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4 janvier 2006

Iran : planification d'emploi (1)

Bien ! Comme annoncé hier, nous allons entamer aujourd'hui cette expérience de planification participative en source ouverte. Le produit final de cette démarche, après quelques semaines, devrait être une idée de manÅ“uvre relativement précise sur les effets, les moyens et le déroulement d'une opération militaire en Iran ; cela permettra de mieux comprendre les enjeux de l'un des principaux points chauds de la planète, ainsi que les possibilités d'action des principaux acteurs impliqués. Il va de soi que cette démarche est purement didactique et ne vise en aucun cas à fournir un soutien à l'un ou l'autre des belligérants potentiels, lesquels devront tous être considérés avec la même distance analytique.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, quelques mots sont nécessaires sur le cadre de la planification. Si les actions de coercition armée sont fort logiquement un ultime recours en mains des gouvernements démocratiques, leur planification constitue en revanche une activité permanente des états-majors - nationaux du moins - sans que cela préjuge de leur occurrence. On parle généralement d'études de cas pour désigner le processus, et de planification prévisionnelle (traduction helvétique de contingency planning) si l'on entend en tirer au moins un concept d'opérations sommaire. C'est donc dans cette perspective purement militaire, sans préjugé politique, que j'inscris cette expérience.

C'est pourtant bien par le niveau stratégique qu'il faut commencer notre réflexion. En partant du principe que l'acquisition par un régime islamiste iranien de l'arme nucléaire et des missiles pour l'engager doit être empêchée, les moyens pour le faire dépassent bien entendu le cadre de l'action armée. Pourtant, dans la mesure où la diplomatie s'agite en vain depuis des années, et comme des actions dans le domaine économique ou informationnel ne peuvent avoir rapidement l'effet recherché, c'est bien un emploi de la force à relativement brève échéance qui doit être considéré. Ne parlons pas encore de qui emploie cette force ; cela viendra plus tard, même si je n'ai pas caché mon idée de l'intervention d'une coalition conduite par les Etats-Unis.

La première étape consiste à définir l'état final militaire stratégique attendu de l'opération, c'est-à -dire la situation qui devra être obtenue au terme de son exécution. La discussion libre qui s'est effectuée hier prend ici tout son sens, car il s'agit maintenant de définir les effets recherchés avec l'action militaire. Veut-on simplement employer la force pour gagner du temps, augmenter la pression sur le régime de Téhéran, tenter de favoriser son renversement ou carrément envahir le pays pour y parvenir ? Répondre à cette question implique de connaître également l'état final recherché par ceux qui dirigent actuellement l'Iran. Les deux états finaux font donc partie de cette première étape.

Il paraît plus simple de définir l'état final recherché par les mollahs. L'arme nucléaire constitue dans leur esprit aussi bien une assurance-vie pour leur régime qu'une manière de contrer l'évolution actuelle du Moyen-Orient, notamment sous l'influence démocratique imposée par les Etats-Unis. De ce fait, ils devraient logiquement escompter le maintien de la situation intérieure, en termes d'intégrité territoriale et de pouvoir politique, ainsi qu'obtenir une augmentation de l'influence extérieure par la production de plusieurs ogives nucléaires et des vecteurs qui en font une arme, tout en conservant leurs relations économiques actuelles. Un état final stratégique qui est bien parti pour être atteint.

La vraie question à trancher d'emblée reste donc le rôle de l'action capable d'empêcher cela. Une opération avant tout aérienne visant à ralentir le programme nucléaire, et donc focalisée sur les seules capacités, reviendrait à accepter une grande part des risques pour un effet somme toute limité et incertain. A l'inverse, une invasion terrestre en règle de l'Iran sur le mode irakien se heurte à des problèmes de faisabilité matérielle qui, à eux seuls, réduisent l'intérêt d'une telle option. On peut donc estimer que l'opération souhaitée et possible doit se situer entre ces deux extrémités du spectre opérationnel. Il faut déployer des effets matériels et immatériels durables, susceptibles d'avoir un impact sur la société iranienne.

Voici donc ma proposition initiale d'état final militaire stratégique :

La formulation, soigneusement soupesée, a été pensée de manière à laisser ouvert un vaste éventail de variantes, tout en fixant déjà un cadre général assez précis pour l'action. Naturellement, plusieurs pistes possibles me sont venues à l'esprit et sont compatibles avec cet état final, mais je me suis gardé d'en tenir compte. L'ensemble doit maintenant être évalué, discuté, contesté, complété ou amélioré...

COMPLEMENT I (4.1 2110) : L'état final ci-dessus sera modifié en fonction de plusieurs remarques très pertinentes émises ci-dessous. En attendant, je recommande la lecture de cet article, qui fournit un aperçu très intéressant de l'état d'esprit de la population iranienne. Si une opération militaire doit être menée en Iran, elle doit être comprise par cette population...

COMPLEMENT II (5.1 1030) : Après 24 heures de discussions et de commentaires, nous pouvons aller de l'avant. En premier lieu, une version adaptée de l'état final militaire stratégique peut être proposée (les changements sont en italique) :

Remplacer le mot "gouvernement" par celui de "régime" élargit la perspective et permet d'intégrer sous cette ligne l'appareil répressif de Téhéran ; préciser "contre la coalition" pour les représailles évite une certaine confusion. Remplacer pays "voisins" par ceux de la région prend mieux en compte les influences et interactions d'une telle opération. Enfin, la dernière ligne clarifie la situation des propres forces au terme de l'opération, sans rendre nécessaire une quelconque occupation - mais sans non plus l'exclure.

La prochaine étape consiste à déduire de cet état final militaire stratégique les principaux objectifs de l'opération. Je m'y attelle dès que j'en ai le temps... :)

COMPLEMENT III (5.1 1525) : Suite notamment à une remarque de Winkelried, j'ai retranché deux postulats de l'état final afin de ne pas anticiper une possible réaction et de vraiment se focaliser l'objectif final. J'ai également corrigé la première phrase, afin de laisser davantage de liberté de manoeuvre par la suite. Voici donc la troisième version :

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 9:21

Commentaires

La perte de vies humaines dans un nouveau conflit serait inacceptable pour une grande part de l'opinion publique américaine.

De plus il semble impensable que Israel intervienne avec des moyens terrestres même limités.

Seule une intervention aérienne ponctuelle serait acceptable sur le long terme par la communauté internationnale.

Sachant qu'il existe des moyens pour interdire de manière très précise des zones ou des constructions enterrées pour de nombreuses années, je pense qu'une telle opération est la plus adaptée dans la situation actuelle. Le programme serait retardé pour longtemps.

Ayant perdu la face, le régime serait à deux doigts de sa perte de légitimité intérieure.

Publié par Pierre le 4 janvier 2006 à 10:06

Il me semble que cet état final correspond bien au sentiment général exprimé dans la discussion précédente. En tout cas, c'est le mien, surtout après avoir lu les commentaires des uns et des autres. Je pense que les divergences portent plutôt sur la définition globale de l'action à mettre en oeuvre pour y arriver.

PS: si je suis un nouveau commentateur, je suis un lecteur assidu depuis plusieurs mois, et après avoir parcouru vos nombreux commentaires, j'ai un certain sentiment de familiarité avec vous tous (surtout que je suis aussi un lecteur assidu de certains, Sisyphe par exemple).

Publié par ylyad le 4 janvier 2006 à 11:26

Bravo pour cette idée "open source", c'est excellent.

Je pense qu'il faut quelques éléments de vision globale, pour mieux connaitre la situation.

Sorti de l'encyclopédie :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Iran

Profil économique :
http://www.indexmundi.com/fr/iran/economie_profil.html

On peut constater que l'Iran est entièrement autonome en termes energétiques, avec des réserves importantes. Ce n'est pas négligeable dans une optique de blocus.


Armes de destruction massive :

http://www.globalsecurity.org/wmd/world/iran/iran_map.htm

Publié par Daniel le 4 janvier 2006 à 11:31

A mon sens, seule l'option aérienne et des frappes dites "chirurgicales" sur les sites clés - et du pouvoir - et du programme d'enrichissement de l'uranium, auraient réellement un effet et un sens.

L'option terrestre étant bien trop lourde à mettre en place, elle devrait d'office être écartée dans un premier temps.

Il faut surtout bien faire passer dans l'opinion que l'Iran se prépare à une guerre. Cet état dirigé par des fanatiques se dote d'ADM, de missiles de croisière, soumet son peuple à un régime fort, et Ahmadinejad fait des discours incendiaires vis-à -vis de l'occident. Ce sont là des signes qui ne trompent pas. Une phase d'information et de mises en garde doit précéder l'action, afin d'être perçu par le reste du moyen-orient comme des pacificateurs et pas des agresseurs d'un pays musulman qui, sans nul doute, essayera de se faire passer pour victime du sionisme et du capitalisme guerrier américain.

Publié par Ares le 4 janvier 2006 à 11:40

Pour Ares mais aussi pour d'autres : l'information fait partie de l'action militaire, et c'est la raison pour laquelle les armées ont développé les opérations d'information. Cependant, il est encore trop tôt pour parler d'éléments tactiques et temporels : avant de traiter le "comment", il faut se pencher sur le "pourquoi" (c'est l'état final attendu) et le "quoi" (on parlera d'objectifs, de centres de gravité et de points décisifs).

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 12:07

Oui, une "méthode de raisonnement tactique" ou MRT est un préalable indispensable au "passage à l'acte"...:)

Pourquoi, quoi, avec qui, contre qui, où, quand, et enfin comment, bref, toutes ses petites choses qui nous occupent à longueur de temps quelque soit le sujet traité d'ailleurs.

