac-tère ou de ses idées!"

Voici parfaitement décrit un des objectifs finaux de la machine à casser les peuples. Une humanité faite d'individus définitivement séparés les uns des autres, donc parfaitement inoffensifs et incapables désormais de se rebeller. Le rêve humide de tout ploutocrate.


P.S. Roland, vous m'avez parfaitement compris. Si je comprends intimement la volonté d'un misquito de vivre libre sur sa terre (donc en condamnant toute forme de colonialisme), avec l'espoir d'un avenir cohérent pour sa descendance, c'est que je ne souhaite pas plus pour les peuples européens. Au nom du droit des ethnies à rester libres et en accord avec ce qu'elles sont.


Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 19:08

Désolé de me "quoter", mais j'aimerais rajouter quelque chose à ce sujet:

"Voici parfaitement décrit un des objectifs finaux de la machine à casser les peuples. Une humanité faite d'individus définitivement séparés les uns des autres, donc parfaitement inoffensifs et incapables désormais de se rebeller. Le rêve humide de tout ploutocrate."

En fait, Lénine avait parfaitement remarqué que le processus révolutionnaire prenait difficilement dans les zones de la Russie où la population était la plus ethniquement diverse. Or, c'est précisemment pourquoi le système (dont vous êtes un des innombrables maillons, Albert), aujourd'hui, travaille si fort à briser la cohérence ethnique de nos vieilles nations européennes (idem aux USA avec le gouvernement Bush qui ne fait rien contre la déferlante latino). Parce qu'un peuple cohérent peut toujours se révolter d'une façon efficace et sur un mode politique (comme en Hongrie par exemple), alors qu'une masse ethnique informe ne bougera pas, sauf peut-être pour des raisons alimentaires ou en cas de non-versement des allocations sociales.

Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 19:20

@ Roland

Je suis sensible à votre tentative de conciliation (entendue au moins dans un sens intellectuel) en-tre les conceptions de fass57 et les miennes. Ce que je conteste, dans sa position, c'est que l'identité «nationale» (laquelle, d'ailleurs ?) soit la plus prégnante. Elle peut être redoublée, contrariée ou annihilée par d'autres identités, telles que celles de l'idéologie (adhésions politiques et/ou religieuses) ou celle de la classe. Je pense, pour ma part, que le sentiment de solidarité de classe est très fort entre les privilégiés du premier monde (en gros pays de l'OCDE), alors qu'il est nul entre les classes inférieures de ces pays, même proches. Pour parler clair : un millionnaire al-lemand et un millionnaire français fréquentent les mêmes lieux, parlent la même langue, voient les mêmes gens. Un salarié d'une aciérie française, en revanche, n'a qu'un sentiment très ténu de so-lidarité avec son collègue allemand.

Je pense aussi que c'est une erreur de ne percevoir la Turquie qu'au travers du seul prisme de l'Islam. L'extension de l'empire ottoman dans les Balkans a procédé autant de l'impérialisme de puissance (exercé également au détriment d'autres pays musulmans comme la Perse, l'Egypte ou l'Afrique du Nord) que du prosélytisme religieux lui-même. D'ailleurs, s'agissant de la religion, les persécutions ou conversions n'y ont pas revêtu le caractère systématique qu'elles avaient dans les pays catholiques (ou protestants). Au XIXe siècle, à l'issue de plusieurs siècles d'occupation, les Grecs, Serbes, Roumains ou Bulgares se sont retrouvés indépendants avec leur orthodoxie d'avant la conquête. De même pour les juifs, chassés par les Rois catholiques, et laissés en paix par la Sublime Porte (comme en témoigne Elias Canetti).

De même, de 1530 à 1700 (dates rondes) les protestants eurent-ils la paix dans les territoires sous protectorat ottoman (cf. Imre Thököly). Et les Grecs phanariotes monopolisèrent le grand com-merce à Constantinople et fournirent des cadres à l'empire ottoman. A l'inverse, après les persé-cutions contre-réformatrices de l'archiduc Ferdinand, les protestants de Basse Autriche et de Sty-rie disparurent-ils totalement (pour ne réapparaître, sous forme de vestige, qu'à l'époque de Jo-seph II). S'il y eut des persécutions dans l'empire ottoman, elles n'y eurent pas le caractère systé-matique et organisé qu'elles revêtirent dans les pays chrétiens (surtout, d'ailleurs, catholiques).

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 19:21

Dernière remarque là -dessus:

"Et du fait que ce peuple doit avoir un territoire, qu'il gère à sa guise."

Quel meilleur exemple qu'Israël et le peuple juif. Oui, tout peuple doit pouvoir bénéficier d'un espace national, viable et sécurisé, qui lui est propre.

Or, si rien n'est fait, à moyen terme, plus aucun peuple européen n'aura d'espace qui lui sera propre. Et ne parlons même pas de sécurité!

Une destinée "d'européen errant", peut-être?

Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 19:26

Albert, mais cela fait longtemps que toute utopie collective a déserté la gauche. Ce ne sont que revendications catégorielles, défenses de privilèges, luttes pour les "z'acquis" et autres prébendes de minorités. S'il y a encore une véritable utopie collective, c'est à droite, auprès de la vraie droite bien entendu, qu'il faut la chercher. Mais il est encore bien trop tôt pour en parler.

Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 19:33

@ Fass57

1. Vous parlez des immigrés comme s'il s'agissait d'extra-terrestres. Qu'ont-ils donc de particulier pour susciter ainsi votre rejet : un doigt surnuméraire ? Le sexe dans le dos ? Des pieds palmés ?

2. Les différences physiques que vous voyez sont secondaires (et absolument insignifiantes). Les seules différences importantes sont celles qui séparent deux individus, seraient-ils apparentés. Il y a de grandes chances que vous soyez plus étranger au Suisse demeurant de l'autre côté de votre rue qu'à tel Chinois de Shanghai que vous ne verrez jamais de votre vie.

3. En quoi le fait d'être Noir ou d'avoir des yeux bridés empêche-t-il d'être Réformé ou catholi-que ? En quoi cela constitue-t-il un empêchement à apprendre l'allemand ou l'italien ? En quoi ce-la est-il incompatible avec le fait d'être communiste ou conservateur, ultralibéral ou marxiste, in-génieur ou littéraire, pâtissier ou pépiniériste ? Ou, à l'inverse, qu'est-ce qui empêche un Suisse de Bâle de professer le bouddhisme ou d'apprendre le tibétain ? Je vous mets au défi d'établir entre les premiers et les seconds de ces éléments des relations d'exclusion ou de nécessité.

4. La déferlante latino, comme vous le dites, a lieu parce que l'économie américaine y trouve son compte. Les êtres humains ne sont pas des instruments que l'on prend et que l'on jette à volonté. Arrivés dans un pays, ils y font leur vie, s'y enracinent et nouent des liens avec les naturels du cru. Vous voudriez peut-être établir un apartheid ? Les Latinos, politiquement aussi, se répartissent en-tre Républicains et démocrates. Entre un Wasp démocrate et un Latino républicain, qui pensez-vous que préfère George Bush ? Peut-être cette déferlante ne serait-elle pas ce qu'elle est si, entre autres, les Mexicains n'avaient pas été ruinés par l'ALENA. Et, au fond, ne pensez-vous pas qu'il s'agit là d'un juste retour des choses, après toutes les spoliations opérées par les Etats-Unis au dé-triment du Mexique ?

5. Comme vous, Fass57, je suis passionnément attaché à la conservation des particularités locales, langues, coutumes, recettes, architectures, traditions religieuses. Simplement, à votre différence, je pense qu'il n'existe aucun lien entre ces éléments-là et l'aspect physique des gens. Et je vous mets au défi de démontrer le contraire!

Publié par Albert le 7 mai 2007 à 20:23

Ne voyez aucune tentative de conciliation dans mon intervention, Albert. Je voulais recentrer le débat. Je partage pleinement les idées de Fass57 même si je vis en pays négro-africain et m'entends plutôt bien avec ses habitants. Plutôt bien, parce qu'il faut se méfier très fort de ceux qui vont venir prétendre "merveilleusement bien": il y a bien des chances qu'ils n'aient pas tout compris. Moi j'ai un vieux fond judéo-chrétien (le Christ étant juif, cela explique l'expression...), les gens autour de moi pas du tout de chez pas du tout. Ce que beaucoup de gens en Europe n'arrivent pas à se mettre en tête, dont plus que probablement vous faites partie. Reportez vous au texte de Levi-Strauss cité par Fass57 il y a quelque temps. Que ces gens autour de moi agissent comme ils veulent, cela me choque parfois très fort - je vous ai parlé des talibés jetés de leur famille à huit ans, des gamines excisées (au Burkina)...- mais ils sont chez eux. Mais quand je rentre chez moi, ce sont des réalités auxquelles je ne veux simplement plus être confronté. Et comme eux ne renoncent pas à "couper" leurs filles chez nous, la conclusion s'impose. J'ai rencontré des émigrés qui ont passé une grande partie de leur vie chez vous, entassés dans un foyer Sonacotra, "esclaves" de leur famille obligés de cotiser la plus grande partie de leur misérable salaire d'OS pour payer les grands "palais" que l'on peut admirer dans la région. Un de ceux-ci contient 53 ménages, plus de 360 personnes, toutes de la même famille. Presque tous les hommes sont au travail chez vous pour faire tourner toute cette machine. Honneur à eux, ce sont des braves, mais ils ont sacrifiés leur vie pour des valeurs inconnues chez nous. La société dont ils sont issus est incroyablement hiérarchisée... Et si on discute avec eux, eux aussi voient le danger de cette émigration sauvage, agressive, qui part sur des pirogues au mépris complet de leur vie. Eux aussi sont pour une régulation. Si vous ne me croyez pas, ils ont plein d'organisations à Paris que vous pouvez consulter.

