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2 août 2005

Iran : impasse annoncée

Voici plus de deux ans qu'une grande partie de cache-cache se joue entre le Gouvernement iranien et la communauté internationale sur le thème du nucléaire. De longs mois de négociations, de proclamations, d'incitations et de pressions durant lesquels l'Union européenne et l'ONU ont constamment affirmé le bien-fondé de leur approche douce et consensuelle, et que le régime de Téhéran a mis à profit pour constamment s'approcher de son objectif déclaré : l'acquisition de l'arme atomique. Le jeu semble aujourd'hui largement caduc, puisque l'Iran a annoncé à l'IAEA la relance immédiate de son programme nucléaire et le démontage des scellés sur l'installation de conversion d'uranium d'Ispahan, en violation de l'accord de Paris signé en novembre 2004. De leur côté, les Européens - d'après l'article du Figaro mis en lien - ne voient dans cette décision qu'une manÅ“uvre pour augmenter la pression en vue des prochaines négociations. Un peu comme si la diplomatie était un but en soi, et non un moyen comme un autre!

Il est ainsi probable que d'autres moyens soient désormais nécessaires, au vu de l'échec sans cesse plus patent de l'approche européenne. L'islamiste pur et dur que les « élections » iraniennes portent au pouvoir ces jours ne cache d'ailleurs pas son ambition de faire du martyre le principe-clef de la stratégie iranienne, notamment pour que l'islam conquière la planète entière. Même si les propos de Mahmoud Ahmadi-Nejad ne s'écartent guère de la ligne fanatique que connaît l'Iran depuis la chute du Shah, la perspective de le voir contrôler des armes nucléaires ne permet plus de prendre ses menaces à la légère, ou de se dire qu'elles ne s'exprimeront que par des attentats terroristes sous-traités ou des assassinats politiques. Les mollahs se sentent aujourd'hui cernés de toutes parts, avec notamment une présence américaine toujours plus menaçante, non pas dans les dispositifs militaires, mais bien sur les ondes télévisées ou radiophoniques. L'impasse est inévitable.

Voilà qui nous ramène au débat déjà ancien sur les options militaires face à l'Iran, puisque les options diplomatiques apparaissent bel et bien épuisées. J'imagine bien que les Etats-Unis ont largement eu le temps de développer et de simuler quelques plans d'opérations très détaillés pour faire face au spectre d'un Iran atomique, probablement dans le but de retarder leur accession à la bombe. Mais ils n'ont pas l'initiative ; ils devront réagir à une situation ou à une provocation, tout en sachant que la programme nucléaire est populaire en Iran. Cela signifie aussi que le régime de Téhéran doit aller ni trop vite, ni trop lentement pour réussir son contre-la-montre, et donc acquérir cette assurance-vie stratégique qu'est l'atome avant que sa propre population ne parvienne à imposer ses vues. Le temps joue en faveur de la communauté internationale uniquement si elle parvient à restreindre la liberté d'action de l'Iran.

Ceci étant, il faut se rappeler que l'arme nucléaire exerce son effet principal par la dissuasion, et que celle-ci repose sur la crébilité aussi bien des ogives, des vecteurs que des volontés pour les engager. Autrement dit, c'est dans le domaine des perceptions que la bombe agit prioritairement, et celles-ci peuvent naturellement être altérées, contrées et manipulées à foison. Je ne serais pas surpris de voir les premières annonces de Téhéran concernant la mise au point de l'arme nucléaire être vigoureusement contestées par les Etats-Unis et Israël [non, justement pas par Israël, m'a fait remarquer avec raison un commentateur ci-dessous], afin de nier son caractère opérationnel, son efficacité ou même son existence. Une autre manière de gagner du temps et de renforcer l'étranglement progressif du régime des mollahs, dans cette mise-à -mort au ralenti qui semble la seule option stratégique valable...