Vous fixerez l'heure du briefing, je me charge du rassemblement :)

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 12:44

Il faudrait d'abord savoir de quelles ressources nous disposons, sinon cela parait fort vague... :s

Publié par Ares le 4 janvier 2006 à 12:52

Je comprends votre souci, mais les armées font les choses dans le sens inverse : c'est en fonction de la mission, déduite des objectifs qui eux-mêmes découlent de l'état final attendu, que l'on détermine les forces et les appuis nécessaires. Cette méthode est encore davantage adaptée à une opération coalisée, puisque les partenaires doivent tôt ou tard se mettre autour d'une table et décider qui fait quoi. En langage OTAN, on parle d'un Statement of Requirement (SOR) pour désigner l'expression des besoins qui, ensuite, aboutira à la génération et à l'activation des forces...

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 12:59

Chers amis,

pour continuer le "war game", voici 2 liens forts intéressants:

- Descriptif des moyens militaires iraniens:

http://www.globalsecurity.org/military/world/iran/

- Scenari d'attaques:

http://www.globalsecurity.org/military/ops/iran-options.htm

Publié par frenchfregoli le 4 janvier 2006 à 13:40

Cher Ludovic, je déduis de vos propositions sur l'état final attendu que vous êtes ambitieux.

J'aimerais toutefois quelques précisions:
Dans les "représailles armées", incluez-vous les actions terroristes à l'encontre des pays membres de la coalition? Ou doit-on considérer ceci comme un élément "indépendant"?
Pour la capacité à changer de gouvernement, jusqu'où l'entendez-vous? environnement politique favorable (révolution)? vacance du gouvernement actuel (quelle qu'en soit l'origine)?

Publié par ylyad le 4 janvier 2006 à 13:58

Rappel destiné à la méditation...

Les États-Unis ont programmé, du 24 juillet au 15 août 2002, les plus grandes manÅ“uvres de l'histoire militaire : Millenium Challenge 2002 (MC 02). Elles devaient permettre de tester de nouveaux matériels et de valider le nouveau concept tactique " d'opération rapide décisive " (Rapid Decisive Operation - RDO).

Résultat de l'exercice, vu par celui qui commandait les "méchants" dont les indéniables succès, au mépris du scénario de l'exercice, discréditèrent ce dernier:

"Speaking of the exercise, Van Riper said "It was in actuality an exercise that was almost entirely scripted to ensure a Blue 'win.'"

ce qui traduit ailleurs nous donne:

"la RDO n'est qu'une " branlette d'intello ", et les militaires n'ont pas attendu les " bureaucrates " du Pentagone pour souhaiter conduire les guerres le plus rapidement possible en emportant les centres vitaux de l'ennemi."

Prudence donc, et surtout humilité!

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 14:57

Le commentaire de Van Riper laisse plutôt penser que cet exercice était en fait un grand défilé opérationnel truqué destiné à démontrer la toute-puissance de l'armée américaine.. ;)

Publié par Ares le 4 janvier 2006 à 15:58

A ylyad : Non, en écrivant que le gouvernement iranien ne devait pas avoir la capacité de lancer des représailles armées, c'est bien à la neutralisation dudit gouvernement comme organe de commandement suprême que je pensais. L'état final a de ce fait été formulé de manière à séparer le gouvernement, l'armée et la population, même si la priorité n° 1 reste certainement l'arme nucléaire. Pour ce qui est de changer de gouvernement, l'état final laisse le mode opératoire ouvert : soit des élections peut-être anticipées, soit des prises de pouvoir localisées vu la vacance de celui-ci et l'incapacité de son appareil répressif à empêcher la chose (j'ai ma petite idée sur la manière d'y parvenir, mais nous verrons cela plus tard...).

A Winkelried : Si je me rappelle bien, l'exercice MC 02 était une répétition générale de l'invasion irakienne et l'ancien général des Marines Van Riper était "chef rouge". L'exercice a été réinitialisé - et Van Riper a démissionné - lorsque les Américains ont perdu un groupe aéronaval complet dans les eaux du Golfe, et que les arbitres ont estimé cela improbable. Ce qui ne rend pas votre appel moins pertinent...

Pour frenchfregoli : il ne s'agit pas de faire un wargame, parce que le "jeu de guerre" est une méthode de vérification des variantes dans le cadre d'une planification militaire. Disons que nous essayons de faire une planification simplifiée...

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 16:06

"Pourquoi, quoi, avec qui, contre qui, où, quand, et enfin comment, bref, toutes ses petites choses qui nous occupent à longueur de temps quelque soit le sujet traité d'ailleurs." Winkielred

"Il faudrait d'abord savoir de quelles ressources nous disposons, sinon cela parait fort vague... :s" (Ares)

"Statement of Requirement (SOR)" (Monnerat)

SOR:
USA plus rien de disponible
UE rien de valable disponible
(Mikhaël)

game over

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 16:09

"La population iranienne a la capacité et la volonté de changer de gouvernement"

Point crucial. Pour ce que j'en sais (c'est pas grand chose), la majorité des Iraniens déteste les mollahs, au point de se détourner de l'Islam lui-même.
Cependant, la majorité (?), par fierté nationaliste, soutient l'effort nucléaire militaire. Comment une frappe militaire, même chirurgicale, ne pourrait NE PAS être vue comme un affront à l'Iran comme entité nationale, et un autre symptôme de l'humiliations des musulmans?
C'est là tout le problème.

Publié par al le 4 janvier 2006 à 16:14

Mikhaël, que l'US Army soit aujourd'hui entièrement engagée entre l'Irak, l'Afghanistan et d'autres missions de moindre envergure, soit ; mais qu'en est-il du Corps des Marines, de l'US Navy et de l'US Air Force ? Enfin, affirmer que l'UE n'a rien de valable disponible est une provocation qui ne fait pas avancer les choses. Encore une fois, nous n'en sommes pas là ; à ce stade d'une planification, un état-major doit se focaliser sur les effets recherchés avant d'exprimer leur coût en ressources selon le mode opératoire choisi pour lier les fins, les moyens et les méthodes (l'essence de l'art opératif).

Pour al : Oui, c'est bien le problème principal, parvenir à mener une action de coercition armée sans susciter une opposition généralisée. Cela a pu être fait en Afghanistan et en Irak, mais l'Iran présente une situation différente.

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 16:19

N'y a t'il pas eu un scénario avec une force terrestre de "seulement" 60 000h pour une ops "rentrer, tout faire sauter, sortir" ?

Publié par Frédéric le 4 janvier 2006 à 16:24

L'Iran est
- la deuxième réserve mondiale de Gaz et cinquième producteur
- le deuxième exportateur mondial de Pétrole dans l'OPEP
- population = 76 millions
- superficie = 1 648 000 km² (France = 675 417)
- orographie: montagnes, plateaux ... déserts

Objectifs:
° stopper le nucléaire (totalement pour une période?)?
°renverser le régime?
°leur vendre des guimauves?

# la Chine (premier client énergétique, antagoniste des USA, allié de facto de la Russie),
# la Russie (premier fournisseur militaire technologique à l'Iran, premier fournisseur de gaz à l'UE),
# le monde musulman ("touche pas à mon frère", contre les Croisés et les Juifs) quelqu'un se souvient du travail diplomatique pour la première guerre du golfe?,
# l'"altermonde" ("occident agresseur" défilés, électionsetc),
# les réseaux terroristes (Al Qaida - solidariété islamique, Hamas/Jihad Islamique/Hezballah

Naturellement l'expérience irakienne et en moindre mesure afghane montre à quoi s'attendre ;)

Le corps de Marines, la Navy et l'Air Force?
Le corps des Marines il est du côté de l'Irak, les mains plutot pleines, la Navy et l'Air Force porte avions et avions (et alors?)

UE: il faudra tout d'abord expliquer la réalité de la situation aux électeurs/citoyens de l'UE... et comme ça n'a jamais été fait et vu qu'on en est à une lecture angélique de la géo-machin, c'est pas pour demain qu'on arrivera à renverser une bonne vingtaine d'années d'offensive psychologique (voir mes commentaires précédents) ... alors je vois mal l'UE avec des pays comme la France et l'Espagne (véto) aller en guerre contre l'Iran quand ils n'ont même pas déclaré le Hezballah organisation terroriste ...

... et même si, alors Londres et Madrid ce sera de la blague par rapport à la vague d'attentats ... et des grandes manifs/émeutes/provocs ...


voir aussi
http://www.ludovicmonnerat.com/archives/2005/05/iran_les_option.html

.... à suivre suite à des commentaires ...

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 17:25

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 17:29

# la Chine (premier client énergétique, antagoniste des USA, allié de facto de la Russie),
# la Russie (premier fournisseur militaire technologique à l'Iran, premier fournisseur de gaz à l'UE),
# le monde musulman ("touche pas à mon frère", contre les Croisés et les Juifs) quelqu'un se souvient du travail diplomatique pour la première guerre du golfe?,
# l'"altermonde" ("occident agresseur" défilés, électionsetc),
# les réseaux terroristes (Al Qaida - solidariété islamique, Hamas/Jihad Islamique/Hezballah

Bien, Mikhaël, vous voyez, grâce à vous la case contre qui? / contre quoi? se remplie peu à peu et nous permettra sans doute de réfléchir au meilleurs moyens de neutraliser sinon édulcorer les actions potentielles de ces adversaires sur notre idée de manoeuvre...

Pour Ludovic, comment comptez vous structurer l'Etat major afin de cadrer les réflexions de chacun: groupe de travail sur des thèmes particuliers, méthode philipp's 6X6 ;) ?

Ou bien "conseil de guerre" à l'ancienne ?

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 17:42

De toute évidence, le conseil de guerre à l'ancienne me paraît le mieux adapté. J'aimerais que chacun, dans la mesure de sa disponibilité, prenne position sur les éléments que je vais progressivement proposer, à commencer par cet état final militaire stratégique. Cela va nous permettre d'avancer en suivant la même méthode, grosso modo, que celle pratiquée par l'état-major US qui a certainement déjà planché sur de nombreuses variantes opérationnelles ces derniers mois...