Il y a tous les jours chez nous en Suisse des bagarres et des frictions inter-ethniques. Plutôt du fait des gens des Balkans, du Kosovo pour être plus précis. S'ils étaient moins nombreux, elles n'auraient pas lieu. En conséquence de quoi...

Je ne suis pas sûr par ailleurs que les valeurs de Fas57 (les miennes) soient condamnées. Au contraire. La victoire de Sarkozy a un fond de soutien à l'identité nationale et la Suisse romande a toujours un oeil sur la France. Identité nationale, cela ne veut pas forcèment dire "extrême-droite" ou "racisme ". En tous cas, pas en Suisse. Cela veut dire plutôt attachement à ses racines, à ses ancêtres et à l'existence de notre culture. Que nous avons la faiblesse de trouver remarquable.

Publié par Roland le 7 mai 2007 à 20:29

Je n'aimerais pas abuser du procédé de la citation, mais qui pourrait s'insurger contre une opinion de Kant ;-)

" On est ici non dans le domaine de la philanthropie mais dans celui du droit. L'hospitalité est le droit d'un étranger de ne pas être maltraité en arrivant sur un territoire étranger. L'Etat garde le droit de ne pas l'accueillir mais s'il l'accueille, il doit le traiter sans hostilité. Il n'existe pas de droit à émigrer dans un autre pays, droit qui pourrait fonder des réclamations. Il n'existe qu'un droit de visite, valable pour tous les êtres humains. Le droit de visite comprend celui d'échanger des biens et des services de façon pacifique. C'est à cette condition d'accepter le droit de visite mais de refuser le prétendu droit d'immigrer que l'on pourra maintenir des relations pacifiques entre les peuples qui doivent se tolérer l'un l'autre.

(Vers la paix universelle, 1795)"

Publié par fass57 le 7 mai 2007 à 20:44

"Mais il est encore bien trop tôt pour en parler..."
D'accord avec beaucoup d'idées de Fass57 mais je n'ai pas de tendance cagoularde. Cela ne fait justement pas partie de la culture politique suisse...

Publié par Roland le 7 mai 2007 à 21:40

@ Roland et fass57

- La droite n'a pas davantage que la gauche vocation à représenter l'identité nationale. Initiale-ment, en France, c'est la Révolution qui a donné valeur à ces concepts : en supprimant enclaves et exclaves, en faisant de la frontière une ligne continue, en rattachant les unités administratives à des chefs-lieux nationaux (contrairement à l'Ancien Régime, où des évêchés et des seigneuries mouvaient de hiérarchies étrangères), en unifiant les droits, en permettant une ascension sociale inconnue jusqu'alors et, surtout, en malaxant les hommes dans la meule des guerres de 1791 à 1815, c'est une tradition de gauche qui a forgé la nation.

- Une partie de la tradition de droite (celle qui, précisément, ne dérive pas du premier bonapar-tisme) a longtemps eu une fidélité concurrente, en l'occurrence celle de l'Eglise catholique. Pour cette droite-là , la fidélité à Rome ou la conformité au catholicisme européen l'a emporté sur les souvenirs d'une Révolution qui s'était précisément forgée contre elle (vente des biens nationaux, déchristianisation). Et on a pu aussi trouver d'autres fidélités (notamment dans les années 1930), où les droites ligueuses avaient bien plus de sympathies pour l'Italie fasciste que pour la France du Cartel des gauches ou du Front populaire. Plus récemment, c'est autour des relations avec Israël ou les Etats-Unis que s'est crispée la droite atlantiste française.

- Or, justement, les relations avec les mondes anglophone ou musulman procèdent d'une très vieille histoire. Vis-à -vis du monde anglophone, l'affrontement avec les Anglais a marqué l'opposition de deux sociétés antagonistes, celle d'un pays marin et commerçant et d'un pays continental et paysan. Et ces oppositions n'ont pas même cessé dans les périodes où ces pays étaient officiellement alliés (à preuve les frictions de la Seconde Guerre mondiale : Dunkerque, Dakar, Mers el Kébir, disputes entre de Gaulle, Churchill et Roosevelt à propos des stratégies ou de l'AMGOT). De même avec le monde musulman, des alliances de François Ier avec Soliman aux entreprises du comte de Bonneval et des encouragements de Louis XIV à Kara Mustapha aux attaques du général de Gaulle contre Israël, l'attitude française à l'égard du monde musulman s'ancre dans une très vieille histoire.

- On prête au nouveau président de la République le dessein de réorienter la France dans un sens plus favorable à Israël et aux Etats-Unis. Ce dessein va à l'encontre de traditions contraires. C'est la raison pour laquelle il se heurtera à une opposition résolue (venant de droite comme de gauche, d'ailleurs), opposition d'autant plus difficile à combattre qu'elle ne sera pas déclarée : opposition sourde mais tenace, faite d'inertie, de silences, d'interprétations strictement selon la lettre, d'oublis, «d'erreurs» et de fuites calculées. Face à un homme concentrant tous les pouvoirs : insti-tutionnel, politique, médiatique, policier, économique, financier (à l'instar de Silvio Berlusconi) et à qui on ne pourra évidemment opposer les mêmes moyens, l'hostilité sera une hostilité tranquille et silencieuse mais sans trêve, une hostilité sans repos, sans sommeil, une hostilité sur chaque point et sur chaque sujet, une hostilité inventive, une hostilité irréconciliable et sans miséricorde, une hostilité de janséniste et de «Silence de la mer», une hostilité qui, à tout, dira : Non.

Publié par Albert le 8 mai 2007 à 0:04

Donc selon vous, Albert, certaines personnes vont tout faire pour contrer Nicolas Sarkosy alors qu'il a été élu démocratiquement par le peuple de France qui a fait une participation record ?

Ne seraient-ils pas, du coup, des fascistes anti démocratiques, pour reprendre les termes consacrés ?

Publié par Laurent le 8 mai 2007 à 0:40

Des fascistes anti démocratiques ! On aura tout vu sur ce blog...

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 9:40

Albert@ la position de Sarkozy sur la Turquie n'est pas dans la droite ligne des desiderata américains, c'est le moins que l'on puisse dire. Et vous n'avez jamais répondu sur ce point : comment expliquez-vous ces pressions américaines sur les Européens pour intégrer la Turquie ? Par philanthropie ? Alors pourquoi n'intégrent-ils pas le Mexique dans leurs USA ? C'est géographiquement plus concevable que la Turquie en Europe.

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 9:58

Je rappelle les Bande à Badeer, Action Directe, CCC et autres qui prétendaient étre l'avant garde l'inévitable révolution mondiale, On assite à déja vu en plus pathétique.

Publié par Frédéric le 8 mai 2007 à 10:01

@ Roland

- Comme vous le dites, les pressions américaines pour que l'Europe intègre la Turquie ne sont destinées qu'à affaiblir l'Europe politique. Si M. Sarkozy professe un point de vue contraire, c'est seulement pour caresser dans le sens du poil un électorat islamophobe. Mais ces pressions ne sont qu'un moyen et non une fin. La docilité de l'Europe peut être obtenue par bien d'autres moyens, ne serait-ce que par l'élection, dans un de ses plus grands pays, d'un président américanolâtre!

- Il est par ailleurs normal que, dans un système impérialiste, existent des contradictions entre le centre et la périphérie, entre impérialisme dominant et impérialismes secondaires. Tant qu'on ne touche pas à l'essentiel, le maître s'en accommode!

- M. Sarkozy a employé un argument curieux pour justifier son refus de la Turquie. Soucieux d'échapper au reproche d'islamophobie, il a avancé un argument géographique : la Turquie n'est pas en Europe. Il existe, à l'est de la Turquie (donc encore moins en Europe), un pays appelé Ar-ménie, dont les ressortissants ont essaimé à travers le monde, notamment en France. Dans ce pays, les Arméniens constituent des communautés nombreuses (à Marseille, à Alfortville), dynamiques, bien intégrées, qui ont fourni nombre de personnalités, par exemple M. Devedjian, membre émi-nent du parti majoritaire. Le jour où l'Arménie demandera son rattachement à l'Europe, que fera M. Sarkozy : il l'enverra promener ?

Publié par Albert le 8 mai 2007 à 11:19

@ Laurent

L'utilisation de l'expression «fasciste antidémocratique», relève - pour reprendre l'expression de Gilles Deleuze - de concepts «aussi gros que des dents creuses [!] de mélanges grotesques et de dualismes sommaires». Ne serait-ce que par le pléonasme de l'expression. Ensuite par la situation : le fascisme postulant le pouvoir, l'opposition, par définition, ne peut être «fasciste». Qualifiez-la de n'importe quelle épithète, mais pas de celle-la!

Vous évoquez une participation record, ce qui est exact. Mais l'observation vaut dans les deux sens : si beaucoup d'électeurs voulaient à tout prix M. Sarkozy, d'autres n'en voulaient à aucun prix ! Mais la politique n'est pas un jeu, où la Coupe, remise une année à un club, peut l'être l'année suivante à un autre. La politique implique des décisions lourdes. Or, M. Sarkozy a, en matière de mÅ“urs, de politi-que étrangère, d'économie, voire de culture, des conceptions diamétralement opposées aux miennes.

