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14 décembre 2005

Le log du LOC

LOCLOG.jpg

Le centre d'opérations terrestres (Land Operations Center, LOC) maintient plusieurs fichiers ouverts en permanence, dont le journal de combat - le log en anglais. Ce fichier Excel [et non PowerPoint, je devais être bien fatigué hier soir...] alimenté par plusieurs officiers, dont les connaissances en anglais ne sont pas nécessairement parfaites, fournit une vision à très court terme des événements. A suivre, tout en prenant du recul.

Publié par Ludovic Monnerat le 14 décembre 2005 à 20:21

Commentaires

Bonsoir!
Ce genre de "kiegspiel" de temps de paix pour civil réserviste qui joue à faire la guerre me fait bien rigoler....
J'ai montrè cela à quelques vieux camarades qui ont usé leurs patogas dans des endroits très chauds... ou très froids... On en a discuté, car nous aussi on a vu cela arriver, nous les "saccos..."!
Ils ont la même opinion que moi, c'est très distrayant... Mais, cela ne rendra jamais la sensation que l'on a lorsqu'on fait la "vraie chasse" à l'ennemi pour lui faire la peau (à moins que cela ne soit l'inverse!.
D'ailleurs c'est bien là le drame de nos sociétés européennes, bien policées, bien clean, où on joue au guerrier comme dans un jeu vidéo. Où on croit au "no kill", ou au "zéro mort" en ayant l'oeil sur les écrans de télé, ou sur la feuille de chou locale, ou encore en craignant le juge d'instruction (bien syndiqué, bien rouge ou bien vert, le cul bien au chaud, qui lui n'a pas fait son service militaire et qui ne sait pas quelle est l'impression que l'on a quand une balle miaule..)
Mais les vieux fayots qui pendant des années ont réellement fait la guerre savent que ce n'est qu'au bout du compte la peur, la fatigue, la faim, le sang et la merde... Quand on n'est tout simplement pas "laché" ou vendu par des politiques qui eux ont d'autres centres d'intérêt!
D'ailleurs regardez ce qui se passe en Irak, il y a des soldats qui pratiquent la guerre le nez dans les écrans de télé, enfermés dans des camps retranchés dont ils sortent que pour se faire coxer par un ennemi inconnu et insaisissable. Devinez qui est en train de perdre? Voilà ce qui arrive quand on ne veut pas (ou ne peut?)pas faire la guerre, la vraie...
Bonne nuit!

Publié par Padraig Sikarned le 14 décembre 2005 à 22:40

Là , je dois intervenir. Padraig Sikarned a tout à fait raison!!! Mais il se trompe de cible en avoinant Ludo. Le problème des officiers d'état-major qui vivent dans leur monde virtuel, bercés par Power Point est un REEL problème dans TOUTES les armées, y compris l'armée française.

Le col David Hackworth, malheureusement décédé en début d'année, appelait ce genre d'officiers les "Princes Parfumés".

Or, Ludovic Monnerat n'est pas un Prince Parfumé. Il évolue seulement dans un monde qui est malheureusement devenu celui des Princes Parfumés.

Les gars du terrain sont de toutes façons ceux qui remplissent (ou surtout) réussissent les missions que les états-majors conçoivent plus ou moins bien. ET justement, on aurait besoin d'avoir plus de gars comme Ludovic Monnerat dans ces états-majors.

Je suis convaincu qu'entre les gars qui font la guerre ( surtout ceux qui savent la faire) et ceux qui conçoivent les missions, il manque actuellement cruellement de courroies de transmissions. Il manque des gars qui sachent évoluer dans les deux domaines.

Ludovic Monnerat est un des rares qui sache de quoi il cause.

Donc, Padraig, ces lignes sont pour te dire que je partage le même mépris que toi pour les Princes Parfumés, mais là tu te trompes de cible en avoinant mon pote Ludo.

Bonne chance à toi.

Dom

Publié par Dominique Crittin le 15 décembre 2005 à 8:52

Parce que les officiers sortent d'écoles à en pondre (West Point, ST Cyr, etc), au lieu d'avoir été sélectionnés à partir du rang de soldat en passant par sous officier.
Héritage de l'ancien régime.

Publié par Mikhaël le 15 décembre 2005 à 9:00

Merci à Dom pour ces remarques. Venant d'un gars qui a crapahuté sur pas mal de "hot spots" au niveau planétaire, et qui maintenant est à l'engagement au Kosovo, cela vaut son pesant d'or. Au demeurant, on a vu ensemble suffisamment de singeries produites par des états-majors pour ne pas perdre de vue l'importance du bon sens, de la simplicité, et surtout de ce qui se passe dans le terrain.