On notera que ma proposition initiale est très centrée sur l'Iran. Je serais tout à fait enchanté de recevoir des compléments. Maintenant, concernant une possible répartition du travail, cela ne pourra intervenir que dans les étapes suivantes. Dans l'immédiat, il s'agit de définir les effets attendus de l'action.

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 17:56

D'après moi avant de parler d'état major, et dans ce cas je rejoins celui qui a dit que sont expérience se limite à la section, il faudrait comprendre que ces acteurs (Chine, Russie) ne vont laisser personne faire jou-jou là où ils achètent leur hydrocarbure ou où ils vendent les marchandises (vu que W. Bush a ouvert la bouche mais pas le portemonnaie).


Pour aller plus loin, sur le site http://www.globalsecurity.org/
un article relatait des simulations grande envergure des USA en matière ... l'Iran ce n'est pas Grenada

OBJECTIFS?
... on leur vend des guimauves?

Avant de jouer à ce niveau il faut avoir clair le niveau supérieur ... ce qui ne l'est pas :(

.... à suivre suite à des commentaires ...

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 17:59

@al:

L'iran n'est pas un pays "psychologiquement" humilié, comme les pays arabes.
Bien au contraire, la fierté et le sentiment national iranien puise dans le fait que "nous, nous ne sommes pas des arabes".

La propagande des mollahs, présente bien sur la question nucléaire comme un enjeu nationaliste, mais pensez vous que les iraniens en soient dupes?
Dans un pays de 30% de chomage(avec la manne petrolière), une épidemie de sida hors de controle, où 1 avion tombe par mois, la corruption galopante, et surtout disposant des 2ième ou 3ieme reserves de gaz mondiaux, la construction des centarles nucléaires(surtout de conception russe!), serait le point culminant du projet national?

Tout cela nous ramène au point de départ:

Faire savoir aux iraniens que toute action miltaire, ne sera dirigée que contre le régime(meme laisser entendre que rien n'empecherait l'iran d'avoir des centrales après s'etre doté d'un régime non-belliqueux et responsable), et l'argument "nationaliste" à employer serait de faire tout le temps référence à la gloire de l'iran et de son peuple plusieurs fois millénaires, ses glorieux rois, etc...
Ca, ce serait caresser les iraniens dans le sens du poil!

Pour beaucoup, cela semblerait ridcule de faire appel à un sentiment national en se référant auaux temps de cyrus, mais c'est là justement que réside le sens d'etre Iranien. Nous avons un lien avec cette époque que beaucoup de civilsation n'ont plus: personne dans l'egypte d'aujourd'hui ne porte des prénoms de l'époque des pharaons, ou aucaun irakien ne s'appelle "nabuchdonosor"!
Les prénoms de "cyrus, darius, et bien d'autres(dans leur prononciation perse) sont très courants chez les iraniens( d'ailleurs, depuis les mollah, le mode des prénoms perses a repris de plus belle!)
Pardonnez cette digression non-militaire, mais peut-etre que quelques éléments sociologique pourront vous aider dans la compréhension de ce paradoxe et puzle qu'est l'Iran.

Publié par frenchfregoli le 4 janvier 2006 à 17:59

Bon, vu le sérieux de l'exercice, je me propose pour aller prendre les consommations au comptoir (transport uniquement, chacun paie le sien)

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 18:02

"L'Iran n'a pas la capacité de produire et d'engager l'arme nucléaire ; "

J'aurais pensé que c'était le seul objectif final.

"Le gouvernement iranien n'a pas la capacité de lancer des représailles armées ; "

Cela suppose la destruction de sa capacité terroriste, donc du Hezbollah. Les représailles peuvent venir même après la destitution du gouvernement.

"Les forces armées iraniennes n'ont pas la capacité et/ou la volonté de contrer les actions de la coalition ;"

Tout dépend des actions en question, mais cet objectif me paraît aller de soi.

"La population iranienne a la capacité et la volonté de changer de gouvernement ; "

Capacité : implique de détruire les "forces de défense du régime" ; volonté : variable selon les régions (plus forte à Téhéran), dépendante de la force apparente du gouvernement. Une défaite sans occupation étrangère devrait aller dans le bon sens.


"Les pays voisins de l'Iran n'interviennent pas militairement contre l'opération et ne changent pas de posture face à la coalition ; "

Intervention militaire improbable de toute façon ; Afghanistan et Irak dépendent de la coalition, donc au pire neutralité malveillante ; les autres sont probablement hors-jeu de toute façon.

"Les forces déployées par la coalition ont la capacité de se maintenir durablement dans le théâtre d'opérations. "

Soit au sol sur place, soit autour, en mer ou en Irak/Afghanistan.

A priori, mon option favorite serait une victoire humiliante et ponctuelle combinant :
- destruction du potentiel nucléaire par des frappes aériennes assez exhaustives, éventuellement sur plusieurs jours, avec contrôle du ciel total et incontesté, donc destruction préalable du potentiel antiaérien et aérien, puis frappes méthodiques sur les sites litigieux.
- élimination ciblée des cadres hezbollah connus ainsi que des organisations soutenues par l'Iran dans la région ; éventuellement frappes israéliennes sur le Sud-Liban.
- négociations en Irak visant à pousser les organisations politiques soutenues par l'Iran à s'en écarter.
- menaces relativement claires à l'encontre de la Syrie histoire de la maintenir à l'écart.

En principe, tout cela devrait rendre le Mahmoud nettement plus raisonnable.

Publié par Jean le 4 janvier 2006 à 18:03

A Frenchfregoli : les éléments que vous venez de donner sont de la plus haute importance, et croyez-moi, ils font partie intégrante de toute planification militaire sérieuse !

A Jean : merci pour ces appréciations. Elles représentent déjà les premiers pas vers la définition des objectifs. Je crois que la question du Hezbollah et des représailles armées doit cependant être replacée dans le contexte régional : représailles il y aura si une coalition s'en prend aux régimes des mollahs ; il faut simplement que ces représailles n'aient qu'un effet limité et n'entravent pas les effets directs recherchés par l'opération en Iran.

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 18:16

@Mickhaël : "L'Iran est
- la deuxième réserve mondiale de Gaz et cinquième producteur
"

Oui, et c'est pourquoi le "conflit" des Russes avec les Ukrainiens quant au gaz, et la "déduction" qui en a été faite en Europe ("il faut diversifier les sources") cela juste à quelques jours de la rencontre entre les Russes et les Iraniens quant à l'enrichissement de l'uranium me semblent au minimum supects.

@Ludovic Monnerat : "Les forces déployées par la coalition ont la capacité de se maintenir durablement dans le théâtre d'opérations"

Cette dernière ligne de l'"état final militaire stratégique" est ambigüe : un véritable final se situerait après la sortie. SI "La population iranienne a la capacité et la volonté de changer de gouvernement" il ne devrait pas y avoir besoin de présence militaire permanente... même si presque 1400 ans d'histoire indiquent le contraire.

Publié par APG le 4 janvier 2006 à 18:30

@ Frenchfregoli, Vous confirmez au delà de ce que j'avais perçu de contacts avec des Iraniens depuis plus de trente ans. J'oserais dire que les Iraniens sont assez doués pour le théâtre et ils utilisent leur talent pour satisfaire les Mollahs mais je pense que ce n'est pas toujours bien compris des Occidentaux non avertis. La propagande et l'approche de leaders devra répondre à la spécificité des Iraniens Peuple Historique, de cette Mémoire du Monde qui n'est pas un vain mot en Iran.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 4 janvier 2006 à 19:11

Sans aller jusqu'à envisager un changement de régime, je crois que la victoire sur le plan psychologique sera obtenue si la coalition montre qu'elle est capable d'aller au-delà de ce qui a été anticipé par les mollas. Concrètement, cela peut consister à (annoncer/démontrer) que le risque est plus grand que des frappes ciblées ou un blocus. Une présence sur le terrain me parait donc nécessaire pour indiquer qu'ils peuvent être atteints n'importe où et que le non-respect de notre souveraineté (menace nucléaire) implique la violation de leur espace vital par nos forces.

Cette effet me semble difficile à obtenir avec uniquement des forces spéciales dont les actions même si elle sont revendiquées n'ont pas la même portée politique que l'engagement au grand jour d'unités terrestres « régulières ».

L'emploi d'unités parachutistes correctement appuyées (USN, USAF, coalition type OEF/Heracles, etc.), peut produire des effets dévastateurs sur des cibles bien choisies (centre politiques, cibles militaires en profondeur peu protégées comme les aérodromes, ce qui permet de détruire des matériels coûteux et fortement « affectifs » ainsi que de faciliter la récupération).

On se situe là à mi-chemin d'un scénario de coercition « sans choc » inefficace comme celui subit par l'Irak entre 1991 et 2002, et une opération de grande envergure type OIF tout en limitant les inconvénients de ce genre d'opérations.

Bref, un scénario qui ressemblerait plus à Suez qu'à OEF ou OIF.

Publié par Fap le 4 janvier 2006 à 19:52

"Enfin, affirmer que l'UE n'a rien de valable disponible est une provocation qui ne fait pas avancer les choses." Monnerat

Ayant répondu et articulé mes dires ... à vous Monnerat ici Mikhaël.


"représailles il y aura si une coalition s'en prend aux régimes des mollahs ; il faut simplement que ces représailles n'aient qu'un effet limité et n'entravent pas les effets directs recherchés par l'opération en Iran." Monnerat

Mon point de vue:
la oumma se sent confirmée dans son sentiment "les Croisés et les Juifs nous attaquent" ce qui rallie autour de Benladen (sunnites) et l'axe Mollahs/Gardiens de la révolution/Hezballah/Jihad Islamique/Hamas (on attendra une fatwa de Qaradawi ou de Akef, pour savoir de quel côté sunnite ou chiite), coalition islamiste qui va faire sûrement tout péter entre l'Iran et le Liban ... l'Afghanistan par contact, le Pakistan s'énerve ... l'objectif de Benladen pour débloquer le jihad ... JIHAD Jiahd en occident ...

l'OPEP se sent en danger ... ferme le robinet? embargo comme en 1973? ... plan ventilé de destruction préventive en profondeur des puits, oléoducts si l panique prend le dessus ?
pétrole alors, l'Irak c'est déjà pas en pleine production, l'Iran "quelques" sabotages, ça fait un trou énorme dans la production, les prix s'envolent, la Chine la Russie ...