Même en postulant un changement de majorité à l'issue d'un ou de plusieurs mandats, il sera très difficile de revenir sur certaines décisions, qui auront produit des effets irréversibles. Ces déci-sions lésant à la fois mes intérêts (et ceux d'un grand nombre de personnes), mes conceptions (sur Mai-68 ou la colonisation, pour prendre les plus emblématiques), voire les intérêts de la France (s'il abandonne, par exemple, les distances traditionnelles de la France avec les Etats-Unis ou Israël), je considère comme un devoir de m'y opposer résolument.

La droite et les classes privilégiées, si promptes à hurler au scandale du «troisième tour social», ne se sont jamais privées, elles, d'utiliser tous les moyens pour reprendre le pouvoir qui leur avait été arraché : soit en profitant de l'étranger (les Emigrés, de 1791 à 1815, Thiers en 1871, le régime de Vichy en 1940), soit en recourant aux très efficaces moyens économiques, financiers et médiat-ques, qu'elles sont les seules à posséder : fuite des capitaux, spéculations contre la monnaie (en 1924, 1936, 1981), campagnes de presse massives!

Sur un monde où, depuis 1989, l'ombre du capitalisme s'est étendue comme le mancenillier, où l'esprit des classes dirigeantes (y compris des partis sociaux-démocrates) est gangrené de néo-libéralisme, où, même dans l'Eglise catholique, est parvenu au pontificat le pape le plus réaction-naire (retour des intégristes, de la messe en latin, interprétation a minima de Vatican II, morale bi-gote et étriquée), qui lui a valu le sobriquet de «Benoît XIII et III», je perçois la droite qui vient d'accéder au pouvoir comme l'une des plus revanchardes de l'histoire politique de la France (de-puis 1789). Et je parle à la fois d'expérience et de connaissance historique. Cette droite est plus que mon adversaire, c'est mon ennemie.

Précision : l'opposition à laquelle je pense est, bien entendue, non violente, contrairement à ce que certains semblent souhaiter, pour assouvir leurs envies de répression policière. Je ne ferai pas (moi et d'autres) le plaisir à la droite de l'affronter sur son terrain. Or, les autres «terrains» ne manquent pas, que ce soit celui des domaines ou des modalités. La droite va être servie!

Publié par Albert le 8 mai 2007 à 11:35

Article du Temps d'aujourd'hui : "Français, êtes-vous capitalistes? A la lecture de certains sondages, on pourrait en douter. L'automne passé, l'institut Louis Harris estimait que plus de six Français sur dix avaient une image négative du capitalisme."

Albert, post ci-dessus: "Sur un monde où, depuis 1989, l'ombre du capitalisme s'est étendue comme le mancenillier, où l'esprit des classes dirigeantes (y compris des partis sociaux-démocrates) est gangrené de néo-libéralisme..."

Là est le problème. Et les gens comme Albert sont encore suffisamment nombreux pour faire échouer toute tentative de faire sortir la France de son ornière soviétique. C'est très malheureux. Peut-être les gens de droite de ce pays manient plus facilement l'invective que l'explication et le débat. Il ne suffit pas de traiter les gens de vermine socialo-communiste pour les convaincre des bienfaits de l'économie de marché.

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 12:18

J'oubliais:
"Le jour où l'Arménie demandera son rattachement à l'Europe, que fera M. Sarkozy : il l'enverra promener ?"
Bien sûr que oui, quelle question! Où s'arrête l'Europe ? Et pourquoi pas le Maroc après la Turquie ?

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 12:23

@ Roland

Vous avez bien saisi mon propos : les raisons invoquées pour refuser l'entrée de la Turquie dans l'Europe se ressentent des contorsions effectuées pour ne pas prononcer le mot d'Islam (et, acces-soirement aussi, de niveau de vie). Je suis d'autant plus à l'aise pour vous répondre que, person-nellement, je suis sceptique sur la taille de l'Europe politique. A mon avis, la seule construction qui eût, à terme, été valide (à condition d'en rester là ) aurait été l'Europe des Six initiale.

[Accessoirement, on peut noter que cette Europe-là avait à peu près les contours de l'empire carolin-gien et que ses centres (Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg, Genève - pour le CERN - Rome, se trouve tous dans l'ex-Lotharingie!]. Au-delà d'une centaine de millions d'habitants (pour l'Europe, sinon pour le monde), les ensembles souffrent de disparate. Mais, pour le reste, aucune explication ne tient la route :

- L'Europe, séparée de l'Asie ? Tectoniquement, elle ne s'en distingue pas. La seule plaque tecto-nique qui lui soit étrangère est celle de l'Afrique, qui vient la heurter.

- La Turquie trop à l'Est ? Mais l'Oural, qui marque la limite ( ?) entre l'Europe et l'Asie, et en deçà duquel le peuplement et la langue sont très majoritairement européens, est sur un méridien bien à l'est de la Caspienne.

- L'Anatolie, étrangère à l'Europe ? Mais l'empire romain formait une indiscutable unité politique, économique et culturelle qui, pour la seule période «empire» (et non république) a duré quatre bons siècles. Et cet empire incluait l'Anatolie, ainsi que le sud de la Méditerranée. Je me demande d'ailleurs si la vraie limite entre l'Europe et l'Afrique, en lieu et place de la Méditerranée, n'est pas plutôt l'immense désert saharien, cet «océan mort de soif» (pour parler comme Pierre Emmanuel). Pensez-vous que l'objection géographique serait soulevée si, par hypothèse, l'empire byzantin avait été conservé et si, aujourd'hui, régnait encore une civilisation hellénique en Asie mineure ?

- La Turquie, étrangère à l'Occident ? Mais, durant les 44 ans de guerre froide, on a été bien content que l'armée turque immobilise des troupes du pacte de Varsovie dans les Balkans et sur le Caucase. Mais on a été bien content de trouver l'armée turque en Corée (1950) et au Kosovo (1999). Mais les Turcs participent aux concours Eurovision de la chanson, et à diverses coupes d'Europe sportives (où, notamment en football, ils font plus que de la figuration). Alors, les Turcs seraient bons pour faire la guerre, bons pour jouer avec d'autres équipes, bons pour chanter, bons pour acheter des Airbus, bons pour construire des voitures européennes sous licence, bons pour s'allier militairement avec Israël, et pas bons pour le reste ? Allons donc ! Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage!

Publié par Albert le 8 mai 2007 à 14:54

Ouais, vous tombez bien, vanter les qualités sportives des Turcs dans un blog suisse : voilà un domaine où vous n'êtes guère cultivé. Pour ce qui est de nous, on se passera volontiers de leur présence pour le foot. Comme vous dites, ils font plus que de la figuration quand ils cognent. Mais vous ne nous parlez pas de la question kurde ni du massacre de chrétiens, pourquoi cet oubli ? Et si l'achat d'Airbus est un critère, pourquoi pas la Chine en Europe ? La construction de voitures sous licence, pourquoi pas le Brésil ?
Quant à la tectonique comme critère, on trouve des morceaux d'Afrique à Zermatt: ça va plaire à Fass57, ça...

Vous commencez à vous négliger dans vos arguments, Albert. On attend mieux de votre part.

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 15:14

Tiens, Alber fait aussi du copiez coller ?

Ce discourts reprend les mémes arguments que ce dévellopé sur plusieurs autres sites, et ceux ci sont de plutot de "droite atlantiste".

Perso, celui sur l'armée Turque est vrai, la brigade Turque envoyé en Corée s'est défendu comme des lions contre l'ALP et à subi de lourdes pertes.

L'empire Romain était il Européen ? Celui ci était plutot centré sur la "Mare Nostrum".

L

Publié par Frédéric le 8 mai 2007 à 15:27

citation :

La Turquie, étrangère à l'Occident ? Mais, durant les 44 ans de guerre froide, on a été bien content que l'armée turque immobilise des troupes du pacte de Varsovie dans les Balkans et sur le Caucase. Mais on a été bien content de trouver l'armée turque en Corée (1950) et au Kosovo (1999). Mais les Turcs participent aux concours Eurovision de la chanson, et à diverses coupes d'Europe sportives (où, notamment en football, ils font plus que de la figuration). Alors, les Turcs seraient bons pour faire la guerre, bons pour jouer avec d'autres équipes, bons pour chanter, bons pour acheter des Airbus, bons pour construire des voitures européennes sous licence, bons pour s'allier militairement avec Israël, et pas bons pour le reste ? Allons donc ! Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage!

fin de citation

Et bien on était bien content que les américains soient là en 14-18 et en 39-45. On était bien content de l'OTAN pour nous protéger des volontés impérialistes de l'URSS. Les américains sont bons pour acheter des airbus, pour acheter des voitures européennes et ainsi de suite.

Il y a donc autant de raisons d'intégrer les états unis dans l'europe que d'y intégrer la turquie (à part que les états unis ne participent pas à la coupe d'europe, c'est vrai...). C'est bien sûr impensable parce que ni les états unis ni la turquie ne sont en europe.

Toutefois, on peut très bien faire des traités avec la Turquie hors entrée dans l'union européenne, l'un n'empêche pas l'autre...

Publié par Laurent le 8 mai 2007 à 16:46

@ Roland

«!Et les gens comme Albert sont encore suffisamment nombreux pour faire échouer toute tenta-tive de faire sortir la France de son ornière soviétique.» Cette réflexion, Roland, n'est pas à la hau-teur de votre sagacité habituelle!

