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28 juin 2006

L'information en danger ?

Je ne résiste pas au plaisir de consacrer un bref billet au texte mis en ligne avant-hier par Stéphane sur son Meilleur des Mondes, et consacré à cette curieuse initiative nommée "l'information en danger" que des journalistes romands ont lancée. A l'heure de la multiplication des sources et des vecteurs d'information, on pourrait croire que les rédacteurs encartés se préoccupent de cette concurrence nouvelle et cherchent des solutions pour augmenter la qualité de leurs productions professionnelles ; mais ils semblent au contraire focalisés sur des questions financières qui leur permettent d'éviter la remise à la question à laquelle la révolution de l'information pourtant les condamne :

Il y a peu de branches professionnelles avec une aussi haute opinion d'elle-même que les membres de la presse. Ceux-ci accordent en conséquence une haute valeur à leur travail, affirmant qu'ils agissent comme une interface "nécessaire" entre les abruptes dépêches des agences et la naïveté du public. Ils clament évidemment que chaque article, soigneusement rédigé et mis en forme par un professionnel, est une réelle oeuvre d'art à grande valeur ajoutée: tournures de phrases, enquêtes, collecte de témoignages, mise en contexte nécessaire...
La réalité est toute autre. Le public, décidément ignare, n'apprécie pas ce travail à la juste valeur (selon son estimation par les journalistes.) Le succès des journaux gratuits, qui livrent l'information brute des agences, ou des blogs, où les commentaires et les éditoriaux sont l'oeuvre de bénévoles formés sur le tas, montrent que les gens se passent volontiers de l'intervention des professionnels. En tous cas, ce lectorat émergent montre qu'une grande partie du grand public ne confère aucune valeur au travail des journalistes. Douloureuse révélation!
Un reporter compétent, qui livre de véritables enquêtes sur le terrain, suit des pistes et ramène des affaires au grand jour, garde évidemment une place de choix dans le cycle de l'information: il en est la source. Mais peut-on clamer que tous les autres, du pigiste à l'éditorialiste et ses analyses convenues, sont aussi indispensables?
Inquiètes et sans vision à long terme, les sociétés adoptent souvent des stratégies défensives lorsqu'elles sont confrontées à des difficultés. Elles refusent de se réformer et gèrent donc leur déchéance petit à petit. Ainsi, face à l'érosion du lectorat, les rédactions ne remettent pas en cause les fondamentaux de leur modèle mais se contentent de l'aménager un peu. De cette façon, une part d'influence toujours plus grande est laissée aux annonceurs dont le budget publicitaire vient suppléer à une audience déficiente.

Lisez le tout ! :-)

Publié par Ludovic Monnerat le 28 juin 2006 à 21:10

Commentaires

Constation interessante et très utile pour le milieu de la presse devenu bien aveugle ces derniers temps.

Le problème est bien l'utilisation d'agence de presse, car finalement, elles livrent tout sur Internet gratuitement et le journal acheté n'offre rien de plus. Il faut commencer à chercher de véritable valeures ajoutées à un journal pour l'acheter.

Il y a quelques années, dans la presse informatique, les CD's et les DVD's augmentaient les ventes, mais avec la démocratisation des bandes passantes, à par fournir un contenu orignal et très personnalisé, une simple page de liens internet fait l'affaire.

Est-ce que l'on comprendra que le monde bouge pas toujours comme on veut grâce a Internet dans certains milieux ? J'en doute.

Publié par G.Gard le 28 juin 2006 à 22:13

"Est-ce que l'on comprendra que le monde bouge pas toujours comme on veut 'grâce a' Internet dans certains milieux ?"