"représailles il y aura si une coalition s'en prend aux régimes des mollahs ; il faut simplement que ces représailles n'aient qu'un effet limité et n'entravent pas les effets directs recherchés par l'opération en Iran." Monnerat ... comme en Irak
C'est à dire ils doivent se laisser écraser sans trop rouspéter


... qui veut un café et combien de ballons de blanc?

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 19:59

SUEZ quelqu'un se souvient comment ça c'est terminé?

1 - l'ONU (Chine & Russie) vont mettre un véto sur le truc
2 - comment on va évacuer tout ce monde là ?


... un petit blanc sec?

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 20:21

Votre scénario est bien pessimiste. Où était cette alliance islamique lorsque la seconde offensive (illégitime) en Irak a démarré? Où est-elle mainteannt? C'est le chien qui aboie mais ne mord pas.
Baser l'avenir sur une crainte aussi subjective, comme le fait l'Europe, signifie que NOUS nous laissons agresser sans bouger...

Publié par Ares le 4 janvier 2006 à 20:22

Bonsoir,
je contesterai cet état final

"Les forces déployées par la coalition ont la capacité de se maintenir durablement dans le théâtre d'opérations"

ou au moins ça formulation. Elle me parait pré-supposer que les troupes veulent rester / occuper le terrain. Est-ce vraiement un but, et un but souhaitable?

On peut imaginer que ça capacité de se maintenir peut être niée par l'Iran mais ce cas signifierait un échec.
Mais on peut envisager que soit par mode opératoire, soit en raison de ressources (hommes, logistique,...) l'opposant de l'Iran (coalisation ou non) n'a pas la possibilité de se maintenir.

J'essaie de décrire le cas ou cet opposant a suffisamment de ressources ou un mode opératoire lui permettant d'atteindre ses buts, sans pour autant pouvoir se permettre une confrontation frontale qui doit survenir si les troupes se maintiennent sur le théatre des opérations.

Pour cette raison, le point "Les forces armées iraniennes n'ont pas la capacité et/ou la volonté de contrer les actions de la coalition" me semble amplement suffisant.

J'espère ne pas être trop hors propos.

Publié par Pierre-Andér le 4 janvier 2006 à 20:31

@ Ares

je vous remercie, vous êtes le premier sur ce billet à convenir que l'UE ne fait rien et ne fera rien!

merci

"Où était cette alliance islamique lorsque la seconde offensive (illégitime) en Irak"

- à l'ONU (est ce que le renversement a été cautionné par l'ONU? à différence de la mission de maintien de la paix)
- la Turquie a empéché l'entré par le nord des troupes alliées, ce qui a donné du temps aux jihadistes et aux sadammites de s'organiser
par la suite
- le mouvement jihadiste qui après l'Afghanistan a trouvé en Irak son petit paradis, et "ils" reviennent déjà en Europe ...
du côté de la propagande
- je vous laisse constater tout seul l'état de l'opinion publique occidentale

A part dire que c'est pessimiste avez-vous des réponsesq qui pourraient me laisser entrevoir tout ça d'un côté plus plaisant, j'aimerais vraiment vous savez.

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 20:33

- "" personne dans l'egypte d'aujourd'hui ne porte des prénoms de l'époque des pharaons, ou aucaun irakien ne s'appelle "nabuchdonosor"! "" -

Cela peut paraître normal puisque les Arabes n'ont rien à voir avec ces deux civilisations, ils ont envahi ces territoires après la mort de Mahomet et s'y sont installés. En Egypte, par exemple, les seuls véritables descendants des pharons sont les Coptes, réduits à l'état de quasi-dhimmi après l'invasion de leur terre par les Arabes. C'est comme reprocher aux Turcs de ne pas porter des noms grecs.

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 20:39

signifie que NOUS nous laissons agresser sans bouger

Je comprends votre point de vue, mais tant que le débat n'affronte pas certains éléments (voir plus haut) je ne me sens pas en état de porter ma solution.

J'estime qu'il y en ait une, mais de mon point de vue il faut
1 - sortir de l'angélisme présent
2 - faire une prévision des coûts et bénéfices géo-machins de l'opération (sans besoin de rentrer dans la planification ... sur quoi?)

sans ça on en est à faire des jeux de role en établissant à l'avance les réactions de l'opposition ("ils réagissent mais pas à fond" etc)

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 20:41

Effectivement, Pierre-André, cette dernière phrase est contestable et possède des implications peu opportunes. Je propose de la remplacer par celle-ci : "Les forces déployées par la coalition ont une liberté d'action complète dans le théâtre d'opérations".

Pour Mikhaël : je ne souhaite pas encore entrer dans le débat des forces disponibles. Pourtant, si vous regardez le taux d'occupation des forces aériennes et maritimes en Europe, de manière générale, vous conviendrez qu'elles sont loin de la surchauffe. En revanche, l'Union européenne dans son intégralité ne bougera pas ou presque ; je serais vraiment très surpris du contraire.

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 20:52

je ne souhaite pas encore entrer dans le débat des forces disponibles
moi je ne veux même pas y rentrer sans affronter d'une façon réaliste la situation en amont.

Je constate par contre une certaine évolution dans votre pensée qui va de "Enfin, affirmer que l'UE n'a rien de valable disponible est une provocation qui ne fait pas avancer les choses." à "Union européenne dans son intégralité ne bougera pas ou presque ; je serais vraiment très surpris du contraire." ce qui revient d'une façon ou d'une autre à ne pas considérer l'UE comme ayant des "disponibilités".

taux d'occupation des forces aériennes et maritimes en Europe vous parlez des forces USA ou de celles UE? vous êtes au courrant mieux que moi de la différence entre attrition en temps de guerre et usure en temps de paix.

Et encore personne ne répond au sujet des réactions des tierces parties, Russie, Chine, "latermondialistes", jiahdistes ... rassurez-moi SVP!

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 21:01

@ Sotek: Oui. Mais les Iraniens aussi ont été envahis. Et ils ont tout de même conservé, cultivé plutôt, leurs différences. Ils ont adopté une position très particulière face à l'Islam, aussi, unique, même, et c'est très important à comprendre: ils ont enrichi et raffiné l'Islam. D'une religion taillée à la hache, totalement primitive, ils ont fait des sortes de chefs d'Å“uvre de législation appliquée et de raffinement diplomatique.

Ils sont les seuls à avoir su «dominer», en quelque sorte, la folie de l'Islam des origines, en l'intégrant totalement puis en lui apportant des caractéristiques destinées à en faire un message plus civilisé. Ce faisant, toutefois, ils lui ont conféré des qualités qui ne lui appartiennent pas en propre, et c'est là sans doute la principale source des paradoxes de l'interprétation de l'Islam. Ainsi, si l'Islam, aujourd'hui, peut paraître courtois et civilisé, et l'est, en fait, souvent, en Iran, c'est pour ainsi dire uniquement grâce, ou à cause, de leur influence, ou de leur foi en leur valeur propre, supérieure à celle des Arabes, oui.

Je ne saurais dire si c'est une bonne ou une mauvaise chose, mais c'est certainement un élément crucial pour la bonne compréhension du phénomène «Islam».
-

Publié par ajm le 4 janvier 2006 à 21:03

Oui, ce serait en effet surprenant, notamment en raison du contexte des politiques intérieur de la France, du Bénélux, de l'Allmagne, pays dont les gouvernements ont entamé une étrange danse du ventre dans le but d'acheter la paix sociale et je devrai dire civile!

L'espagner et L'Italie ont déjà donné pour l'Irak, je crois que pour l'espagne socialiste se sera clairement non, et pour Berlusconi, il ne prendra pas le risque d'un second engagement, il lui couterait probablement sa place.

RIEN à attendre de ce côté là ! Pays de l'Est sauf Russie, possible, à voir en temps et en heure.

Par ailleurs, d'une manière générale, les opinions européennes sont travaillées au corps par l'ultra gauche qui stigmatise les puissances de l'argent, le grand capital, dénonçant en un mot un impérialisme appatride. Le mot d'ordre est également repris par les réseaux fondamentalistes. Même Chavez s'y met, et comme N°2 de l'OPEP, il pèse son poids, notamment comme chef de fil de certains pays émergeants anti-américains. Bref, tous ces gens peseront lourds au sein de l'ONU...

Mais comme Ludovic, je crois qu'il convient d'abord de recentrer le débat sur les objectifs, après nous en déduiront les acteurs potentiels (les notres et ceux de l'ennemi) et les moyens à mettre en oeuvre.

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 21:16

il convient d'abord de recentrer le débat sur les objectifs, après nous en déduiront les acteurs potentiels (les notres et ceux de l'ennemi)

OK et quels sont les objectifs réalistes en fonction de la situation?

Publié par Mikhaël le 4 janvier 2006 à 21:21

Bien c'est marrant que vous posiez cette question, car c'est justement sur quoi on planche, là .

Faudrait voir à suivre les briefing plutôt que de "sécher" passer son temps au mess à s'envoyer des ballons de blanc ;)

Proposez des objectifs, après on verra toujours s'ils sont retenus ou pas par la VH.

D'ailleurs qui tranchera et selon quel critère?

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 21:34

Concernant les objectifs et modalités d'une éventuelle intervention en Iran, voici mon modeste apport:

//Objectifs//
Principal: stopper, de préférence définitivement, le programme nucléaire iranien.