Vous mêlez (involontairement ?) les moyens et les fins, imputant à celles-ci la nature de ceux-là . Or, rien n'est plus erroné. Je m'explique par un détour : lorsque j'étais enfant, j'avais appris qu'en cas d'hémorragie à un membre, il fallait poser un garrot. Plus tard, on s'est aperçu que cette thérapeuti-que entraînait gangrène, septicémie ou nécroses, bref, que le «remède» était pire que le mal.

Face au «mal» que représentait le capitalisme, les Bolcheviques ont inventé le «remède» soviéti-que, plus tard décliné dans ses variantes chinoise, coréenne, vietnamienne, khmère rouge, etc. Le résultat fut celui qu'on sait. Mais, que le remède (socialisme à la soviétique) se soit révélé plus ca-lamiteux que le mal capitaliste ne signifie pas - bien au contraire ! - que ce mal n'était pas - ou ait cessé d'être!

Il faut se représenter l'aubaine miraculeuse qu'a constituée, pour la droite, l'existence du système so-viétique. En effet, il est très difficile (moralement, et, plus encore intellectuellement) de défendre l'inégalité : on n'y parvient qu'au prix des contorsions les plus alambiquées, des raisonnements les plus spécieux. Mais, avec le communisme soviétique, tout s'éclaire ! Vous vouliez l'égalité ? Regar-dez où ça vous mène : au goulag, à la pénurie, au KGB, au retard technologique, à Tchernobyl, à l'assèchement de la mer d'Aral, etc. Conclusion : ne cherchez pas à chambouler la société, revenez manger les miettes qui tombent des tables de vos bons maîtres!

La droite se moque de l'économie de marché. Celle-ci, pour elle, n'est qu'un moyen pour imposer sa véritable fin, une société de marché, société de concurrence, société de lutte de tous contre tous, inégalitaire, compétitive, bienveillante aux riches, impitoyables aux pauvres. Quand il s'agit de ses intérêts, les lois de l'économie de marché, la droite les lit d'un derrière distrait!

Publié par Albert le 8 mai 2007 à 17:34

Comme ces questions sont très complexes, il me semble que vous êtes tombé dans le même travers que vous dénoncez chez moi: mêler les moyens et les fins...

Le capitalisme est pour moi un système "naturel", donc inégalitaire. La nature n'est ni bonne ni mauvaise, elle est indifférenciée moralement.

Le socialisme est une tentative d'endiguer, aménager, policer le cours du fleuve primitif. A trop bien faire, son cours s'ensable, le courant trop faible n'arrive plus à charrier les déchets qui s'accumulent...Trop de sécurité tue la liberté.

Le capitalisme sauvage, je pense que personne n'en veut vraiment; même ceux qui le proclament haut et fort finiraient par s'en mordre les doigts. Trop d'insécurité tue la liberté.

Les gens raisonnables chercheront à préserver ce qui est l'essence même du capitalisme, le profit, puissant moteur de progrès et de développement (avec ce que cela peut sous-entendre d'aspects négatifs. TOUT a un aspect + et un aspect -...) tout en cherchant à limiter les crues, les débordements ou les étiages trop importants en régulant quelque peu. Subtile machine.

Selon ce sondage Louis Harris cité plus haut, 60 % des Français voient le capitalisme comme un "mal", donc désapprouvent la notion de profit. Vous trouverez autant d'exemples pour ce faire, ce n'est pas difficile. Il y a beaucoup d'abus, en effet. Le parapluie doré de Forgeard me reste aussi en travers de la gorge et semble t-il aussi de celle de votre nouveau président. Mais cela ne m'empêche pas de penser que le goût de l'entreprise est une des valeurs les plus estimables de notre monde. Je ne le suis pas, entrepreneur, et je sais pourquoi. Et j'aimerais essayer de le devenir, d'ailleurs. Alors, ceux qui touchent leur salaire à la fin du mois tout en lâchant le marteau des mains à 17h. zéro-zéro, comme disait mon patron quand j'étais aide charpentier, ceux-là ne sont certes pas à mépriser, mais ce ne sont pas eux qui font avancer le monde. Respectons-les, mais n'envoyons pas trop de leurs représentants politiques au pouvoir.

J'ai fait dans le basique de base, mais vous aussi, Albert, n'hésitez guère à donner dans la simplification. Et donc, dites nous un peu où le bât blesse dans mon discours très suisse.

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 18:23

@ Roland, Frédéric et Laurent

Vous n'avez lu que ce que vous avez bien voulu lire. Je n'ai pas défendu l'intégration de la Tur-quie dans l'Europe, cette question relevant d'un autre problème que je ne veux pas aborder ici. Ce que je dis, c'est ceci : aucun des arguments avancés pour barrer la route aux Turcs ne tient la route, car aucun dirigeant européen n'a le courage de dire aux Turcs, en face, la véritable raison de leur rejet : «Pas de musulmans au club ! «White men only». Fichez le camp !»

Le massacre des chrétiens ou la question kurde (vous oubliez les Arméniens, Roland) ne sont que des prétextes. Les Turcs auront beau s'excuser (à l'instar de ce qu'ont fait les Allemands pour la Shoah), on leur trouvera inlassablement d'autres chicanes : après ce sera Chypre, puis la régula-tion du Tigre (ou de l'Euphrate), puis le taux de bactéries dans les kebab, puis l'insonorisation des minarets, puis la hauteur des ponts sur le Bosphore!

Laurent, vous jouez sur les mots s'agissant de l'empire romain. Je ne l'avais bien sûr pas entendu sous son acception géographique mais culturelle, la civilisation romaine ayant été la matrice des diverses civilisations européennes. Comme l'Amérique, dans son ensemble, qui relève de la civi-lisation européenne (et non musulmane, chinoise ou hindoue). Je crois d'ailleurs me souvenir que le terme «Roumis» qui, pour les musulmans, désigne les chrétiens (ou les Européens) vient de la dénomination turque des Byzantins, sujets de l'empire «romain» d'Orient!

Je le redis : l'argument géographique est un argument spécieux. En quoi la partie grecque de l'île de Chypre (membre de l'Europe), située au sud de l'île, est-elle plus proche de l'Europe qu'Istanbul ? Ankara, à vol d'oiseau, est plus proche de Genève que ne l'est Limassol! Mais je le répète : l'argumentation géographique est spécieuse. Si l'Anatolie était demeurée byzantine vous poseriez-vous la question ? Et accepteriez-vous l'intégration d'une Bosnie intégralement musulmane ?

Publié par Albert le 8 mai 2007 à 18:39

Ce n'était pas un oubli de ma part, les Arméniens. Je parlais d'actualité. Mais vous avez raison, l'attitude actuelle des Turcs sur le génocide de 1915 pourrait faire douter de leurs capacités culturelles à intégrer les valeurs européennes : le sens critique, le doute, la remise en question ne sont pas des valeurs que l'on apprend avec la récitation du Coran à l'endroit et à l'envers...et donc le fait qu'ils soient musulmans est un sérieux argument pour ne pas les intégrer à l'Europe.

Cela dit, la Suisse n'en fait pas non plus partie, de cette Europe. Et vraisemblablement, il ne s'y trouve pas plus de dix partisans de l'intégration, Jacques Pilet et Cherix compris. Par conséquent, la Turquie, pourvu qu'on ne joue pas au foot contre elle...

Publié par Roland le 8 mai 2007 à 18:56

@ Roland

Je réponds d'abord à votre post de 18 h 23.

«Le capitalisme est pour moi un système "naturel", donc inégalitaire. La nature n'est ni bonne ni mauvaise, elle est indifférenciée moralement.» Oui, mais :

- S'agissant de l'homme, rien n'est «naturel». Ce qui serait «naturel» serait qu'en compagnie je rote, je pète, je me cure les narines, parce que cela me fait du bien. Ce qui serait «naturel» serait que, sur une plage où je vois des femmes court-vêtues, je me laisse aller à mes instincts libidi-neux. Si je ne le fais pas, c'est que je respecte des règles. A partir de quel moment ces règles ne sont-elles plus « naturelles » ?

- Le capitalisme non plus n'est pas «naturel», loin s'en faut ! Il postule l'existence d'une monnaie, c'est-à -dire d'une représentation abstraite de la richesse, admise par tous, d'un système unifié (ou reconnu par tous) des poids et mesures, auxquels se réfère cette monnaie. Il postule l'existence d'une autorité inflexible, maîtresse de cette monnaie, que les monétaristes veulent indépendante du pouvoir politique. L'ALENA (Accord de Libre Echange Nord Américain) entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada a nécessité un texte de près de 2000 pages. Le capitalisme postule enfin l'existence d'un appareil répressif vigoureux, pour persuader les salariés du bas de l'échelle des agréments du système. Où voyez-vous, là -dedans, du «naturel» ?

«!le goût de l'entreprise est une des valeurs les plus estimables de notre monde». Ce n'est pas la première de mes valeurs, mais j'adhère à votre propos. Après tout, «L'Humanité», comme «Le Monde diplomatique», journaux anticapitalistes, sont des entreprises privées, gérées comme tel-les, et leurs patrons sont heureux lorsqu'elles se développent et dégagent des bénéfices (plutôt la seconde, d'ailleurs!). Mais :

- On peut avoir le goût de l'entreprise (prise de risque, innovation, inventivité, recherche du pro-fit), sans pour autant, à l'intérieur de cette entreprise, connaître des écarts de revenus phénomé-naux. C'est le cas, par exemple, dans les SCOP, où l'éventail des salaires est limité, et où certaines d'entre elles ont une activité plus que locale.