COMPLEMENT I (2.8 1245) : ce nouveau rapport des services de renseignement américains, qui estime l'Iran à 10 ans de la bombe, relève-t-il ainsi d'une démarche de désinformation, ou reflète-t-il une réévaluation prudente des données disponibles? La question mérite d'être posée.

Publié par Ludovic Monnerat le 2 août 2005 à 10:34

Commentaires

Je pense qu'il y a un optimisme dangereux à penser que les mollahs ne souhaitent l'arme atomique qu'à des fins de dissuasion. Certes, nous l'espérons tous, mais un espoir partagé n'en devient absolument pas concret pour autant.

La stratégie islamique est totalement différente de celle du bloc soviétique car celui-ci promettait un avenir meilleur dans le monde réel, bien que dans le futur, ce qui restreingnait quelque peu leur marge de manoeuvre. Les islamistes ne promettant le paradis que dans l'au-delà . Ils n'ont pas à répondre de quoi que ce soit devant leur population, excepté une mort en accord avec les principes de Jihad de l'islam. Leurs objectifs s'accomodent fort bien d'un hiver nucléaire.

En examinant les stratégies kamikazes mises en place en Palestine, en Europe, au Pakistan ou en Irak, on voit que l'objectif d'un avenir meilleur est bien le dernier souci des terroristes - et de leurs maîtres iraniens. Qu'importe un désert radioactif pourvu que l'Islam en sorte victorieux!

L'utilisation de de l'arme nucléaire à des fins purement dissuasives est rassurante, car elle pose une responsabilité sur les épaules de ceux qui détiennent la bombe. Mais ce pourrait bien être le plus mortel des mensonges jamais proférés par les islamistes au pouvoir en Iran.

Jusqu'ici, la responsabilité et la rationalité ne m'ont pas paru particulièrement bien représentées au sommet du pouvoir iranien.

Publié par Stephane le 2 août 2005 à 12:15

Entièrement d'accord avec vous, mais dans ce cas je me suis mal exprimé : je ne dis pas que les mollahs ont l'intention d'acquérir l'armée nucléaire pour ne pas s'en servir, ce qui effectivement est hautement douteux, mais que le pouvoir de cette arme repose largement sur sa capacité de dissuasion, et donc sur le doute. Si Téhéran acquiert la bombe et affiche trop ouvertement son intention de l'utiliser, ses ennemis devanceront cette action ; c'est bien un statu quo stratégique que les mollahs attendent de leur programme nucléaire, une assurance-vie in extremis pour leur régime moribond. A mon avis du moins...

Publié par Ludovic Monnerat le 2 août 2005 à 12:52

Un des problèmes, me semble-t-il, c'est que les Européens, et la France au premier rang, ont à tout prix besoin que leur initiative diplomatique fonctionne. Pour deux raisons principales :

1) Il fallait à tout prix montrer que la diplomatie pouvait apaiser les tensions géopolitiques beaucoup mieux que le recours à la force armée. En somme, que le "soft" européen était plus efficace que le "hard" américain. (On se rappelle que les négociations ont commencé dans la foulée de la guerre d'Irak)

2) Les Européens veulent à tout prix débloquer la situation et faire du business en Iran! On voit les Français saliver d'avance : regardez par exemple cet article du blog (que je conseille) "Politique arabe de la France" :

http://politiquearabedelafrance.blogspot.com/2005/07/bernard-poletti-ambassadeur-de-france.html


Ainsi, le régime des mollahs peut aisément pousser le bouchon le plus loin possible et obtenir tout ce qu'il veut, en matière de concessions économiques et sécuritaires notamment.

D'ailleurs les États-Unis on leur part de responsabilité là -dedans : en soutenant finalement l'initiative diplomatique européenne et en promettant à l'Iran des "bonbons" (adhésion à l'OMC notamment), ils ont montré qu'eux-aussi étaient à offrir des concessions maximales.