Secondaire: enclencher une dynamique de changement de gouvernement

//Quelles cibles?//
Concernant l'objectif principal: l'ensemble des installations nucléaires connues ou supposées mais aussi les scientifiques et techniciens participant à ce programme. Il est en effet relativement facile de reconstruire des installations détruites, mais il est par contraste très ardu de remplacer des "cerveaux", du moins sur le court terme.

Concernant l'objectif secondaire: la population et l'armée régulière pour les opérations d'"information" et de guerre psychologique.
Et, de façon coercitive, les organes du pouvoir plus ou moins detestés par les intellectuels et le peuple iranien. Je pense en effet que ce serait une erreur de taille que de s'attaquer à la personne du président, aux ministères ou au parlement. Cela risquerait en effet de provoquer un effet inverse à celui recherché originellement. De même, je pense que l'armée régulière, ou toute autre symbole purement national, ne devraient pas être pris pour cibles. Les Gardiens de la révolution, les fameux Pasdaran, constituent par contre une cible de choix et quasi-prioritaire.

//Commment?//
Concernant l'objectif principal: des frappes aériennes très localisées, mais suffisamment denses, sont bien évidemment la première chose qui vient à l'esprit. Des opérations non-conventionnelles, selon leur faisabilité, sont également concevables et peuvent apparaître comme nécéssaires pour le "traitement" de certaines cibles. Un recours aux moudjahidins de la révolution, capturés et "conservés" par milliers depuis l'invasion de l'Irak par la coalition, et aux Kurdes, liés aux services israélo-américains, pourraient également constituer une option. Encore une fois, la faisabilité de telles opérations est à déterminer par les décideurs concernés. Une invasion massive apparaît, quant à elle, totalement hors de question et de propos.

Concernant l'objectif secondaire: à destination de l'armée régulière et de la population -> largage de tracts, parachutage d'équipements radiophoniques, diffusion d'émissions radio ou tv-satellite en ménageant absolument la fierté nationale. Quant aux gardiens de la révolution et autres cibles du même acabit, des frappes aériennes apparaissent comme suffisantes.

//Avec quels moyens?//
Il semble fort peu probable que les Etats européens participent militairement à toute opération visant l'Iran. Obtenir leur soutien diplomatique tiendrait déjà de l'exploit. Les forces américaines et israéliennes paraissent être les seules capable d'intervenir. Les Etat-majors de ces deux pays se préparent indubitablement depuis longtemps à une telle éventualité. L'US Navy, l'US Air Force et l'Israel Air Force seraient certainement les acteurs majeurs de cette action militaire si elle devait avoir lieu.

//Risques et contraintes//
- La Russie et surtout la Chine, ne sont sans doute pas enthousiastes à l'idée de voir un changement de gouvernement se produire en Iran. Faudrait-il abandonner cet objectif? Peut être. Cela pourrait constituer une garantie suffisante pour ces deux puissances qui, malgré tout, ne doivent pas voir non plus d'un très bon oeil l'arrivée d'un nouveau venu aussi instable dans le club déjà trop fourni des puissances nucléaires. Je ne peux prétendre détenir des certitudes absolues sur ce point, si ce n'est que les échanges diplomatiques risquent fort d'être houleux et intenses.
- O.N.U. : inutile de compter sur le soutien cette organisation qui dénoncera certainement cette agression "injustifiée".
- Djihad global: il est certain que les terroristes musulmans utiliseront cette nouvelle agression contre des "frères" pour lancer un vibrant appel au djihad et tenter de faire trembler quelques Etats.
- Populations arabes: même si il risque d'y avoir un certain mécontentement en raison du caractère "musulman" de l'agressé, le fait que ce dernier ne soit pas un Arabe mais un (méprisable) Perse atténuera certainement le mouvement de protestation, d'autant plus qu'il ne s'agit pas là d'une invasion à grande échelle mais principalement de frappes contre un danger qui, rappellons le, menace aussi les pays arabes.
- Israël: solidarité sud-libanaise et palestinienne obligent, l'Etat juif risque fort de connaître une recrudescence des attaques et attentats.
- Populations européennes: illusion et aveuglement comme à leur habitude. L'image d'Israël et des Etats-unis, déjà bien mals au point, s'en verra encore noircie. Les alter-mondialistes s'en donneront à coeur joie.

//Précisions//
- Il faut savoir qu'une certaine inimitié existe entre les gardiens de la révolution et l'armée régulière, les islamistes iraniens se méfient d'ailleurs de cette dernière, c'est pour cela qu'ils ont confié aux pasdarans la protection des emplacements les plus stratégiques. L'armée est de plus un symbole fort pour toute nation et encore plus plus pour les Iraniens et leur fierté nationale exacerbée.
- S'il faut tenter de mettre en place les conditions adéquates à un changement de régime, il ne faut pas oublier que l'objectif urgent est avant toute chose de stopper, ou de retarder pour suffisamment longtemps, le programme nucléaire iranien. Si changement de régime il doit y avoir, il se fera de l'intérieur et en temps propice.

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 21:46

@ajm: - "" Oui. Mais les Iraniens aussi ont été envahis. Et ils ont tout de même conservé, cultivé plutôt, leurs différences. "" -

Cela ne contredit en rien mes affirmations car les situations sont différentes. Les Perses ont été envahi mais ils ont résisté et leur culture perdure car ils sont l'ethnie ultra-majoritaire aujourd'hui en Iran. L'invasion qu'ils ont subi n'a pas conduit à leur remplacement démographique pur et simple par les Arabes. Il est donc normal qu'ils portent des noms qui viennent de leurs ancêtres.

Or en Egypte et en Irak, la situation est differente car les Arabes ont remplacé démographiquement et ethniquement les populations locales et ont arabisé les "survivants". Pourquoi un Irakien porterait il un prénom qui ne fait pas partie de son héritable direct puisqu'il est le descendant d'envahisseurs? Quelques populations ont plus ou moins résisté à l'assimilation et à l'arabisation, les Berbères où les Juifs par exemple. La situation est pareil dans l'ancien empire bizantin où les Turcs ont balayé les populations grecques qui y vivaient. Pourquoi les Turcs devraient-ils s'appeler Théodore ou Alexandre?

Le facteur ethnique et démographique étaient déterminants pour les civilisations anciennes, ce qui explique que tant ont aujourd'hui disparues.

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 22:02

Oserais-je vous demander à tous un brin de patience ? Lorsque l'on fait une planification, il ne faut pas sauter les étapes et se lancer dans des réflexions tactiques avant d'être au clair avec les résultats attendus, à la fois militaires et stratégiques. Je vous renvoie encore une fois à l'état final proposé, avec la modification de la dernière ligne (voir mon dernier commentaire). C'est cela qui nous permettra de déduire les objectifs généraux de l'opération, c'est-à -dire les effets que l'on devra concrètement déployer sur les acteurs pris pour cibles.

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 22:05

Mettez les fautes d'orthographe déplorables sur le compte de la fatigue ...

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 22:06

Ne faudrait-il pas d'abord remonter d'un niveau et s'intéresser aux objectifs de chacun des protagonistes ?

Que recherche le gouvernement Iranien en se nucléarisant :
- Prestige intérieur ? (mais voir remarque de Frenchfregoli plus haut)
- Se poser en puissance régionale ? (oui, mais le nucléaire n'apporterait pas grand chose)
- Profiter des "négociations" pour obtenir des avantages (ex: Gaz) ?
- Nuker Israël ? (suicidaire)
- ???

Il y a un mois, Jean Tsadik concluait un article pour la Menapress par l'hypothèse qui me semble la plus probable :
"Alors, la raison de la course à l'armement de Téhéran, quelle est-elle ?
Je la vois très prosaïque. Elle sert à assurer la pérennité de la République islamiste face à la volonté occidentale de la voir disparaître. Non pas qu'Ahmadinejad et ses pareils soient infatués au point de croire qu'ils sont en mesure de vaincre les Américains lors d'un conflit atomique ; en revanche, s'ils croient que les démocraties hésiteraient longuement avant de faire la guerre à un Iran nucléaire, je partage l'opinion des Iraniens. La course à la Bombe et aux Shihab aurait donc pour but de se procurer un parapluie. Un parapluie à l'abri duquel les imams d'Ispahan, de Bam, de Hamadan et de Tabriz pourraient continuer à construire la révolution islamique ainsi que les moyens de lui faire conquérir la terre.
Ce serait! une bombe à retardement, en quelque sorte! sauf si en mai prochain, quelqu'un leur cassait leur parapluie !
"
http://www.menapress.com/article.php?sid=1247

Dès lors, l'objectif final d'une intervention me paraît à la fois plus large et plus précis : empêcher que l'Iran ait toute liberté dans sa poursuite éventuelle d'un jihad mondial, quelle que soit la forme de celui-ci.

En d'autres termes (et en élargissant un peu du cadre du scénario, sorry) : l'arme nucléaire ne serait pour l'Iran que la protection ultime lui laissant toute liberté pour agiter ses pions (Hezbollah, etc.), ce qui signifie que menacer l'Iran d'une intervention sur son territoire risque de renforcer sa détermination à obtenir cette protection. L'idée serait alors de ne pas attaquer directement l'Iran, mais ses éléments extérieurs, jusqu'à ce que le coût (en termes de puissance opérationnelle) soit si élevé que l'intérêt de la possession du nucléaire soit remise en question au sein même du gouvernement iranien. Alors, les négociations pourraient reprendre.

Bien sûr, une telle opération serait à mener à la fois au niveau médiatique et au niveau militaire discret (guerre de l'ombre).

Publié par APG le 4 janvier 2006 à 22:07

@ Ludovic: il est vrai que, pour ma part, je suis allé un peu vite en besogne, bien qu'il ne s'agit que d'une ébauche. Il est également vrai que j'ai négligé plusieurs points des objectifis initiaux que vous aviez énuméré, par souci de concision.