- On peut aussi développer une entreprise sans, pour autant être pris de voracité, en cherchant à manger tous ses concurrents. Dans un quartier de restaurants, par exemple, la multiplicité des éta-blissements est garante de la prospérité de chacun. Les touristes, les chalands, attirés par la réputa-tion du quartier, se distribuent à peu près équitablement entre toutes les enseignes. On peut, enfin, limiter volontairement une production prospère : ce qu'ont fait par exemple, certains monastères, qui fabriquaient des produits de très grande qualité, très demandés, et qui ont néanmoins choisi de stopper un jour leur développement pour ne pas se laisser détourner de leur vocation.

«Alors, ceux qui touchent leur salaire à la fin du mois tout en lâchant le marteau des mains à 17h. zéro-zéro!». Peut-être, mais :

- J'ai eu à connaître (et je connais encore) de l'Administration française, dans toutes ses branches (si c'est à cela que vous faites allusion). L'ardeur au travail et la conscience professionnelle s'y répartissent selon une courbe en cloche (comme beaucoup de phénomènes). Ce qui m'a même étonné, c'est le nombre de fonctionnaires qui travaillent bien, compte tenu de la quasi-inexistence de sanctions vers le haut ou vers le bas. A l'inverse, ayant eu à faire construire une maison et à l'entretenir, j'ai eu toutes les peines du monde à faire venir des artisans et à les faire travailler en continu. J'ai relancé près de huit jours, soir après soir, un plombier - pourtant ancien camarade de classe - qui, lorsqu'il est venu, n'a pas mis 10 minutes à me réparer l'incident. A l'inverse, j'ai trouvé des garagistes compétents, diligents et courtois. Là aussi, j'ai connu, dans la qualité du tra-vail, la même distribution «en cloche».

- Contrairement à vous, je ne pense pas que la motivation du profit soit le moteur le plus puissant de l'activité humaine, et même de l'activité économique. La création scientifique, artistique, litté-raire, philosophique dévore les individus jour et nuit, des années, pour des espoirs de profit maté-riel souvent minces. Des hommes ou des femmes se défoncent pour leur jardin, leur club sportif, leur paroisse, leur association, en étant tout juste défrayés. Les infirmières, rééducateurs, ortho-phonistes ou diverses professions de santé remettent sur pied des malades pour des salaires sou-vent très ordinaires, avec pour seule récompense - certes gratifiante - de, parfois, faire des «mira-cles». Le paradoxe est que, pour fonctionner, le capitalisme postule nombre de vertus qui sont précisément des vertus désintéressées!

Publié par Albert le 9 mai 2007 à 0:28

Vos explications sur l'aspect naturel du capitalisme : j'avais mis des guillemets. Cependant, lorsque des animaux partent à la chasse, ils ne partent jamais à armes complétement égales. Le résultat de la chasse va forcément s'en ressentir. Après, il existe tout un système de répartition des proies et ce n'est généralement pas les p^lus faibles d'abord...
Je ne limitais pour ma part pas le profit aux seuls biens matériels, aux espèces sonnantes et trébuchantes. Mais vous parliez d'un quartier de restaurants : il peut y en avoir pour tous les goûts et toutes les bourses, non ?
Je suis très frappé pour ma part par le traitement réservé aux vacances de Sarkozy dans cette chère presse française. Scandaleux, n'est-ce pas, qu'un président de la république ait le culot de fréquenter le yacht de 200 pieds de son ami Bolloré ? Tssk, tssk, pauvre France...

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 9:47

A propos des vacances de notre nouveau Président, le fait de prendre des vacances sur un yatch ne me dérange pas, c'est son goût. Passons.

Mais ce qui m'interpèle, c'est qu'après avoir justifié son absence du 8 mai au côté de J.Chirac par la nécessité de ne pas avoir une République à deux têtes, N.Sarkozy sera bel et bien présent pour les cérémonies de la journée de commémoration de l'esclavage.

Deux poids, deux mesures.

Publié par Xavier le 9 mai 2007 à 13:59

C'est son goût, ou c'est pour éviter la meute de paparazzi ? Dans ces réactions, on découvre vraiment un des aspects les plus désagréables du caractère français : envieux à l'extrême. Vous voyez que cela existe, les caractéristiques culturelles propres à un peuple, Albert. Nulle part ailleurs, un président ne serait critiqué parce qu'il passe 3 jours sur le yacht d'un ami...

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 14:37

Euh Roland, c'est pour moi que vous dîtes ça: "envieux à l'extrême" ? Parce que j'avoue ne pas comprendre.

Publié par Xavier le 9 mai 2007 à 14:41

Non, pas du tout. Je fais allusion aux commentaires de RFI ce matin, par exemple. Même en Suisse, on retrouve cette attitude:
"Là , Monsieur le Président, ce n'est plus une faute de goût, c'est une faute politique. On ne s'y prendrait pas autrement pour narguer les 46 % de Français méfiants qui n'ont pas voté pour vous. Vouloir nettoyer les banlieues au Kärcher n'était pas malin, asperger la République de ce champagne-là ne l'est pas davantage".
Le Temps, aujourd'hui.
Qu'en pensez vous ?

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 15:37

__Qu'en pensez vous ?__

Il faut en penser que Sarkosy a comprit la défiance du populo envers les médias, et que par conséquent, il se tape allegrement des caniches journalistiques tout en pissant sur le même populo.

Publié par Three piglets le 9 mai 2007 à 15:44

Xavier @ voici un lien pour une revue de presse:
http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/infos_generales/detail_info/(contenu)/74705
TP : "tout en pissant sur le même populo" ???
Voilà bien la preuve de ce que je disais. Sarkozy passe trois jours sur un yacht = il pisse sur le populo. Eh bien, y a qu'en France qu'on pense comme cela.

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 16:02

...Combien coûte le président lorsqu'il réside à l'Elysée? Si ça se trouve, il serait probablement plus économique pour la nation qu'il réside en permanence sur ce genre de bateau.

Si Sarkozy avait payé le moindre euro pour ses vacances, on aurait hurlé au détournement d'argent public. S'il se fait inviter, c'est alors un ignoble trafic d'influence en échange de contreparties occultes dont l'étendue glace le sang.

Toujours en tort, c'est facile!

Sa seule solution aurait sans doute été de se rendre (à pied) dans un monastère et d'y manger du fromage de brebis: voilà les seules vacances acceptables. Il est vrai qu'avant Sarkozy, Chirac, et avant lui Mitterand (ma mémoire ne remonte pas plus loin) se distinguaient particulièrement par leur mode de vie spartiate.

Publié par Stéphane le 9 mai 2007 à 16:48

Ah, non, zut, les vacances dans un monastère aurait contrevenues au principe de laïcité.

Publié par Stéphane le 9 mai 2007 à 16:52

@ Roland

A propos du séjour de M. Sarkozy sur le yacht de M. Bolloré (et de la soirée antécédente au Fou-quet's), quelques remarques, l'une de forme, les autres de fond.

1. Remarque de forme. Dans une France à la mentalité que vous décrivez, il était pour le moins inopportun de se montrer en des lieux qui symbolisent autant la richesse. Une électrice âgée (80 ans), et de milieu populaire, qui vote de droite depuis sa jeunesse, m'a dit en être choquée. En fai-sant cela, le nouveau président de la République confirme sans conteste son appartenance à la France des privilégiés.

2. Remarque de fond. Il est révélateur que vous n'imaginiez pas le monde autrement qu'avec vo-tre vision : que tous les Français «envieraient» le yacht de Bolloré ou les repas au Fouquet's. Ou que chacun ne rêverait que de palaces, d'automobiles de luxe, de repas fins et de gros lot au Loto. Quelle pauvre imagination de ne mettre ses rêves que dans le fric ! Mais, de cela, une large part des Français s'en fiche ! Non qu'elle ne souhaiterait avoir davantage, mais des revenus avoisinant la limite inférieure du dernier décile leur suffiraient amplement.

A titre personnel (comme, d'ailleurs, nombre de personnes de mon entourage), j'estime vivre bien. Mais je consomme sur un pied inférieur à celui que m'autorisent mes revenus : aussi bien pour le domicile, que pour la voiture, les repas ou les loisirs, je dépense largement moins que je ne le pourrais (et, à part un livret de Caisse d'épargne, peu garni, je n'ai aucun placement financier, et surtout pas d'actions !). Je n'ai jamais rêvé devant le Negresco ni devant les vitrines de Van Cleef et Arpels. Les valeurs de MM. Seillière, Sarkozy, Bolloré et consorts, je m'en sers de clystère!

Cela dit, je pose sur les critiques de mes compatriotes un regard diamétralement opposé au vôtre : s'ils critiquent MM. Sarkozy pour son train de vie, c'est qu'ils ont une piètre idée de l'argent ou des gens fortunés et ne considèrent pas la richesse comme une vache sacrée. Et, voyez-vous, Ro-land, tant qu'en France les riches auront honte de leur argent, tant qu'ils se sentiront contraints de s'excuser ou de se justifier, eh bien, la France restera un pays sain, et j'en serai fier !

Publié par Albert le 9 mai 2007 à 17:27

"...tant qu'en France les riches auront honte de leur argent, tant qu'ils se sentiront contraints de s'excuser ou de se justifier, eh bien, la France restera un pays sain, et j'en serai fier !"

Et comme ces riches viendront bien souvent en Suisse, je ne saurais guère m'en plaindre ! :-)

Publié par Ludovic Monnerat le 9 mai 2007 à 17:44

@ Roland,

Ouf, vous m'avez fait peur ;)
Je n'apprécie pas vraiment N.Sarkozy mais j'attends de le juger sur ses actes, les mesures qu'il prendra et qui concernera le pays.