Ou à cause de , restons objectifs :)

Publié par LolZ le 29 juin 2006 à 1:58

Tout à fait d'accord avec Monnerat! Une annonce, hier, sur "La Romandie" m'a fait pousser un coup de g... ici:
http://politiquearabedelafrance.net/node/285

Publié par Ram Zenit le 29 juin 2006 à 8:47

Vive les clichés (qui soit dit en passant proviennent parfois du fait que le traitement de l'information ne correspond pas à ses propres opinions) !
Dernièrement, j'ai déjeuné avec une journaliste parlementaire qui reconnaissait devoir, presque quotidiennement, s'improviser spécialiste des différents thèmes développés sous la coupole fédérale.
Dans ce contexte, je n'apprécie pas trop cette méthode consistant à faire parler la presse, comme si les commentaires insérés avaient été accueillis auprès des personnes concernées (alors qu'il me semble que ce n'est pas le cas). Si , ce fait est vérifié, est-ce que cela ne constitue pas aussi de la désinformation, voire de la manipulation ?

Enfin, quelle crédibilité faut-il accorder au passage suivant ?: « Le succès des journaux gratuits, qui livrent l'information brute des agences, ou des blogs, où les commentaires et les éditoriaux sont l'oeuvre de bénévoles formés sur le tas, montrent que les gens se passent volontiers de l'intervention des professionnels. En tous cas, ce lectorat émergent montre qu'une grande partie du grand public ne confère aucune valeur au travail des journalistes. Douloureuse révélation!"

Dès le départ, le public ciblé par les journaux gratuits représentait un lectorat différent (surtout les jeunes). Dans ce contexte, la presse en ressort plutôt renforcée, parce qu'elle élargit son public. D'autre part, je ne suis pas certain que les lecteurs traditionnels ont abandonné « leur » journal, pour privilégier la presse gratuite. Le contenu et la façon de formater l'information sont d'ailleurs assez différents (ne pas le signaler représente déjà une forme de malhonnêteté). Enfin, je ne crois pas que les journaux gratuits sont l'Å“uvre de « bénévoles ».

Il faut encore ajouter que l'érosion des lecteurs et auditeurs s'explique par de nombreux facteurs : l'engouement pour la gratuité, l'émergence de nouvelles sources d'information (Internet), la tendance à aller à l'essentiel (uniquement les thèmes qui m'intéressent), éventuellement un moins grand sens politique d'une partie de la population, etc.

Assez cocasse cette critique qui elle-même présente de nombreuses faiblesses!

Alex

Publié par Alex le 29 juin 2006 à 10:28

@ Alex: connaissez-vous beaucoup de personnes de 25 à 35 ans (la "génération informatique") qui acète son quotidien? Personnellement, à part ceux que je connais et qui travaillent dans la presse, j'en vois peu.
Et la raison, à mon humble avis est toute simple: l'information est biaisée. C'est d'ailleurs un facteur de vente: les éditions 'locales', recentrent la majeure partie de leur contenu informationnel sur une région volontairement limitée (donc on ignore une grande partie de ce qui se passe ailleurs).
Pour les éditions nationales, l'information est clairement orientée en fonction des valeurs politiques du journal !
En Belgique, lorsque je prends "le Soir" (journal de gauche, qui a paradoxalement servi à la propagande allemande en 40-44), et "la Dernière Heure" (journal à tendance plutôt centriste voire de droite, la me^me information est traitée sous deux angles différents. Où est l'objectivité là -dedans, comment le lecteur peut-il se faire sa propre opinion et exercer son esprit critique alors que son information n'est pas neutre?
Partant, l'engouement pour les blogs. La technique est là , les connaissances pratiques également (pour les - de 50 ans en tout cas), et la qualité rédactionnelle a fait un immense bond ne avant depuis l'arrivée des blogs, avec, de surcroît, la possibilité au lecteur de donner son avis et d'échanger sur le sujet. Que veut le peuple??

Publié par Ares le 29 juin 2006 à 10:51

« Et la raison, à mon humble avis est toute simple: l'information est biaisée. C'est d'ailleurs un facteur de vente: les éditions 'locales', recentrent la majeure partie de leur contenu informationnel sur une région volontairement limitée (donc on ignore une grande partie de ce qui se passe ailleurs) ». (Ares)

Comment comprendre le passage ci-dessus ? Est-ce que vous voulez dire que l'information est biaisée car régionaliste ou locale ??
Si c'est le cas, c'est certainement une contre-vérité ! J'ai eu l'occasion, plus ou moins récemment, d'assister à la présentation d'une étude sur les lecteurs d'un journal local. Ces derniers étaient attachés à leur journal parce que justement ce dernier proposait une information de proximité (donc le reste de l'actualité leur paraissait secondaire, voire superflue) !