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 22:10

A APG : Les points que vous soulevez reprennent très largement l'état final attendu que j'ai résumé pour le régime de Téhéran dans mon billet. Je crois que nous sommes donc d'accord sur ce point. Maintenant, cette attaque directe de l'Iran que vous recommandez d'éviter, elle a déjà lieu dans le domaine sémantique : le virus démocratique et les valeurs de liberté qui l'accompagnent sont bien présents dans la société iranienne, et constituent une menace mortelle pour les mollahs. Ceux-ci ne peuvent donc pas être davantage déterminés que maintenant.

Publié par Ludovic Monnerat le 4 janvier 2006 à 22:13

@ SOTEK, je souscris en partie votre analyse, mais avec toutefois quelques divergences:

1- Je pense que le problème n'est pas forcément le programme nucléaire en lui même...Ce dernier est en quelque sorte la propriété du peuple iranien. Y toucher pourrait comme la souligné je crois Frenchfregoli et d'autres être ressenti comme une atteinte à la nation et avoir pour effet de resserer les rangs. Le problème réside surtout dans ce que veulent faire les mollah de ce programme.

Par ailleurs les sites sont nombreux et dispersés, il y a également des sites chimiques et au moins un biologique qu'on ne peut pas forcément bombarder sans certaines précautions, et c'est un euphémisme.

2-Je vous rejoinds en revanche entièrement sur votre objectif secondaire: le changement de régime. Tout le mal vient de là . Je l'envisage comme la priorité numéro un. Frenchfregoli va bien nous trouver un petit gouvernement de transition... ;)

3- Evitons effectivement et même interdisons nous de frapper des objectifs dont la valeur ou la symbolique provoquerait la confusion dans le message adressé à la population et nous serait en définitive préjudiciable.
"je pense que l'armée régulière, ou toute autre symbole purement national, ne devraient pas être pris pour cibles". L'exemple que vous donnez me convient pleinement.

4 En revanche, les Pasdaran doivent effectivement être une cible: Ce sont les Véritables chiens de garde du régime (à la fois SS, organisateur du volksturm et ayant en charge la protection et la gestion des sites sensibles). Entitée politique et religieuse, autonome et parallèle à l'armée régulière, elle peu apprécier de cette dernière. Il convient de les frapper pour à la fois entamer leur potentiel de nuisance et également porter atteinte à leur crédibilité aux yeux des iraniens. Si nous brisons les Pasdaran, les opposants iraniens bougeront, pourvu que nous leurs inspirions confiance... les Mollah seront alors bien seuls et casi impuissants. Dès lors, il devient effectivement inutile de bombarder les ministères et les sites où les recherches seront surement gelées, la priorité étant à la survie des dignitaires.

5- Pour ce qui est de "zigouiller" les scientifiques dont tous ne travaillent surement pas de leur plein gré, je ne suis guère emballé.

6- Pas d'opération d'envergure pour moi non plus.

Pour ce qui est des acteurs et des moyens, nous verrons quand les objectifs seront déterminés.

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 22:22

Dans le cadre d'une invasion terrestre, peut on tirer des enseignements de l'opération anglo soviétique de 1941 ?

Le gouvernement de l'époque était pro fascite fut renversé assez rapidement, mais je n'ait guere trouvé d'articles en profondeur sur cette campagne en Français :(

Publié par Frédéric le 4 janvier 2006 à 22:32

Vous ne souhaiteriez pas plutôt mettre à profit votre brainstorming pour développer des projets pour endiguer la violence de notre chère jeunesse ?

Banques attaquées, vieille dame molestée, train dévalisé (heureusement sur ce dernier point qu'il y a le chemin de fer à blâmer ... c'est vrai, offrir des billets à tarif avantageux, c'est positivement un appel intolérable pour dévaliser les touristes et les fêtards ! ;) ) ...

A ce rythme, il n'y aura aucun gentilhomme pour accepter de faire la guerre que vous souhaitez préparer, de peur de laisser seule sa douce moitiée à la maison :o)

Publié par Deru le 4 janvier 2006 à 22:33

@Winkerfield:

- Je remets bien sûr en cause ce programme nucléaire en raison de son caractère "flou", tant dans ses modalités que dans ses objectifs. Le civil est tout à fait acceptable. J'aurais toutefois du le préciser.
- Quant au changement de régime; effectivement, objectif secondaire sur le court terme, mais absolument prioritaire et nécessaire sur le long terme.
- L'élimination n'était pas la première mesure qui me venait à l'esprit lorsque j'abordais le problème des "cerveaux" du nuclaire iranien; l'enlèvement, l'évacuation ou de préférence le passage à l'ennemi sont les options que je privilégierais. Bien sûr il y a le problème des familles, peut être retenues en otage par le gouvernement.

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 22:39

@Deru:

encore un sujet qui mériterait discussion et débat.

Publié par Sotek le 4 janvier 2006 à 22:40

On ne peut pas être partout...mais chaque chose en son temps, ils ne perdent rien pour attendre...

Publié par Winkelried le 4 janvier 2006 à 22:43

L'opposition Iranienne à t'elle un soutien "sérieux" dans la population, celle ci à quelques sites comme celui ci sur le Net :

http://www.iran-resist.org/

Publié par Frédéric le 4 janvier 2006 à 23:52

Je viens de lire cela dans le petit ruban defilant de gauche:

Comme quoi, des idées pourtant inspirées peuvent rapidement devenir contre-productrices, à méditer :)

Mais il semble évident que l'Iran dominera l'actualité des prochaines semaines ...........


WASHINGTON - La CIA aurait remis à l'Iran, au début des années 2000, des plans pour fabriquer une bombe nucléaire, affirme un nouveau livre sur les activités de la centrale de renseignement américaine publié cette semaine aux Etats-Unis.

Au départ, l'opération était destinée à mettre des bâtons dans les roues du programme nucléaire iranien et les plans comportaient des erreurs mais, affirme James Risen, journaliste au New York Times et auteur de "State of War" (Etat de guerre), ces failles étaient si grossières que des scientifiques russes qui travaillaient sur ce programme ont vite fait de les corriger.

Pour transmettre ce plan à l'Iran, la CIA avait utilisé les services d'un agent double russe, un scientifique transfuge du programme nucléaire soviétique. Les plans, expliquant le mécanisme complexe qui déclenche la réaction en chaîne requise pour une explosion nucléaire, devaient être remis à la mission iranienne auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne. Mais, en donnant le plan concocté par la CIA aux Iraniens, l'agent russe a également indiqué qu'il était prêt à corriger les erreurs qu'il contenait contre de l'argent.

L'opération, baptisée Opération Merlin, s'est déroulée au début des années 2000 sous le mandat du président Bill Clinton et "est peut-être l'opération la plus inconsciente de l'histoire moderne de la CIA", a estimé M. Risen.

La CIA a refusé de commenter cet épisode mais a violemment condamné le travail de M. Risen par ailleurs à l'origine des révélations sur les écoutes secrètes de citoyens américains ordonnées par l'administration de George W. Bush.

"Les lecteurs méritent de savoir que chaque chapitre de State of War contient de graves inexactitudes", a dit Jennifer Millerwise, directrice des relations avec le public de la CIA. Elle a notamment critiqué le recours par l'auteur du livre à de nombreuses "sources anonymes" qui, selon elle, sont "souvent incertaines".

Dans le même chapitre, Risen raconte la bévue d'un responsable de la CIA, qui avait envoyé à un de ses agents iraniens des informations permettant d'identifier à peu près tous les espions de la CIA en Iran. Mais, le destinataire s'est avéré être un agent double et de nombreux agents américains ont été arrêtés.

(©AFP / 04 janvier 2006 23h49)

Publié par Deru le 5 janvier 2006 à 0:05

J'y reviens.

On est en train de faire les devoirs de quelqu'un ici?

Et si ça ne touche pas un point sensible (vérité), pourquoi effacer régulièrement ces commentaires?

;)

ps
Où puis-je trouver une analyse de la situation?

Publié par Mikhaël le 5 janvier 2006 à 0:22

Ariel Sharon a subi une "grave attaque cérébrale"

Ca va changer quelque chose au M.O?

Publié par Mikhaël le 5 janvier 2006 à 0:29

Tout dépend du résultat de son opération :p

Publié par Ares le 5 janvier 2006 à 0:51

Au sujet des Objectifs ( demande aux spécialistes ) : la densité de population civile est-elle importante ou négligeable. Ces objectifs s'ils sont enterrés profondément sous terre vont demander l'emploi de ces bombes qui s'enfoncent comme des taupes. ces bombes provoquent-elles des dégâts en surface, ne serait-ce que par la secousse sismique ? provoquent-elles des gaz mortels ? etc.

Au sujet des populations dites Arabes d'Égypte ou d'ailleurs, elles sont loin d'être homogènes. Il y a même des Berbères en Égypte et en passant les Berbères ne sont ni une race, ni une Ethnie. On pourrait plutôt parler d'une appartenance comme Amazigh. Les berbères se désignent eux-mêmes par le terme Imazighen (au pluriel) c'est le terme amazigh qui est employé (signifiant littéralement homme libre, il y a des Berbères blonds au yeux bleus et d'autres noirs... ).

La grande différence avec l'Iran c'est la culture...ce pays est de vieille culture, comme l'Égypte qui est à mon avis un mauvais exemple pour définir la culture Arabe. La culture arabe, est une culture de culs-terreux bien représenté par L'Arabie Saoudite, il reste que ce sont de valeureux guerriers quand ils sont bien employés comme avec Lawrence qui a écrit à Liddell Hart, à propos de sa biographie, « soulignez clairement que le commandement, au moins dans mon cas, n'est pas venu par instinct, de façon imprévue, mais par la compréhension, l'étude intensive et la concentration. S'il m'était venu aisément, je n'aurais pas autant réussi. Pour ma stratégie [insurrectionnelle], je n'ai pu trouver aucun enseignant dans le terrain ; j'avais derrière moi quelques années de lectures [et de rédactions] militaires. [!] Avec 2000 ans d'exemples derrière nous, nous n'avons aucune excuse pour ne pas bien combattre. ».

http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Activites/Doc0023-LawrenceInsurrection.html

La " vraie culture arabe " c'est celle des autres, des vieilles cultures comme ( Turquie, Égypte, Syrie, Irak, Iran, Andalousie, Indes et même Croisés en Palestine etc. )

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 5 janvier 2006 à 3:10

Quatre sources d'inspiration dans l'éventualité d'utiliser les services de Guerriers ancestraux iraniens dans un cadre moderne certes mais répondant au même besoin d'être près de la population (montagnarde en particulier).