L'attitude de la presse montre une réticence à l'évolution des moeurs de nos hommes politiques. Les journalistes profitent aussi de l'occasion pour dénigrer le porte-drapeau de l'UMP (à mon sens, cela démontre que la censure ne se s'est pas encore abattue sur la France). C'est que voyez-vous, les législatives approchent...

On pourrait alors parler d'un faux pas en matière de communication de la part du désormais célèbre skipper.

Publié par Xavier le 9 mai 2007 à 17:45

__Je n'apprécie pas vraiment N.Sarkozy mais j'attends de le juger sur ses actes, les mesures qu'il prendra et qui concernera le pays.__

Il avait promit le karcher et nous n'avons rien vu pendant les émeutes de 2005.
Sarkosy ne fera rien pour la France.

Publié par Three piglets le 9 mai 2007 à 17:49

"s'ils critiquent MM. Sarkozy pour son train de vie, c'est qu'ils ont une piètre idée de l'argent" Ce n'est pas le train de vie de Sarkozy, c'est celui de Bolloré. Si on ne peut pas faire la fête dans le meilleur restaurant du monde quand on a été élu président, mais qui a donc le droit de faire la fête et où ? Et à quoi sert un yacht si on n'ose pas y mettre les pieds ? Personnellement, j'ai la même attitude que vous sur l'argent; mais si d'autres ont consacré beaucoup d'énergie pour en gagner - et que cela été gagné dans les limites du raisonnablement honnête, je n'aime pas plus les truands que vous - pourquoi ne pourraient-ils pas en profiter ? Cela fait vivre toute une population, le luxe...
Et comme le dit M.Monnerat, gardez-vous de grogner la prochaine fois qu'un riche quitte votre riante et stalinienne contrée...
Je vous renvoie par ailleurs au "pisser sur le populo" de TP, comme preuve que cela existe, la mentalité que je dénonce...

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 18:04

Le train de vie de Bolloré? Rien à redire! c'est très bien! C'est un entrepreneur habile, travailleur, comme beaucoup de Bretons. Il y en a d'autres comme lui par ici! Mais, il n'y en a pas assez!

Ces personnes, par leur savoir faire, par leur esprit d'entreprise, par leur chance, réussissent. Elles gagnent de l'argent!

Je les compare volontiers à mes amis marin-pêcheur qui n'ont pas peur de sortir en mer quand elle est mauvaise et qui ramènent au port une belle cargaison de poisson! Car c'est à coup sur le bien être à la maison! Forcément , les fainéants qui sont restés au bistrot du port font la gueule! Plutôt de se piquer le nez, ils n'avaient qu'à y aller, prendre une bonne torchée, et peut-être qu'eux aussi ils auraient ramené une belle pêche! Mais comme ils sont trop cons, trop fainéants, ils n'ont rien!
Moi, je suis fier des Bolloré, Pinaud, Leclerc, et de quelques autres... Il en faut d'autres comme eux pour montrer qu'il y a autre chose que le système soviétoïde...

Publié par Ar Brezonneg le 9 mai 2007 à 19:00

!!! "dans les limites du raisonnablement honnête" ???

Sans vouloir vous chercher des poux sur la tête, "dans les limites de l'honnêteté" aurait tout de même été de meilleur aloi, dans ce contexte ( et dans n'importe quel autre aussi )!

Publié par fingers le 9 mai 2007 à 19:11

Dans les limites de l'honnêteté si vous voulez. Vous vous souvenez de ce trader japonais qui s'est trompé dans les virgules et qui d'un clic de souris a fait perdre des centaines de millions de dollars à sa boîte ? Ceux qui en ont profité étaient-ils 100% honnêtes ?

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 19:40

"Ceux qui en ont profité étaient-ils 100% honnêtes"

A mon avis, le sous-entendu que gagner de l'argent à la limite de l'honnêteté puisse être, si ce n'est pardonnable, au moins compréhensible est de ceux qui, en plus de côtoyer le raisonnement criminel ordinaire basique ( "pas vu, pas pris!" ), font le plus de tort à l'économie libérale et conforte l'adage selon lequel la richesse ne peut foncièrement PAS être honnête, doxa habituelle de la gauche et de l'extrême-gauche ( "Je n'aime pas les riches!" F. Hollande, au demeurant assez mal placé pour affirmer cela ).

Publié par fingers le 9 mai 2007 à 21:18

Ce que je vois, pour ma part, c'est que dès que vous quittez le cadre de la petite épicerie familiale, on s'affronte à des règles d'une telle complexité qu'il existe forcément une zone grise entre malhonnêteté et honnêteté. Prenons l'exemple de Trafigura, armateur de ce bateau qui a déchargé des boues nocives à Abidjan. Sont -ils complétement malhonnêtes ? A l'évidence, non. Ils ont remis cette cargaison à une société locale qui a signé un contrat pour s'en occuper. Sont-ils complétement honnêtes ? A l'évidence, non plus. Ils savaient ce qu'était cette cargaison et qu'il y avait peu de chance que la société locale puisse s'en occuper selon les normes usuelles.
Des exemples comme cela, vous en trouverez des montagnes si vous cherchez. Le monde n'est pas en noir et blanc. Et les limites franches n'existent absolument nulle part, dans aucun domaine.

Publié par Roland le 9 mai 2007 à 21:51

@ M. Monnerat

Les classes privilégiées, promptes à entonner l'air du «chantage» pour une demi-journée de grève, le rejouent sans vergogne dès qu'on ose s'en prendre à un sou de leur précieux argent. Eh bien, qu'ils partent ! Qu'ils fichent le camp ! Qu'ils débarrassent le plancher ! Le résultat sera le même mais, au moins ne verra-t-on plus leurs tronches!

218 ans après la Révolution, la situation est revenue au point de départ : la France est régentée par des ci-devant (Galouzeau de Villepin, Sarkozy de Nagy-Bocsa, Seillière de la Borde!) qui refu-sent de payer un fifrelin d'impôts. Tout est à recommencer!

L'écrasante victoire de la droite - qui, je n'en doute pas, sera confirmée aux législatives - me rap-pelle d'autres succès, aussi! «foudroyants».

- En septembre 1939, après le pacte germano-soviétique, les communistes sont interdits, emprison-nés, humiliés. Cinq ans plus tard! les FTP traquent les collabos et la droite rase les murs. - En 1972, Nixon lamine Mac Govern! et, deux ans plus tard, est viré comme un malpropre. - En 1982, l'armée israélienne balaye l'aviation syrienne et entre au Liban comme dans du beurre. Dix-huit ans plus tard, après une guérilla impitoyable du Hezbollah, Tsahal repart la queue entre les jambes. - En 2003, l'armée américaine balaye l'armée irakienne. Bush, tout faraud, annonce : «Mission accom-plie». Quatre ans plus tard, l'armée américaine est enlisée. [Si Bush a expédié 21 000 hommes à Bagdad c'est juste pour dire : «C'est pas sous mon mandat qu'on aura perdu ! Après moi le déluge ! Que les Démocrates se démerdent! »]

Publié par Albert le 9 mai 2007 à 23:02

@ Roland

"Sont -ils complétement malhonnêtes ? A l'évidence, non. Ils ont remis cette cargaison à une société locale qui a signé un contrat pour s'en occuper. Sont-ils complétement honnêtes ? A l'évidence, non plus. Ils savaient ce qu'était cette cargaison et qu'il y avait peu de chance que la société locale puisse s'en occuper selon les normes usuelles."

==> Dans cet exemple, il y a contrat signé, donc la situation paraît juridiquement nette. Mais ce qui est légal n'est pas forcément moral (parce que, d'une manière générale, une décision prise par la majorité n'est pas forcément la vérité). Puisque cet armateur SAVAIT qu'il y avait peu de chances pour que la cargaison soit traitée convenablement, alors, en conscience, il a agi malhonnêtement. Conclusion : dans cette action, l'armateur est malhonnête, mais intelligent (ce qui n'est pas la même chose !) et utilise à ses fins les faiblesses du système. CQFD.

Publié par Chil le 10 mai 2007 à 11:09

Reste toutefois à prouver que l'armateur savait...
Je cherchais à démontrer par cet exemple qu'il existe une zone grise entre honnêteté et malhonnêteté. Si cet exemple ne vous convient pas, à vous de nous en donner un autre...

Publié par Roland le 10 mai 2007 à 11:34

@ Albert

(votre comment. du 8 mai à 17h34) "...sa véritable fin [de la droite], une société de marché, société de concurrence, société de lutte de tous contre tous, inégalitaire, compétitive, bienveillante aux riches, impitoyables aux pauvres."
==> ce n'est pas là toute la droite : connaissez-vous le FRS (Forum des républicains sociaux, de Christine Boutin), dit "la droite humaine" ?
http://www.frs-ladroitehumaine.fr/frontoffice/le-forum-des-republicains-sociaux.l1.htm

Publié par Chil le 10 mai 2007 à 12:05

"Reste toutefois à prouver que l'armateur savait..."
==> C'est vous-même qui l'avez affirmé en citant cet exemple :-) !! (cf. votre comment. du 9.05 à 21h51)

"Si cet exemple ne vous convient pas,..."
==> Il me convenait au contraire tout à fait, vu qu'avec les éléments que vous avez donnés, j'ai pu vous montrer que l'armateur était en fait malhonnête.

A mon sens, l'affirmation d'une "zone grise" est souvent un argument bien pratique pour disculper des actes malhonnêtes. Je crois au contraire que lorsqu'on cherche sincèrement à faire le bien, on a peu de chances de tomber dans cette zone grise. Mais je ne connais pas tous les cas.