« En Belgique, lorsque je prends "le Soir" (journal de gauche, qui a paradoxalement servi à la propagande allemande en 40-44), et "la Dernière Heure" (journal à tendance plutôt centriste voire de droite, la me^me information est traitée sous deux angles différents. Où est l'objectivité là -dedans, comment le lecteur peut-il se faire sa propre opinion et exercer son esprit critique alors que son information n'est pas neutre? » (Ares)

Encore une jolie contradiction !! Vous ne voudriez tout de même pas que l'information soit traitée de façon uniforme (avec un organe de contrôle ou de censure). L'intérêt des médias c'est (ou ce devrait être) leur diversité !! L'important, c'est plutôt que chaque média s'emploie à respecter certaines règles, pas que l'information soit monochrome ! D'autre part, l'affirmation ci-dessus ne démontre en aucun cas pourquoi les blogs rencontrent un certain succès (ceux-ci ne traitent-ils pas également l'information sous des angles différents ??).

Enfin, vous n'avez pas du tout répondu aux critiques émises précédemment : l'article qui sert de base à cette discussion présente de nombreuses faiblesses !!

Alex

Publié par Alex le 29 juin 2006 à 11:11

L'information locale est en effet biaisée dans le sens où elle présente des priorités réduites et n'aborde pas de manière importante les problématiques plus larges. On parlera sur 2 colonnes d'un accident de la route mais on laissera juste quelques lignes à l'auteur d'un article sur lea crise nucléaire iranienne.

Pour l'interprétation et la présentation de l'information selon une influence politique, je ne vois pas l'intérêt. En effet, comment dire quelle source est la plus fiable? A mon sens, la presse doit présenter les informations de manière neutre, sans révéler une sensibilité quelconque, et là le bât blesse clairement.
Je n'ai jamais parlé d'un "angle" uniforme, juste d'un étalage de la donnée, à plat, sans interprétation ni avis personnel.

Publié par Ares le 29 juin 2006 à 11:56

@Alex:

"Dès le départ, le public ciblé par les journaux gratuits représentait un lectorat différent (surtout les jeunes). Dans ce contexte, la presse en ressort plutôt renforcée, parce qu'elle élargit son public. D'autre part, je ne suis pas certain que les lecteurs traditionnels ont abandonné « leur » journal, pour privilégier la presse gratuite."

Vous brossez un portrait tout à fait positif de la situation qui ne correspond tout simplement pas à la réalité de la presse écrite.

L'existence même du collectif "l'information en danger" prouve que la presse va bien plus mal que vous ne le dites - d'après une perception faite par les professionnels eux-mêmes. Or, à vous entendre, tout va très bien dans ce milieu...

Publié par Stéphane le 29 juin 2006 à 12:26

A Ares
Apparemment vous ne voulez pas comprendre. Les journaux locaux et régionaux répondent à une demande (dans le cas évoqué ci-dessus, demande confirmée par une étude du lectorat). L'effet proximité est plus grande que vous ne le songez.

Auparavant, notamment durant la période des années trente, la presse était beaucoup plus diversifiée. Pour votre part, vous critiquez justement une évolution qui est souvent regrettée : la standardisation de l'information. D'autre part, vous semblez avoir une piètre opinion des lecteurs. Ne pensez vous pas que ces derniers sont assez grands pour se faire eux-mêmes une idée des sujets traités ? La diversité médiatique leur permet notamment de comparer plusieurs points de vue. Tant que les médias affichent leur couleur politique (ou leur ligne rédactrice) je ne vois vraiment pas où est le problème!

Il faut aussi être conscient que la neutralité (ou l'impartialité) journalistique n'existe pas. Il est possible de considérer cette notion comme un but, mais l'environnement social, les expériences personnelles, etc. empêchent d'être totalement neutre. Ceci est valable pour les articles, mais disparaît complètement lorsqu'il s'agit de commentaires ou d'éditos. Pourtant ces derniers sont parfois (que l'on soit d'accord ou non avec les idées développées) la partie la plus intéressante, car un bon édito délaisse le fait brut pour être mis en perspective (un peu à l'image des textes de LM).