Dans ces conditions, il est normal que l'Iran se sente forte et confiante. D'où l'arrogance des derniers jours.

Ce qui renforce ce régime face à sa population opprimmée. Et ça, c'est dramatique.

Autre remarque : Ludovic, les Israéliens ont adopté une attitude exactement inverse à celle que vous décrivez : Pour l'instant, ils ne cessent de lancer des mises en garde catastrophistes selon lesquelles l'Iran ne serait qu'à 2 ans (je crois même qu'ils ont déjà parlé de 6 mois!) de la bombe et que ses capacités ballistiques lui permettraient de menacer ses voisins très vite.

Publié par Emile le 2 août 2005 à 14:15

L'Iran n'a plus véritablement d'ennemie, l'Irak ne représente plus de menace et cet attachement ( largement partagé ) à l'obtention de " l'arme nucléaire " répond à mon avis au concept d'une " assurance mort " ( si vous mettez les pieds chez nous on se fait sauter ). C'est d'ailleurs une option finale chuchotée sur Israël! et la Suisse par la rumeur populaire qui ne peut comprendre les avantages de l'arme nucléaire pour de si petit pays qui pourraient être rayés de la carte rapidement. Pour l'Iran ce concept est de beaucoup moins farfelu car le pays est grand donc difficile " à rayer de la carte " et l'héritage de martyre est double ( par le Coran, et par l'histoire du Chiisme ). Donc contrairement à la bombe pakistanaise qui répond a un besoin classique celle de l'Iran est beaucoup plus dangereuse à gérer surtout si les Iraniens décidaient de truffer leur territoire de micro B.A. ( la cellularisation étant à la mode ) et acquérir du même souffle une expertise en miniaturisation de cette arme. L'Occident ne peut se permettre un tel risque.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 2 août 2005 à 14:17

A Emile : merci pour ce commentaire très pertinent sur la démarche et les intérêts de l'Europe. Et oui, je me suis trompé à propos d'Israël, dont les mises en garde concernant le programme nucléaire iranien sont les plus stridents qui soient (j'ai ajouté quelques mots au billet). Toutes mes excuses pour cette malheureuse confusion! :)

Publié par Ludovic Monnerat le 2 août 2005 à 14:29

Por R. Simon, l'article sur "Dans dix ans" est pure désinformation:
http://www.rogerlsimon.com/mt-archives/2005/08/the_washington_1.php

Publié par al le 2 août 2005 à 15:40

"! Ceci étant, il faut se rappeler que l'arme nucléaire exerce son effet principal par la dissuasion, et que celle-ci repose sur la crébilité aussi bien des ogives, des vecteurs que des volontés pour les engager. Autrement dit, c'est dans le domaine des perceptions que la bombe agit prioritairement, et celles-ci peuvent naturellement être altérées, contrées et manipulées à foison... "

La dissuasion s'exerce de deux façons, si tu m'arrose, je t'arrose mais aussi si tu viens chez moi je te réserve une surprise! C'est cette seconde hypothèse qui n'a jamais été discutée sérieusement sur la place publique. Elle est difficile d'acceptation pour un esprit occidentale, se faire sauter n'est tout simplement pas crédible et pourtant nous en sommes là . Nous sommes dans une période de guerre sainte, ce n'est pas la première ni la dernière. Bientôt l'Islam reprendra une activité " calme " de conversion et de renforcement de la foi sur les acquis de cette guerre sainte. Imaginons par un coup de baguette magique le territoire de l'Iran quadrillé par un réseau de mini B.A. bien enfouis sous des mausolées vers lesquels on invite les démunis, nécessiteux et autres pèlerins à vivre leur idéal. l'Iran ne menace personne et je pense que ce pays ne pourrait être envahi mis à part les robots. Un tel constat emmènerait d'autres pays musulmans à vouloir bénéficier d'une telle protection et très vite le monde islamique serait distinct du monde occidentale. On peut même imaginer ce transfert de technologie dans des îlots à l'intérieur de nos mures qui feraient tache d'huile. Aussi farfelu que puisse paraître cette hypothèse, dans le doute mieux vaut prévenir et même agir rapidement.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 2 août 2005 à 16:08