Publié par Chil le 10 mai 2007 à 12:15

@ Albert (votre comment. du 9 mai à 17h27)

"Cela dit, je pose sur les critiques de mes compatriotes un regard diamétralement opposé au vôtre : s'ils critiquent MM. Sarkozy pour son train de vie, c'est qu'ils ont une piètre idée de l'argent ou des gens fortunés et ne considèrent pas la richesse comme une vache sacrée."
==> Je crois au contraire que les hommes seront toujours les hommes, avec leurs faiblesses ; et que, s'ils avaient autant d'argent et/ou autant de "relations" que M. Sarkozy, ils n'aurient d'autre désir que d'agir comme lui.

De la même manière que pour le XVIIe siècle, ce qu'on peut inférer des révoltes, c'est que ce n'était pas tant la remise en cause des privilèges qui était souhaitée par la majorité, mais l'incapacité de certaines catégories sociales d'y accéder qui était dénoncée (dans la mesure où la société d'Ancien Régime était éminemment une société de privilèges, à des degrés et des titres divers dans les différents corps de la société).

A part une minorité de révolutionnaires, ce que souhaitent les gens en général, ce n'est pas la disparition du système, c'est le réaménagement du système, de façon à ce qu'ils puissent mieux en tirer profit eux-mêmes.

Publié par Chil le 10 mai 2007 à 12:30

J'ajouterais même que, si les gens avaient vraiment une piètre idée de l'argent, alors ils seraient indifférents au train de vie de M. Sarkozy.

Publié par Chil le 10 mai 2007 à 12:33

"Lorsque l'on cherche à faire le bien...", peut-être. Mais ce n'est pas la raison d'être des grandes sociétés transnationales. Désolé de vous retirer vos dernières illusions.
Si vous aviez une activité liée à la complexité du monde, le commerce, l'industrie ou la banque, vous comprendriez instantanèment ce que je veux dire par zone grise.
"j'ai pu vous montrer que l'armateur était en fait malhonnête." Vous n'avez rien montré du tout. A l'évidence, vous n'êtes pas non plus avocat. Vous confondez morale et honnêteté, comme première remarque. Et vous négligez le fait qu'une société ivoirienne a pris la responsabilité de cette cargaison. A moins d'être un abominable raciste qui pense que puisque ce sont des Ivoiriens, ils ne sont pas crédibles, vous devez tenir compte de cet aspect du problème.

Publié par Roland le 10 mai 2007 à 12:39

@ Roland

"'Lorsque l'on cherche à faire le bien...', peut-être. Mais ce n'est pas la raison d'être des grandes sociétés transnationales."
==> Vous ne me retirez pas mes illusions :-). Si la recherche du bien est incompatible actuellement avec l'activité des grandes sociétés transnationales, il serait bon, pour les acteurs de ces sociétés, de changer leur façon d'envisager leur action ; si vous répondez que ce n'est pas possible, alors les gens de gauche ont raison de dire exécrer l'argent.

"vous comprendriez instantanèment ce que je veux dire par zone grise"
==> Comprendre la signification d'une expression ne veut pas dire approuver le fait, ni se résigner à ce que cela continue.

"Vous confondez morale et honnêteté, comme première remarque"
==> Je vous invite à me dire la différence que vous y entendez ; je vous répondrai ensuite.

"Et vous négligez le fait qu'une société ivoirienne a pris la responsabilité de cette cargaison."
==> Je ne néglige pas ce fait. Que la responsabilité soit partagée n'enlève rien à la responsabilité de chacun des deux (ce n'est pas parce que mon partenaire commercial partage la responsabilité d'un échec que cela me disculpe de ma propre responsabilité, voire de ma malhonnêteté). En l'occurrence, la question était de savoir si l'armateur était honnête ou malhonnête, non de savoir si l'Ivoirien avait aussi une part de responsabilité.

"A moins d'être un abominable raciste qui pense que puisque ce sont des Ivoiriens, ils ne sont pas crédibles,..."
==> C'est vous-même qui avez prétendu que l'entreprise ivoirienne n'était pas crédible, en écrivant "Ils savaient [...] qu'il y avait peu de chance que la société locale puisse s'en occuper selon les normes usuelles" (votre comment. du 9.05 à 21h51). Relisez-vous, diantre !

Publié par Chil le 10 mai 2007 à 15:04

Chil: je ne suis pas juriste mais j'ai compris que le droit, c'est ce qui reste après avoir tout essayé. Donc, si vous vous mettez dans la logique du droit, qui essaie de déterminer ce qui est honnête ou pas, vous vous apercevrez immédiatement que cette affaire devient très vite compliquée. Par exemple, en relisant votre dernier paragraphe : crédibles, normes usuelles, savoir ou ne pas savoir...
A part ça, vous travestissez énormèment ce que j'ai écrit: "Si la recherche du bien est incompatible actuellement avec l'activité des grandes sociétés transnationales". Qui parle d'incompatibilité ?
Et bon, ce besoin de pureté, de ne jamais imaginer devoir se salir les mains, est le signe de la caste des clercs. Tout le monde ne peut être clerc ou prof. Il faut aussi des gens qui produisent, échangent, financent, prennent des risques, se bagarrent et parfois les coups partent trop bas involontairement. Trop facile de rester dans sa petite situation confortable et critiquer.

Publié par Roland le 10 mai 2007 à 15:46

@ Chil

J'interpréterai plutôt les choses ainsi : il semble y avoir une dichotomie assez nette entre deux so-ciétés :

- D'une part, les très riches ou assez riches et les «moyens-bas» (en termes de revenus), mais sur-tout en termes d'instruction, qui ont plutôt voté Sarkozy (je simplifie beaucoup).

- D'autre part, la classe moyenne (de «moyen-moyen» à «moyen-haut») plus diplômée, qui a sur-tout voté Royal (je simplifie aussi). Cette dernière classe, qui vit bien (et à laquelle vous vous dou-tez que j'appartiens) ne désire pas, très majoritairement, les fortunes de MM. Bolloré ou Pinault. Elle s'en moque. A titre personnel, par exemple, un de mes vÅ“ux les plus chers ne serait pas de posséder une Rolls, de passer mes week-ends au Negresco ou mes vacances aux Seychelles mais de connaître le programme de mathématiques de Terminale S!

Cela m'a souvent été reproché, à demi-mot, par des membres moins fortunés de ma famille qui me disaient : mais pourquoi campes-tu en canadienne ? Pourquoi n'as-tu qu'une 4L ? Pourquoi ne manges-tu pas de la viande tous les jours ? Pourquoi ta femme ne porte-t-elle pas des marques ? Pourquoi n'as-tu pas une salle à manger en merisier ? Instinctivement, ils étaient irrités de ce que je méprise ainsi des biens qu'ils avaient tant envie d'acquérir et que j'aurais pu me payer. A l'inverse, ils se «tamponnaient» complètement de René Char, de Julien Gracq ou de la peinture des Nazaréens!

Il semble que ce soit une caractéristique, depuis des siècles, que les classes dominantes s'appuient sur les classes de base de la société contre les classes moyennes éduquées, dans lesquelles elles ont reconnu leurs véritables ennemis. Ainsi, par exemple, aux XVIIIe-XIXe siècles, les révoltes de la paysannerie ruthène contre la petite noblesse polonaise, encouragées en sous-main par l'administration autrichienne, pour faire passer aux Polonais leur goût d'indépendance!

Publié par Albert le 10 mai 2007 à 16:30

Je ne peux pas le prouver, mais je parierais qu'une bonne partie des classes moyennes a voté Sarkozy (les impôts...) et qu'une bonne partie des classes inférieures a voté...socialiste. Les traîtres aux intérêts de classe ne sont jamais qu'une petite minorité...
D'autre part, comme déjà dit, je partage votre point de vue sur la richesse. Dit autrement, il existe plusieurs formes de profit et de richesse. Bon, je ne vous suis pas sur le programme de maths...Ce sont des différences psychologiques avant que d'être politiques.

Publié par Roland le 10 mai 2007 à 16:49

@ Roland

Un des ressorts de l'idéologie de droite (je dis bien «un», pas «le») est de penser que chacun as-pire à s'élever socialement sans limite, comme si le bonheur était proportionnel à la possession des signes monétaires (et à ce qu'on peut acquérir avec eux). Cette vision naïve est néanmoins contredite par deux autres ressorts de l'esprit humain :

1. D'abord celui de la perception de l'utilité marginale (même si, jadis, on ne le théorisait pas ain-si). Autrement dit la quantité d'un bien donné nécessaire à satisfaire un besoin. En général, pour les besoins de base, ces quantités sont assez basses : aussi bien pour la nourriture, que pour l'habillement, que pour le logement, la satisfaction, en moyenne, se situe assez bas (enfin bas par rapport aux grandes fortunes). Une bonne partie des Français, avec des revenus par ménage allant - soyons larges - de 2000 à 4000 euros, est tout à fait heureuse dans son pavillon ou son apparte-ment et n'a pas idée de désirer davantage.