T. E. Lawrence et les principes de l'insurrection

http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Activites/Doc0023-LawrenceInsurrection.html

Les TCHERKESS et le Général COLLET

http://legioncavalerie.free.fr/fr/collet.htm

Les Spahis de Yusuf

http://assoc.wanadoo.fr/spahis-2rsm/ORIGINE.html

Les Goums du général Augustin Guillaume

http://pdbgg240.free.fr/

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 5 janvier 2006 à 3:56

Une version adaptée de l'état final militaire stratégique vient d'être ajoutée au bas de billet. J'attends les derniers commentaires à ce sujet avant de passer à l'étape suivante...

Publié par Ludovic Monnerat le 5 janvier 2006 à 10:47

Il me semble faux de dire que les Perses ont «résisté» à l'invasion (des Arabes musulmans). En fait, ils ont mis en Å“uvre toute leur ruse proverbiale. Ils ont intégré l'Islam et en ont fait «leur» chose, plus, à certains égards, que celle des Arabes. Lorsque l'Islam est arrivé chez eux, c'était un simple cri guttural: Allahou akbar (mon dieu est le plus grand). Ils donnèrent à ce cri de guerre ses premiers écrits dignes de ce nom (le Coran est ici un cas à part), ses premiers textes législatifs, ses premières réflexions jurisprudentielles et philosophiques, ses premières règles administratives, ses premiers protocoles diplomatiques, en fait sa première existence dans la chronique historique.

Au lieu de faire la guerre aux Arabes, ils se firent les alliés de leur idée force. Ils leur donnèrent des choses dont les Arabes musulmans avaient grand besoin pour poursuivre leurs conquêtes. Ainsi, ils apportèrent une aide décisive à l'extension de l'Islam. Sans eux, il est fort probable que la religion de Mahomet ait rapidement périclité (après sa mort et les luttes intestines meurtrières qui s'ensuivirent). L'islam leur doit probablement le meilleur de son rayonnement historique et la presque totalité de ses raffinements.
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Publié par ajm le 5 janvier 2006 à 11:04

La soirée fut longue! Mais il semblerait que ytout le monde est à peu près d'accord avec l'état final proposé par notre hôte.

PS: quelques précisions pour ceux qui se posent les questions de l'implication de l'UE, les premiers fournisseurs de l'Iran sont la France et l'Allemagne. Source (CIA)
Le problème d'Europe n'est pas la taille ou la qualité de ses griffes, réelles, mais sa volonté (ou plutôt son absence) de s'en servir.

Quant à Ariel Sharon, un membre du gouvernement espérait un miracle (et je suis de tout coeur avec lui); il semblerait que son sort soit désormais entre les mains de Dieu... Il va nous manquer.

Publié par ylyad le 5 janvier 2006 à 11:29

Can we declare victory?

Publié par mikhaël le 5 janvier 2006 à 12:27

Bien pris note des dernières modifications de "l'état final stratégique" puisque c'est ainsi que vous l'appellez, mais à y regarder de plus prêt, les postulats n° 2 et 3 ne me semblent pas à leur place à ce stade de la réflxion:

En effet, nous tentons de définir Quoi? et Pourquoi? Or, la capacité du régime à lancer des représailles et la capacité des forces armées ennemies à contrer notre action est une anticipation à mon sens non fondée sur le CONTRE QUI?, dont la manoeuvre et la réaction dépendra surement en grande partie de notre propre mode d'action, puisque nous avons en théorie l'initiative...

Pour ce qui concerne les étapes suivantes, hâtez vous donc, mes permes se terminent et je serai pour se qui me concerne nettement moins disponible que ces derniers temps :)

Publié par Winkelried le 5 janvier 2006 à 12:32

Winkelried, votre remarque est pertinente, et ma proposition a bel et bien anticipé quelque chose qui aurait dû apparaître au plus tôt dans les objectifs, et peut-être même lors de la recherche du centre de gravité. Je vais donc écarter pour l'heure ces postulats n°2 et 3 ; en revanche, le postulat n°4 doit à mon sens être laissé, puisqu'il décrit une situation devant quoi qu'il en soit être atteinte au terme de l'opération, sans anticiper une possible réaction.

Publié par Ludovic Monnerat le 5 janvier 2006 à 15:19

Quelques commentaires en vrac pas forcement structures pou ajouter a la reflexion:
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* L'Iran n'a pas la capacité de produire et d'engager l'arme nucléaire ;
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Cas maximum : deploiement d'un systeme d'arme complet -possibilite de definir une cible
-ogive capable de detruire cette cible
-vecteur capable de vehiculer l'ogive
-moyens de controle et de guidage
-protection du couple vecteur / ogive a tous les
niveaux ( du stockage au tir )
dans cette optique , l'Iran est encore loin du seuil dangereux .
Cas minimum : ogive "free fall" ou relativement mobile operationnelle pour une attaque unique sous "pavillon de complaisance" ! Plus probable quoique
extremement difficile a realiser ( les represailles seraient garanties de toutes facons )
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* Le régime iranien n'a pas la capacité de lancer des représailles armées contre la coalition ;
+++++++++++++++++++++
Avant de parler de "regime" il faudrait en cerner les contours ! certaines politiques ne sont parfois menees que par des "poches de pouvoirs " qui ne representent pas forcement un consensus .
Si on peut estimer qu'il y a un consensus dans la population iranienne a redevenir une puissance regionale et considerer ( depuis l'epoque du Shah )que la possession de l'arme nucleaire est un bon moyen ( comme disuasion contre ses voisins , la plupart hostiles ou ..nuclearises ) , certaines factions du pouvoir actuel peuvent l'imaginer ( par ignorance) comme un outil "actif" ( menace ).
Sur le plan conventionnel , assez evident mais generer une campagne de destabilisations regionales par "proxies" ou de terreur internationales est aussi possible .La volonte , certainement , les moyens , moins evidents mais non nuls .
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* Les forces armées iraniennes n'ont pas la capacité et/ou la volonté de contrer les actions de la coalition ;
++++++++++++++++++++++
Je pense que l'etat des forces armees iraniennes doit etre assez triste et ne resisterait que localement a disons une offensive aerienne soutenue ( pas forcement de haute intensite d'ailleurs ! Les methodes et le choix des cibles
pourraient etre fort non conventionnelles )
Mais des pertes sont toujours possibles ainsi que des represailles "suicidaires" contre le trafic passant par Ormuz ou les moyens de production en Irak / Koweit / Saoudie .....
Juste pour preciser je n'envisage ce genre d'operations militaires uniquement comme une initiative dirigee et executee par les USA avec
participation eventuelle d'Israel et d'autres pays .
Je ne pense pas a une initiative individuelle et exclusive d'Israel . Il y avait un excellent article ( non officiel ) dans Maarachot , le journal de Tsahal sur la question de la problematique nucleaire au MO et la notion de dissuasion par Second Strike Capacity etait assez bien developpee ( pourrais mettre en ligne les ponts essentiels )
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* La population iranienne a la capacité et la volonté de changer de gouvernement ;
++++++++++++++++++++++
La capacite , certes ! L'Iran est un pays ou les consultations populaires sont encore le moyen officiel de choisir le gvt ( mais avec des surprises ! ) La volonte de s'ouvrir aux bienfaits de la prosperite issue de la liberalisation des echanges est egalement sensible et , petite anecdote , il y a quelques mois , le ministre israelien de la Defense , shaul Mofaz , d'origine iranienne a repondu en farsi a des auditeurs iraniens sur une chaine arabe qui l'interwievait !
L'ambiance generale des questions etait assez peu fanatique et se resumait " quand vous nous debarasserez de nos mollahs , essayez de ne pas trop faire de degats ....""
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* Les pays de la région n'interviennent pas militairement contre l'opération et ne changent pas de posture face à la coalition ;
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Plus que probable meme si certains laisseront faire quelques manifestations symboliques .
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* Les forces déployées par la coalition ont une liberté d'action complète dans le théâtre d'opérations.
++++++++++++++++++++++
Ce cas n'est valable que dans le cas d'une initiative creee et controlee par les USA ! On peut fermer les yeux sur une operation ponctuelle
comme dans le cas d'Osirak pas dans le cas d'une campagne prolongee ..
Une derniere remarque : le but de guerre d'une campagne de ce genre ne serait pas necessairement les elements du programme nucleaire iranien , il existe bien d'autres possibilites surtout si le but ultime est de briser la determination de la faction au pouvoir ( un remake du Kosovo ou finalement le seul but de guerre etait briser la determination de Milosevic ...)

Publié par Mikhael #2 le 5 janvier 2006 à 16:06

-- "Il y a même des Berbères en Égypte et en passant les Berbères ne sont ni une race, ni une Ethnie." --

Il y aussi des Coptes et des Grecs, toutefois, la population arabe domine largement la démographie.

Quant aux Berbères, ils constituent bels et bien une ethnie à part entière, différente des Arabes. Ce sont les brassages successifs qui ont permis l'existence de Berbères noirs, qui conservent tout de même un lien de parenté avec les Berbères "blancs".

Les Berbères constituent le tout premier peuple à s'être installé en Afrique du Nord.

Pour être plus précis d'un point de vue ethnique, ils font partie des Tartessiens, une branche des Ibères. Ce sont donc, à l'orgine, des cousins des Espagnols et des Portugais. L'on retrouve des Berbères noirs principalement chez les Touaregs, qui ont connu des mélanges avec les populations sub-sahariennes. Mais ils conservent néanmoins un lien éthnique avec leurs cousins d'Afrique du Nord.