Comment peut-on encore discuter et négotier avec ces terroristes d'Iraniens?
On ne négocie pas avec les terroristes. Ils prennent le monde en otage (grâce à l'arme atomique qu'ils sont, sans aucun doute possible, en train de dévellopper). Des scientifiques russes ont apporté leur contribution au programme Iranien, l'Iran a acheté de l'Uranium, l'Iran cache des laboratoires sous terre, l'Iran refuse de laisser les inspecteurs de l'ONU faire leur travail. De qui se moque-t-on?
Tant que l'on ne montrera pas les dents, leur programme approchera tous els jours un peu plus de l'aboutissement. Et chaque jour gagné par Téhéran est un jour plus près de l'a Bombe. Leurs manoeuvres sont limpides et ne trompent que les niais.
Une réponse armée est la seule envisageable. Dès le moment où ce régime islamiste disposera de l'arme atomique, Al-Qaeda en disposera également. Pas besoin de faire un dessin sur la suite....

Publié par Ares le 2 août 2005 à 18:31

Al-Qaeda n'est qu'un épis phénomène arabe et surtout saoudien, l'Iran est un vieux pays avec une origine très différente des pays arabes. La maîtrise du nucléaire et son emploi risque de nous étonner. Au delà des mollahs et des braillards révolutionnaires il y a des personnes très qualifiés qui ordonnent en sachant que rien n'est acquis. La menace que nous brandissons risque d'avoir un effet contraire et pousser l'Iran dans des concepts de défense " inusité ". Je vois mal comment ne pas intervenir si nous croyons dans nos valeurs occidentales. Mais comment intervenir, en cassant tout du haut des cieux ?

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 2 août 2005 à 19:44

L'APOCALYPSE SELON AILLERET, BEAUFRE, GALLOIS ET POIRIER

http://www.stratisc.org/strat/strat_053_GR_3.html

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 2 août 2005 à 20:09

Une intervention occidentale ne peut avoir qu'un seul but: renverser le régime des mollah et installer une démocratie, telle que beaucoup d'iraniens qui ont connu le Shah le demandent...
Certains diront que ca repartira comme en Irak, et là , certes il y a des similarités mais je pense que la communauté internationale sera obligée d'intervenir solidairment avec les USA, cette fois...

Publié par Ares le 2 août 2005 à 22:49

" Ares " l'Iran n'est pas l'Irak, le peuple iranien est beaucoup plus homogène ( il n'y a pas cette fracture en trois blocs humains et religieux ). Ses alliances remontent loin dans le temps car c'est un vieux pays. La Chine et la Russie nous réserve peut être des surprises au moment d'une décision à l'ONU et je ne suis pas convaincu que les Américains veuillent renverser les Mollahs et installer la démocratie. Je pense qu'ils se contenteront de détruire des infrastructures jugées problématiques avec une série de sanctions.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 3 août 2005 à 2:37

Au risque de s'exposer à des représailles ou à l'embrasement du Moyen-Orient?
De simples sanctions me paraissent un peu faibles comme moyen de coercition... Nous savons que l'Iran ne reconnaîtra pas et n'appliquera pas les sanctions imposées et, avec le régime pro-islamistes actuel, risque de devenir une bombe... Rappelons-nous que l'actuel chef d'état iranien est un fanatique religieux, qui n'hésitera pas à envoyer son peuple se faire sauter chez les infidèles...

