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27 mars 2007

Le chaud et le froid

Le temps me manque ces jours pour traiter un sujet en détail, mais je ne peux manquer d'être interpellé par les signaux politiques contradictoires donnés à 2 mois d'intervalle par le Parlement en matière de missions de maintien de la paix. En janvier dernier, la commission de politique extérieur du Conseil national a refusé la stratégie du Conseil fédéral pour les missions militaires à l'étranger, notamment l'augmentation des soldats en mission ; et hier, la commission de politique de sécurité du même Conseil national a au contraire exigé cette augmentation, jusqu'au volume de 500 initialement fixé par le Conseil fédéral. Le tout avec de faibles et fragiles majorités, auxquelles se fier est bien risqué.

Comment une armée est-elle encore susceptible de planifier son développement et de répartir ses efforts principaux dans la durée avec une classe politique soufflant constamment le chaud et le froid ? Et ce d'autant plus que ces discordes profondes et cette polarisation existent également au niveau de l'exécutif... Il ne reste sans doute plus qu'à espérer que les prochaines élections fédérales permettent de dégager une majorité solide en matière de politique de sécurité, ce qui est loin d'être garanti !

Publié par Ludovic Monnerat le 27 mars 2007 à 13:54

Commentaires

la tendance devrait être clairement à plus de moyens pour l'engagement pour le maintien de la paix.

Remettre en question ce point est un combat d'arrière garde qui nuit à la cohérence de la réforme et détabilise sa logique.

Elle repousse encore l'acquisition de moyens absolument nécessaire pour assurer la pérenité de la sécurité de nos intérêts.

Publié par Crys le 27 mars 2007 à 18:18

Ce serait déjà un avantage si le Conseiller fédéral en charge de ce dossier n'appartenait pas à l'un des partis opposés aux réformes.

Le choix du nouveau chef de l'armée pourrait avoir une influence sur les orientations futures. Mais si influence il y a ce sera certainement dans le sens opposé aux réformes. Car comme le montre la situation actuelle, ce dernier ne pèse pas lourd face au monde politique. Donc, si changement il y a, ce sera plutôt la nomination d'une personne plus réticente aux réformes, donc plus proche de l'UDC.

Concernant les futures élections fédérales, à moins d'un bouleversement politique important, je ne pense pas qu'elles soient de nature à changer la donne. De plus, la défense n'est pas vraiment un thème qui permet aux politiciens de se profiler...

Autrement dit, la situation risque de perdurer durant plusieurs années...

A moins que LM ne perçoive d'autres alternatives ??

Publié par Alex le 28 mars 2007 à 11:06

"43% des Américains se tournent maintenant vers l'internet pour leurs nouvelles tandis que 17% lisent d'abord un journal national."
hors sujet ici, mais ce sujet vous intéresse et cet article confirme ce que vous en avez écrit :
http://fr.news.yahoo.com/28032007/202/mue-difficile-pour-les-medias-americains.html

Publié par JPC le 28 mars 2007 à 14:48

Pour être certain de poursuivre dans l'incohérence, il faut continuer à maintenir une socialiste à la tête d'une commission militaire. ;-)))

Publié par jeambi le 29 mars 2007 à 8:46

@ Jeambi
Eh, entre nous, le chef de la Commission de Politique extérieure (UDC) pose plus de problème que la cheffe de la comission de politique de sécurité.
En toute connaissance de cause, je pense que la cheffe de la CPS est la seule qui touche le puck dans le domaine! Je la verrais même chef du département! Elle est en tout cas plus visionnaire que certains radis et autres encroûtés de la Guerre Froide, qui pensent encore que Boris et Vladimir nous attendent au coin du bois!

ABE

Publié par dahuvariable le 29 mars 2007 à 9:44

Le problème avec certains socialistes, c'est que leur préoccupation semble plus centrée sur un démantèlement de l'appareil militaire, plutôt que trouver le moyen d'utiliser au mieux cet outil de défense, de protection et de sécurité...

En fait, de mon point de vue, le seul événement qui pourrait changer la donne, c'est un remaniement des départements (constitution par exemple d'un département de la défense) avec à la clé la nomination d'un centriste à la tête de cette nouvelle structure.

Publié par Alex le 29 mars 2007 à 11:05

Alex a mieux formulé que moi ce que je voulais juste suggérer sans trop m'apesantir.

Et aussi: derrière Mme H. on sent trop le poids de son parti.

Et loin de moi l'idée que la droite fait tout juste.

Publié par jeambi le 29 mars 2007 à 16:49

Lobby
Cet épisode démontre une fois de plus que l'armée a besoin de disposer de relais politiques (par ex. sous la forme d'un groupe parlementaire).

Publié par Alex le 30 mars 2007 à 9:24

Je suis d'accord avec vous, Alex, mais n'est-ce pas déjà le rôle des sociétés d'officier, au sein de la population?

Ou parlez-vous uniquement d'un lobby parlementaire (auquel cas je suis encore une fois d'accord). Le problème, j'en ai peur, c'est que l'armée passe de plus en plus pour un sujet de moindre importance à propos duquel de nombreux députés auraient l'impression de "perdre du temps".
Les seules fois où les gens prennent position, c'est en se servant de l'armée comme prétexte pour montrer à leurs camps qu'ils sont bien dans la ligne de leur parti (et je pense autant à la gauche qu'à la droite) et nul ne semble se soucier de l'avenir à long terme de l'armée.

Ce n'est peut-être qu'une impression, je l'espère, mais c'est le sentiment pessimiste que m'inspire la situation politique actuelle.

Publié par pan le 30 mars 2007 à 10:08

Je ne pense pas que les sociétés d'officiers possèdent les structures nécessaires pour faire un lobby efficace. D'autre part, par rapport à la problématique abordée ici, il ne s'agit pas d'influencer la société, mais plutôt les décideurs. C'est clairement la cible qu'il faudrait viser ici.

Dans ce contexte, un groupe parlementaire réunit des politiciens qui sont d'accords de s'engager pour un thème donné. Mais pour que ce groupe fonctionne, il faut l'alimenter. Donc une structure doit être créée, afin d'accompagner et informer les membres de ce groupe.
Ce genre de structure est d'autant plus importante, lors de périodes (comme vous l'avez indiquez) durant lesquelles les politiques ont tendance à considérer les problèmes de défense comme un sujet mineur.
Enfin, pour donner du corps à ce genre d'initiative, les sujets abordés ne devraient pas se limiter à l'armée, mais englober l'ensemble des thématiques liées à la défense (services de renseignements, police, armée, prévention du terrorisme, de la violence!).

Publié par Alex le 30 mars 2007 à 10:43