Encore une fois, je ne vois pas en quoi vos interventions constituent une critique à mon premier commentaire (voir ci-dessous). A savoir : le texte mis en ligne par LM (lui-même provenant d'une autre source) contient de nombreuses faiblesses.

Alex


Vive les clichés (qui soit dit en passant proviennent parfois du fait que le traitement de l'information ne correspond pas à ses propres opinions) !
Dernièrement, j'ai déjeuné avec une journaliste parlementaire qui reconnaissait devoir, presque quotidiennement, s'improviser spécialiste des différents thèmes développés sous la coupole fédérale.
Dans ce contexte, je n'apprécie pas trop cette méthode consistant à faire parler la presse, comme si les commentaires insérés avaient été accueillis auprès des personnes concernées (alors qu'il me semble que ce n'est pas le cas). Si , ce fait est vérifié, est-ce que cela ne constitue pas aussi de la désinformation, voire de la manipulation ?

Enfin, quelle crédibilité faut-il accorder au passage suivant ?: « Le succès des journaux gratuits, qui livrent l'information brute des agences, ou des blogs, où les commentaires et les éditoriaux sont l'oeuvre de bénévoles formés sur le tas, montrent que les gens se passent volontiers de l'intervention des professionnels. En tous cas, ce lectorat émergent montre qu'une grande partie du grand public ne confère aucune valeur au travail des journalistes. Douloureuse révélation!"

Dès le départ, le public ciblé par les journaux gratuits représentait un lectorat différent (surtout les jeunes). Dans ce contexte, la presse en ressort plutôt renforcée, parce qu'elle élargit son public. D'autre part, je ne suis pas certain que les lecteurs traditionnels ont abandonné « leur » journal, pour privilégier la presse gratuite. Le contenu et la façon de formater l'information sont d'ailleurs assez différents (ne pas le signaler représente déjà une forme de malhonnêteté). Enfin, je ne crois pas que les journaux gratuits sont l'Å“uvre de « bénévoles ».

Il faut encore ajouter que l'érosion des lecteurs et auditeurs s'explique par de nombreux facteurs : l'engouement pour la gratuité, l'émergence de nouvelles sources d'information (Internet), la tendance à aller à l'essentiel (uniquement les thèmes qui m'intéressent), éventuellement un moins grand sens politique d'une partie de la population, etc.

Assez cocasse cette critique qui elle-même présente de nombreuses faiblesses!

Publié par Alex le 29 juin 2006 à 12:32

A Stéphane:

Quelle erreur - je ne brosse rien du tout, je tente une explication.
Je n'ai jamais dit non plus que tout allait très bien. j'ai simplement signalé que votre texte donnait de nombreuse interprétations que je qualifierais d'abusives, voire de malhonnête, nuance... Prenez la peine de lire calmement mes interventions avant de faire des commentaires qui ne respectent pas le sens de ma pensée!

Alex


Publié par Alex le 29 juin 2006 à 12:36

«Le Matin Bleu» en onze questions
Pour info: disponible sous www.lematin.ch


A qui s'adresse «Le Matin Bleu»?
Avant tout à un lectorat jeune, urbain et branché même si «Le Matin Bleu» ne boude pas les autres publics! Par son format et sa maquette originale, ses textes courts et variés, «Le Matin Bleu» entend s'adresser d'abord aux 15-35 ans d'aujourd'hui, zappeurs et férus d'internet, qui ne lisent pas ou peu les quotidiens.

Publié par Alex le 29 juin 2006 à 12:43

Le journaliste est soumis à toutes sortes de pressions en fait antagonistes aux penchants habituels des gens qui aimeraient écrire, au point d'en vivre.

Il doit écrire pour être lu, c'est-à -dire aussi peu et sobrement que possible, alors qu'il aimerait tant briller par de longues et fascinantes envolées lyriques.