Publié par Ares le 3 août 2005 à 10:59

Je ne crois pas à l'embrasement de quelque chose qui n'existe pas politiquement. Tant qu'aux représailles nous savons très bien à quoi nous en tenir. L'Iran nous le savons ( ou devrions le savoir ! ) ne reconnaîtra rien et n'appliquera rien qui pourrait atteindre sa souveraineté. Les sanctions c'est l'ONU qui les fait appliquer et point n'est besoin de reconnaissance. Le problème c'est que l'ONU est un " machin " et deux voisins de l'Iran sont imprévisibles. Pour le chef qui vient d'être investi, je préfère le vocable d'ultra conservateur à fanatique qui ne veut rien dire en politique. Actuellement nous n'avons pas vu beaucoup d'Iranien se faire sauter chez les Infidèles ce qui est plutôt une spécialité des disciples bien arrosés de Ryad dont leur chef s'est promené par la main ( marque importante de l'amitié chez les Arabes, que l'on a du soufflé à l'oreille de W Busch ) avec le Grand Satan. Pour " conclure " je ne vois pas de solutions miracles et j'aimerai bien lire quelques billets étonnants sur l'Iran. Faudra-t-il demander à Hollywood d'imaginer des scénarios pour redonner un peu de couleur à nos Post ?

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 3 août 2005 à 15:13

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 3 août 2005 à 15:36

Pour rompter un peu la morosité ambiante, je signale cette dépéche qui montre quand matiére de com., les services spéciaux de sa majesté peuvent avoir de l'humour :

Les Britanniques ferment les sites extrémistes

Parmi les sites fermés évoqués par le quotidien, mojihedun.com, un site pakistanais qui comportait une section "Comment frapper une ville européenne". A la place, aujourd'hui, un mini documentaire à la gloire des Etats-Unis!

http://news.tf1.fr/news/multimedia/0,,3235121,00.html

http://www.mojihedun.com

Je suggére que pour d'autres sites, le MI6 mettent des spectacles de Benny Hill ou de Mister Bean

Publié par Frédéric le 3 août 2005 à 15:55

Autre chose, je suis tombé sur cette analyse d'un site perso libéral français qui est pessimiste sur les chance d'avoir une démocratie rapidement au proche pour des raisons économiques, politiques et religieuses, il faut du temp (beaucoup) pour changer un régime politique et en faire une démocratie perraine. Je trouve cette page assez interressante :

http://perso.wanadoo.fr/dm01/Politique/Irak-Afghanistan-la-democratie-impossible.htm

Une analyse du GRIP qui lui annonce que 200 MM$ et 140 000 hommes l'Irak; ce n'est pas assez et que l'engagement financier et humain pour la reconstruction doit étre plus élevé, pour l'heure la grande partie de l'argent part pour maintenir le niveau des forces armées et pas assez à rebatir le pays :

http://www.grip.org/bdg/g4578.html

http://www.grip.org/bdg/g4578.html

Publié par Frédéric le 3 août 2005 à 16:31

Quand je regarde les " démocraties " dans lesquelles nous vivons ( mise à part la Suisse, bien entendue ;-) je me dit que l'Irak est chanceux d'avoir autant d'attention.

Petit raccourci historique de l'Iran ( pays des Aryens )

http://www.cirs-tm.org/Pays/paysFR.php?nom=Iran

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 3 août 2005 à 17:07

Question béte, fallait il s'occuper de l'Iran avant S. Hussein, je me le demande vue la tournure des évenements ?

Publié par Frédéric le 3 août 2005 à 17:23

Il y a trois formes de démocratie :
- La démocratie directe, où tous les citoyens participent à toutes les discussions et tous les votes, régime qui ne convient donc qu'à de très petits états, alors que l'Irak a aujourd'hui 23 millions d'habitants et l'Afghanistan 27 millions;
- La démocratie indirecte, où les citoyens élisent des députés responsables devant eux, mais libres une fois élus et jusqu'aux prochaines élections de faire ce qu'ils veulent. Ce type de régime risque de déboucher sur un autoritarisme et de graves injustices;
- La démocratie constitutionnelle, démocratie indirecte où les pouvoirs des élus sont limités par une constitution et des lois qui garantissent des droits aux citoyens, aux associations et aux entreprises. Ce dernier régime est le seul qui soit réellement digne de respect.

