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27 décembre 2004

Raz-de-marée et vacanciers

Impossible de ne pas revenir sur le gigantesque raz-de-marée qui a dévasté les côtes de l'Océan Indien, entraînant la mort de 17'100 personnes selon le dernier bilan. Une catastrophe inévitable dans son occurrence, et non dans ses conséquences, qui rappelle la vanité de certaines hyperboles à propos de l'Irak et l'hospitalité incertaine de cette planète. Tout comme le tremblement de terre en l'Iran l'an passé, l'incurie des autorités a coûté des vies humaines en masse, mais éviter une hécatombe dans ces circonstances reste impossible.

Un aspect préoccupe actuellement les Gouvernements occidentaux : la santé de leurs concitoyens présents dans les pays touchés et leur rapatriement en cas de besoin. Ce tremblement de terre sous-marin n'est pas sans précédent par sa violence, mais il s'est produit à une époque où le tourisme extracontinental est devenu commun, de sorte que les touristes européens se comptent par dizaines de milliers dans les stations balnéaires de l'Asie du Sud. Des cellules de crise ont été établies, à la fois pour déployer des secours auprès des populations sinistrées et pour préparer le rapatriement des Occidentaux.

L'ampleur de la tâche est considérable : la région abritait environ 2500 Suisses, 5000 Français, 8000 Allemands et 10'000 Britanniques, alors que le Gouvernement autrichien est sans nouvelle de 650 de ses concitoyens. De nombreux vacanciers européens sont soignés dans des hôpitaux, sans contact avec leurs proches peut-être disparus, et sans ressources autres que celles portées sur eux. En d'autres termes, les nations européennes doivent déployer des moyens considérables pour leur venir en aide - et notamment la Suisse, clairement surreprésentée.

On ne peut s'empêcher de se poser une question logique : si l'armée suisse disposait actuellement des 2 avions de transport Casa C-295 que le Conseil National lui refuse, ces appareils ne seraient-ils pas en train d'acheminer des marchandises vers l'Asie et de commencer à rapatrier des citoyens suisses totalement démunis ou blessés ? La probabilité de tels besoins étant haute pour l'avenir, quoique dans des proportions fluctuantes, il est serait bon que le pays ouvre les yeux et voie comment voyagent ses propres citoyens afin de reconsidérer la manière de les protéger.

COMPLEMENT DE 1900 : Le bilan a été revu à la hausse et dépasse désormais 23'000 morts, alors que 30'000 personnes sont portées disparues. Du côté suisse, un millier de vacanciers doivent encore être localisés.

COMPLEMENT DU 29.12 : Le bilan est désormais porté à 70'000 morts, dont la majorité en Indonésie et au Sri Lanka. Le DFAE annonce être sans nouvelle de 1700 Suisses, alors que la mort de 9 d'entre eux a été confirmée.

Publié par Ludovic Monnerat le 27 décembre 2004 à 9:36

Commentaires

Le bilan s'alourdit constamment - et la Birmanie, l'une des dictatures militaires les répresives d'Asie n'a toujours donné de bilan -

Question annexe, qu'elle est actuellement, la capacité de transport de l'aviation Helvétique ?

Publié par Frédéric le 27 décembre 2004 à 14:45

Les Forces aériennes suisses ne disposent en l'état pas d'une capacité de transport aérien dans le vrai sens du terme, c'est-à -dire d'une flotte d'avions de transport capable de déployer du fret et des personnes. Elles disposent en revanche de 27 hélicoptères Super Puma / Cougar qui remplissent de nombreuses missions à l'intérieur du pays, et qui peuvent rapidement être déployés à l'étranger.

Pour être tout à fait précis, l'armée suisse peut déployer un Falcon 50 et un Lear Jet, mais ceux-ci ne peuvent transporter que des personnes. Elle possède également d'une vingtaine de Pilatus Turbo Porter, de petits avions à hélices aptes au transport tactique. Quant à sa flotte d'Alouette III, elle arrive clairement en fin de vie et devra être remplacée dans quelques années.

Publié par Ludovic Monnerat le 27 décembre 2004 à 17:31

Je vous remercie pour ses informations.

Je trouve vraiment bizarre que la Suisse ne dispose d'aucun avion cargo, il doit étre etre le seul pays d'Europe avec les principautées à ne pas avoir de ces "bonnes à tout faire" qui peuvent étre utiliser aussi bien pour l'humanitaire que le militaire et qui coute moins qu'un avion de combat.

Dans la presse, on indique la Suisse va envoyer 8 t de fret pour les sinistrés; il s'agit d'une location d'un avion civil ?

Publié par Frédéric le 27 décembre 2004 à 18:49

Effectivement, même le Luxembourg a décidé de commander un Airbus A400M ! Il faut cependant relever que la neutralité armée de la Suisse et l'importance moindre des missions de maintien de la paix durant la guerre froide ont longtemps rendu inutile un avion de transport pour notre armée.

De ce fait, la location d'avions civils est inévitable, et c'est la pratique coutumière de la Chaîne suisse d'aide en cas de catastrophe, une organisation civilo-militaire qui entrepose en permanence du matériel sur l'aéroport de Zurich-Kloten et qui est capable d'intervenir en quelques heures sur des zones sinistrées dans le monde grâce à des contrats préalables.

Publié par Ludovic Monnerat le 27 décembre 2004 à 18:57

"...il est serait bon que LES ELUS ouvrent les yeux et voie comment voyagent ses propres citoyens afin de reconsidérer la manière de les protéger."

Le problème est d'importance ! Mais comme souvent, le DFAE se limite à des solutions bricolées en espérant le soutien de tiers! le récent exemple de l'évacuation de nos ressortissants en Côte d'Ivoire (où l'évacuation était « négociée » avec l'état français, mais aucun ordre n'était parvenu aux troupes sur place, laissant nos concitoyens à leur seul jugement, alors « qu'on s'occupait de leurs voisins ») n'a malheureusement pas éveillé les consciences. La nouvelle « politique » actuelle de défense proche de la schizophrénie et loin d'apporter un début de réponse! Sans oublier les réactions qui on découlé de l'éventuel mis en Å“uvre de l'ancien Corps des garde-fortifications pour la protection de notre ambassade à Bagdad. Donc imaginer des SUISSES rapatriés par des soldats SUISSES dans des avions SUISSES semblent aussi farfelu qu'un Tsunami dans les Alpes!

PS : La projection de troupes ou encore de moyen, à l'étranger, n'est pas une mission reconnue de notre bonne vieille « escadre de surveillance ».

Publié par ZC le 31 décembre 2004 à 12:54

Entièrement d'accord avec vous : en Suisse, les esprits sont encore très largement tournés vers l'isolationnisme stratégique que la guerre froide nous a imposés.

L'escadre de surveillance - une formation professionnelle des Forces aériennes, soit dit en passant - n'a effectivement pas de missions de projection. Pourtant, lorsqu'il s'agit d'aider le Gouvernement portugais à éteindre des incendies, ce sont bien 3 Pumas que l'on envoie !

Publié par Ludovic Monnerat le 1 janvier 2005 à 11:09