2. L'autre ressort, qui est complémentaire de celui-ci, est que, précisément, y compris pour les très riches, l'essentiel du bonheur réside dans l'imagination. A la limite, même, elle ne réside qu'en cela (le riche atteint d'un cancer, ou de la maladie d'Alzheimer, ou frappé par un deuil ou une sé-paration ne profite pas de grand-chose). Or, dans la mesure où le bonheur n'est que dans l'esprit, il peut être obtenu, financièrement à peu de frais. Je ne vous fais pas de dessin, mais voyez les joies profondes qu'on peut tirer de la lecture, de la musique, du bricolage, du jardinage, de la pro-menade, ou des diverses activités intellectuelles (écriture, arts plastiques, astronomie amateur!). Peut-être estimerez-vous que j'ai des goûts étranges, mais j'ai éprouvé une grande joie le jour où j'ai compris l'argument ontologique d'Anselme de Canterbury (c'était à l'armée et, d'excitation, j'ai fait deux fois en courant le tour de la caserne!)

Publié par Albert le 10 mai 2007 à 19:42

"Or, dans la mesure où le bonheur n'est que dans l'esprit, il peut être obtenu, financièrement à peu de frais" Je vous l'ai déjà dit, je suis absolument d'accord avec vous sur ce point. Et je le répète, vous mettez à tort dans "profit" une seule signification financière. Ce ne sont pas ces valeurs qui différencient la gauche de la droite. Vous parliez de "droit à ", de "relation à l'inégalité", j'ajouterais aussi "responsabilité individuelle". La notion de lutte des classes l'abroge quasi complétement. Ce sont sur ces notions que les attitudes divergent. Notre système éducatif est cantonal et sur Vaud, il y a longtemps qu'il est tenu par les socialistes. Ceux-ci, avec aussi l'accord de quelques brebis égarées du parti radical (droite, enfin, on ne sait plus...; n'importe quoi, plutôt), veulent instituer un système unique, sans différenciation de niveau entre primaires et secondaires. Tous ensemble, tous égaux. Que va t-il se passer nécessairement ? Le niveau général des élèves va t-il s'améliorer ou se niveler par le bas ?
Et question subsidiaire, seriez vous partisan d'une telle "égalisation" ? Je vous soupçonne fortement d'avoir été prof...

Vous ne l'ignorez pas : Suisses et Français ne se ressemblent guère. Nous sommes profondèment consensuels et votre peuple est profondèment conflictuel (cf. le yacht...). Nous savons bien qu'il faut des gens de gauche pour défendre un pôle de la société. Nous remarquons aussi que dès qu'il dépasse environ 1/3 des forces politiques, les ennuis commencent: trop d'état, trop de fonctionnaires, trop d'impôts. Rien ne va plus. Et comme notre système est assez subtil et navigue sur des équilibres fragiles, il est important de ne pas le laisser envahir par des citoyens d'autres cultures...

Publié par Roland le 10 mai 2007 à 20:23

@ Roland

Vos remarques sont fort intéressantes et nécessiteraient presque qu'on y réponde par un «traité» ! J'essaierai d'être plus bref. Mais je vais, sur un point, satisfaire une de vos curiosités : non, je n'ai jamais été prof!

Publié par Albert le 11 mai 2007 à 3:09

"la classe moyenne (de «moyen-moyen» à «moyen-haut») plus diplômée, qui a sur-tout voté Royal (je simplifie aussi)..."
==> Heureusement que vous précisez simplifier, sans quoi je n'aurais pas eu de place dans votre typologie :-).

Publié par Chil le 11 mai 2007 à 9:59

@ Roland (réponse à votre post du 10 à 20 h 23).

- La notion de luttes des classes n'abolit pas celle de responsabilité individuelle. L'une et l'autre se si-tuent sur des plans différents, dans le champ de leur action comme dans leur mode d'appréhension. Si j'admets la lutte des classes, j'admets aussi l'existence, à l'échelle individuelle, de myriades de déci-sions individuelles prises librement, soit ressortissant à cette lutte (par exemple, comme vous l'évoquiez, celle de «trahir» sa classe), soit n'y ressortissant pas (se choisir un conjoint).

- Je ne connais pas le système d'éducation suisse - et, d'ailleurs, pas davantage le français. La ques-tion de «l'égalité» est une question parasite et, dans son esprit, perverse. Si je ne suis pas prof, j'en ai dans mon entourage. Ceux-ci m'ont rapporté que (plutôt dans le primaire), c'étaient surtout les pa-rents des enfants les plus doués qui venaient réclamer des compositions et des classements. Il sem-blait que leur plaisir consistait non à constater que leur enfant savait parfaitement lire, écrire, comp-ter, dessiner ou chanter mais que d'autres ne le savaient pas. Comme s'ils jouissaient de leurs caren-ces ! Qu'est-ce que ça pouvait leur faire que le gosse du voisin soit dernier, alors que dans cinq ans ils ne se souviendraient même plus de lui ! Le but d'une bonne éducation n'est-il pas d'amener cha-que individu au maximum de ses capacités, sans comparaison avec les autres ? Qu'est-ce donc que cette mentalité qui consiste à dresser les individus, dès leur plus jeune âge, à la hiérarchie et à la compétition ?

- Attention à la notion de «consensuel». Le conflit est un mode de relation normal entre humains. On reproche aux Français de faire trop de grèves (ce qui, d'ailleurs, est faux). Mais admettons que cela soit vrai : on a constaté que, dans nombre pays où il y avait peu de grèves, il y avait plus de congés maladie, plus de dépressions ou de suicides, plus de bris de machines, ou moins de pro-ductivité, etc. Comme si le malaise, empêché de se manifester sous une forme, ressurgissait sous une autre. Dans la caractériologie de René Le Senne, on distingue le caractère «émotif». Certains «émotifs», en présence d'un stimulus, vont tout casser. D'autres n'en laisseront rien paraître, mais resteront insomniaques des semaines ou développeront un ulcère. Ce n'est pas parce qu'un phé-nomène ne se voit pas qu'il n'existe pas! Il est malsain de nier ou contourner un conflit : mieux vaut l'accepter et le gérer. Si on l'ignore, il finit par se «venger»!

Publié par Albert le 11 mai 2007 à 15:18

@ Chil

Je suis bien obligé de simplifier ! Comme on dit habituellement : «ce qui est simple est faux, ce qui n'est pas simple est inutilisable»! Mutatis mutandis, la sociologie des votes Sarkozy se rap-proche de celle du vote Bush de 2004. Je vous renvoie aux analyses produites à ce sujet : même si le vote Royal a été minoritaire, il représente tout de même 47 % de l'électorat : il doit bien se trou-ver quelque part!

Pour formuler cela en termes mathématiques, je dirais que la moyenne des votes Royal est plus haute que celle du vote Sarkozy, mais avec un écart-type plus petit. Et j'entends ce terme sous les doubles critères du revenu financier et du niveau d'études. C'est ce que j'ai trouvé de plus concis comme définition.

Publié par Albert le 11 mai 2007 à 16:56

Sur quoi vous appuyez-vous pour donner ces appréciations ? Pour ma part, je peux admettre que la classe moyenne était divisée mais non foncièrement pro-Royal. Donc, quelles sont vos sources ?

Pour le billet qui m'est adressé, je crains que l'on ne s'en sorte plus. Pour ma part, j'ai mis un terme aux illusions égalitaires en travaillant en Afrique, en changeant de référentiel. D'être à l'étranger vous fait bien comprendre l'importance des valeurs de chez vous. La gauche est universaliste, vous l'admettez aisèment. Vous préfèrez d'office un prolétaire de quelque origine que ce soit à un bourgeois de chez vous. Pour ma part, je préfère un bourgeois sympathique "étranger" qu'un prolétaire national antipathique: beaucoup de critères interviennent dans mon jugement. L'expatriation m'a appris à tolérer beaucoup de différences. Mais avec beaucoup de gens sur ce blog, j'abomine la "political correctness", l'idéologie de la gauche américaine, pour l'auto-flagellation qu'elle suppose. Les gens que je côtoie défendent leurs cultures et leurs points de vue. Ils sont souvent en contradiction avec les miens. Allez sur le "Courrier International" regarder les extraits de presse des Maghrébins et des Africains. Sarkozy, un fasciste, un pyromane, un néo-nazi ? Il faudrait avaler ça tout cru ?

Publié par Roland le 11 mai 2007 à 18:50

@ Roland

- Pour les sources, je les ai lues sur divers sites, que je ne saurais vous citer. A tout hasard, je vous signale celui-ci : (http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20070508.FIG000000070_un_clivage_droite_gauche_renforce.html), que je viens de pêcher sur Google.

- L'idée que j'ai de M. Sarkozy est tirée, pour l'essentiel, du livre de Paul Ariès, que je vous ai dé-jà cité. Au sens propre du terme, je ne le pense ni fasciste, ni néo-nazi. Je le pense néanmoins ca-pable de provoquer un conflit social dur (par exemple sur les régimes spéciaux de retraites) pour casser le mouvement syndical (et, au-delà , le moral de toute la gauche), à l'instar de Ronald Rea-gan avec les contrôleurs aériens ou Margaret Thatcher avec les mineurs. Je ne crois pas qu'il en-verra des troupes françaises en Irak (au moment où tout le monde s'en retire). Mais je pense qu'il suivra davantage Bush, ce qui est une très mauvaise chose!

- Avez-vous un exemple de politiquement correct, qui vous porte particulièrement sur les nerfs ?

Publié par Albert le 12 mai 2007 à 2:14

Actuellement, les féministes qui prétendent que SR a perdu parce qu'elle est une femme. Sinon, la liste est longue, trop longue...
Fass57 s'est spécialisé dans les coupures de presse relatant des cas évidents de "politiquement correct" bien foireux, du genre "ne pas fêter Noël à l'école par respect pour nos frères d'autres religions" etc...

Publié par Roland le 12 mai 2007 à 9:02