Il doit respecter la charte du média, et parfois même des impératifs économiques et politiques, car (la bonne santé, sinon la survie de la raison sociale de) son employeur en dépend, alors qu'il est certain que seule une indépendance absolue fait suffisamment honneur à son ambition.

Il est censé séparer strictement la description des faits - guidée par l'aspiration à l'objectivité - de son opinion personnelle, qu'il doit présenter comme telle, alors qu'il brûle de puiser dans la substance de l'information la matière première de l'expression des idées qu'il prend, sans doute avec sincérité, du moins au début, comme la principale valeur ajoutée de sa contribution.

Et, sauf exception, seul un effort extrêmement vigilant et constant de ses mentors va l'empêcher de tomber dans ces travers qui encombrent son parcours professionnel. Or il est exceptionnel que les médias puissent fournir cet effort.

Pour le titre, ou pour ses membres chevronnés, cela signifie un sacrifice immense - celui de se pencher sans cesse sur les errances des débutants, de les critiquer de manière constructive, de guider les esprits, de consacrer, en somme, des heures et des heures du temps le plus précieux du média non pas seulement à améliorer les meilleurs papiers, ce qui reste gratifiant, mais à corriger les bourdes des mauvais, ce qui demande un certain sens du service à une cause.

Si ce travail de base, très difficile à rendre enthousiasmant, n'est pas fait, on produit de mauvais journalistes - des gens qui écrivent long, ou sans précaution ou qui se servent des faits pour habiller leurs idées, au lieu, comme le journaliste qui poursuit sincèrement l'idéal de sa profession, de taire ses opinions pour simplement servir l'information, c'est-à -dire pour contribuer au bon fonctionnement de la civilisation.

Dans l'entreprise où j'ai appris (et pratiqué, jusqu'à diriger une petite équipe de journalistes) ce métier, dans les années 1980, nous avions toutes sortes de routines et de traditions pour favoriser ce travail de suivi et de critique. Et je m'aperçois aujourd'hui que cela ressemblait beaucoup à un blog, surtout les modèles collectifs: nous avions des séances plénières (obligatoires pour les «jeunes») où tous les articles publiés étaient critiqués, même ceux des membres fondateurs par les apprentis (on apprenait toutefois généralement davantage lorsque c'était le contraire).

Il y avait quand même des bourdes dans le papier, mais jamais une série de bourdes similaires. Et comme les fondateurs étaient membres de partis différents (le plus souvent opposés), nous avions aussi un bon équilibre politique ainsi qu'une culture saine et vivante de la gestion des conflits.

Je pense que les médias devraient se discipliner davantage selon les principes du blog collectif. Ou disparaître.

Publié par ajm le 29 juin 2006 à 12:57

Je trouve cette remarque plutot bien vue! Oui, tous les matins je lis "Ouest-France" pendant mon petit déjeuner (Bon d'accord! C est pas correct, mais cela remplace la liasse de télex de la nuit dans une autre vie!). Je pars dans cette lecture avec à l esprit une idée comme " Qu elle C....ie vont ils encore nous faire gober? ou, encore, connaissant bien le sujet, je suis triste de voir le pigiste passer à côté... ). Puis, je lis le Figaro quand il arrive, et enfin dans la soirée je lis un certain nombre de blogs dont celui-ci.
Eh bien je pense que les analyses de bien des blogs sont plus pertinentes, DE même que certaines synthèses sur des sujets pointus (diplomatiques + militaire + stratégique). La presse est pourrie par le "politiquement correct", la couardise de déplaire à tel ou tel puissant...

De même quand il s agit d affaires de guerre telles que l Irak, c est l imprécision absolue... Forcément, on ne peut aller sur le terrain et il faut faire un "papier"... Souvenez vous de la Yougoslavie, les baratins d un certain Jamie Shea? Nous, quand nous avions l occasion de l entendre, on l applaudissait car on se demandait bien ce qu il allait faire "gober" aux journaleux qui répétaient, sans s interroger, ce que le Jamie avait raconté en conférence de presse! Il rappellait aux anciens un certain Victor Louis!!!

