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27 mars 2005

50 ans de Bundeswehr

A l'occasion du 50e anniversaire de la création de la Bundeswehr, l'hebdomadaire spécialisé DefenseNews a publié un commentaire plutôt critique sur les capacités véritables des Forces armées allemandes, et sur le décalage entre les ambitions affichées par le Gouvernement et les moyens qu'il accorde à ses militaires (un constat il est vrai valable ailleurs). La réduction massive des forces armées entreprises depuis la réunification et l'articulation actuelle en forces d'intervention, de stabilisation et de soutien sont décrites sommairement, et l'auteur se fait clairement alarmant :

Germany is not yet subject to the financial constraints of smaller states, which have surrendered whole spectrums of capability. In terms of manpower, Germany does not have to fear a comparison with the two major European partners. But that condition cannot be taken for granted indefinitely given the shrinking defense budget, demographic changes, and the marginal interest in security and defense matters among its political elites.

Cet intérêt marginal, qui relève de l'évidence de ce côté-ci du Rhin, se manifeste également outre-Manche avec les coupes budgétaires imposées par le Gouvernement Blair : ce dernier est prêt à déployer ses troupes sur tous les points chauds du globe, mais pas à couvrir leurs besoins même à court terme. Au total, les grandes nations militaires européennes (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Espagne, Pologne) déploient actuellement un peu plus de 50'000 militaires en opérations extérieures (hors toute présence permanente). Peut-on espérer une augmentation de leurs capacités, alors que leurs budgets stagnent ou s'effondrent et que leurs forces menacent d'être liées sans cesse davantage par la sécurité intérieure ?

Publié par Ludovic Monnerat le 27 mars 2005 à 14:49

Commentaires

Publié par ajm le 27 mars 2005 à 19:51

Certes, mais la création de l'Europe militaire ne doit pas être ce processus auquel on assiste depuis une décennie, et selon lequel une mise en commun des ressources justifie les coupes budgétaires effectuées par chaque pays, sans coordination au niveau européen. De toute manière, il n'y aura pas d'Europe militaire sans commandement, ressources, unités et surtout stratégie unifiés, ce qui me semble un objectif plutôt lointain - et sans que j'en sois spontanément convaincu.

Une solution intermédiaire plus prometteuse, et d'ailleurs dans l'esprit de la construction européenne des dernières décennies, réside dans l'intégration progressive de composantes données - sur le modèle célèbre de la brigade franco-allemande. Mais cela ne suffit pas à compenser les diminutions budgétaires constantes.

Publié par Ludovic Monnerat le 28 mars 2005 à 17:48