Je relève cette affirmation " Frédéric " : " Ce dernier régime est le seul qui soit réellement digne de respect. " très discutable car l'auteur ne prend pas en compte les nouvelles technologies qui permettent d'appliquer la démocratie directe dans tous les pays qu'ils soit peuplé ou pas. Nous ne sommes plus au temps de l'Agora grecque et parler de démocratie implique d'étudier sérieusement la mise en place de la technologie favorisant une consultation ( en continue, live ) la plus directe possible.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 3 août 2005 à 17:35

J'ai relevé aussi que l'auteur confont un peu trop richesse et démocratie, l'Inde n'est pas une démocratie "parfaite" à l'occidentale et son PNB par hab est en dessous de celui de la République Populaire de Chine.

Désoler, on est loin du poste d'origine sur l'Iran, mais franchement, je ne vois pas solution a ce probléme, car méme si la Russie qui doit fournir le combustible respecte bien les garanties qu'elle à donné, rien de dit que l'Iran ne trouverat pas d'autre sources d'approvisionnement.

Publié par Frédéric le 4 août 2005 à 15:36

Je suis confondu devant " le peu d'intérêt " que semble susciter ce billet. Les vacances peut-être ou une relative confiance dans ce pays aryen ?

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 4 août 2005 à 16:05

Allons, allons, peu d'intérêt, tout est relatif! :)

Il est plutôt probable que la question iranienne aujourd'hui suscite relativement peu de débat, parce qu'il apparaît difficile de proposer quelque chose de réaliste et d'approprié. J'en parlais hier à midi avec l'un de mes camarades spécialisé dans la pensée stratégique, à l'intérieur d'ailleurs d'un excellent restaurant libanais : à son avis, il n'existe actuellement aucune option valable pour la communauté internationale face à l'Iran. Je ne partage pas entièrement son avis, mais la situation semble tellement inextricable et dangereuse que cela explique peut-être l'absence de perspective à discuter...

Publié par Ludovic Monnerat le 4 août 2005 à 16:11

"! mais la situation semble tellement inextricable et dangereuse que cela explique peut-être l'absence de perspective à discuter... "

Inextricable : c'est le moins qu'on puisse dire, mais ça reste quelque chose de connue en politique " musulmane ".

Dangereuse pour une seule raison : détiennent-ils la bombe car pour le reste ils ne représentent pas un danger insurmontable pour une large coalition Onusienne.

Revenons à la bombe, j'ai essayé bien humblement de présenter une hypothèse, farfelue j'en conviens mais j'espérais attirer d'autres hypothèses ou une réflexion sur cette problématique d'un pays miné, que l'on veut envahir et dont on découvre que les mines sont nucléaires. Pourquoi cette idée : je pense sincèrement que tous les pays musulmans s'attendent à être envahis, certains en étant " obligés " d'accueillir des bases occidentales et d'autres d'être accusés de protéger les Assassins. La Bombe dans son emploi traditionnel n'a pas permis au Pakistan de rester " neutre " ce qui ne fut pas le cas de la Turquie!je ne peux pas m'empêcher de penser que les Iraniens ne sont pas conscients de ce fait et qu'ils n'échafaudent pas un moyen de protéger leur territoire avec le nucléaire sans avoir à subir de représailles dans une utilisation avec vecteurs et menaces réciproques.

Je pense que les perspectives de discutions ne sont pas absentes mais qu'il faut les chercher dans l'imaginaire, la fiction, le non conventionnel et faire marcher nos neurones spécialisées dans les effets spéciaux pour visualiser l'impossible. Je suis sure que nous sommes capable de le faire.