Publié par Padrig Castero le 29 juin 2006 à 23:28

La faiblesse globale de la presse, qu'elle soit ouvertement gratuite ou seulement vendue a un prix très réduit par la pub s'explique a mon avis en grande partie par la dépendant dans la quelle elle se trouve, qui lui interdit de sortir du plus peit commun dénominateur qui puisse convenir à tout le monde.
Le site lesbonsdocs.com donne une page avec tout les liens de presse qui permet une comparaison en temps réel entre les divers organes d'information présents sur le net.

Publié par l'homme dans la lune le 30 juin 2006 à 0:33

Voici le lien vers la page dont je parlais précédement.
L'homme dans la lune

Publié par lesbonsdocs.com/toute la presse en ligne le 30 juin 2006 à 0:36

"A mon sens, la presse doit présenter les informations de manière neutre, sans révéler une sensibilité quelconque, et là le bât blesse clairement." (Ares)

Chic! Ça va nous donner des choses pour le moins amusantes (enfin, au début surtout). Et ça va raccourcir le message: le TJ passe à 10min!

  • Hier soir un car a sauté à Jérusalem; 12 morts. L'attentat a été revendiqué par les brigades Jétiseh.
  • Les statistiques des accidents de la route pour l'an dernier: 12% de moins que l'an dernier avec 512 morts.
  • Le conseiller fédéral Truc a inauguré le musée du lacet de Vuilly. Dans son discours il a insisté sur le rôle historique du lacet.
  • Au procès du voleur des sous de la banque de genève, condamnation à 5 ans ferme. L'avocat a dit qu'il fera recours.
  • Demain il fera beau.

Voilà : propre et net: pas d'opinion, pas de message, juste les faits.

Tiens, mais au fait: cela ressemble drôlement à ces journaux gratuits :)

Publié par LolZ le 30 juin 2006 à 2:41

Le problème n'est pas dans la présence ou l'absence de valeur ajoutée par le travail du journaliste; cette valeur ajoutée existe, je crois que tout le monde en conviendra. Le problème vient du prix que le public est prêt à payer pour ce travail. Et ce prix n'est pas à la hauteur de ce qu'en attendent les journalistes. Sans la pub, bien peu de gens accepteraient de se payer un journal avec le prix en rapport.

Le Canard Enchaîné y arrive en France, mais il n'est qu'hebdomadaire, ne fait que quatre pages, et ne concerne que des bruits de couloir politique parisien. Que de compromis pour arriver à se couper de la pub!

Les journaux gratuits (sans réécriture) ou les blogs (par des bénévoles) représentent chacun une façon de contourner cette divergence, en se passant du service d'une façon ou d'une autre.

Une autre possibilité serait pour la presse de tolérer s'adresser à d'autres tendances politiques que celle qu'elle courtise semble-t-il éternellement à l'exclusion de toute autre...

Publié par Stéphane le 30 juin 2006 à 8:51

À ce niveau, justement, je ne suis pas sûr qu'une étape intermédiaire soit nécessaire ou souhaitable entre les blogs et les think-tanks.

Un journalisme «de milice» dans les blogs peut faire au moins aussi bien, et à bien meilleur compte, que les feuilles locales et régionales, et si l'on accepte le principe de financements privés orientés politiquement (pourquoi pas, dès lors que c'est affiché clairement), il est plus honnête d'abandonner toute référence au journalisme. Ou plutôt il est malhonnête de continuer de prétendre faire de l'information journalistique.

Publié par ajm le 30 juin 2006 à 9:37

...Disons que je trouve que beaucoup des publications existantes, voire la plupart, font des articles orientés politiquement. Et défendent publiquement le contraire, naturellement.

Oser assumer explicitement l'éloignement d'une rédaction de la stricte neutralité idéologique serait un premier pas.

La pire malhonnêteté journalistique n'est pas, à mes yeux, de présenter une information idéologiquement colorée et assumée par rapport à une information non manipulée, mais bien de présenter une information manipulée en prétendant que la déontologie est respectée.

Publié par Stéphane le 30 juin 2006 à 14:24

Tout à fait. À plus forte raison lorsque le média en question profite des fonds publics ou d'un monopole étatique.

Publié par ajm le 30 juin 2006 à 14:48