La remarque de Mikhäel est néanmoins valable, et le fait que l'armée suisse a systématiquement sorti ses officiers du rang jusqu'à la fin 2003 est une chose dont je redoute la disparition.

Publié par Ludovic Monnerat le 15 décembre 2005 à 9:08

Cela fait quelques années que je "pratique" les états-majors, divers et variés, dont certains partagés avec plaisir avec Ludo et Dom...

Il est vrai que l'introduction des moyens informatique et surtout PowerPoint (pauvre point, comme diraient certains) a contribué à une amélioration de productivité de 100% (travail en réseau) et une perte d'efficacité de 300% (les finitions dans Powerpoint...).
Je rejoins mes camarades : il faut faire simple, mais efficace, être efficient, penser au message à passer et non à sa forme... et avoir des officiers qui connaissent le terrain et les techniques de commandement.

Publié par Daniel Mangold le 15 décembre 2005 à 9:56

On ne trahira aucun secret en précisant que les états-majors en question, où nous étions ensemble, étaient ceux des Swiss Raid Commando successifs, entre 1999 et aujourd'hui 2005. Or cet événement a ceci de particulier qu'il permet de mettre en pratique une longue planification et que les résultats, sur le terrain et avec des formations de milice, montrent aussi bien la qualité des plans que la nécessité de la conduite au plus près des activités. Cela ne remplace jamais un engagement réel, mais permet certainement de s'y préparer au mieux.

Publié par Ludovic Monnerat le 15 décembre 2005 à 13:31

Quand on analyse les Guerres passées et celles de maintenant, il n'y a pas de doutes nos guerres sont mieux faites, sont plus efficaces, plus ciblées et surtout plus économiques en vies humaines en générale ( en 14/18 on a fusillé des gars sans trop savoir pourquoi ! ). Alors le bla bla bla de " Padraig Sikarned " me fait bien rire aussi avec ses patogas, ses rangers ou ses bottes de fillali... Le jour le plus long n'a pu exister que grâce à un ordinateur grand comme une maison et des cartes géantes pour arrimer le tout. La Guerre est au service des politiciens et non le contraire et déballer ce genre de comparaison ne mène pas bien loin. Ceci étant dit une armée est un ensemble, et l'ouvrier guerrier qui est dans la merde n'y est pas forcément à cause des " Princes Parfumés " ou des Maîtres d'Å“uvre de l'opération. En passant en Irak c'est pas si mal et le vote actuel est encore une monumentale claque sur la joue de ces monuments de bêtise que sont un certain nombre de nos contemporains.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 16 décembre 2005 à 2:19

Il est vrai que je ne suis pas souvent le meilleur ami des membres des EM, mais pour en revenir a mon camarade Monnerat, je pense que des gens de son calibre et bien il en faudrait plus !
Pour en revenir enfin sur les "princes parfumes", je me souviens d avoir ete dans la meme patrouille que Monnerat lors des 50km de l EO et ce dernier etait malade comme un chien, mais il a refuse d abandonner et a termine sa marche, comme un vrai soldat !

Publié par christophe zingg le 16 décembre 2005 à 4:56

Merci de me rappeler ce très mauvais souvenir ! :) Pour être tout à fait précis, durant cette marche, j'ai tout de même été transporté comme une larve en Pinz sanitaire entre les kilomètres 30 et 35 !!

Publié par Ludovic Monnerat le 16 décembre 2005 à 15:37

« De mon temps, on aurait lavé notre linge sale en famille. »


DÉFENSE
Bigeard défend Poncet
Ancien secrétaire d'État à la Défense de Giscard, le général Bigeard n'a pas manqué de réagir aux sanctions contre le général Poncet : « De mon temps, confie-t-il, on aurait lavé notre linge sale en famille. » Et d'ajouter : « Bien sûr, c'était dégueulasse d'avoir étouffé un petit voyou qui terrorisait la population, mais fallait-il pour autant livrer en pâture le général Poncet ? » À presque 90 ans, Bigeard publiera en janvier un nouveau livre, aux éditions du Rocher. Son titre : Adieu ma France.

http://www.valeursactuelles.com/magazine/confidentiel/index.php

Publié par Alain le 16 décembre 2005 à 23:16