Peut être vouliez vous parler des Bédouins qui eux, ne forment pas une ethnie mais une culture.

Publié par Sotek le 5 janvier 2006 à 16:25

-- "Au lieu de faire la guerre aux Arabes, ils se firent les alliés de leur idée force. " --

Je n'oublie pas ce point, j'aurais du mettre le terme "résister" entre guillemets comme vous l'avez fait. C'est ainsi que les Perses sont parvenus à sauvegarder leur civilisation des Arabes.

-- "L'islam leur doit probablement le meilleur de son rayonnement historique et la presque totalité de ses raffinements." --

Absolument vrai.

Publié par Sotek le 5 janvier 2006 à 16:28

LE COMMENTAIRE PRECEDANT AVEC LES ++++++++++ N'EST PAS A MOI


PLAGIAT

Publié par Mikhaël le 5 janvier 2006 à 16:45

A Mikhael
Je confirme que nous avons le meme prenom !"Plagiat" ?? Non intentionnel evidement et je prendrai un autre pseudo dans le futur..
Origine Tsahal ?

Publié par Mikhael Tsahal le 5 janvier 2006 à 16:49

D'accord

lo kara shoum davar :)

Publié par Mikhaël le 5 janvier 2006 à 16:57

Berbères, Coptes, grecs, opposants iraniens, Tsahal, je ne pensais pas m'être engagé dans les brigades internationales en franchissant la porte de l'oncle Ludovic pour cette aventure...c'est surprenant.

Ce doit être un effet de la mondialisation...

Shalom à notre nouvelle recrue donc.

Publié par Winkelried le 5 janvier 2006 à 17:27

@ Sotek "...Peut être vouliez vous parler des Bédouins qui eux, ne forment pas une ethnie mais une culture..."

Non je ne parlais pas de Bédouins mais bien des Imazighen, des Berbères dont on trouve certaines communautés en Libye et en Égypte. L'origine Tartessiens, une branche des Ibères, explique effectivement en partie certains Berbères mais pas tous. C'est un peu comme l'origine Gauloise des Français. Prenons l'exemple du Maroc, le pays le plus Berbère de l'Afrique du Nord, on trouve des Berbères arabisés, des Arabes berbérisés, des Berbères judaïsés ( Oulad Berhil sud d'Agadir ) etc. Ce que je voulais dire, c'est que la force des Berbères n'est pas dans la race ou l'ethnie mais bien dans l'Esprit Imazighen, Homme Libre. Je suis persuadé qu'en Iran, dans les montagnes des Groupes se définissent plus par l'Esprit que par l'origine... toujours douteuse. Durant la pacification du Maroc, des erreurs ont été commises et des alliances sont tombées d'avoir catégorisé trop hâtivement les groupes rencontrés. Je voulais donner ce point de vue dans l'éventualité d'envoyer des Forces Spéciales qui a mon avis auront plus de chance d'établir des contacts en montagne que dans la plaine.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 5 janvier 2006 à 17:48

- "" la force des Berbères n'est pas dans la race ou l'ethnie mais bien dans l'Esprit Imazighen, "" -

Je désirais simplement souligner le caractère éthnique différent des Berbères que vous sembliez, a priori, réfuter. Ce dans une optique de précision génétique purement informative. Mais il est clair que leur force est leur culture, c'est ce qui leur a permis de survivre à l'arabisation. L'on peut retrouver ce même facteur de "survie" chez les Juifs après leur dispersion.

Mais il est vrai que chez les orientaux, la culture compte souvent plus que le sang. Un arabisé est, par exemple, souvent considéré comme un Arabe par les "vrais" Arabes.

Publié par Sotek le 5 janvier 2006 à 18:36

Un resume de l'article de Maarachot sur la dissuasion nucleaire israelienne .

Publie fin 2002 sous le nom de Colonel S. (charge de conference au "forum de defense" ......)
Il y a des gens timides partout .......
En general , ce genre d'articles suivent les debats en haut lieu et ne les precedent pas et servent d'orientation pour les cadres non directement concernes .......
Ce n'est qu'un synopsis mais chaque point marque ** peut etre developpe ( sources "open" only ! )

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Introduction
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**Rappel des declarations de Rafsanjani sur la doctrine nucleaire iranienne-islamiste et sur la vulnerabilite israelienne face a la resilience arabe en general .
**Rappel des divers programmes en cours dont les plus serieux :Iran et Irak ( le reste est embryonnaire et doit etre neanmoins surveille de pres )
**Necessite d'aborder le sujet selon les criteres les plus professionnels d'analyse pour repondre a l'affirmation iranienne qu'une seule ogive suffira a aneantir Israel .

**Rappel des donnees de base : dissuasion sous le regne de la "guerre froide"
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**Arsenaux suffisants pour destruction multiple MAD Concept de "premiere frappe" , "seconde frappe" .
**Concept de "counter force" ( visant les stuctures de l'arsenal atomique)
et de "counter value" visant les moyens de survie de la societe ( centres industriels et de population et centre du pouvoir -dirigeants .)
**Equilibre atteint des que les Second Strike Capacity ont pris du volume et introduction du concept ABM qui n'a pas eu le temps d'influencer
( effondrement de l'URSS ) les donnees de l'equation .
**Le concept de SSC a oblige a investir les efforts de protection et de dispersion des moyens offensifs (Triade : Air / Sol / Mer )au detriment de la defense passive ( prohibitive et peu efficace )des composantes "valeur" de la societe ( dirigeants a la limite comme composante de la structure de commandement / decision ).
**Pour memoire , une defense ABM efficace ( a l'etat embryonnaire au moment de l'effondrement russe ) est un facteur susceptible de modifier le poids du concept SSC .

Adaptation des concepts aux conditions specifiques
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**-Early warning quasi inexistant des lancement du vecteur ( missile / avion ) faibles distances
**-Possibilite d'utilisation du vecteur terrestre ( terrorisme ).
**-Capacite de destruction des ogives equivalentes rendant illusoires des mesures de protection
des objectifs "valeur"
**-Arsenal actuel(non confirme ) estime de 100 a 400 ogives a vecteurs varies et rayon d'action depassant les 5000 km .
**-Mythe de l'irrationnalite des dirigeants arabes ( la recherche de leur survie propre est plus importante que dans le cas Est-Ouest ! meme si leur attitude vis a vis de leurs population est plus ....nuancee ).
**-Problematique du choix d'objectif d'une attaque nucleaire : objectif "value" causant de graves dommages mais laissant quasi intactes les forces de riposte ( une bombe suffit ) ou assaut detruisant en priorite les forces nucleaires
de riposte ( aucune certitude de destruction totale - grande quantite d'ogives - ogives et vecteurs proteges , disperses ou innaccessibles :
Sous marins et avions en l'air : il restera toujours une capacite minimum de riposte de >30 ogives )donc riposte inevitable .

Force minimum pour une attaque efficace
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**-Considerations "techniques" sur les concept de vecteurs potentiels ( No Dong / Scud D / Al Saheen ) et leur charge utile 20 kilotonnes en moyenne avec un maximum de 40 kilotonnes .
**-Concept de Circular Error Probability ( en fait la precision du vecteur definissant la rentabilite" face a l'objectif choisi :Objectif "force" exigeant une bien plus grande precision qu'un objectif " valeur" .
**Concepts de "ballistique de but" definissant les consequences : rayonnement / choc thermique - pression / radioactivite residuelle etc ...selon les types d'objectif : relative facilite de proteger les elements de "force"( dispersion / blindage / camouflage / mobilite ) par rapport aux objectifs "valeur" .
**-Sanctuarisation de certaines parties de l'etat ( lieux saints musulmans ) permettant un stockage partiel de moyens ( centres de commandement ou armement ) dans cette zone ( Jerusalem )
**-Consideration sur la necessite absolue de renseignement fiable pour choix des cibles .
**-Dans le cas d'une attaque paralysant la SSC , frappes necessaires estimees a au moins
100 ogives sans garantie d'efficacite totale donc riposte quasi garantie .

Force minimum pour dissuasion efficace
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**-Concept de "facteur d'incertitude" des objectifs de riposte : Une attaque nucleaire meme non revendiquee par un pays donne considere comme une attaque de l'Islam en tant que tel ==> riposte sur les symboles de l'Islam (lieux saints: Mecque / Medine / Karbala / Khom ....) + objectifs "valeur" uniquement (extremement vulnerables : Assouan / deux ou trois villes principales de
chaque pays ) Une riposte SSC "all out" ne necessiterait que 50 a 60 ogives ( vecteurs IRBM Jericho II / avions / missile de croisiere embarques sur sous marins : 2 en operation - 1 au repos ) . Se souvenir que la dissuasion se base sur des realites ( moyens et vecteurs)dont le niveau minimum est connu de l'ennemi potentiel (au besoin , on le lui fait savoir ) et des concepts ( doctrine d'emploi ) dont le niveau minimum
est egalement revendique mais ou l'incertitude du niveau maximum reste une donnee soigneusement laissee dans le flou ....
Les dirigeants arabes ont jusqu'a present montre un mepris assez consequent pour les souffrances de leur population mais un souci tres realiste de leur survie propre ( au sens large )
**- Syndrome des aviations arabes , innefficaces
par concept de base .

Conclusion
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**Interet vital d'empecher une nuclearisation arabe mais necessite de penser une dissuasion efficace a triple niveau : premiere frappe / SSC / defense ABM le tout avec une doctrine d'emploi suffisament souple pour garantir une quasi
destruction a tout assaillant ( pris au sens large ) L'option Samson peut etre soit une doctrine d'emploi definie et preparee soit une menace credible creant par elle meme la dissuasion : incertitude du gain vs certitude des pertes .
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Publié par Mikhael Tsahal le 5 janvier 2006 à 20:01