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 4 août 2005 à 21:19

Je signale cette article du Figaro mit sur un forum; franchement, si tout les parties politique de ce pays veulent la bombe, en chasser un pour en mettre un autre ne résoudrait rien à terme :

http://www.armees.com/article615.html

Publié par Frédéric le 4 août 2005 à 22:05

Merci pour cet article " Frédéric ", il montre en peu de mots la situation " inextricable " de l'Iran et le consensus de tous les Iraniens pour se doter de " la protection " nucléaire. À nous d'y croire ( position européenne ), de se méfier ( position américaine ) ou d'anticiper un concept inusité d'une protection " de type forteresse nucléaire " qui pourrait nous donner de sérieux casses têtes :-(

Publié par Yves-Marie SENAMAUD le 5 août 2005 à 2:59

On comprend tout de suite la politique exterieure de la France quand on voit par qui elle est... conseillee !


"L'Iran veut qu'on lui reconnaisse le droit au nucléaire civil dont l'enrichissement est une composante indispensable. Il faut reconnaître que d'un point de vue juridique, la position de Téhéran est assez forte." (???)

"Je ne crois pas que la décision de fabriquer une arme nucléaire ait déjà été prise par les Iraniens. Ils se mettent simplement en situation de pouvoir le faire." (???)

"Ce qui me frappe, c'est l'absence de stratégie cohérente en matière de non-prolifération. Tout est traité au cas par cas, en fonction des amitiés et des inimitiés. On se demande vraiment à quoi sert le TNP.

Prenons le cas de l'Inde. Ce pays (DEMOCRATIQUE ! CONTRAIREMENT PEUT-ETRE AU... PAKISTAN ?) n'a pas signé le traité et possède des armes nucléaires. Or les Etats-Unis viennent de signer avec elle des accords prévoyant des transferts de technologie nucléaire sensible. La Corée du Nord est sortie du traité et on discute avec elle. Quant à l'Iran, on lui conteste le droit de développer l'enrichissement de l'uranium, ce que le TNP n'interdit pas."

"Au delà de l'Iran et de la Corée du nord, voyez-vous d'autres pays à risque?

Bien sûr, même si ce sont des cas très différents. On peut citer le Brésil, l'Egypte, l'Algérie, le Japon, la Corée du sud ou Taïwan." (???)

«L'Iran veut qu'on lui reconnaisse le droit au nucléaire civil»
Entretien avec François Géré, de l'Institut français d'analyse stratégique.

J-D Merchet
Libération,
mardi 02 août 2005
 http://www.liberation.fr/page.php?Article=315048

François Géré dirige l'Institut français d'analyse stratégique et prépare un ouvrage sur la crise nucléaire iranienne.

Publié par jc durbant le 5 août 2005 à 10:21

Quelqu'un a-t-il des details sur ... cette info du Spiegel ?

Saturday, July 30, 2005

Selon "Der Spiegel", l'Iran s'est procuré des composants pour la fabrication de bombes atomiques auprès de sociétés sud-coréennes et européennes. L'une de ces sociétés est la française EADS Sodern, filiale du géant franco-ibéro-allemand EADS (détenu à 30% par Lagardère et l'État français). Selon l'hebdomadaire allemand, EADS ne savait que les matériaux ultra-sensibles (cibles de tritium) qu'elle livrait en Corée du Sud était en fait destinée à alimenter le programme nucléaire clandestin de l'Iran. Ni EADS ni sa filiale n'ont commenté les révélations du Spiegel."

http://politiquearabedelafrance.blogspot.com/

Publié par jc durbant le 5 août 2005 à 10:55

En matiére de détournenent de matériel, tout est possible. la Corée du Nord à bien reçu des hélicos de combat MD 500 d'origine US. Et je rappelle l'Irangate.

Publié par Frédéric le 5 août 2005 à 15:52

Publié par Frédéric le 15 septembre 2005 à 0:03